La femme de ménage

J’ai toujours vécu, enfant – quasiment – avec une femme de ménage dans ma maison. On peut même dire, une bonne, puisque à l’époque, lorsque j’étais enfant, quand nous vivions à l’étranger, cela faisait partie de « l’équipement » de l’expatrié. La seule différence étant que mes parents respectaient leurs employés et elles ont toutes sans exception, été traitées avec humanité. Et moi je les aimais comme des membres de la famille.

Et puis nous sommes rentrés en France. Mon père était presque tout le temps en déplacement à l’étranger et ma mère travaillait avec 2 enfants, le choix d une femme de ménage / repassage restait la norme …

Et puis mes autres frères et soeur sont nés et un de mes frère était handicapé donc pour le coup, une grande maison, 2 chiens, 5 enfants (même si j étais moins souvent là), ça se justifiait. Et au final on s’est aussi tous mis à faire le ménage et franchement, ça se passait bien.

Dans de nombreux cas je trouve justifié le recours à une femme de ménage : horaires des deux parents lourds, grande surface habitables, personnes âgées, malades, handicapés, dans bien des cas cela se justifie.

Et puis il y a les autres. Les bourgeoises pour qui récurer un chiotte et passer un coup d’aspirateur est dégradant ou symbole de perte de temps inutile…La femme de ménage est le symbole d’un standing de vie. On est socialement en haut de l’échelle quand on a une femme de ménage (pour cette catégorie de personnes). Faire le ménage est vu comme une infamie. Elles n’en ont même pas conscience: c est la norme ! Leur norme ! Comment?! Tu gagnes 2x le smic et tu n’as pas une femme de ménage pour tes 50m2 ?! A Paris. Et puis ça fait marcher l’économie, ça fait des emplois, tout ça … oui c’est vrai aussi, peut être.

Je suis inscrite sur un groupe Facebook de mamans de mon quartier. C’est vachement bien pour faire de la sociologie. Il y a de tout: des rares pauvres, pas mal de classes moyennes d’inférieures à supérieures et ce que j’appelle moi : des super riches (je pense qu’une partie paie ou frôle le paiement de ce qui aurait pu être encore l’ISF) – je suis à la fois sidérée, captivée, amusée et révoltée par tout ce que je lis. Je me permets d’intervenir et commenter, aider, informer quand je trouve que je peux le faire … et parfois je réagis … hier j ai réagi.

Hier, énieme post dédié à la femme de ménage. Cette fois pas la recherche de la perle rare mais une jeune femme qui vient clamer sa détresse (photos du drame a l’appu) de sa femme de ménage qui a tâché son canapé avec de l’eau de javel ainsi que le pantalon neuf de son mari !

Sur le moment j’ai ricané. Je sais, c’est pas sympa. Et puis en lisant son post j’ai commencé à moins ricaner. Elle était prête à faire marcher la responsabilité civile de sa femme de ménage pour l’incident. Sa femme de ménage était déjà en train de proposer le remboursement du pantalon neuf (ça ne devait pas être un pantalon H&M à 30 balles) – S’en est suivi une liste de commentaires de nanas comme elle : « jamais d’eau de javel pour la femme de ménage », « oui, allez y pour la responsabilité civile » … et j’en passe et des meilleures.

Et là je me suis mise à la place de la pauvre femme de ménage qui a du être saisie d’angoisse après avoir fait sa connerie. La peur de perdre son job dont elle a surement besoin. Je l’imaginais embarquée à devoir faire marcher son assurance qui jamais ne rembourserai le canapé et le pantalon du mari …

Evidemment que c’est contrariant. ça m’arriverai j’aurai les glandes faut pas se leurrer. Mais jamais ça ne me viendrai a l’idée de faire marcher des assurances ou d’accepter / demander un remboursement. J’imaginais le mépris dans le regard de son employeur … et je me suis dit : mais bon sang ! elle a qu’a le faire elle même le ménage d’abord !

Alors je me suis sentie obligée de commenter. Evidemment, j’essaie de rester civilisée et intégrée dans ce microcosme alors j’évite de devenir révolutionnaire dans ce genre de groupe. Je propose des solutions pratiques genre : « vas y tu mets un bon coup de marqueur sur le canapé Madame, on la verra plus la grosse tâche rose clair sur ton canap’ gris anthracite Ligne Roset / Habitat / Roche Bobois » (je plaisante j’ai pas mis ça).

J’ai un immense respect pour les femmes de ménage. Je pense à toute la merde des autres qu’elles ramassent, à tout ce qu’elles nettoient, à ceux (notamment les clients en hôtellerie de luxe) qui parfois se permettent d’être des gros porcs dans leurs chambre sous prétexte qu’ils paient pour que ce soit nettoyé … (oui parce que les femmes de chambres dans les hôtels aussi j’ai beaucoup d’admiration pour elles). Et oui ce sont souvent des femmes, aussi.

On dit que les femmes de ménage sont bien payées à l’heure. Les non déclarées peut être plus …peut être. Elles bossent beaucoup, se tapent plein de trajets, ont le dos et les mains abimés, inhalent des détergents à longueur de journée, de nuit… et souvent elles ont aussi une famille.

La femme de ménage est donc un privilège normal pour certaines qui pourraient faire sans et qui oublient totalement qu’en vrai, si elles étaient un peu moins snobs, prétentieuses et empotées, elles dégageraient 1h ou 2h de leur temps si précieux par semaine pour le faire elles mêmes et ça leur remettraient les idées en place (en plus d’avoir le sentiment satisfaisant d’avoir nettoyé son habitat) … et souvent quand on nettoie sa maison, on nettoie dans sa tête aussi.

Essayez ! Je vous assure ça fait même pas mal !

La dégaine déglinguée d’une maman en vacances

Moi aussi avant, quand j’étais en vacances à la mer, j’avais le temps de glander et d’être bronzée comme un pot de baume bronzant Lancaster le cul moulé dans mon deux pièces. Bon. Certes je me trouvais déjà dodue à l’époque mais finalement avec du recul j’étais juste un peu pulpeuse, surement sexy mais je l’ignorais (c’est chiant de se rendre compte a posteriori qu’on était en fait bien goalée !).

Je faisais gaffe à mon look. Je crois même que je mettais du mascara waterproof, de l’huile protectrice dans mes cheveux évidemment bien coupés, balayés pro, épilée, manucurée, gommée, fringuée sexy si je voulais (bon ok ça je peux moins le dire j’ai toujours privilégié le confort) et Nec plus ultra, j’avais un livre dans mon sac de plage et une brosse à cheveux. Mais ça, c’était avant.

Maintenant j’ai un bermuda en jean un peu destroy et un peu trop grand (pas un short sinon j’ai les cuisses qui frottent), 15 kilos de plus que je travaille à faire disparaître (mais c’est plus long qu’avant en fait et plus dur), un T Shirt potable un peu large, informe, tout terrain et une paire de tongs qui sera sûrement bonne à jeter d’ici la fin de l’été, un sac à dos de randonnée comme sac de plage avec dedans le lot de serviettes, change, portefeuille, jouets, pommes de pins, trognons de pommes de pin, kleenex, lunettes de soleil (que je mets jamais), une Kindle restée à la location parce qu’en vrai c’est impossible de lire quand on est maman d’une mini tornade.

Et puis j’ai un sac glacière vert fluo que je porte en bandoulière. C’est la grande classe. Sac à dos de rando, sac glacière en bandoulière avec les goûters, l’eau, le jus de pomme, le sacro saint sopalin, bref, faut bien s’équiper. Un chignon vite fait avec mon élastique lui même déglingué. Mon conjoint même combat, mais je trouve qu’il a toujours l’air classe. Moi, c’est discutable. C’est quand même lui qui se colle le bodyboard Vaiana acheté au Leclerc du coin parce que notre fille voulait un bodyboard et adore Vaiana et parce que je suis faible et voulais la paix pendant que je faisais les courses et qu’elle était dans le caddy.

Je pense à tout ça parce que ça fait deux étés, surtout celui ci, où je vois les filles jeunes sans enfants, le cul exposé dans des 2 pièces Tanga (vous savez, les faux strings où ça fait genre on a le maillot qui nous rentre dans les fesses mais en fait non, là c’est fait expres !) MAIS les seins couverts (ça, ça m’épate : montrer son cul c’est ok mais les seins, non) … Bref, je les vois sur la plage, affirmer leur body positive (ce que je trouve super soit dit en passant), la peau ferme, sans cellulite ou presque, bien dorées, pas un vaisseau de pété, le ventre plat évidemment, la peau entre les seins pas fripée, le sourire ultra brite de la jeunesse insouciante éclatante et moi. Moi et mon chéri avec notre tente SPF50 coupe vent mieux qu’un parasol à la con qui s’envole (un des trucs qu’on a le mieux amorti à l’arrivée de ma fille je vous donnerai le lien si vous voulez)

Et nous sommes quelques uns comme ça. Je suis sure que je ne suis pas la seule à avoir ce sentiment et ce regard.

A un moment donné, on accepte. On accepte que les premières années quand on est parent, le look, on s’en tamponne un peu. En tous cas on accepte que ce n’est pas la priorité. On pense pratique. Tout doit être PRATIQUE !

Alors voilà, les vacances c’est fini. Je n’ai pas encore réussi cet été à avoir le beach body dont je rêve depuis 4 ans, je n’ai pas encore réussi à être à la fois maman de ma petite tornade et lookée comme quand on me disait que je ressemblais à Jenna de Rosnay et vous savez quoi ? Ça va. Je le vis bien et ça ne m’à même pas dérangé .

C’est juste la vie !

Bonne rentrée à tous et à toutes !

Les donneurs de leçons face aux #GiletsJaunes

Que les choses soient claires, moi aussi j’en ai ras le bol et ça me plombe le moral ces événements, cette violence me hérisse, et je suis en indigestion totale de BFM TV et de leur propagande orientée et totalement dictée par le ministère de l’intérieur (en tous cas c’est vraiment l’impression que cela donne).

Je suis parisienne, classe moyenne supérieure a priori selon les statistiques INSEE de revenus mais je suis aussi parfois borderline parce que dans mon schéma de vie il n’y a pas de « Double Income » identique et je vois bien qu’en 10 ans entre les expériences chômage + coût de la vie qui augmente je suis néanmoins en pente descendante.

Donc potentiellement il y a un risque que ma vie se dégrade et continue à se dégrader si même mon énergie et ma force de travail ne suffisent pas à rester du bon côté de la barrière.

Je n’ai pas non plus de voiture en propre (j’habite Paris je n’en ai pas besoin) et je suis pour un réveil concret et universel sur la transition écologique ou peu importe comment on appelle ça, l’urgence de faire quelque chose pour ne pas accélérer de trop notre fin du monde.

A priori je n’ai pas forcément de raison apparente d’être ‘Gilet Jaune’ et je ne le suis pas à proprement parler puisque je ne défile pas dans la rue avec un gilet sur le dos. Mais oui je les soutiens. Je les soutiens parce que je vois dans mon entourage proche des personnes en réelle précarité et que moi je ne fais pas du dénigrement des précaires. Seulement on préfère les dénigrer, les minimiser et leur dire qu’ils exagèrent et font leur caliméro parce que eh oh, c’est pas le Tiers Monde la France.

Bah non c’est pas le Tiers Monde mais l’injustice sociale est réelle et la précarité réelle aussi car contrairement au Tiers Monde, il n’y a pas d’esprit collectif en France. C’est chacun sa merde et Dieu pour tous et on est une société individualiste qui fait que tant qu’on n’est pas touché par l’adversité, on tient éloignée la misère et les problèmes des autres bien loin de soi. MAIS on veut aussi avoir bonne conscience en France alors on essaie de toujours avoir des discours humanistes remplis de « bien pensance » …

C’est comme le film La Crise, la fameuse scène avec Michou le SDF qui explique que c’est toujours aux même de se pousser pour faire de la place … https://www.youtube.com/watch?v=rIP7e0IZL9I

C’est toujours facile de juger, reprocher et donner des leçons quand on est bien nourri et bien né. Quand on est peinard avec sa fin de mois et que quoiqu’il arrive on pourra payer des jouets en bois Moulin Roty à ses enfants avec du foie gras et un peu de Sauternes et même une petite semaine au ski ou quand on peut se permettre d’acheter une déco éthique et design et l’épingler sur Pinterest ou la montrer sur Instagram. Je caricature mais vous voyez ce que je veux dire ?

Oui on a tous envie de passer des fêtes peinard et pouvoir finir nos courses de noël mais je crois que ceux qui donnent des leçons, qui s’irritent, ne réalisent pas à quel point les gens sont dans la merde et aux abois et à quel point tout ce système social et économique est profondément injuste ! Pas besoin des complotistes, pas besoin des Russes, pas besoin des réseaux sociaux pour le constater quand même ?

Non tous les pauvres et les gilets jaunes ne sont pas des gros cons indignes d’être écoutés et indignes de compassion et soutien. L’individualisme, l’égoïsme, la soif de l’argent du toujours plus, tue.

C’est bien joli d’avoir des beaux mots et belles pensées sur facebook twitter et Instagram, … combien donnent réellement aux autres et plus démunis? Combien sont réellement solidaires et conscients de la dureté de la vie ?

C’est vrai on n’est pas un pays encore Tier Mondiste mais on s’en approche gentiment si ça continue … et personne ne sera épargné. Personne. Quand on n’a plus rien à perdre il ne reste que la violence et le cri comme dernier moyen de défense et protection. C’est animal, c’est basique, c’est logique. Réécoutez l’Abbé Pierre – La première violence, c’est le MEPRIS.

Arrêtons l’individualisme, la sensiblerie, la bonne conscience à deux balles et soyons dans la vraie vie, sur le terrain, et jouons collectif. Tous les pauvres et précaires ou en voie de le devenir ne sont pas tous des fainéants profiteurs du système.

Il me manque Coluche. Il avait la parole juste. https://www.youtube.com/watch?v=TuDYEOanWXw

Peuple français reste solidaire.

La révolution aura-t-elle lieu ? #Benalla #Macron et les autres, ras le bol du #Foutagedegueule

Moi j’ai pas voté Emmanuel Macron. Enfin par défaut parce que je n’ai pas réussi à voter MLP. Je ne suis PAS populiste. Je courais pour Benoît Hamon. Je trouvais que sa démarche était juste. Equilibrée. Je n’étais pas d’accord sur tout évidemment mais je trouvais sa politique socialement plus juste et mine de rien long termiste, humaine, bref … Maintenant je commence à me pencher sur la France Insoumise parce qu’ils semblent être les seuls contre poids de taille, surtout avec les élections européennes qui arrivent. Mais je ne suis pas partisane. J’observe et j’approuve les défenseurs des droits humains et acquis sociaux peu importe leur appartenance. J’approuve les justes.

Donc oui, peut-être, je crois qu’on peut le dire, je suis plutôt à gauche et je ne me considère pas comme une « gauchiasse » comme peuvent le dire vulgairement certains. Sur une majorité de sujets en tous cas je suis de gauche puisque la justice sociale, le progrès social, la réflexion écologique sur notre monde en devenir est ce qui me touche le plus.

Quand je parle de justice sociale c’est par exemple la lutte contre la corruption des élites, c’est par exemple, une meilleure gestion de NOTRE argent dans les dépenses publiques (il est absolument choquant et inadmissible quand on connait la précarité des handicapés en France que Valérie Pecresse utilise du budget HANDICAP de la région IDF pour financer des études d’urbanisme … c’est au niveau national et européen un vrai tracking en transparence des dépenses publiques, c’est un contrôle de l’hyper libéralisme et l’arrêt d’une politique qui ne fait qu’enrichir les plus riches tout en appauvrissant tous les autres (donc POUR une taxation du capital comme le préconise Thomas Piketty), c’est une politique humaine qui donne sa chance à tout le monde y compris les handicapés, y compris les chômeurs longue durée et tous ces éclopés de la vie …

Depuis des mois, sous les yeux des millions de français que nous sommes des décisions sont prises qui font qu’au final, les plus riches vont s’enrichir (investir, créer de l’emploi, augmenter les salaires des employés … ? Vraiment ? Vous y croyez vous?) à base de : Exit tax suprimée, fin de l’ISF, peu de contrôle sur l’évasion fiscale et j’en passe … En parallèle, les droits des travailleurs vont s’appauvrir … (vous le sentez venir la fin du CDi, des 35 heures etc. ?), les retraites sont diminuées, les hôpitaux sont en état d’alerte maximale, l’éducation est devenu un parent pauvre du service public où seuls les bien nés survivent, les mutuelles remboursent moins, la sécu aussi (si vous devez vous faire opérer vérifiez bien avant les remboursements !), les logements aux normes des handicapés ne seront plus obligatoires pour toutes les constructions, seulement 10% d’entre elles, les allocations d’aides aux handicapés sont réduites voire supprimées pour certaines, on stigmatise les pauvres et les chômeurs, on accuse les clandestins et les immigrés des maux de notre pays, on fait croire que c’est la faute aux pauvres, la faute aux chômeurs forcément fainéants qui ne veulent pas accepter de boulots… la faute à la dette … Aaaaaaah la dette … il n’y a pas le choix il paraît que de se serrer la ceinture sauf que c’est faux, ils le savent mais c’est plus simple comme ça. Pourquoi détruire un systeme dont les plus riches continuent de jouir ? Et puis comme on continue de donner le minimum de miettes vitales aux plus démunis, on reste à l’abri d’une vraie révolution

 

Macronfaineants

Nous les gens, les individus avons trop peur de perdre : perdre notre emploi, perdre notre salaire, perdre de quoi payer notre quotidien … les gens sont étranglés, squeezés par la peur de perdre le peu qu’ils ont, alors ils encaissent. Ils sont pas contents, ils râlent sur les réseaux sociaux, ils se défoulent même, mais ils encaissent quand même parce qu’in fine, personne ne descend dans la rue et tout le monde reste dans son coin, pas content mais pas en force, ensemble pour arrêter tout ça.

La Tech fait des miracles, la Tech c’est demain, il faut former les gens mais qu’est ce qui se passe pour un senior de 45/50 ans qui a toute sa vie dans une zone économiquement sinistrée ? Il se forme à la Tech et après, le boulot il est où ? On lui en donne du boulot ? Vraiment ? Et où ? il doit déménager ? Tout laisser et s’il ne le fait pas c’est de sa faute ?

Et les handicapés, ces rebuts de la société dont personne ne veut, portés par le courage des familles qui se battent 24/7 pour faire valoir les droits les plus élémentaires de leurs enfants : soins, scolarité, accessibilité de base, des années, des journées, entières, quand je lis leurs témoignages, je suis épuisée et révoltée de tant d’indignité de nos pouvoirs publics.

On nous répète qu’on doit s’adapter à la nouvelle ère, que si on ne redevient pas des esclaves des temps modernes, bientôt le tiers monde ça sera nous, la vieille Europe rance, les Indiens, les Chinois, les Européens de l’Est et du grand sud prendront notre labeur pour moins cher, les robots vont nous remplacer au fur et à mesure, on est foutu les Français, faut qu’on trime, encore plus fort, encore plus longtemps, on nous le dit tous les jours qu’on est que des faineants râleurs jamais contents, toujours critiques.

Moi je ne suis pas négative. Je suis quelqu’un d’archi enthousiaste, pour le progrès car je crois que le progrès a du bon. Mais je crois aux garde fous, je crois à la juste répartition des choses, je crois au mérite.

Pour moi ce qui se passe avec l’affaire Benalla est un catalyseur de tout ce qui est inadmissible dans notre pays.  C’est juste un révélateur de tout ce qui est anormal et déconnant.

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Alors qu’est-ce qu’on fait ? On laisse faire ? On continue de bien se marrer sur Twitter et Facebook en partageant les accroches caustiques ou on agit aussi ?

On laisse passer ou on laisse pas passer ? On se laisse doucement retirer notre démocratie républicaine ou on réagit on s’indigne et on se met tous ensemble pour dire NON et STOP à ce foutage de gueule intersidéral ?

VOTEZ aux prochaines élections Européennes et votez intelligent c’est le seul moyen de nous en sortir. Ou alors on descend tous dans la rue mais vraiment.

Allez, Ciao et bel été à tous!

PHOTO CREDITS – DIVERS GOOGLE

 

 

Coupe du monde et besoin de déni #Championsdumonde vs. #lamiserecontinue

On est les Champiooooons, DU MOOOOONDE !!!! WOuéééééé !!!! C’est COOOOL !!!

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Franchement je suis très contente. C’est vrai. D’ailleurs j’ai eu très envie de me mettre dans le bain pendant cette coupe du monde. On a acheté le maquillage bleu blanc rouge, des drapeaux petits et grands, j’avais préparé un apéro, je trouve que pour les jeunes c’est chouette. Et ma fille de 2 ans et demi s’est éclatée elle qui adore jouer au ballon à crier Buuuuuuut et à chanter ce qu’elle pouvait elle aussi.

J’ai mis des photos sur facebook, j’ai été très supportrice volontaire, voulant faire la part des choses entre la victoire sportive, l’épreuve sportive en général et la politique, la situation de la France et la récupération politique du Président Macron etc. …

Vraiment, j’ai été volontaire dans cette démarche. Je me suis même fendue d’un statut facebook anti rabat-joie et me suis même engueulée avec ma petite soeur qui elle, ne pouvait pas encaisser cette coupe du monde et l’équipe de son propre pays préférant une Croatie plus méritante selon elle… Bon… tout se discute hein…  Restons sereins, peace and love.

Je me voyais déjà avec mon conjoint et ma fille sur nos épaules, remonter l’avenue de la Grande Armée, nous embrassant comme si on venait d’être libérés d’une fin de guerre, drapeaux au vent, nous laissant aller à la liesse générale, patriote sympa, débordant de joie, exultant cette prestation sportive de haut niveau et ô combien méritante.

Finalement, ma fille a eu une grosse poussée de fièvre dimanche, donc ça m’a calmée direct…. A 17h dimanche, j’en étais à me demander si j’allais devoir aller aux urgences pédiatriques… Et puis quand même, ce SDF qui s’était installé un espace de vie sur notre trottoir pendant le WE, lisant la bible avec une loupe, le corps noir de crasse, ça ne m’a pas aidé à me mettre dans l’ambiance… Et bien que j’ai été militante de la séparation du sport et de la politique, bon sang, j’ai eu du mal à retrouver mon esprit de 1998 où avec mon amoureux de l’époque nous étions juste dans l’instant euphorique, moi qui n’y connaissais rien du tout au foot mais qui étais ravie d’avoir l’occasion de faire la fête et boire des coups en ayant l’impression heureuse d’être pote avec tous les vacanciers de l’ile de Noirmoutier, baignée dans un amour universel de mon prochain.

Mais ça c’était avant. Mine de rien, habitant à Paris, je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux émeutes, casseurs, terrorisme. Bien sûr je ne voulais pas que ça prédomine mais ça m’a refroidie … et manifestement j’ai eu raison de ne pas aller m’aventurer sur les Champs avec ma môme …

Et puis cette photo du Président Macron dans la tribune présidentielle, crocs acérés, mâchoires saillantes, en position de combat, victorieux tel Jupiter, LA photo qui a fait le tour des réseaux sociaux, a fait remonter à la surface ce que j’essayais desespérément de renier :

Le côté bidon de tout ça, le desespoir de voir des foules capables de se déplacer pour du foot mais pas pour défendre leurs droits et une idée de justice sociale, la récupération évidente et calculée des politiques en place (arrêtez de croire à la spontanéité des personnages publics, vraiment)…, le pognon de dingues et démesuré qui se fait sur le dos des gens pendant ces événements (même si c’est génial que les sportifs aient donné leurs primes à des associations ça reste pour eux l’équivalent peut être de 500 euros en comparaison de tout l’argent qu’ils encaissent) …

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Et ce peuple, qui veut se donner l’illusion d’une nation unie, qui s’aime, toutes classes sociales confondues, toutes couleurs confondues, cette France idéale … Vraiment ? Vous y croyez vraiment à cette unité ? Tout le monde il s’aime et se mélange ? ça serait chouette hein. Quelle belle société on ferait. Personnellement ça me fait rêver. Penser qu’on puisse se côtoyer sans hostilité, sans rejet selon sa couleur de peau, son sexe, sa religion, sa classe sociale, …. wouaaaaaaah…. Enfin des logements sociaux dans tous les beaux quartiers parisiens, une vraie mixité, plus de discrimination à l’embauche selon sa corpulence ou son origine, l’intégration des personnes handicapées en milieu ordinaire…. Wouaaah… ENFIN !!! Grâce à la victoire des Bleus, on peut réaliser cette perspective. C’est le déclic d’un monde meilleur, le catalyseur libérateur de ce monde cloisonné, individualiste, égoïste, opportuniste, intolérant, matérialiste au dernier degré.

Purée. Heureusement qu’on a eu cette victoire pour nous sauver d’un destin funeste.

D’ailleurs grâce à la victoire des Bleus, on va ENFIN pouvoir avoir un plan anti pauvreté en France. Il n’y a pas à dire, cet événement nous sauve la vie.

Je sens que ça y est. Je vais en irriter plein. On va ruer dans les brancards et me traiter à mon tour de volonté négative, de tue la joie, de rétrograde même. Comment puis-je oser gâcher ce bel élan humaniste plein de bonté et de beauté ? Le sport c’est le sport bordel ! Que le meilleur gagne quoaaaa !!! Mais Ouaiiiiiis !! JE SUIS D’ACCORD !

Moi je les trouve bien ces petits gars de l’équipe de France. Et puis j’aime bien Didier Deschamps (comme ça à vue d’oeil de façon totalement subjective… je le connais pas Didier Deschamps en fait… vous non plus d’ailleurs)…

Des amis me disent : mais eh oh on n’est pas dupes ! Mais naaaan… Bien sûr, PERSONNE n’est dupe. Tout le monde est lucide c’est évident. Faut arrêter de gâcher la joie des gens comme ça quand même… merdeuuuuu….

Enfin bref. Je suis contente, dans l’absolu. Sur le moment j’étais hystérique pendant le match à me la ramener comme une pro du foot que je suis pas avec mes commentaires et puis paf, en 24h, même en quelques heures en fait, l’euphorie est retombée parce que dans le fond il y a trop de choses qui me gênent…  En 1998 j’avais 22 ans, j’étais insouciante, inconsciente,… 20 ans plus tard je ne réussis pas à être dans le déni.

Je sais que ça fait du bien d’être dans le déni. Le malheur ça fait chier. La misère ça fait pas rêver. L’injustice, se battre contre, c’est fatigant. On a envie de penser à sa gueule parfois, à son bonheur égoïste, on a envie de jouir dans sa société qui va bien. On veut que ça aille bien. ça va bien.

Voilà. On ferme les yeux, tout va bien. On est champions du monde, le reste on s’en fout.

Vive la France !

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Les #gros vous demandent de leur foutre la paix.

Saison estivale oblige, on se prend – essentiellement nous les filles – l’obligation de présenter un corps acceptable: en short, en robe, en maillot, il faut cacher ce gras, le supprimer à tout prix, gommer cette cellulite disgrâcieuse …. HELP.

Mais en même temps, il y a plein de voix qui s’élèvent sur le ‘body positive’, la fin du ‘body shaming’, les grosses qui s’acceptent et revendiquent le droit d’être comme elles sont (désolée cela semble un sujet majoritairement féminin même s’il y a des hommes dans le lot).

Moi je suis entre les deux. Je ne revendique pas mon surpoids mais je l’accepte mieux (sauf sur la plage). La grosse moyenne. Pas mince, pas obèse (quoique selon l’IMC je commence à me rapprocher depuis quelques mois dangereusement de la limite qui fait si peur). En gros si je perdais 15 kilos ça serait idéal. Eh oui. Petite rondelette, des kilos cumulés depuis des années yo-yo,  après un bébé, du stress et de la contrariété à volonté, je suis une mangeuse compulsive.  Je mange mes émotions. J’ai passé ma vie à être au régime (depuis mes 14 ans) et j’ai quand même trouvé le moyen de faire le yo-yo en pente ascendante. Comprendre par là que plus les années se sont écoulées et plus mes reprises de poids après perte ont été plus importantes ) chaque fois. Et aujourd’hui, je prends parole sur mon petit blog de rien, parce qu’après deux années infructueuses sur Weight Watchers online, appli la plus vantée, car la plus humaine, plus équilibrée (c’est vrai), des reprises abandon du régime du Dr. Fricker qui est quelqu’un qui me connaît depuis mes 26 ans, que je respecte infiniment et aime beaucoup, j’en arrive au point de non retour du : fuck les régimes.

J’ai lu le petit pamphlet sur la grossophobie « Gros n’est pas un gros mot » du collectif Gras Politique porté par Daria Marx et Eva Perez-Bello et ça m’a fendu le coeur, tellement c’est d’une vérité implacable et que j’invite tous les minces à le lire (les gros aussi).

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Et je me suis plongée dans « Maigrir sans régime » du Dr. Jean-Philippe Zermati …. j’étais allée voir il y a quelques années le Dr. Gérard Apfeldorfer, psychiatre spécialiste des TCA (Troubles du Comportement Alimentaire) car j’avais déjà bien compris que chez moi le problème ne tient pas qu’au régime.

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Entendons nous bien : je n’ai pas envie de rester grosse. Je ne suis pas grosse dans ma tête. Ce n’est pas moi. Et puis tant qu’a faire j’aimerai mieux ne pas avoir les cuisses qui frottent en été et pouvoir porter des mini shorts et m’habiller le matin sans me poser de questions ou ne pas lutter pour savoir comment je pourrai avoir l’air plus jolie et moins grosse quand je vais passer des entretiens de boulot …

J’aimerai aussi pouvoir être certaine que lorsqu’on me refuse un boulot ce n’est pas aussi à cause de mon physique … et ça j’ai des gros doutes sur le sujet, surtout dans certains secteurs. En même temps, même moins grosse je n’ai jamais été une fille à tailleurs-talons. ça m’emmerde les talons. J’en ai déjà parlé dans un de mes blogs. Moi je suis une fille en jean boots tout terrain avec 10 ou 15 kilos de moins. Mais je suis lucide. Je travaille dans un métier de représentation, donc forcément, il faut répondre aux standards et je sais que faire 15 kilos de moins aiderait ma carrière. Je ne suis pas dans le déni.

Je sais aussi que j’aurai plus confiance en moi, que je pourrai faire plus de sport, bref, je sais que beaucoup de choses iraient mieux si je pesais moins lourd. MAIS, car il y a un mais, il faudrait aussi qu’on me foute la paix. Tout le monde se sent obligé de vous sortir sa science, ses croyances, ses méthodes infaillibles sur la perte de poids. Surtout les proches. Moi je suis PhD en régimes. Entendez par là que je suis incollable. Le métabolisme, les hormones, l’alimentation, je suis sur le sujet depuis mes 14 ans. J’en ai 42. Et en plus j’ai toujours adoré la biologie même si j’étais nulle en maths donc autant dire que quand on commence à me donner des leçons sur comment je dois m’y prendre pour perdre du poids, je me marre (ou je m’énerve, aussi).

Je parle de moi parce que forcément c’est plus simple mais je sais que je suis loin d’être seule et que ça fait longtemps que ça dure pour beaucoup d’entre nous : la culpabilisation au moindre écart et perte de contrôle, l’épuisement de vivre sous contrôle, la culpabilisation tout court, la baisse de l’estime de soi, la crainte de la moquerie, le sentiment de honte, les regards des autres, la terreur du 1er jour en maillot à la plage (car en plus d’être gros on est blanc comme un cachalot),  la restriction extrême, la lancinance des donneurs de leçons, la famille qui s’en mêle pétrie de bonnes intentions (mais on sait que l’enfer est pavé de bonnes intentions), les pesées qui te donnent le sentiment d’aller au casse pipe, les pertes euphoriques suivies de reprises, le sentiment d’echec inoui et le desespoir de se dire qu’on y arrivera jamais tellement ça fait longtemps que ça dure …

C’est formidable ce que la grossophobie à engendré, ce que la course à la performance de notre société a fait comme dégâts. Dans la croyance de la société, tout est une question de volonté : si on est gros, on a qu’a faire un régime et s’y tenir. Bah oui bien sûr. Super, pourquoi j’y avais pas pensé ? Des années que je ne mange ni pain, ni sucre, que je ne bois pas de sodas ni d’alcools … et je suis quand même trop grosse. C’est con hein? Des années que je fais du sport avec plus ou moins d’intensité et pourtant: je suis toujours trop grosse ! Faut arrêter le fromage ! Je n’en mange presque jamais…. Bon ok, parfois je craque pour du pain et du beurre… Bon. Du beurre au pain, soyons honnête.

Mon problème ? La compulsion émotionnelle ET le fait que mon corps, mon métabolisme s’est habitué à la restriction et puis aussi mon patrimoine génétique parce que voilà, on est pas maigrelets dans une partie de ma famille. Je me suis déréglée avec les régimes depuis mes 14 ans. J’ai même pris plein de médicaments à l’époque : Isoméride, Dinintel, Alli … je crois que j’ai pris tout ce qui se faisait sur le marché. Certains trucs dont je n’avais tellement pas besoin plus jeune car je n’étais pas grosse… mais je croyais que je l’étais et on me répétait tellement que ma vie serait mieux si j’étais moins grosse que je le croyais et je me plongeais avec passion dans cette perte de poids.

J’ai de la chance dans mon parcours de ne pas être en obésité morbide. J’ai toujours un regard bienveillant sur l’obésité morbide car forcément il y a d’autres incidences que le simple manque de volonté et l’ingurgitation de nourriture à haute dose.

ça serait bien que les gens minces, proches et moins proches, nous foutent la paix déjà pour commencer. On sait ce qu’on doit faire et pas faire. On a pas besoin de regards réprobateurs, de remarques à la con car on est déjà assez malheureux d’être comme on est. Je défie tout gros de ne pas dire qu’il ne préfèrerait pas être mince. Même ceux qui s’acceptent. On a surtout pas besoin qu’on nous dise que c’est une question de volonté car la volonté ne résout pas tout. Et pour certains, la volonté a été tellement présente, tellement quotidienne qu’à un moment donné on a juste envie de dire : stop, pause, 123 terre je ne joue plus.

L’approche dans la perte de poids doit être globale mais une chose est sûre, il faut absolument que l’entourage, la société, foute la paix aux gros. Ce sera la seule façon de s’en sortir. Foutez nous la paix. En règle générale, foutez-vous la paix à tous. Arrêtez de juger, de donner des leçons aux autres sur comment mieux vivre sa vie, mieux éduquer ses gosses etc. …

On fait tous ce qu’on peut. Alors un peu de bienveillance vraie, ça changera.

A bons entendeurs, merci.

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La vie libre, hors des cases.

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Parfois je me demande si c’est une chance mais je crois que oui. J’ai grandi libre. J’ai grandi avec le gout de la grande vie. J’ai grandi ailleurs qu’en France. Je suis marquée dans mon ADN par mes années sous les tropiques. Je vivais dehors. Je vivais pieds nus. Je vivais en maillot de bain, en short et T-Shirt. On écoutait Bob Dylan, Randy Newman, Michael Jackson, Bob Marley. Je vivais dans une immense maison d’architecte qui surplombait une colline avec vue sur la mer des Caraïbes. J’aimais ça. J’ai grandi avec un horizon à perte de vue.

Pourtant il y a eu plein d’aléas que je n’énumèrerai pas tous ici… ce n’est pas l’objet de mon billet.

J’ai vécu dans le confort matériel. Mes parents ne roulaient pas sur l’or mais je crois que le luxe pour nous c’est ça : vivre libre. On respirait à pleins poumons, je vivais qu’avec très peu de contraintes. Je devais travailler à l’école et obéir à mes parents. A côté de ça je crois que je faisais ce que je voulais.

Et puis le retour en France a été pénible, douloureux. Il a fallu se réadapter à la vie française conformiste, qui met des étiquettes, qui enferme dans des cases. En France on est jugé selon son héritage familial, son nom, le lieu où on a grandi, la taille de sa maison, les études qu’on fait, le métier des parents, les fringues qu’on porte … Pour moi c’était nouveau tout ça. Alors il fallu apprendre et s’adapter. Et puis je suis repartie. Au Moyen-Orient cette fois. En pleine adolescence. C’était génial. Là encore j’ai goûté à une liberté que peu ont la chance de connaître à cet âge. Il y a avait seulement quelques fondamentaux : travailler à l’école, ne pas prendre mes parents pour des cons, ne pas mentir.

Je réalise avec du recul la chance que j’ai eu d’avoir un tel niveau de confiance avec mes parents. Je crois que d’un autre côté comme j’ai toujours respecté leur confiance je n’ai jamais non plus fait de grosses conneries.

La difficulté de grandir libre, c’est qu’on vit très très très mal la contrainte et l’autorité une fois adulte. Je vis très mal la servitude. Je vis très mal d’être obligée de me contraindre par raison. J’apprends. Je n’ai jamais autant appris ces derniers temps.

Un matin de la semaine dernière j’étais sur la route du travail, j’écoutais de la musique « vintage » les écouteurs vissés à fond sur mes oreilles. Je pouvais arriver tôt pour une fois… … Paul Simon, album Graceland. African Skies. J’étais le long d’une avenue hideuse et ma petite voix intérieure avait envie de rugir et de m’enfuir. Une envie de liberté viscérale m’a saisi.  Qu’est ce que je faisais là bon sang ?! Pourquoi étais-je obligée ces derniers temps de subir des situations qui me rendaient malheureuse ?

African Skies (live)

Tout simplement parce que parfois on n’a pas le choix que de ronger son frein. Patienter, continuer de croire que les choses changent, évoluent même si à un moment donné on bouffe son pain noir. Je n’ai pas été élevée comme ça. On ne m’a pas appris que la vie c’était beaucoup ça. Je l’ai découvert une fois jeune adulte propulsée sur le marché du travail. ça doit être mon enfant intérieur qui est resté bien accroché. Mon enfant intérieur vit encore pieds nus, libre, les cheveux aux vents, insouciant refusant la contrainte. Parfois j’ai l’impression d’être Gladiator :)))

Je sais que je ne retrouverai jamais cette enfance libre. Jamais. Mais je ne veux pas tout perdre. Alors lentement, patiemment, en silence, je me donne les moyens de vivre en grand de nouveau. C’est en moi je n’y peux rien. Le conformisme m’emmerde. J’ai besoin d’exister en grand. J’ai besoin d’exister libre. Il y a des gens qui savent obéir même quand ils ne sont pas d’accord, même quand le donneur d’ordre ne leur inspire pas de respect et d’admiration. Moi j’essaie mais … Chassez le naturel il revient au galop.

Je ne supporte pas qu’on m’écrase. Je refuse d’être domptée. J’essaie de respecter les règles… forcément je suis obligée, à minima. Mais je refuse qu’on me lave le cerveau, qu’on touche à mon intégrité, qu’on me traite comme une moins que rien.

Ce matin là quand je suis arrivée sur mon lieu de travail j’ai encore intégré que j’avais pourtant de la chance par rapport à d’autres… On est toujours moins libre et gâté que quelqu’un mais toujours plus chanceux que quelqu’un d’autre aussi. Parfois j’oublie. J’aimerai une grande révolte de tous les opprimés. J’aimerai une liberté vraie pour tous. On a pas le droit d’écraser autrui au nom d’un système, de règles à la con.

Je suis pour le management libéré. Je suis pour la responsabilisation et la confiance. Je suis pour la bienveillance. La contrainte annihile et détruit. J’en suis convaincue.

En France on a encore du chemin à parcourir. On croit encore que pour rendre les gens performants il faut les contraindre et les opprimer.

J’espère que les nouvelles générations vont donner le ton. J’ai hâte de voir ça. Je serai aux premières loges, prête à dégainer.

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