Rappel: Dans le handicap mental il n’y a pas que l’autisme et la trisomie et TOUS ont les même problèmes de fond en France

Mis en avant

Je n’écris plus trop mais quand même une petite note rapide suite à un excellent article que j’ai pu découvrir ce matin dans Le Monde de Charlotte Chabas sur le drame des familles d’adultes autistes

C’est une réalité. C’est vrai. Il y a un vrai drame qui se déroule sous nos yeux en France concernant les personnes déficientes. Mais ce drame ne touche pas seulement les autistes. Il touche TOUTES LES CATEGORIES de personnes handicapées mentales : les autistes, les X Fragile, les Trisomiques, les accidentés cérébraux, les diverses maladies génétiques rares menant à des déficiences mentales.

Je suis désolée de faire ma lourdingue avec ça mais j’en ai marre qu’on parle que de l’autisme. Bien sur que les autistes ont besoin d’être mieux pris en charge, comme les trisomiques. Et puis c’est plus simple j’imagine de parler d’autisme parce qu’on pense à Rainman, parce que ça sonne moins terrible qu’handicapé mental ou handicapé mental profond mais merde. Il n’y a pas que les Autistes dont il faut s’occuper. Il faut s’occuper de TOUS LES HANDICAPES MENTAUX !!!

De 0 à 99 ans !!!

Oui il y a une pénurie inacceptable de foyers pour adultes. Je ne parle pas d’hospices, de mouroirs, d’asiles où on gave ces pauvres personnes de neuroleptiques pour les tenir à carreau. Je parle de VRAIS FOYERS DE VIE ! Des endroits où les personnes qui ne sont pas capables de vivre en autonomie puissent couler des jours heureux, sereins, une fois que les parents, les frères et soeurs et autres membres de la famille ne sont plus là.

Cela fait des années que j’aborde régulièrement le sujet. J’ai fait des vidéos, des pétitions, des blogs, des communiqués de presse, je me suis investie et la majorité n’en a strictement RIEN A FOUTRE.

Alors si Brigitte Macron veut s’investir pour la cause du handicap, qu’elle le fasse jusqu’au bout et vraiment. Si le gouvernement émet des paroles, qu’il les accompagne d’ACTES et pas de façon sélective. Oui il y a les autistes mais il y a TOUS LES AUTRES aussi.

De la petite enfance à l’âge adulte. Et oui ils ont TOUS LE DROIT de vivre dignement, protégés et le plus heureux possible.

Voilà. J’avais besoin de recadrer un peu parce que j’en ai ras le bol de ces discours sélectifs et catégorisés dans le handicap mental. Il y a le HANDICAP MENTAL POINT BARRE et oui il est temps en France de s’en occuper pour de vrai et d’arrêter la tchatche de merde.

Merci.

 Post Scriptum 

J’ai écrit ce billet ce matin car je vois beaucoup de communication et de récupération politique autour de l’autisme, le nouveau plan autisme … l’autisme ce grand fourre tout, ce mot plus léger pour évoquer la déficience mentale … et je suis en colère parce que meme si je défends de tour cœur la cause des autistes, je défends aussi la cause des trisomiques, des X Fragile, des déficients intellectuels d origine génétique, accidentelle, peu importe… mais je réalise que la communauté des autistes supporte très mal qu on les associe à Du handicap mental… comme si on les insultait en évoquant l autisme comme un handicap… je découvre littéralement cela. Alors oui il y a des autistes brillants, surdoués, mais il y a aussi des autistes enfermés déficients … mon frère X Fragile a des symptômes autistiques alors quoi? Oui il a un handicap mental et pour moi (c’est mon avis) on peut mettre tous les jolis mots qu on veut comme troubles cognitifs par exemple, l’autisme est un handicap mental. Certes de léger a profond comme pour tous handicaps mentaux, chaque cas est particulier mais en ce qui me concerne j’appelle les choses par leur nom – la seule différence c’est que pour moi, handicap mental n’est pas une insulte ni dénigrant ni négatif – c’est l’expression d’une différence – d ‘une différence qui doit dans sa globalité être considérée et mieux prise en charge en France de 0 à 99 ans. 

 

La vie libre, hors des cases.

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Parfois je me demande si c’est une chance mais je crois que oui. J’ai grandi libre. J’ai grandi avec le gout de la grande vie. J’ai grandi ailleurs qu’en France. Je suis marquée dans mon ADN par mes années sous les tropiques. Je vivais dehors. Je vivais pieds nus. Je vivais en maillot de bain, en short et T-Shirt. On écoutait Bob Dylan, Randy Newman, Michael Jackson, Bob Marley. Je vivais dans une immense maison d’architecte qui surplombait une colline avec vue sur la mer des Caraïbes. J’aimais ça. J’ai grandi avec un horizon à perte de vue.

Pourtant il y a eu plein d’aléas que je n’énumèrerai pas tous ici… ce n’est pas l’objet de mon billet.

J’ai vécu dans le confort matériel. Mes parents ne roulaient pas sur l’or mais je crois que le luxe pour nous c’est ça : vivre libre. On respirait à pleins poumons, je vivais qu’avec très peu de contraintes. Je devais travailler à l’école et obéir à mes parents. A côté de ça je crois que je faisais ce que je voulais.

Et puis le retour en France a été pénible, douloureux. Il a fallu se réadapter à la vie française conformiste, qui met des étiquettes, qui enferme dans des cases. En France on est jugé selon son héritage familial, son nom, le lieu où on a grandi, la taille de sa maison, les études qu’on fait, le métier des parents, les fringues qu’on porte … Pour moi c’était nouveau tout ça. Alors il fallu apprendre et s’adapter. Et puis je suis repartie. Au Moyen-Orient cette fois. En pleine adolescence. C’était génial. Là encore j’ai goûté à une liberté que peu ont la chance de connaître à cet âge. Il y a avait seulement quelques fondamentaux : travailler à l’école, ne pas prendre mes parents pour des cons, ne pas mentir.

Je réalise avec du recul la chance que j’ai eu d’avoir un tel niveau de confiance avec mes parents. Je crois que d’un autre côté comme j’ai toujours respecté leur confiance je n’ai jamais non plus fait de grosses conneries.

La difficulté de grandir libre, c’est qu’on vit très très très mal la contrainte et l’autorité une fois adulte. Je vis très mal la servitude. Je vis très mal d’être obligée de me contraindre par raison. J’apprends. Je n’ai jamais autant appris ces derniers temps.

Un matin de la semaine dernière j’étais sur la route du travail, j’écoutais de la musique « vintage » les écouteurs vissés à fond sur mes oreilles. Je pouvais arriver tôt pour une fois… … Paul Simon, album Graceland. African Skies. J’étais le long d’une avenue hideuse et ma petite voix intérieure avait envie de rugir et de m’enfuir. Une envie de liberté viscérale m’a saisi.  Qu’est ce que je faisais là bon sang ?! Pourquoi étais-je obligée ces derniers temps de subir des situations qui me rendaient malheureuse ?

African Skies (live)

Tout simplement parce que parfois on n’a pas le choix que de ronger son frein. Patienter, continuer de croire que les choses changent, évoluent même si à un moment donné on bouffe son pain noir. Je n’ai pas été élevée comme ça. On ne m’a pas appris que la vie c’était beaucoup ça. Je l’ai découvert une fois jeune adulte propulsée sur le marché du travail. ça doit être mon enfant intérieur qui est resté bien accroché. Mon enfant intérieur vit encore pieds nus, libre, les cheveux aux vents, insouciant refusant la contrainte. Parfois j’ai l’impression d’être Gladiator :)))

Je sais que je ne retrouverai jamais cette enfance libre. Jamais. Mais je ne veux pas tout perdre. Alors lentement, patiemment, en silence, je me donne les moyens de vivre en grand de nouveau. C’est en moi je n’y peux rien. Le conformisme m’emmerde. J’ai besoin d’exister en grand. J’ai besoin d’exister libre. Il y a des gens qui savent obéir même quand ils ne sont pas d’accord, même quand le donneur d’ordre ne leur inspire pas de respect et d’admiration. Moi j’essaie mais … Chassez le naturel il revient au galop.

Je ne supporte pas qu’on m’écrase. Je refuse d’être domptée. J’essaie de respecter les règles… forcément je suis obligée, à minima. Mais je refuse qu’on me lave le cerveau, qu’on touche à mon intégrité, qu’on me traite comme une moins que rien.

Ce matin là quand je suis arrivée sur mon lieu de travail j’ai encore intégré que j’avais pourtant de la chance par rapport à d’autres… On est toujours moins libre et gâté que quelqu’un mais toujours plus chanceux que quelqu’un d’autre aussi. Parfois j’oublie. J’aimerai une grande révolte de tous les opprimés. J’aimerai une liberté vraie pour tous. On a pas le droit d’écraser autrui au nom d’un système, de règles à la con.

Je suis pour le management libéré. Je suis pour la responsabilisation et la confiance. Je suis pour la bienveillance. La contrainte annihile et détruit. J’en suis convaincue.

En France on a encore du chemin à parcourir. On croit encore que pour rendre les gens performants il faut les contraindre et les opprimer.

J’espère que les nouvelles générations vont donner le ton. J’ai hâte de voir ça. Je serai aux premières loges, prête à dégainer.

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Une bière !

Paris, 13eme arrondissement, un centre commercial à midi. Le printemps est déclaré. L’été est même un peu avancé. Il fait chaud. 26°C. Nos corps ont perdu l’habitude. On est tous mal habillé pour l’occasion. Trop couverts.

Comme souvent, le temps de ma rapide pause déjeuner, je file en direction du carrefour pour m’acheter un truc diététique à manger sur le pouce devant mon ordi en 10 minutes pour pas perdre de temps. Quand on est une maman qui bosse avec peu de flexibilité horaires, il faut s’adapter.

Et puis en fait une fois dans le centre commercial je décide de ne pas faire comme d’habitude. J’en ai marre. Marre de toujours manger la même chose, de faire le même circuit. J’opte pour le take away chinois qui a réouvert depuis 2 mois. Vu le quartier, manger asiatique est banal, mais il est bon. Frais et accessible. Je vise un petit Bo Bun. Il semble plein d’herbes fraîches, ça me botte bien.

Il y a du monde. Tant pis, j’attendrai. Derrière moi, soudain je sens une présence. Une femme essoufflée. Elle respire fort, marmonne. Je me retourne sans trop la regarder pour ne pas la gêner. Elle a un physique qui semble un peu étrange mais sans plus. J’ai l’impression qu’elle ne se sent pas bien.  2 longues minutes se passent. Elle fait une sorte de bruit, comme des petits cris intérieurs étouffés. Je me retourne et je lui demande avec le plus de bienveillance possible si elle souhaite passer devant moi.

Et là nos visages se rencontrent, nos yeux se croisent. Elle me fait à grand sourire en me disant que ça va aller. Elle a chaud. Les cheveux poivre et sel, courts, la nuque en nage. Je lui souris en retour. Elle est handicapée.

Je le sentais. J’en étais sure. Autonome, mais handicapée. Moteur et mental. Je la trouve courageuse et attendrissante. Son corps est effectivement un peu déformé dans les proportions mais elle marche normalement. Elle a surement des problèmes neurologiques, d’où l’élocution pas habituelle, ces petits bruits intérieurs…

C’est mon tour, je passe ma commande. Puis vient son tour : « UNE BIERE !!!! »

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Elle a soif, elle veut une bière, elle demande une bière. J’ai envie de rire. Rire de bon coeur. Elle est drôle.

Le serveur au comptoir est gentil. Il lui demande : « Sur place ? Avec un verre ? »

« OUI !!! » Elle parle fort avec aplomb et ne s’embête pas de fioritures comme bonjour svp merci. Elle a soif.

Je veille du coin de l’oeil, prête à l’aider à payer si elle avait besoin, mais non, elle se débrouille parfaitement. J’ai les yeux grands ouverts, je suis en pleine conscience. Je finis mon achat et je marche dans les allées du centre pour sortir et je m’aperçois que je suis au coeur d’un melting pot social. Tout le monde se mélange tranquillement même les estropiés de la vie. J’aimerai bien que tout le monde se mélange et cohabite partout comme dans ce centre commercial à l’heure du déjeuner.

La pause est terminée, je retourne travailler.

Les autistes… et les autres aussi … #autisme #handicap

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Tout d’abord je tiens sincèrement à insister sur le fait que je soutiens la cause des autistes. Tout comme je soutiens la cause des trisomiques et autres handicapés mentaux identifiés.

En fait, je soutiens la cause de tout le handicap mental. C’est peut être cela qui marque ma position, ma colère, ma différence. Pourtant je pourrai ressasser le Syndrome X Fragile en long en large et en travers car c’est ce que je connais le mieux.

L’X Fragile c’est proche de l’autisme. Tellement proche, que 12% des diagnostiqués autistes sont en fait X Fragile. C’est dingue non ?

C’est dur pour les autistes en France. Mais je vous rassure, c’est dur pour TOUTES LES PERSONNES ATTEINTES DE HANDICAP MENTAL EN FRANCE.

Je trouve toujours injuste, réducteur, de fonctionner par catégorie, mettre en avant un handicap plus qu’un autre …  je comprends le besoin de donner un coup de pied au cul à la France pour sa gestion de l’autisme, bien sûr. Mais ce que je ne comprends pas c’est pourquoi ce coup de pied au cul n’est pas global sur la gestion du handicap mental en France?

Oui l’inclusion, oui. A condition qu’elle soit bien faite et adaptée. Mais la réalité c’est qu’il y a aussi BEAUCOUP de personnes atteintes de handicap mental / physique qui NE PEUVENT pas évoluer en milieu inclusif. Tout simplement parce que le handicap est trop lourd, parce que les personnes sont trop atteintes et souffriraient davantage que d’être en milieux protégés (IME, IMPro, foyers de vie occupationnels, …).

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J’ai eu un échange email avec le journaliste Eric Favereau ce matin suite à son article qui expliquait le programme Autisme du gouvernement Macron. Je lui ai clamé ma révolte de voir qu’il n’y en avait que pour les autistes alors qu’il y a tant d’autres handicapés également en grande souffrance et absence de prise en charge. Il m’a dit que j’avais raison… je sais bien que j’ai malheureusement raison… A quand un reportage vérité, de fond pour montrer la vraie réalité et montrer que oui, bien sûr, faire un vrai geste concret en faveur des autistes en France est un minimum vital, mais … ET LES AUTRES ?

Ils peuvent se brosser les autres ?

Ceux qui ne peuvent pas aller à l’école « normale », ceux qui n’ont pas de place dans les IME de leur département parce que soit disant leur handicap n’est pas approprié à l’IME, ceux qui n’ont juste pas de place malgré l’obligation de TOUS les enfants à être scolarisés et qui se retrouvent parfois pour la première fois à l’âge de 10 ans, ENFIN dans un IME, ils font quoi EUX ?

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Que fait-on des adultes, de tous les adultes atteints d’un handicap mental ne permettant pas la vie en autonomie ni même en colocation ? Sont ils condamnés à passer le temps dans des espèces d’hospices, souvent délabrés, sentant mauvais, avec du caca collé au fond de leur slip et leurs fesses parce qu’ils ne savent pas s’essuyer tous seuls et qu’il n’y a pas de personnel suffisamment impliqué, formé, disponible pour leur permettre de garder leur dignité et rester propres, souvent gavés de médicaments parce que c’est comme ça encore mieux quand ils se tiennent bien tranquilles … Que font les familles ? Elles doivent s’inscrire dans des établissements 10, 20 ans en avance, sans aucune garantie d’avoir une place, de bons traitements, de qualité de prise en charge,  du respect des personnes …?

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Ce qui m’énerve c’est la récupération politique de tout cela. Le couple Macron, l’ensemble du gouvernement, les hashtags, l’éclairage des bâtiments en bleu, les photos de profil personnalisées sur facebook,les visites surprise chez une famille avec un enfant en situation de handicap avec photos de journalistes à l’appui pour montrer qu’on est impliqué… tout ça pue l’hypocrisie. Mais merde quoi c’est dégueulasse cette esbroufe. Quel manque de décence et de respect pour les gens qui souffrent vraiment. Moi je trouve pas ça bien cette surenchère de communication presque glamour sur le sujet. Je trouve bien d’agir. Je trouve bien de débloquer des vrais moyens et d’être juste dans la démarche en oubliant personne mais toute la mise en scène exagérée pour faire pleurer dans les chaumières et faire croire aux gens qu’ils en ont tous quelque chose à faire m’agace prodigieusement.

Ils savent ces gens là, ce que c’est que le vrai handicap au quotidien? Ils sont déjà allés dans des foyers de vie occupationnels standards, dans des IME de banlieue, ils sont vraiment allés sur le terrain, sans mise en scène, juste la vraie vie de tous les jours de ces gens là ? Non bien sûr. Tout est préparé en avance, bien cadré, bien propre pour que ça passe bien en caméra.

Quelque part j’espère me tromper. Vraiment. J’espère que ça va aller dans le bon sens tout ça … on en reparle à la fin du mandat … et on en reparle dans 10 ans … Moi je crois que là dedans, ça sera toujours à chaque individu de se démerder. Dieu pour tous et chacun pour soi.

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Le bon côté de la barrière

Je lis de plus en plus d’articles sur la lutte des classes qui est terminée, sur le marché financier qui l’a remporté, sur la « Merkalisation » de la France et l’avènement des travailleurs pauvres, et parfois je me dis mais à quoi bon lutter en fait ?

Je suis une lutteuse née. J’ai toujours défendu les plus faibles, les injustices, une sorte de sacerdoce familial. Chez moi on est des indignés, des révoltés, des « contre » le système faussement démocratique et républicain, des anti hypocrites, des anti qui imposent leur façon de penser en clamant la bien pensance…et on est contre l’oligarchie.

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Je ne suis pas réac’. Je suis indignée de la façon dont la majorité des gens vivent, c’est à dire mal. Je suis indignée que les gens se résignent et se contentent de miettes de peur de perdre le peu qu’ils ont … et je ne leur en veut pas à ces gens là car je suis moi aussi parfois prise au piège. Je suis indignée de ce système profondément injuste qui pousse les gens à être égoïstes, individualistes et opportunistes pour survivre. Je suis indignée que le féodalisme existe toujours sous couvert de démocratie.

Je pense à mon frère de bientôt 25 ans, handicapé mental, dans son foyer occupationnel pour adultes qui ressemble à « Vol au dessus d’un nid de Coucou » et je pense inquiète à son avenir, à quand mes parents ne seront plus là, à comment on fera en priant de toutes mes forces que mes parents tiennent encore la route plusieurs années en bonne santé et qu’on puisse trouver un lieu de vie permanent digne pour mon frère. Et on nous bassine avec l’autisme grande cause nationale, Brigitte Macron en bataille pour la cause. Et mon cul c’est du poulet? Et puis même si je comprends évidemment la cause des autistes, il n’y a pas qu’eux ? Que fait-on de la palanquée des autres handicapés mentaux, voisins de l’autisme ou pas ? Ils peuvent se brosser et continuer à végéter dans des établissements dignes d’hôpitaux d’après guerre de l’Europe de l’Est ?

Je pense à mes jeunes frères et soeurs déjà lucides et peu enthousiastes du monde du travail qui les attend.

Je pense à ma soeur, son conjoint et leur fils qui eux sont vraiment précaires dans leur logement de Mante la Jolie et qui vivent de vraies injustices sociales…

Je pense à mon propre niveau de vie qui s’est dégradé en 10 ans. Je vis moins bien à 42 ans qu’à 32 ans. ça paraît dingue. J’ai toujours été cigale je l’avoue. Je suis née du bon côté de la barrière. J’ai même eu une jeunesse plutôt « dorée » matériellement car enfant d’expatrié, j’ai grandi aux Caraïbes dans une magnifique maison d’architecte perchée sur une colline, scolarisée en école anglaise, puis j’ai ensuite vécu dans un village médiéval bourgeois des Yvelines, suis repartie au Moyen Orient adolescente puis revenue en France à 15 ans. Et la vraie vie à démarré.

J’ai connu la banlieue un peu moins sécurisante, celle où quand tu es blanche et blonde habillée en bourgeoise tu encours un certain danger, celle où quand tu es une fille tout court aussi, avec des situations parfois critiques dans le RER où je me suis retrouvée serrée côté fenêtre avec un mec qui se léchait le majeur en me regardant et où je priais pour que le train arrive vite à destination, seule dans le wagon… je me suis payée mes études avec un prêt étudiant que j’ai remboursé totalement à 30 ans, j’ai connu l’endettement à 32% entre 25 et 31 ans à cause de différents prêts parce que j’ai voulu m’émanciper trop vite et que si je n’avais pas eu mon père qui m’a secouru plus d’une fois (même encore) j’aurai pu être interdit bancaire …

J’ai toujours bossé à côté de mes études. Je n’ai pas fait des études en école de commerce, je ne suis pas une matheuse, j’ai pas fait science éco / finances etc. j’ai juste fait de la communication, une école après ma licence.

Mais comme je suis bilingue anglais, débrouillarde et pas timide, j’ai toujours réussi à bien me placer et j’ai pas trop mal évolué jusqu’à mes 32 ans. Et paf le chômage. Le truc con qui arrive, qui engendre une précarité, une anxiété, le tout dans un mauvais contexte économique, alors on fait attention à ses choix mais la vérité c’est que quand on est au chômage on est moins fort. Alors on courbe l’échine, on accepte de se dévaluer pour avoir un poste. On accepte même des jobs qui font pas rêver. On accepte même d’être maltraité parce qu’on a son loyer, ses impôts, son électricité, sa bouffe, son internet et son téléphone à payer et qu’il faut absolument passer le cap de la période d’essai renouvelée. Et un jour, on accepte même un CDD.

J’étais de la classe moyenne supérieure, je pense que je suis désormais juste classe moyenne. Et je ne peux surtout pas me plaindre car il y a tellement plus précaires. Mais je ne suis pas riche, ni proprio. Je n’ai pas plein de RTT, pas de PEE, pas de Mutuelle qui rembourse 100%… Ma vie ne ressemble pas à toutes ces photos Instagram de vie parfaite de gens parfaits avec leurs 2 enfants proprios qui se paient en plus des vacances à l’étranger. Je ne suis pas une bobo.

C’est pas grave, c’est la vie. Juste un constat qu’au rythme où va notre société et vu la direction qu’elle prend, quand on nait du bon côté de la barrière il vaut mieux y rester car une fois qu’on commence à glisser vers le bas, c’est très dur de remonter.

Accepter, se résigner ou combattre? J’ai décidé de combattre. Les combats sont individuels mais la victoire collective. Il faut être insoumis mais stratège. Se révolter mais avec intelligence. La vie est une jungle et un combat pour la majorité. La minorité protégée s’accroche, fuyant la précarisation de peur d’être contaminé

J’ai du apprendre à moins consommer, à consommer autrement, à accepter que sauf si je décrochais le jackpot, j’étais mal barrée pour avoir un niveau de vie plus élevé que mes parents. Et en même temps je refuse la fatalité. Mais en France, on ne donne que très peu de marge de manoeuvre aux gens. On aime bien nous mettre dans des cases et qu’on n’en sorte surtout pas.

J’essaie de rester optimiste mais aujourd’hui, à lecture de différents articles,  je suis sombre. Pourtant je vais continuer de me battre car je veux que ma petite fille de 2 ans ait toutes ses chances. Il faut bien s’armer dès le départ. C’est la loi de la survie: savoir s’adapter et être à l’aise comme un poisson dans l’eau même dans les 40eme rugissants.

 

Jours de colère et programme Rocky

Mon blog n’est pas mort ! Non. Je n’ai juste plus le temps de blogguer ou l’inspiration ne venant pas sur commande chez moi mes envies d’écrire tombent rarement au moment où je le peux vraiment (dans le métro, en réunion, en préparant le repas, …) … mais là je suis en arrêt maladie, chouette !

Eh ouais je me suis fait opérer pour la première fois de ma vie alors je suis obligée de vivre tranquillement pendant deux semaines, bercée par des anti douleurs au dérivés d’opium et de morphine, c’est cool…

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C’est cool parce qu’en vrai je passe une période de colère. De grosse colère. Comme dans le livre que j’ai acheté à ma fille.

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Une colère contre ce qui m’arrive depuis quelques temps, contre mes galères financières, contre mes galères en général, contre moi même qui n’ait pas réfléchi à certaines conséquences (comme le fait d’avoir toujours été habituée à être bien couverte avec ma santé et découvrir que là non, ) etc. bref, je vous passe les détails …

On se dit, on nous dit : c’est que de l’argent. Ouais. Ouais c’est que de l’argent mais c’est peut être plus facile de dire c’est que de l’argent quand on n’en manque pas … ça aussi ça me met en colère.

En colère de voir qu’en étant une femme, jeune maman de plus de 40 ans à Paris dans la communication, je suis condamnée à me battre encore plus qu’avant pour avoir du travail de qualité et le garder … Quand je dis qualité je parle d’un travail à la hauteur de sa vraie valeur avec un salaire qui tient la route etc. Et ça veut dire que plus que jamais je vais devoir être un couteau suisse de ma profession avec le look qui va bien. On n’a pas le droit de lâcher prise en fait. Jamais. Pas trop quoi.

Et puis pour le management 2.0. humaniste on repassera. En France on a encore du boulot… y compris pour pouvoir se recycler ou varier les plaisirs sans être pénalisé financièrement…

Je crois que c’est pour ça aussi que je suis en colère. Parfois j’aimerai pouvoir faire pause. J’aimerai pouvoir me laisser vivre un peu et ne pas avoir à m’inquiéter de demain, d’après demain, de dans 25 ans !! Il doit y avoir des personnes pour qui c’est possible. Des natures. Moi je ne suis pas comme ça en fait. Et puis la vie me rappelle toujours que je ne peux pas être dans la catégorie à me reposer sur mes lauriers. En général, si je me relâche, j’ai un rappel à l’ordre bien cinglant. Toujours.

Moi qui voulais reprendre mon blog sur des sujets plus légers je crois qu’il va falloir que je me fasse une raison, ça ne sera pas encore cette fois ci !

Gros moment de lose comme on dit. On est physiquement diminué, acculé, coincé dans des impondérables qu’on ne choisit pas et on subit. On subit en criant intérieurement à l’injustice de ce qu’on traverse. On rumine. On enrage, on pleure, on trépigne. Et après ? Après faut encaisser et c’est là que le programme Rocky se met en place.

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Ce moment où tu as fait le tour de ta merde. Ce moment où tu sais que de toutes façons tu n’as plus le choix et que c’est marche ou crève. Ce moment où tu sais que de toutes façons c’est inhérent à ta personnalité, tu vas encore te battre pour surmonter ces difficultés parce que … Parce que pas le choix.

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Alors on serre les dents, on relève ses manches, on ravale son orgueil, on ravale son aigreur, on fait profil bas et on fait ce qu’il faut pour que les choses s’arrangent. On vit dans une société qui ne laisse pas de place à la faiblesse. On a le droit d’être fatigué, de lâcher un peu prise parfois, mais pas trop longtemps… pas trop … Il faut rester du bon côté de la barrière pour ne pas être écrasé … On vit dans une société de plus en plus inégale, plus extrême. C’est pas le moment de faiblir, je vous le dis.

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Moi je suis pas une fainéante Manu #loitravail

– Eh Manu tu descends ?

-Pourquoi faire?

Bon. Moi je suis pas descendue dans la rue aujourd’hui Manu (tu me connais bien, moi la travailleuse fainéante alors je t’appelle Manu puisqu’on est proches maintenant). Je suis une working Mum dans le privé et je peux pas me permettre de sécher le travail pour descendre dans la rue. Pas encore en tous cas. Et puis j’ai pas de RTT, pas d’avantages sociaux, j’ai accepté d’être pas cadre et même un CDD au début pour me remettre en selle, j’ai du baisser mon salaire parce que quand on arrête de bosser par choix ou parce qu’on t’as forcé la main, bah à 40 ans quand t’es une working mum tu fais peur alors pour que les gens aient moins peur t’acceptes aussi d’être moins payée …bref j’ai pas le temps et la liberté de descendre dans la rue crier à l’injustice sociale. Et pourtant je suis vachement forte pour crier à l’injustice sociale. Mais pas aujourd’hui. Alors à la place je t’écris.

Faut que tu saches quand même que globalement je suis vraiment pas d’accord avec la f…cking loi du travail. Et pourtant je bosse dans le digital, je suis la première à trouver qu’il y a des gens qui abusent du système (mais pas forcément ceux qu’on pointe du doigt en premier) – j’ai pas fait sciences po, j’ai pas le temps de tout lire, de tout éplucher, de tout analyser pour comprendre les p… d’ordonnances … j’ai pas le temps d’écouter les diatribes des uns et des autres chez Bourdin, ou Cohen … j’ai pas le temps. Je suis une working mum parisienne tout le temps speed qui essaie d’abattre le travail que j’ai à abattre du mieux possible. Et puis accessoirement j’aime bien mon job et j’ai envie de le garder ! Alors je lis des résumés, des avis de personnes éclairées et pfff…. franchement ça pue du cul la loi travail hein ?

Moi ce que je vois c’est qu’on tape tout le temps sur la tête des français en les traitant de feignasses, d’immobilistes, de réfractaires au changement, d’anti progrès, de râleurs, bref on a qu’à se sortir les doigts du cul quoi merde y en a marre comment ils font les autres ? Bah si les autres ils acceptent la précarisation, la disparition de leurs acquis sociaux j’ai envie de dire : tant pis pour eux ça les regarde ? Mais pourquoi nous on devrait accepter ? Pourquoi nous la France d’en bas, les classes moyennes, les classes populaires, les gens qui sont locataires à vie, qui paient pas l’ISF, qui arrivent pas à mettre assez d’argent de côté on devrait fermer notre gueule et encore accepter de se faire enculer à sec avec du gravier ? Hein ? Pourquoi?

Pourquoi on nous raconte toujours les mêmes conneries à base de chantage sur le fait que si les riches paient des impôts (trop) ils ne créeront pas d’emplois? Bon. C’est un peu caricatural mais ça se saurait quand même si les grosses boîtes qui paient moins d’impôts créaient plus d’emplois et d’emplois pérennes non ? Et puis la flexibilité du travail c’est gentil mais combien de boîtes sont prêtes à faire du management libéré, à autoriser le work from home pour les maman qui bossent par exemple ? Combien de CDD désormais qui bloquent les gens dans le développement de leur vie perso ? Non parce que faire un prêt à la banque, louer un appart (je parle même pas d’acheter) avec un CDD c’est tout de suite un « No Go » …. Alors qu’il faille changer des trucs, flexibiliser un peu, oui oui faut vivre avec son temps, faut s’adapter à l’économie mondiale, mais pourquoi faut il à tout prix précariser les gens et les traiter de faineants en plus ?

Pourquoi ce besoin de mépriser les travailleurs ? Pourquoi cette forme de dictature au nom du besoin de changer ? Moi je veux bien qu’on sanctionne ceux qui abusent du système mais dans ce cas qu’on le fasse de façon juste et équitable…tout le monde à la même enseigne, y compris les gros Mastodontes du CAC 40 et autres GAFA et pros de l’évasion fiscale, les banques elles mêmes … et qu’on arrête un peu de nous prendre pour des cons écervelés moutons … même si clairement on a voté mouton …

Moi j’y crois pas des masses à ta 3ème voie Manu … je sais pas quelle serait la bonne 3ème voie réellement applicable et réaliste et honnête … j’ai pas le temps… je regrette de ne pas avoir assez le temps d’y penser … je laisse ça à d’autres … moi je suis dans l’opérationnel, dans la trivialité hyper réaliste du quotidien tu vois… métro boulot nounou dodo…. Parfois je préfère pas penser à mon avenir parce que je sais que le CDi disparait, que bosser dans une même boite c’est fini, que les métiers mutent, tout mute de toutes façons (même moi j’ai une prémutation génétique … je suis une X-MEN … enfin une X-WOMAN – je t’expliquerai si tu veux -), et que plus je vais vieillir plus ça va être dur et si je me mets pas à jour en permanence je serai bonne pour la poubelle et je serai obligée de devenir coach ….(je plaisante … mais j’ai remarqué qu’à Pole Emploi quand t’es dans la com et que tu fais des bilans de compétences, coach ça revient souvent c’est marrant…) ….

Enfin voilà. Ta loi je l’aime pas, je l’approuve pas, je la trouve pas claire, tordue, pas juste, pas équitable et je suis même pas une fainéante d’abord.

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Salut Manu, à une prochaine dans une soirée, ou expo, je sais pas on pourra peut être se croiser un de ces quatre qui sait, le monde est petit …

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F…k les diktats de l’apparence et de la performance sociale !

Le diktat de l’apparence. Le mal du siècle. Le mal qui ronge les réseaux sociaux, qui fait sentir le 3/4 des personnes ratées ou au minimum pas assez bien.

L’apparence physique, le boulot, la vie sociale, les vacances, la vie amoureuse, la vie familiale, les hobbies, tout y passe. Le principe du « si t’as pas une rolex à 50 ans t’as raté ta vie » qui se décline à toutes les sauces.

Avec l’âge, l’expérience, dieu merci on se libère de plus en plus de cette pression, mais elle a la peau dure cette exigence de la performance, cette culpabilité insidieuse qui fait qu’on ne peut pas s’empêcher d’avoir une petite voix au fond de soi qui dit : c’est pas assez, tu peux faire mieux. La société aide à se sentir toujours frustré et insatisfait de ce qu’on est, de ce qu’on a. Je pense que rares sont les personnes qui se sentent pleinement épanouies.

Le besoin de prouver qu’on fait partie de la bande. Le besoin de prouver aux autres, à soi, qu’on vaut le coup, qu’on a de la valeur. Le besoin de reconnaissance sociale qui fait du bien à l’ego.

A l’heure où on prône le retour de la bienveillance, de l’altruisme, de la tolérance, de la gentillesse, où on condamne le harcèlement sous toutes ses formes, le body shaming, le burn out, … est ce que vraiment dans la réalité des faits ça se fait ressentir ? Est-ce que vraiment ces belles valeurs humanistes, cette bienveillance se retrouve sur les réseaux sociaux? Moi je ne trouve pas. Je trouve que c’est presque pire.

Je suis choquée par la violence des mots, par l’incapacité de la masse à réfléchir avant d’écrire (vomir) des phrases mal écrites d’une violence inouïe (absence d’éducation, de sens critique, de goût de l’effort, de goût à la réflexion)… je suis choquée de ce besoin permanent de montrer qu’on réussit et cette volonté d’écraser. Cela va jusqu’à la boîte pour laquelle on bosse (la marque employeur prend tout son sens dans la réussite professionnelle individuelle… plus tu bosses pour une boîte qui a une super réputation plus cela influe sur ton aura et ta bonne réputation à toi et inversement…vous avez pas remarqué ?).

Pour les femmes ce diktat est je trouve le pire de tous et me donne souvent envie de prendre le contre pieds (sans oublier la fameuse charge mentale). Je ne parle même pas de ceux qui ont un handicap (visible ou invisible)

D’ailleurs pas plus tard que ce WE j’ai posté une photo Instagram de moi en faisant la gueule. Et j’attends toujours le commentaire « bah pourquoi tu souris pas, tu serais tellement mieux en souriant » … ouais je suis Bozo le clown, Lorie, je passe ma vie à sautiller de joie, c’est bien connu!

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Je suis Dircom de métier, dans le digital depuis quelques temps, quadra, à Paris … la totale. Le cumul de miles. Le cumul de critères qui m’obligeraient plus que d’autres à être dans la performance sociale apparente, visible. Merci, mais non merci. Je préfère en rire comme le sketch de Florence Foresti !

J’ai toujours refusé la frime qui accompagnait mon métier. Bien sûr parfois, ça génère une frustration, une désillusion, un sentiment d’injustice (oui parce que les compétences, l’enthousiasme ne suffisent pas pour réussir dans mon milieu), mais c’est plus fort que moi. Je n’ai jamais réussi à me corrompre. J’ai toujours presque été fière de ma rebellion involontaire mais viscérale. Et pourtant j’adore mon métier, j’aime les gens. Je crois que je suis une bonne « manager » au vu des retours que j’ai pu avoir au fil des années des personnes qui ont bossé avec moi. Tout comme je pense avoir toujours fait du bon boulot. J’ai en plus la chance d’être bilingue anglais ce qui m’a toujours permis de bosser à l’international (atout majeur quand on est française, pays au niveau médiocre en langues étrangères)… Mais j’ai une aversion pour la panoplie, jusque dans le vocabulaire…J’aime pas l’esbroufe.

Pourtant, par exemple, le luxe me fait rêver. J’aime bien les belles choses, la noblesse que cela peut dégager (pas le côté bling bling clinquant hein) … J’ai même bossé dans l’hôtellerie de luxe (que j’aime toujours énormément) mais dans le luxe plus qu’ailleurs, il faut une panoplie. La panoplie de la fille qui réussit tout dans ce secteur est plus que jamais incontournable et gare à toi si tu rentres pas dans le moule. Et même si on le dit pas ouvertement, c’est tellement évident qu’on se le prend en pleine face à la moindre occasion dès qu’on ne rentre pas dans la case.

Moi j’ai pas de temps à perdre. Et puis ma vie fait que mes priorités sont ailleurs. Je suis pas idiote inflexible bornée. Je sais jouer le jeu quand c’est nécessaire.  Mais j’ai des limites et je les revendique. On ne juge pas un métier, une réussite sur un look. On ne juge pas des compétences sur un IMC et une joli visage.

Du coup, j’ai finalement orienté mon métier dans des domaines où l’apparence est moins fondamentale, où on peut même avoir une portée humaniste à son travail (le fameux sens que nous sommes désormais nombreux à chercher il paraît).

Il faut bien vivre aussi alors on fait des compromis quand même.

Je m’égare pardon. Revenons aux réseaux sociaux, à la bienveillance, au droit d’être humain.

Je revendique le droit de faire la gueule parfois, de poster des photos où j’ai le regard triste et le visage fermé. Je revendique le droit de râler et critiquer, de ne pas suivre le courant général parce que ça ne me convient pas (sans que cela fasse de moi une aigrie, une négative systématique, une méchante), je revendique le droit de dire que ma vie n’est pas parfaite mais elle est ma vie et je l’assume et elle me va. Je revendique le droit de dire que j’ai des kilos en trop qui ne font pas pour autant de moi une personne sans volonté (je fais un régime longue durée pour perdre au minimum 10 putain de kilos qui me pourrissent l’épanouissement – je pourrai faire un billet sur la discrimination professionnelle et sociale des personnes en surpoids), je revendique le droit d’être parfois vulnérable et de l’exprimer, je revendique le droit de ne pas être parfaite, de faire des erreurs, de ne pas toujours réussir et j’emmerde ceux qui imposent qu’il faut toujours aller bien avec un sourire banane.

Moi je suis plus Bridget Jones que Carrie Bradshaw, c’est comme ça. Et vive les fêlures et les éclopés de la vie !

BridgetCarrie - copie