F…k les diktats de l’apparence et de la performance sociale !

Le diktat de l’apparence. Le mal du siècle. Le mal qui ronge les réseaux sociaux, qui fait sentir le 3/4 des personnes ratées ou au minimum pas assez bien.

L’apparence physique, le boulot, la vie sociale, les vacances, la vie amoureuse, la vie familiale, les hobbies, tout y passe. Le principe du « si t’as pas une rolex à 50 ans t’as raté ta vie » qui se décline à toutes les sauces.

Avec l’âge, l’expérience, dieu merci on se libère de plus en plus de cette pression, mais elle a la peau dure cette exigence de la performance, cette culpabilité insidieuse qui fait qu’on ne peut pas s’empêcher d’avoir une petite voix au fond de soi qui dit : c’est pas assez, tu peux faire mieux. La société aide à se sentir toujours frustré et insatisfait de ce qu’on est, de ce qu’on a. Je pense que rares sont les personnes qui se sentent pleinement épanouies.

Le besoin de prouver qu’on fait partie de la bande. Le besoin de prouver aux autres, à soi, qu’on vaut le coup, qu’on a de la valeur. Le besoin de reconnaissance sociale qui fait du bien à l’ego.

A l’heure où on prône le retour de la bienveillance, de l’altruisme, de la tolérance, de la gentillesse, où on condamne le harcèlement sous toutes ses formes, le body shaming, le burn out, … est ce que vraiment dans la réalité des faits ça se fait ressentir ? Est-ce que vraiment ces belles valeurs humanistes, cette bienveillance se retrouve sur les réseaux sociaux? Moi je ne trouve pas. Je trouve que c’est presque pire.

Je suis choquée par la violence des mots, par l’incapacité de la masse à réfléchir avant d’écrire (vomir) des phrases mal écrites d’une violence inouïe (absence d’éducation, de sens critique, de goût de l’effort, de goût à la réflexion)… je suis choquée de ce besoin permanent de montrer qu’on réussit et cette volonté d’écraser. Cela va jusqu’à la boîte pour laquelle on bosse (la marque employeur prend tout son sens dans la réussite professionnelle individuelle… plus tu bosses pour une boîte qui a une super réputation plus cela influe sur ton aura et ta bonne réputation à toi et inversement…vous avez pas remarqué ?).

Pour les femmes ce diktat est je trouve le pire de tous et me donne souvent envie de prendre le contre pieds (sans oublier la fameuse charge mentale). Je ne parle même pas de ceux qui ont un handicap (visible ou invisible)

D’ailleurs pas plus tard que ce WE j’ai posté une photo Instagram de moi en faisant la gueule. Et j’attends toujours le commentaire « bah pourquoi tu souris pas, tu serais tellement mieux en souriant » … ouais je suis Bozo le clown, Lorie, je passe ma vie à sautiller de joie, c’est bien connu!

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Je suis Dircom de métier, dans le digital depuis quelques temps, quadra, à Paris … la totale. Le cumul de miles. Le cumul de critères qui m’obligeraient plus que d’autres à être dans la performance sociale apparente, visible. Merci, mais non merci. Je préfère en rire comme le sketch de Florence Foresti !

J’ai toujours refusé la frime qui accompagnait mon métier. Bien sûr parfois, ça génère une frustration, une désillusion, un sentiment d’injustice (oui parce que les compétences, l’enthousiasme ne suffisent pas pour réussir dans mon milieu), mais c’est plus fort que moi. Je n’ai jamais réussi à me corrompre. J’ai toujours presque été fière de ma rebellion involontaire mais viscérale. Et pourtant j’adore mon métier, j’aime les gens. Je crois que je suis une bonne « manager » au vu des retours que j’ai pu avoir au fil des années des personnes qui ont bossé avec moi. Tout comme je pense avoir toujours fait du bon boulot. J’ai en plus la chance d’être bilingue anglais ce qui m’a toujours permis de bosser à l’international (atout majeur quand on est française, pays au niveau médiocre en langues étrangères)… Mais j’ai une aversion pour la panoplie, jusque dans le vocabulaire…J’aime pas l’esbroufe.

Pourtant, par exemple, le luxe me fait rêver. J’aime bien les belles choses, la noblesse que cela peut dégager (pas le côté bling bling clinquant hein) … J’ai même bossé dans l’hôtellerie de luxe (que j’aime toujours énormément) mais dans le luxe plus qu’ailleurs, il faut une panoplie. La panoplie de la fille qui réussit tout dans ce secteur est plus que jamais incontournable et gare à toi si tu rentres pas dans le moule. Et même si on le dit pas ouvertement, c’est tellement évident qu’on se le prend en pleine face à la moindre occasion dès qu’on ne rentre pas dans la case.

Moi j’ai pas de temps à perdre. Et puis ma vie fait que mes priorités sont ailleurs. Je suis pas idiote inflexible bornée. Je sais jouer le jeu quand c’est nécessaire.  Mais j’ai des limites et je les revendique. On ne juge pas un métier, une réussite sur un look. On ne juge pas des compétences sur un IMC et une joli visage.

Du coup, j’ai finalement orienté mon métier dans des domaines où l’apparence est moins fondamentale, où on peut même avoir une portée humaniste à son travail (le fameux sens que nous sommes désormais nombreux à chercher il paraît).

Il faut bien vivre aussi alors on fait des compromis quand même.

Je m’égare pardon. Revenons aux réseaux sociaux, à la bienveillance, au droit d’être humain.

Je revendique le droit de faire la gueule parfois, de poster des photos où j’ai le regard triste et le visage fermé. Je revendique le droit de râler et critiquer, de ne pas suivre le courant général parce que ça ne me convient pas (sans que cela fasse de moi une aigrie, une négative systématique, une méchante), je revendique le droit de dire que ma vie n’est pas parfaite mais elle est ma vie et je l’assume et elle me va. Je revendique le droit de dire que j’ai des kilos en trop qui ne font pas pour autant de moi une personne sans volonté (je fais un régime longue durée pour perdre au minimum 10 putain de kilos qui me pourrissent l’épanouissement – je pourrai faire un billet sur la discrimination professionnelle et sociale des personnes en surpoids), je revendique le droit d’être parfois vulnérable et de l’exprimer, je revendique le droit de ne pas être parfaite, de faire des erreurs, de ne pas toujours réussir et j’emmerde ceux qui imposent qu’il faut toujours aller bien avec un sourire banane.

Moi je suis plus Bridget Jones que Carrie Bradshaw, c’est comme ça. Et vive les fêlures et les éclopés de la vie !

BridgetCarrie - copie

 

 

 

 

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