Au delà de la lutte contre la violence faite aux femmes, halte à la violence tout court. Le respect ET l’éducation sont les clés de voûte d’une société qui tient la route.

Aujourd’hui, Dimanche 25 Novembre, journée contre la violence conjugale.

Déjà, lire cet article du Monde qui fait si froid dans le dos :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/11/25/une-journee-nationale-contre-les-violences-faites-aux-femmes_1444648_3224.html

La triste vérité c’est que la violence conjugale augmente. Mais la question que je me pose c’est : est ce que ce n’est pas la violence qui augmente tout court ? Et de facto, les premières victimes étant toujours les femmes et les enfants, CQFD.

Une chose que je remarque aussi c’est que de manière générale, le manque de respect augmente et de ce fait, cela entraîne aussi l’augmentation de la violence.

J’ai déjà fais des articles sur le sujet : la dégradation du civisme, le manque de respect flagrant qu’on se prend au quotidien, la violence multiforme que l’on retrouve partout, dans tous les milieux sous toutes ses formes : à l’école, au travail, à la maison, dans les couples (les hommes battus, ça existe aussi c’est dingue …), dans les transports, sur la route, …

Moi j’ai été banlieusarde quelques années. Alors bon…j’ai été bien lotie, je n’ai pas connu la banlieue trop pourrie, mais j’ai quand même connu les aléas de la vie de banlieue et donc, sa violence.

Quand j’étais étudiante j’ai connu le lancer de cannette (pleine) dans mon dos, rasant ma tête, en entrant dans la gare RER par des filles pour qui j’avais un look et une tronche qui ne leur revenaient pas à base de : dégage salope ! (j’étais en jean, parka, baskets, discrète et je ne les connaissais pas).

J’ai aussi connu le moment de solitude, seule dans un wagon de RER en plein après midi, serrée par deux mecs qui finalement ont choisi de taillader les sièges avec les cutters plutôt que ma petite personne…

J’ai connu la bousculade, l’insulte parce que je ne répondais pas quand on m’interpellais agressivement : « Eh la blonde là, ça te dis pas de coucher avec moi ? Eh salope tu réponds quand on te parle ?  »

J’ai connu le RER bondé et le mec en face qui suce son majeur en te regardant. Je me souviens aussi avoir eu un coup de bol d’enfer en réussissant à désamorcer la tension et où à la fin ils me proposaient d’aller a Quick avec eux … Désolée les gars j’ai cours.

J’ai connu devoir courir comme une dingue en sortant de boîte parce que j’étais suivie par une bande de mecs tout à l’attaque.

J’ai connu m’être fait traiter de raciste quand j’ai sorti des petits gars par le col de blouson du magasin de ma mère quand ils commençaient à voler des tablettes de chocolat et foutre en l’air les vitrines. Je me souviens leur avoir répondu que j’en avais rien à cirer de leur couleur de peau mais que juste, ils n’avaient PAS LE DROIT de faire ça.

Je me souviens être allée protéger ma soeur à la sortie de l’Institut Dudouit à Versailles. Institut Catho bourré de petits bourgeois blancs becs caractériels qui finissaient là dedans car personne ne voulaient d’eux dans le public (Alleluia travaillons dans la joie qu’ils disaient) – ma soeur n’a jamais été autant harcelée… Enfin si, elle a aussi été racketée et étranglée dans sa classe de réinsertion à Trappes par des filles pas très gentilles mais c’est une autre histoire…

Je suis souvent allée la chercher à la sortie de l’école ma petite soeur, prête à me battre, pourvu qu’on ne lui fasse pas de mal. Le coeur qui battait la chamade, les poings serrés dans mes poches, les mâchoires crispées. Tout ça parce que ma soeur était un petit peu différente.

J’ai connu me faire coller au cul en bagnole par une bande de mecs sur la Nationale 10 à avoir peur de me payer un accident. J’ai connu aussi me faire suivre parce que j’avais osé en doubler certains espérant avoir la paix.

J’ai connu quand j’avais 10 ans, après presque 5 ans passés aux Caraibes, la violence des enfants dans mon petit village des Yvelines. La bousculade dans la cour de récré, le collant déchiré, le bonnet mis dans la cuvette des toilettes des garçons, les insultes d’enfant, les claques.

Je me souviens être devenue un garçon manqué du jour au lendemain pour réussir à me protéger.

J’ai connu le harcèlement moral au travail parce que je n’avais pas un look de bimbo de luxe pour faire des relations publiques.

J’ai connu le harcèlement sur Internet et j’ai jamais compris pourquoi, qui, comment.

J’ai connu plein d’autres violences que je ne peux pas déballer ici.

A chaque fois je me suis défendue. A chaque fois je l’ai échappée belle. A chaque fois, je crois, le fond du problème était une défaillance de respect.

Des personnes a qui on n’a pas appris la notion de respect. Des personnes a qui on n’a pas appris par l’éducation qu’il y avait des limites dans la vie en société.

C’est comme ne pas descendre du métro le matin pour laisser sortir les gens de la rame.

C’est comme ne pas attendre que les gens descendent du métro pour remonter dedans.

C’est comme ne pas se mettre à droite sur la file de l’escalator.

C’est comme ne jamais tenir la porte à quelqu’un. C’est comme klaxonner comme un gros pignouffe dans les rues à 5h ou 3h du matin quand plein de gens dorment plutôt que d’attendre patiemment 2 minutes que le mec devant ait fini de décharger son camion de linge …

C’est comme sortir de boîte et brailler comme un veau dans la rue comme si on était au milieu des champs.

Le manque d’éducation. Le manque de respect des autres. Je crois que c’est bien ça le problème. Je crois que c’est ça l’origine de la violence. Alors bien sûr il y a tellement d’autres facteurs favorisants… La misère n’arrange rien. L’éclatement familial non plus … c’est d’ailleurs en cela que la violence ne prend pas seulement racine chez les pauvres… Zola chez les bourgeois ça existe aussi…

Je la trouve épuisante cette violence. Quand je vois le spectacle que nous donnent nos politiciens, je me dis que ce n’est pas si étonnant que tout se casse la gueule dans notre société car il n’y a aucun bon exemple. Même tout en haut de l’échelle, tout est pourri, corrompu, violent aussi… Alors pourquoi se casser le cul à être respectueux et éduqué hein?

Je trouve quand même dingue d’entendre en sortie d’école primaire: « ta mère la pute » ! Je trouve dingue ces histoires de harcèlement qui poussent des ados à se suicider…

Qu’est ce qu’on a encore eu l’autre jour en banlieue ? Ah oui… Une baston de deux ados et paf, il y en a une qui pousse l’autre sur les rails de la gare au moment où le RER arrive et SCHLAK; plus de jambes. C’est con hein ? Presque banal…

ça vous fout pas en l’air toute cette violence? Les viols impunis dans les cités, vous trouvez ça normal vous ? Les mecs qui se font flinguer sur la place publique à Marseille, ça devient presque ordinaire…

La violence est devenue presque ordinaire. Multiforme, parfois sournoise car psychologique, elle est là, insidieuse, elle s’immisce dans la vie des gens, de 0 à 77 ans …

Je ne la supporte pas. Toute forme de violence est condamnable. Peut être que je suis devenue particulièrement allergique à la violence parce que je l’ai tant côtoyé … Pour moi le respect est la base de tout… Sans le respect, il est impossible de progresser. Sans éducation non plus. C’est la violence en global qu’il faut combattre. Il faut ouvrir les yeux. Ne pas avoir peur de parler et de la contrer cette violence.

Nous avons le pouvoir de changer les choses. Alors chacun a son échelle en luttant contre cette violence aidera peut être à faire avancer notre société.

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2 réflexions au sujet de « Au delà de la lutte contre la violence faite aux femmes, halte à la violence tout court. Le respect ET l’éducation sont les clés de voûte d’une société qui tient la route. »

  1. Je suis bien d’accord avec toi, la violence actuelle me fait peur. J’essaie le plus possible de lutter avec de la gentillesse et de la considération pour les autres en prenant la peine de s’arrêter pou aider une personne qui en besoin. Je suis contente de remarquer que je ne suis pas la seule, je vois souvent des gens avoir des attentions pour les autres, certainement fatigués de l’indifférence.

  2. Je ne te connaissais pas et vient de te découvrir, et j’ai beaucoup aimé ton article, chose rare j’ai pris le temps de le lire, vraiment, et pas en diagonale, et je n’ai pas grand chose à apporter à part un gros +1 avec ta reflexion 🙂
    Bises Miss

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