Les aventures en tous genres d'une parisienne fraîchement quinqua, maman qui bosse (et parfois pas mais qui chôme jamais), souvent speed et râleuse mais souvent pour rire aussi et qui essaie de s'en sortir avec avec sa vie pas lisse du tout!
Depuis dimanche je me disais que je devais aller manifester. Mais j’avoue, y aller seule et voyant comment les manifs peuvent parfois dégénérer, j’avais un peu peur. Et puis j’avais peur de la récupération politique avec laquelle je n’adhère pas forcément. Mais j’avais envie d’y aller parce que je sentais que c’était important. Je sentais que si je n’y allais pas moi aussi, ça allait envoyer un mauvais signal. Je sentais qu’il fallait être en nombre, unies, solidaires, peu importe notre âge, notre milieu social, nos revenus, nos origines, nos préférences politiques. Je sentais que cette manifestation était au dessus de tout cela. Et c’était vrai.
Parce que Lyhanna, n’aurait jamais du être une victime. Elle aurait du hier soir, être en train de diner avec ses parents et son petit frère.
Il y a eu tellement de dysfonctionnements, d’erreurs dans ce funeste scénario …
Même le collège a manifestement fait une erreur puisqu’elle n’aurait jamais du sortir de l’établissement. Que s’est il passé ? L’enquête finira par le dire … En attendant, le mal a été fait.
Tout ne va pas bien en France. La justice, l’éducation nationale, la santé. Les piliers qui touchent le plus l’humain sont laissés pour compte. Et pourtant, on est le pays qui paie le plus de taxes et impôts en Europe ! Il y a quand même un problème ?
On n’arrête pas de nous culpabiliser, nous les Français, pour la dette, l’argent qu’on n’a plus … à nous dire qu’on doit travailler plus, plus longtemps parce que dans les autres pays d’Europe c’est pareil … mais non c’est pas pareil. Parce qu’eux, ne paient pas autant de taxes et d’impôts et que leurs systèmes fonctionnent mieux que nous ! Alors pourquoi ? Le problème ne vient pas de nous ! Le problème vient d’en haut ! Du manque de courage politique, de la corruption du système, de tous ces hauts fonctionnaires et autres technocrates qui se gavent depuis des années sur le dos des Français ! La caste des privilégiés. Il y a de l’argent. On en donne PLEIN à tort et à travers ! et en attendant on NE PROTEGE PAS LES ENFANTS !!!
Moi j’aimerai un AUDIT complet, indépendant, détaillé et restitué aux français sur comment est dépensé l’argent public. NOTRE ARGENT. Je suis sûre qu’on aurait des surprises. Je suis sûre qu’il y aurait des économies possible, des répartitions plus démocratiques plus justes, notamment pour les 3 piliers fondamentaux que sont : la justice, l’éducation, la santé.
On en donne à l’Europe aussi. Trop. Il n’y a aucune égalité fiscale en Europe. Comment voulez vous qu’une Europe à 27 fonctionne s’il n’y a aucune égalité de traitement ? Taxes, ressources, … Rien n’est égal et la France, considérée comme « Riche » à du payer pour les autres qui ont bien profité. Nous on doit toujours payer pour les autres, mais au final c’est nous qui sommes sur le carreau. Sur le carreau avec notre systeme : Pour 100 000 habitants, la France ne compte que 11,3 magistrats contre 24,7 en Allemagne. Même l’Italie nous bat avec 12,2 magistrats.
Hier soir, les mères, les femmes, on dit STOP. Arrêtez de nous prendre pour des cons ! Arrêtez de nous mentir ! On ne cherche pas des têtes à couper. On veut des SOLUTIONS CONCRETES ! On veut cette LOI INTEGRALE !
Des solutions possibles, qui existent, qui demandent juste du COURAGE, des ARBITRAGES JUSTES !
STOP !!! Les Français sont descendus manifester pour montrer qu’ils pouvaient TOUS se réunir. Qu’ils pouvaient tous braver leurs peurs, leurs différences, pour un système JUSTE qui PROTEGE VRAIMENT !
Hier soir j’étais fière d’être française et ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Mais j’étais triste aussi. Et je le suis toujours parce que je pense aux petites victimes. Je pense aux parents des victimes car tout cela ne leur ramènera pas leurs enfants. J’espère qu’hier ils ont senti la compassion réelle et sincère.
Alors à tous ceux qui doutent de l’utilité de manifester, quand une cause vous tient à coeur, ne doutez pas ! Allez-y ! Moi j’y suis allée. Seule. Et je n’ai pas regretté un instant.
Je n’ai pas trop eu le temps d’écrire pour le fun cette dernière année, qui s’est écoulée à la vitesse de la lumière, parce que j’ai déployé une énergie et temps dingue à essayer de rebondir avant la fin de mes maigres et courtes A.R.E. (Aide au Retour à l’Emploi) de chez France Travail. Et aussi parce que je caressais l’espoir de ne pas être au chômage pour mes 50 ans (sur ce coup là je me suis bien fourré le doigt dans l’oeil)…
J’ai aussi essayé de me mettre à mon compte en même temps mais en fait une fois que j’y étais j’ai découvert que les deux ne pouvaient plus cohabiter (merci les changements de loi) alors j’ai du choisir d’être officiellement chômeuse 100% pour ne pas perdre un centime de mes précieuses A.R.E. et me plonger corps et âme dans la recherche d’un emploi salarié en C.D.I. Même en C.D.D. et même en baissant de 30 à 40% ma valeur salariale.
Je pense que j’ai de la chance, parce que j’ai eu pas mal de processus de recrutements réels. Avec des vrais entretiens, plusieurs même, qui te font arriver en finale, aux portes des finales … mais … bah finalement non, merci, on vous trouve vachement bien, même que vous avez été dans le top 4 sur 400 CV sélectionnés (wouah trop coooooool !) … mais bon…ça me fait une belle jambe.
En un an, je suis devenue incollable en systèmes de paiement, en distribution cinématographique, en logistique et e-Commerce, en énergie nucléaire, en optique de luxe, en hôtellerie de luxe et lifestyle, en affaires réglementaires dans le carton, en échange de maisons sur Internet, en réservation d’hôtels sur Internet, en grande distribution, mais au final, je suis restée tel Poulidor, éternelle seconde, parfois même pas … avec la gêne souvent perceptible de l’interlocuteur en face chargé du S.A.V., qui te dis que t’es bonne, … mais qu’on a peur que tu sois un peu trop senior pour le poste … même si t’as dit que non, même si t’as montré un enthousiasme réel sur ton envie de bosser les mains dans le cambouis comme quand t’avais 30 ans ! Même si t’as même été capable de le dire dans un anglais impeccable.
Sorry but … voilà quoaaaa. On veut pas de toi, OLIVIAAAAAAAAAAAA !
J’ai même eu droit à un mail un vendredi soir, veille de mes 50 ans, me proposant un rdv pour debrief du processus de recrutement le lundi … mais pas de réponse claire : oui tu vas en finale, non t’es recalée. J’ai du passer le WE à vaguement espérer (mais pas trop quand même) que j’avais PEUT ETRE une chance … et le lundi, après avoir parlé de la pluie et du beau temps avec la RH, c’est moi qui ai du lui faire cracher sa Valda : Bah non … malheureusement je n’avais pas plu à la fille de la région Asie-Pacifique, qui ne m’avait posé aucune question, blasée de sa fin de journée (moi au taquet au début de la mienne), qui n’aurait même pas été ma boss mais … décision collégiale oblige … j’étais trop assurée dans ma façon de m’exprimer et je risquais de ne pas savoir gérer les « stakeholders » … Euh … PARDON ?! T’as mis 15min. à te connecter au TEAMS Madame, on a eu plus que 15 min sur les 30 pour se causer, tu me pose pas une seule question alors oui j’essaie de me vendre au max, je donne tout, et tu oses dire que j’ai trop d’assurance et que je vais pas savoir gérer les « stakeholders » ? … SERIOUSLY ? Je ne vous listerai pas les jurons qui ont accompagné ma colère quand j’ai eu le fameux débrief … enfin une fois que j’avais raccroché BIEN SUR
Ah mon ego a été largement piétiné. Mon humilité sur entraînée. Des larmes ont coulé. De la rage, du désespoir, de la frustration, de la remise en question … faut voir l’endurance qu’on peut gagner quand on est demandeur d’emploi. Cette course de fond qui nous fait passer de l’espoir au désespoir en l’espace de 2 semaines… ces périodes où on est « dans le game » comme on dit, où on se dit, purée, j’ai mes chances là quand même, les signaux sont vachement positifs, je peux y croire … Alors on commence bêtement à se projeter, à se voir ENFIN sorti de la galère, on pense aux WE qu’on va pouvoir offrir à sa fille, à l’ordinateur qu’on va lui acheter pour sa rentrée au collège, au nouveau canapé lit qu’il faudrait vraiment changer … à l’argent qu’on va pouvoir mettre de côté pour les projets d’avenir, on se dit que finalement c’était un mal pour un bien car le mieux est au bout du tunnel … et puis passé les derniers entretiens décisifs, on attend les réponses, (les jours où on nous a dit qu’on les aurait) … et les réponses n’arrivent pas … alors on commence à se sentir un peu moins bien …et la peur au ventre, l’angoisse en appuyant sur « Send » pour aller à la pêche aux nouvelles … et comme par hasard on reçoit après l’heure du déjeuner un pauvre mail automatique qui te jettes … qui te dis que ça ne remet pas en question ton talent et tes compétences mais que bon … Eh, on a trouvé mieux que toi …. Prends ça dans ta face de rat !
Je peux vous garantir que quand on se prend des déferlantes de non (parce que parfois ça tombe en escadrille sans même avoir un rdv … ça c’est quand t’as merdé avec les filtres ATS*) on en mène pas large … et perso, faut pas trop me solliciter dans ces moments là. Je me transforme en Ours des Cavernes et je suis pas trop causante. C’est un peu comme si j’étais l’ours dans la vieille pub Ricoré (ouais j’ai des Ref de boomeuse presque) … enfin des années début 2000 quoi. Il y a 26 ans. (Oui je sais, ça fait un peu mal de se prendre ça dans la tronche quand on réalise que 1975 c’était il y a 50 ans) …
*ATS : Applicant Tracking System : logiciels basés sur l’I.A., qui filtrent les CV pour détecter les mots-clés et compétences recherchés, sont devenus incontournables pour les RH des entreprises qui recrutent – (Par exemple, Workday est un ATS. Workday m’aime pas. Pourtant j’ai refait au moins 10x mon CV mouliné dans ChatGPT / Gemini / Claude … Workday, ne me veut pas).
Je vous mets la ref …
Donc oui, je suis désormais « SENIOR » sur le ‘marché du travail » et ça me saoule d’être catégorisée « bonne à jeter » alors que je suis sûrement plus geek que certaines jeunettes de 30 ans, et que je suis au courant de toutes les dernières Trends de TikTok / YouTube parce que j’ai une fille de 10 ans et demi et que grâce à ma fille, je n’ai pas basculé (trop) du côté Ringard de la Force.
Suite à un récent énième refus pour un job où j’étais PARFAITEMENT CALIBREE et entraînée à dire les bonnes petites phrases clé, à fond dans le process S.T.A.R. (Situation, Task, Action, Result), et sachant que de toutes façons mes A.R.E. (Areuh) s’arrêtent mi Juillet je me suis dit que j’allais arrêter toute cette hypocrisie et conneries et arrêter de m’échiner à essayer de rentrer dans les nouvelles cases du Salariat et faire un vrai virage pour enfin donner l’énergie méritée à ce projet de freelance que j’avais un peu amorcé mais pas trop parce que j’espérais encore pouvoir plaire à une chouette boîte pour un chouette boulot de Dircom / Manager whatever avec un salaire sécurisant et tout …
Donc oui, je me lance. Enfin j’attends que France Travail sonne le glas de la fin de mes A.R.E. et clairement je n’aurai droit à aucun sursis, c’est DEMERDEN SIE SICH Frau FUCHS (oui c’est mon nom, Fuchs, c’est Alsacien / Allemand, ça veut dire Renard tout ça … )…
Comme l’expression : « Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère viendra à toi ».
Je n’ai plus rien à perdre, je fonce. (Et non, je n’ai pas le mindset Jean-Claude Duss). J’ai encore de l’espoir, de l’envie, de l’énergie, mais plus pour me battre contre un système vérolé, plus pour essayer de cocher toutes les cases des gens formatés et scolaires, plus pour faire semblant d’avoir 35 ans alors que j’en ai 15 ans de plus, plus pour trouver des réponses à la con à la question « Alors pourquoi vous voulez travailler avec nous ? » … Sans déconner mais arrêtez avec cette question pourrie !!!! POUR LA THUNE ! Evidemment AUSSI parce que le boulot à l’air chouette, la boîte à l’air chouette mais vous croyez quoi ? On doit payer notre loyer, notre bouffe, la cantine, et tutti quanti !
Et aussi parce que les donneurs de leçons, ceux qui ne SAVENT PAS ce que c’est que d’être au chômage, 6 mois, 1 an, 18 mois, 2 ans … qui te disent pétris de « bienveillance » « mais t’es sûr que tu fais bien ça et ça et que tu ne devrais pas faire comme ci comme ça » , qui t’envoient des liens de coachs à la con, d’articles du genre « j’ai changé ça dans mon CV j’ai traversé la rue et j’ai eu un job »… mais … mais … vos gueules en fait !!!!
Bref. Le Renard sort de sa tanière. Le Renard en Marre. Le Renard reprend sa liberté, de parole, de pensée, se rebiffe contre ce système voué à l’échec, car dites vous bien les gens: Va falloir bosser jusqu’à 70 ANS. On vieillit TOUS. L’Intelligence Artificielle rafle tout sur son passage à une vitesse phénoménale. C’est la LUTTE FINALE.
Allez a Tchao Bonsoir (Seuls les « vieux » percuteront sur mes ref.)
7 mois, que dis-je, officieusement 12, que je cherche comme une dingue, la nouvelle passerelle, le nouveau chapitre de ma vie professionnelle, que je passe des heures à scroller toutes les plateformes, que j’ai même investi financièrement sur Linkedin pour avoir le sacro saint statut premium qui te donne accès à tout … ou presque.
Des heures à bosser avec ChatGPT pour devenir incollable dans tous les secteurs auxquels je postule, jusqu’à des simulations d’entretiens, des stratégies proactives à faire des benchmarks, des swots, imaginer des scénarios du pire et du meilleur … et puis … RIEN.
Le néant. ça fait peur hein … Oui je sais. Bien sûr que ça fait peur. Les gens en poste, qui viennent régulièrement regarder mon profil Linkedin pour voir où j’en suis (si si je vous vois) … beaucoup d’anciens collègues qui doivent se dire : « merde … ça traîne quand même… elle a du mal à retrouver … est ce qu’elle cherche vraiment ? » … « peut être qu’elle est pas si compétente que ça ? » … « ouais, ça craint … 50 piges la pauvre, ça se présente pas terrible » … Nan mais je sais. En fait je dis rien. Enfin à part ici. A l’extérieur, et SURTOUT sur Linkedin, je ne dis RIEN.
Je refuse pour l’instant la petite bannière honteuse du « open to work ». Parce que tu sais, je sais, que c’est déjà une bascule supplémentaire dans la lose. Je refuse de m’imposer cette humiliation supplémentaire de mendier du boulot. J’ai pas envie. Je l’ai fait. Je veux plus.
Globalement j’ai pas des journées ennuyeuses. J’ai de quoi m’occuper vous savez. C’est juste que lorqu’on cherche non stop du boulot, ça vous pompe une telle énergie, ça génère une telle anxiété permanente, que ça vous suce toute inspiration ou envie pour des choses peut être plus créatives … Evidemment ce sont des phases. Parfois l’impulsion revient, mais quand on passe des entretiens, qu’on donne tout, qu’on attend des nouvelles (parce qu’en plus on te dit qu’on va te donner des nouvelles) et qu’on se heurte à du vide intersidéral, ça épuise. Et forcément, quand on a des pistes qui emballent et qui semblent vouloir mener à quelque chose, on a envie d’en parler … mais après, on vous pose des questions du genre « alors ? des nouvelles ? » ….Bah non. Pas de nouvelles.
Pendant 6 mois j’ai vu mon CV « en cours de traitement » dans une boîte où j’avais une bonne connexion. Et ENFIN, parce que l’été et les vacances estivales sont là, j’ai reçu le petit mail automatique qui te dis : bah en fait, on ne va pas vous prendre … mais ça ne remet pas en question vos compétences (mais ta gueule avec ta formule toute pourrie)….
Ce matin, j’ai envoyé une candidature à un poste vers 10h du matin. A 14h j’avais un mail de refus. Punaise, ça c’était du rapide !
Il y.a des étapes dans le chômage. Des durées un peu « clé » qui font peur et où tu te dis : Aie aie aïe, si je passe ce cap, ça va vraiment durer longtemps … Peut-être que je vais me recycler. Tant qu’à me dévaloriser au niveau salarial, je vais peut être tenter de devenir enseignante. ça me plairait bien je crois …
Peut être que je vais vraiment me lancer à mon compte et devenir la slasheuse que j’ai toujours eu envie d’être …
On me l’a dit dans mon horoscope estival de sagittaire que j’allais basculer en roue libre et peut être totalement redéfinir mes plans, mes priorités.
La seule chose que je sais, c’est que même si je peine, même si parfois j’ai grave les boules, peur un peu, j’ai un truc en moi qui me fait penser que non, je ne céderai pas à la trouille. Non je ne serai surtout pas victime de cette situation.Je vais trouver comment rebondir
Alors à tous ceux qui s’inquiètent pour moi, qui viennent régulièrement m’espionner pour voir où j’en suis, ne vous inquiétez pas.Je suis habituée aux courses de fond, à remonter les pentes. Je suis endurante et j’ai des cuisses puissantes.
On me disait : oh mais je suis SURE que tu vas vite retrouver avec ton profil et ton parcours c’est obligé. Oui, bien sûr. Moi je savais que j’allais en chier. Je le savais parce que je suis déjà passée par là et que je sais dans quel climat on est actuellement …ça fait déjà 5 mois officiellement … Mais je sais. Je sais. Les juniors rament. Les jeunes seniors rament. Les jeunes diplômés rament 2X plus. J’ai eu de la chance quand j’étais jeune. A peine diplômée, encore à l’école avant ma soutenance de Master, j’avais passé un entretien avec le directeur marketing de la boîte qui me faisait rêver dans un hall de l’aéroport de Roissy entre les 2 avions du gars à l’époque et 5 jours plus tard, j’avais un « You’ve got the job » dans ma mailbox. En 10 jours j’embarquais mes quelques affaires avec l’aide de mon père dans un foyer de jeunes travailleurs à Annecy pour démarrer mon 1er vrai job de mes rêves …qui s’est révélé ne pas être si ouf’ dingue que ça, mais c’est une autre histoire…
A bientôt 50 ans, je n’ai plus la même veine. A 44 ans non plus d’ailleurs, j’avais bien ramé et en plus le Covid n’avait rien arrangé. J’ai fais quelques erreurs de choix dans mon parcours, j’en suis consciente. Des fois où j’ai pris des risques qui n’étaient pas les bons, d’autres où j’aurai du à l’inverse foncer et je ne l’ai pas fait et forcément, je l’ai regretté ensuite. C’est comme ça. C’est mon parcours, mon cheminement propre.
Ces derniers temps j’ai quand même l’impression d’avoir une sorte de tiercé gagnant. Enfin perdant. On touche la finale, on voit la ligne d’arrivée, mais … finalement non. Les raisons sont vastes : recrutement interne finalement … ghostée, je ne suis pas assez réseautée, et surtout pas dans le réseau des managers recruteurs, je suis trop chère, trop senior pour le poste, TROP VIEILLE. On me l’a sorti : « ça ne vous gêne pas que votre manager soit plus jeune que vous » ? Bah non. Moi ça ne me gêne pas mais elles, ou eux, oui. Mais ça ne se dit pas ouvertement. On le sent seulement.
Les compétences je les ai, mais … ça se bouscule au portillon. Je ne suis pas seule. Mes prétentions salariales sont normales pour mon expérience et mon âge. Ce n’est pas forcément ça qui bloque d’ailleurs. On est toujours trop de quelques chose ou pas assez de cela, dans tous les cas…
Je joue le jeu à fond aux entretiens. Je me prépare comme jamais. Je deviens une incollable sur tous les sujets des entreprises pour lesquelles je postule. Experte en logistique, en e-Commerce, en hôtellerie, en parcs d’attractions, en corporate, en crise, en RSE, en lifestylen en consumer, en Digital, en IA … ChatGPT est devenu mon allié pour la préparation proactive de recommandations stratégiques, d’analyse de marché, de la concurrence, je m’entraîne à faire des entretiens pour être toujours plus percutante. Mais non. ça ne suffit pas.
Le problème, c’est que le temps passe. ça use. ça décourage, ça angoisse aussi … L’âge de la retraite recule mais il n’y a pas assez de boulot pour tout le monde et passé 45 ans dans mon secteur on devient presque bon à jeter … Alors la dernière option serait donc de me mettre à mon compte … Oh j’ai déjà commencé à préparer le terrain. Il me reste quelques trucs à peaufiner et surtout il me reste moi à convaincre de sauter le pas. Certains ont l’entrepreneuriat dans le sang. Moi je me sens comme quand je faisais de la planche à voile plus jeune. Ma mère m’engueulait quand j’étais à Abu Dhabi et elle en France de ne pas aller naviguer. Alors j’y allais la peur au ventre et je me souviens d’une journée où le vent était extraordinaire. J’y étais allée à reculons avec mon shorty et mon harnais … et … je n’ai jamais aussi bien navigué en ne sortant presque pas de l’eau de la journée. Je suis comme ça. J’ai souvent peur de me lancer, mais une fois que je suis partie on ne m’arrête plus. Alors on verra si je déploie la même impulsion d’ici la rentrée si je n’ai rien trouvé d’ici là.
A 20 ans, a 30 ans, quand on a que soi à penser, tout est plus simple. On a aussi une énergie, un élan de vie, un optimisme et une certaine inconscience peut être qui font qu’on se sent invincible, la vie devant soi (et c’est vrai !!). A 50 ans, c’est différent. On a fait ses preuves déjà. On sait comment ça marche. On devine plus vite les plans foireux, les climats toxiques, et surtout, on a moins envie de faire la carpette pour se vendre et de raconter sa salade a qui voudra bien l’entendre. Donc malgré soi on est sûrement plus sélectif.
Pour ma part, hors de question que je me brade. Hors de question pour l’instant que je me dévalorise. Par contre, faire mon auto promo et mon self branding sur Linkedin, AU SECOURS.
Linkedin: LE réseau par lequel on est obligé de passer pour chercher du boulot (même s’il n’y a pas que ce réseau loin de là) mais c’est une sorte de vitrine, de book de son parcours professionnel. Chaque annonce demande le profil Linkedin. Alors c’est bien d’y être. C’est bien, de bien présenter, de montrer ce qu’on vaut .. mais je réalise que ceux qui parlent le plus sont bien ceux qui bossent le moins ! Ceux qui se survendent entre les coachs de vie, serial entrepreneurs, marketeurs et j’en passe, ce sont ceux qui cherchent du boulot ! Et puis en vérité, ça me GONFLE. Tout n’est que façade, faux, trafiqué à l’iA. Authenticité zéro. Alors plus ça va, plus je m’éloigne. Quand je bossais comme une dingue j’y étais peu. Je faisais ce qu’il fallait pour mon job, mais point barre. Un peu d’engagement pour le handicap mental mais …c’est très vite chiant Linkedin.
Les réseaux sociaux en général ça devient chiant. Et cette obligation de réussite, de performance, de joie, de bonne humeur, de pensée positive, de pseudo intelligence, d’échec qui devient un succès, mais VOS GUEULES avec vos leçons de vie et vos bisounours ! Enfin pas vous, ceux qui me lisez. Ceux qui veulent à tout prix de la joie en permanence parce que sinon ça veut dire qu’on est aigri et pas cool et pas chouette dans nos têtes. Bah si. Moi j’ai plein de grands rêves encore dans ma tête dont je ne réaliserai peut être pas le 1/10eme. Je suis quelqu’un qui aime la vie avec un grand V. J’ai de la passion à revendre, un appétit de vie qui hurle à l’intérieur. Mais je sais aussi que la vie peut être dure. Que parfois, souvent même, même quand on se donne les moyens, ça ne fonctionne pas. Et c’est normal d’avoir les boules. C’est normal d’avoir la lose, d’avoir l’impression d’être la dernière des ratées, d’avoir même raté un peu sa vie …
ça fait quelques semaines que le mal me ronge … Alors je fais diversion. Je sais qu’après la pluie le beau temps. Je sais que « aide toi et le ciel t’aideras » … enfin qu’en gros c’est à moi de faire le nécessaire pour me sortir de mon marasme. Je me le botte mon cul de presque quinqua. J’ai pas envie d’être chômeuse à 50 ans. J’ai envie d’avoir encore le droit à de belles années. J’ai envie d’offrir une belle vie à ma fille qui elle, n’a rien demandé. J’ai envie de lui démontrer que même si la vie c’est pas facile tous les jours, ça vaut le coup quand même et ça peut être un truc chouette.
Alors on verra. Je ne suis pas particulièrement optimiste et positive mais …je me dis qu’à un moment donné, d’une façon ou d’une autre cette satané roue, tournera. Je dois être en période de purgatoire.
J’écris cet état d’âme parce que je sais que je ne suis pas seule. Et je veux que ceux qui en bavent en ce moment et qui ont les boules de la vie, sachent qu’ils ne sont pas seuls et que le problème c’est pas eux. Le problème c’est notre système de société qui n’est plus adapté au nombre qu’on est. Je n’ai pas la solution. Juste un bon instinct de survie. Et un jour quelqu’un m’avait dit : ne te corrompt jamais. Je voudrai dire à cette personne que j’ai tenu bon. Je suis toujours restée fidèle à moi même. C’est un des trucs dont je suis fière.
Force à vous, les laissés de côté, les « du mauvais côté de la barrière ». Tout bouge.
A midi, je suis sortie. J’avais un paquet a récupérer dans le quartier d’Odéon. Une vraie journée de printemps. 19 degrés, beau soleil, toutes les terrasses étaient ouvertes et pleines à craquer à l’heure du déjeuner.
Je regardais les gens dans le métro pendant mon trajet, les yeux grand ouverts. Je les observais. Je me demandais si derrière la façade des discussions, ces gens étaient inquiets au fond d’eux-mêmes de ce qui se passe dans notre pays et autour… Je me demandais si comme moi ils avaient décidé de ne plus allumer la télé, de ne surtout pas exposer leurs enfants à cette médiatisation de la guerre et de la terreur.
Je me demandais ce qui se passait dans la tête de ces ados joyeuses qui riaient entre elles de leurs histoires de jeunes … J’ai senti la colère et la tristesse monter en moi. Deux guerres mondiales. Des générations sacrifiées. Deux guerres qui ont prouvé à quel point la guerre c’est de la merde. Voleurs d’innocence. Voleurs d’insouciance. Voleurs de vie. Voleurs de joie.
On a le terrorisme, les pandémies, les catastrophes climatiques, ça ne suffisait pas. Ils veulent qu’on parte en guerre. Comme des cons on va laisser faire ? Moi je ne veux pas laisser faire. Je refuse. Pourquoi on ferait la guerre nous ? Au nom de quoi exactement ? Depuis quand la Russie nous a menacé ? Et puis qui a menacé qui en premier ? Ça fait plus de 10 ans que l’Ukraine et la Russie bataillent pour un territoire et soudain ça devient un problème de l’Europe ?
Savez vous que Von Der Leyen est en train d’invoquer l’article 122 équivalent du 49.3 pour obliger les Européens à investir 800 MILLIARDS d’Euros pour le réarmement ? Savez vous que les manoeuvres en cours risque de signifier un énorme transfert de pouvoir à Bruxelles et que tout cela n’est pas tellement démocratique car on ne nous demande même pas notre avis ?
C’est quoi ces prétextes pourris pour faire la guerre ? Ces idées rances d’une autre époque qui disent que la guerre ça relance l’économie, ça purge la surpopulation et j’en passe ? MOI JE NE VEUX PAS. Depuis quand l’Europe décide sans nous demander notre avis ? Vous trouvez ça démocratique vous qu’on nous impose une posture guerrière et qu’on discute de ponctionner dans nos économies ? Moi je ne trouve pas ça démocratique. Qu’est ce qui justifie de potentiellement envoyer ses enfants au front ou leur faire vivre la terreur de la guerre ?
On va recevoir en juillet un fascicule pour constituer un kit de survie. Vous vous rendez-compte ?On nous dit qu’en cas d’attaque nucléaire il faut fermer ses portes et fenêtres … non mais … vous vous rendez compte qu’en cas d’attaque nucléaire, même planqués dans des caves ça serait compliqué de survivre ?
Et tous ces enfants, les générations alpha, qui grandissent avec les gilets jaunes, le covid, la fin du monde qui plane tout le temps, maintenant faut qu’ils flippent de mourir de la guerre ? Mais qu’ils aillent se faire foutre bien profond tous ces salopards en costard qui n’enverraient jamais leurs gosses, qui n’iraient jamais au front et qui iraient se planquer au premier risque vital.
La propagande pro guerre je la conchie. La manipulation permanente des gens, je la vomis. Maintenant si on est contre la guerre on est considéré comme un collabo, un pisse-froid, un lâche, un sans patriotisme. ça me dégoûte. Moi je suis patriote. Je suis solidaire des gens qui souffrent y compris des Ukrainiens. Mais je voudrai surtout qu’on arrête de se foutre de nous et de nous prendre pour des jambons.
J’ai envie que ma fille ait le droit à une certaine insouciance dans son enfance. J’ai envie de ne pas mourir d’inquiétude pour ma famille à cause de la guerre. Je n’ai pas envie de me faire des scénarios catastrophes, sur : qu’est ce qu’on fait si la guerre éclate ? Comment on s’organise ? On va où ? On fait comment ? Penser à mes frères et soeur, à mes parents, mon neveu, mon beau frère, mon conjoint, ma fille … mon frère en situation de handicap.
C’est pas un jeu la guerre. Quand elle arrive, quand elle est bien réelle, c’est la mort qui guette. La souffrance. La violence inouïe, la barbarie … Faut arrêter de trouver que ça serait une bonne solution. ça ne l’est pas. Et surtout, cette guerre n’est pas la nôtre. En tous cas, ce n’est pas la mienne.