A vous les startuppers et les recruteurs qui voulez le beurre et l’argent du beurre

J’ai 44 ans, une enfant de 4 ans, un Bac+5 et 18 ans d’expérience à l’international. Je suis dans la communication. Des grosses agences, des gros clients internationaux, chez l’annonceur avec là aussi des services de communication qui claquent, des profils d’entreprise et clients multiples, des problématiques multiples (pardon de pas avoir voulu rentrer dans un seul type de case), je suis plutôt douée en management, en marketing aussi, en digital aussi (dans le e-Commerce et l’innovation depuis une dizaine d’années), je suis bilingue anglais (mais vraiment hein … j’ai grandi à l’étranger et fréquenté une école anglaise enfant), … et je suis au chômage depuis 1 an.

Un chômage pas vraiment choisi. J’ai choisi d’avoir une enfant que j’ai eu tardivement (pour raisons médicales) et après une série de paramètres, dont la conjoncture économique, je n’ai pas fait forcément de choix carriéristes mais plus des choix d’équilibre. Vous savez ce truc que les mamans qui travaillent essaient désespérément d’avoir : le sacro saint équilibre vie pro vie perso si difficile à trouver en France parce que dès qu’on part à 17h30/45 /18h ou qu’on arrive haletant à 9h30 (alors que vous êtes connecté 24/7 quasi entre le smartphone, l’ordi portable avec tout sur le cloud et j’en passe et déjà sur vos mails au petit dèje), on vous fait comprendre que vous êtes tire au flanc, pas à la hauteur, que vous devez faire des choix toussa … Et moi je n’ai jamais voulu céder à ce chantage et cette pression (que j’ai quand même ressenti évidemment sinon je ne serai pas en train d’écrire ce billet) …

Donc je suis au chômage et je me suis dit : OK. Hors de question de refaire des erreurs passées. Cette fois je serai plus selective et surtout, cette fois je ne me braderai pas. Faut pas déconner. 18 ans d’expérience, des compétences réelles et sérieuses, une vraie polyvalence, une vraie rapidité d’analyse et d’exécution, merde. Je brade pas.

Alors j’ai démarré ma quête. J’ai touché au bout de 10 mois la peut être quête ultime, mais … paf patatras, a un cheveu près c’était pas moi. Dommage. Je n’ai jamais su pourquoi. Juste que j’étais à un cheveu. Alors quoi ? J’étais trop vieille ? Trop chère ? Trop grosse ? Trop douée ? (pourquoi pas après tout) …

Dans les annonces d’aujourd’hui je distingue que : on cherche des gens seniors (35 ans c’est Senior en com’ … 44 ans c’est bon à jeter) …avec des compétences qui vont au delà du coeur de métier (oui parce qu’aujourd’hui un Dircom doit être : pro du Web Marketing, du CMS, du SEO, de la Suite Adobe y compris After Effects, et EVIDEMMENT être incollable sur Google Analytics) … c’est un peu le Pack Office des années 2000 quoi… MAIS ATTENTION … pas cher. Ce qui fait qu’on trouve AUSSI des annonces JUNIOR pour des postes de SENIOR… toujours pas cher.

C’est déroutant.

L’autre jour, j’ai été contactée par un jeune startupper au sourire ultra brite, qui me tutoies d’emblée sur Linkedin en MP et qui me propose de discuter parce qu’il a une startup dans le wellbeing qui claque sa mère et qu’il doit développer sa com’ … OK man … alors avant hein je vais poser quelques questions de base (on apprend pas à la vieille guenon à faire la grimace) : c’est quoi exactement les besoins ? Le type de contrat recherché : salarié ? Freelance ? Et le budget / salaire ça serait quoi ?

Le startupper me répond : il n’y a pas que le salaire dans la vie …

Comment dire … Alors oui c’est vrai, aujourd’hui, notamment les nouvelles générations (qui vivent encore chez leurs parents), ont besoin de trouver du SENS à ce qu’ils font. Je vous rassure, moi aussi. Travailler bêtement, ça ne marche plus. ça n’a d’ailleurs jamais marché…pour personne.

Et je vous rassure pour les plus >40 ans aussi. Mais travailler pour la gloire ou en deçà de son expérience et compétences, bah … Non… en fait. En fait si, l’argent c’est AUSSI important comme critère parce qu’avec l’argent on peut : payer son loyer, son electricité, son telephone, sa mutuelle santé, ses impôts, la cantine de son enfant, ses cadeaux de noel et anniversaire, des vacances une fois l’année qui ressemblent à des vacances, des vetements, des chaussures (même si achetés sur Vinted pour la majorité), donc excuse moi toi le jeune Startupper à la wouine démesurée, mais ouais, la thune, ça compte. Et quand on est une « vieille » comme moi, bah ça compte aussi.

Et pour les RH qui se font dicter leurs annonces par les directions marketing : faites quelque chose bon sang. Je ne suis pas une peintre en bâtiment Polonaise en situation illégale … c’est une image bien sûr … on est pas sur le marché de l’emploi version Hard Discount… ? Si ?

Alors attention… je m’adapte. Je me forme ! A moi les MOOC’s, les formations en marketing digital certifiantes pour savoir causer avec le bon jargon, faire ma presentation powerpoint avec la bonne méthodo qui va bien qui rentre dans les normes acceptées…. A moi les tutos Photoshop, Indesign, Illustrator, After Effects … et puis en plus ça m’amuse, j’aime bien.

Mais 1) j’aimerai qu’on arrête de penser que passé 40 ans et qu’à partir de 45 ans, on va être has been, inaccessible, hors de prix (non non, juste un salaire correct qui justifie les compétences et expérience) et que 2) on arrête de brader les gens avec des prétextes de merde.

Je vous rappelle qu’on est une société vieillissante. Donc vous les jeunes qui avez les dents longues et pensez que vous avez tout compris au monde et que c’est vous qui avez raison, on en reparle dans 10 / 15 ans. ok ?

Allez, salut.

La vieille guenon de 1975 qui n’a pas envie de faire de SEO pour ce texte.

La femme de ménage

J’ai toujours vécu, enfant – quasiment – avec une femme de ménage dans ma maison. On peut même dire, une bonne, puisque à l’époque, lorsque j’étais enfant, quand nous vivions à l’étranger, cela faisait partie de « l’équipement » de l’expatrié. La seule différence étant que mes parents respectaient leurs employés et elles ont toutes sans exception, été traitées avec humanité. Et moi je les aimais comme des membres de la famille.

Et puis nous sommes rentrés en France. Mon père était presque tout le temps en déplacement à l’étranger et ma mère travaillait avec 2 enfants, le choix d une femme de ménage / repassage restait la norme …

Et puis mes autres frères et soeur sont nés et un de mes frère était handicapé donc pour le coup, une grande maison, 2 chiens, 5 enfants (même si j étais moins souvent là), ça se justifiait. Et au final on s’est aussi tous mis à faire le ménage et franchement, ça se passait bien.

Dans de nombreux cas je trouve justifié le recours à une femme de ménage : horaires des deux parents lourds, grande surface habitables, personnes âgées, malades, handicapés, dans bien des cas cela se justifie.

Et puis il y a les autres. Les bourgeoises pour qui récurer un chiotte et passer un coup d’aspirateur est dégradant ou symbole de perte de temps inutile…La femme de ménage est le symbole d’un standing de vie. On est socialement en haut de l’échelle quand on a une femme de ménage (pour cette catégorie de personnes). Faire le ménage est vu comme une infamie. Elles n’en ont même pas conscience: c est la norme ! Leur norme ! Comment?! Tu gagnes 2x le smic et tu n’as pas une femme de ménage pour tes 50m2 ?! A Paris. Et puis ça fait marcher l’économie, ça fait des emplois, tout ça … oui c’est vrai aussi, peut être.

Je suis inscrite sur un groupe Facebook de mamans de mon quartier. C’est vachement bien pour faire de la sociologie. Il y a de tout: des rares pauvres, pas mal de classes moyennes d’inférieures à supérieures et ce que j’appelle moi : des super riches (je pense qu’une partie paie ou frôle le paiement de ce qui aurait pu être encore l’ISF) – je suis à la fois sidérée, captivée, amusée et révoltée par tout ce que je lis. Je me permets d’intervenir et commenter, aider, informer quand je trouve que je peux le faire … et parfois je réagis … hier j ai réagi.

Hier, énieme post dédié à la femme de ménage. Cette fois pas la recherche de la perle rare mais une jeune femme qui vient clamer sa détresse (photos du drame a l’appu) de sa femme de ménage qui a tâché son canapé avec de l’eau de javel ainsi que le pantalon neuf de son mari !

Sur le moment j’ai ricané. Je sais, c’est pas sympa. Et puis en lisant son post j’ai commencé à moins ricaner. Elle était prête à faire marcher la responsabilité civile de sa femme de ménage pour l’incident. Sa femme de ménage était déjà en train de proposer le remboursement du pantalon neuf (ça ne devait pas être un pantalon H&M à 30 balles) – S’en est suivi une liste de commentaires de nanas comme elle : « jamais d’eau de javel pour la femme de ménage », « oui, allez y pour la responsabilité civile » … et j’en passe et des meilleures.

Et là je me suis mise à la place de la pauvre femme de ménage qui a du être saisie d’angoisse après avoir fait sa connerie. La peur de perdre son job dont elle a surement besoin. Je l’imaginais embarquée à devoir faire marcher son assurance qui jamais ne rembourserai le canapé et le pantalon du mari …

Evidemment que c’est contrariant. ça m’arriverai j’aurai les glandes faut pas se leurrer. Mais jamais ça ne me viendrai a l’idée de faire marcher des assurances ou d’accepter / demander un remboursement. J’imaginais le mépris dans le regard de son employeur … et je me suis dit : mais bon sang ! elle a qu’a le faire elle même le ménage d’abord !

Alors je me suis sentie obligée de commenter. Evidemment, j’essaie de rester civilisée et intégrée dans ce microcosme alors j’évite de devenir révolutionnaire dans ce genre de groupe. Je propose des solutions pratiques genre : « vas y tu mets un bon coup de marqueur sur le canapé Madame, on la verra plus la grosse tâche rose clair sur ton canap’ gris anthracite Ligne Roset / Habitat / Roche Bobois » (je plaisante j’ai pas mis ça).

J’ai un immense respect pour les femmes de ménage. Je pense à toute la merde des autres qu’elles ramassent, à tout ce qu’elles nettoient, à ceux (notamment les clients en hôtellerie de luxe) qui parfois se permettent d’être des gros porcs dans leurs chambre sous prétexte qu’ils paient pour que ce soit nettoyé … (oui parce que les femmes de chambres dans les hôtels aussi j’ai beaucoup d’admiration pour elles). Et oui ce sont souvent des femmes, aussi.

On dit que les femmes de ménage sont bien payées à l’heure. Les non déclarées peut être plus …peut être. Elles bossent beaucoup, se tapent plein de trajets, ont le dos et les mains abimés, inhalent des détergents à longueur de journée, de nuit… et souvent elles ont aussi une famille.

La femme de ménage est donc un privilège normal pour certaines qui pourraient faire sans et qui oublient totalement qu’en vrai, si elles étaient un peu moins snobs, prétentieuses et empotées, elles dégageraient 1h ou 2h de leur temps si précieux par semaine pour le faire elles mêmes et ça leur remettraient les idées en place (en plus d’avoir le sentiment satisfaisant d’avoir nettoyé son habitat) … et souvent quand on nettoie sa maison, on nettoie dans sa tête aussi.

Essayez ! Je vous assure ça fait même pas mal !

La dégaine déglinguée d’une maman en vacances

Moi aussi avant, quand j’étais en vacances à la mer, j’avais le temps de glander et d’être bronzée comme un pot de baume bronzant Lancaster le cul moulé dans mon deux pièces. Bon. Certes je me trouvais déjà dodue à l’époque mais finalement avec du recul j’étais juste un peu pulpeuse, surement sexy mais je l’ignorais (c’est chiant de se rendre compte a posteriori qu’on était en fait bien goalée !).

Je faisais gaffe à mon look. Je crois même que je mettais du mascara waterproof, de l’huile protectrice dans mes cheveux évidemment bien coupés, balayés pro, épilée, manucurée, gommée, fringuée sexy si je voulais (bon ok ça je peux moins le dire j’ai toujours privilégié le confort) et Nec plus ultra, j’avais un livre dans mon sac de plage et une brosse à cheveux. Mais ça, c’était avant.

Maintenant j’ai un bermuda en jean un peu destroy et un peu trop grand (pas un short sinon j’ai les cuisses qui frottent), 15 kilos de plus que je travaille à faire disparaître (mais c’est plus long qu’avant en fait et plus dur), un T Shirt potable un peu large, informe, tout terrain et une paire de tongs qui sera sûrement bonne à jeter d’ici la fin de l’été, un sac à dos de randonnée comme sac de plage avec dedans le lot de serviettes, change, portefeuille, jouets, pommes de pins, trognons de pommes de pin, kleenex, lunettes de soleil (que je mets jamais), une Kindle restée à la location parce qu’en vrai c’est impossible de lire quand on est maman d’une mini tornade.

Et puis j’ai un sac glacière vert fluo que je porte en bandoulière. C’est la grande classe. Sac à dos de rando, sac glacière en bandoulière avec les goûters, l’eau, le jus de pomme, le sacro saint sopalin, bref, faut bien s’équiper. Un chignon vite fait avec mon élastique lui même déglingué. Mon conjoint même combat, mais je trouve qu’il a toujours l’air classe. Moi, c’est discutable. C’est quand même lui qui se colle le bodyboard Vaiana acheté au Leclerc du coin parce que notre fille voulait un bodyboard et adore Vaiana et parce que je suis faible et voulais la paix pendant que je faisais les courses et qu’elle était dans le caddy.

Je pense à tout ça parce que ça fait deux étés, surtout celui ci, où je vois les filles jeunes sans enfants, le cul exposé dans des 2 pièces Tanga (vous savez, les faux strings où ça fait genre on a le maillot qui nous rentre dans les fesses mais en fait non, là c’est fait expres !) MAIS les seins couverts (ça, ça m’épate : montrer son cul c’est ok mais les seins, non) … Bref, je les vois sur la plage, affirmer leur body positive (ce que je trouve super soit dit en passant), la peau ferme, sans cellulite ou presque, bien dorées, pas un vaisseau de pété, le ventre plat évidemment, la peau entre les seins pas fripée, le sourire ultra brite de la jeunesse insouciante éclatante et moi. Moi et mon chéri avec notre tente SPF50 coupe vent mieux qu’un parasol à la con qui s’envole (un des trucs qu’on a le mieux amorti à l’arrivée de ma fille je vous donnerai le lien si vous voulez)

Et nous sommes quelques uns comme ça. Je suis sure que je ne suis pas la seule à avoir ce sentiment et ce regard.

A un moment donné, on accepte. On accepte que les premières années quand on est parent, le look, on s’en tamponne un peu. En tous cas on accepte que ce n’est pas la priorité. On pense pratique. Tout doit être PRATIQUE !

Alors voilà, les vacances c’est fini. Je n’ai pas encore réussi cet été à avoir le beach body dont je rêve depuis 4 ans, je n’ai pas encore réussi à être à la fois maman de ma petite tornade et lookée comme quand on me disait que je ressemblais à Jenna de Rosnay et vous savez quoi ? Ça va. Je le vis bien et ça ne m’à même pas dérangé .

C’est juste la vie !

Bonne rentrée à tous et à toutes !

Les #gros vous demandent de leur foutre la paix.

Saison estivale oblige, on se prend – essentiellement nous les filles – l’obligation de présenter un corps acceptable: en short, en robe, en maillot, il faut cacher ce gras, le supprimer à tout prix, gommer cette cellulite disgrâcieuse …. HELP.

Mais en même temps, il y a plein de voix qui s’élèvent sur le ‘body positive’, la fin du ‘body shaming’, les grosses qui s’acceptent et revendiquent le droit d’être comme elles sont (désolée cela semble un sujet majoritairement féminin même s’il y a des hommes dans le lot).

Moi je suis entre les deux. Je ne revendique pas mon surpoids mais je l’accepte mieux (sauf sur la plage). La grosse moyenne. Pas mince, pas obèse (quoique selon l’IMC je commence à me rapprocher depuis quelques mois dangereusement de la limite qui fait si peur). En gros si je perdais 15 kilos ça serait idéal. Eh oui. Petite rondelette, des kilos cumulés depuis des années yo-yo,  après un bébé, du stress et de la contrariété à volonté, je suis une mangeuse compulsive.  Je mange mes émotions. J’ai passé ma vie à être au régime (depuis mes 14 ans) et j’ai quand même trouvé le moyen de faire le yo-yo en pente ascendante. Comprendre par là que plus les années se sont écoulées et plus mes reprises de poids après perte ont été plus importantes ) chaque fois. Et aujourd’hui, je prends parole sur mon petit blog de rien, parce qu’après deux années infructueuses sur Weight Watchers online, appli la plus vantée, car la plus humaine, plus équilibrée (c’est vrai), des reprises abandon du régime du Dr. Fricker qui est quelqu’un qui me connaît depuis mes 26 ans, que je respecte infiniment et aime beaucoup, j’en arrive au point de non retour du : fuck les régimes.

J’ai lu le petit pamphlet sur la grossophobie « Gros n’est pas un gros mot » du collectif Gras Politique porté par Daria Marx et Eva Perez-Bello et ça m’a fendu le coeur, tellement c’est d’une vérité implacable et que j’invite tous les minces à le lire (les gros aussi).

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Et je me suis plongée dans « Maigrir sans régime » du Dr. Jean-Philippe Zermati …. j’étais allée voir il y a quelques années le Dr. Gérard Apfeldorfer, psychiatre spécialiste des TCA (Troubles du Comportement Alimentaire) car j’avais déjà bien compris que chez moi le problème ne tient pas qu’au régime.

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Entendons nous bien : je n’ai pas envie de rester grosse. Je ne suis pas grosse dans ma tête. Ce n’est pas moi. Et puis tant qu’a faire j’aimerai mieux ne pas avoir les cuisses qui frottent en été et pouvoir porter des mini shorts et m’habiller le matin sans me poser de questions ou ne pas lutter pour savoir comment je pourrai avoir l’air plus jolie et moins grosse quand je vais passer des entretiens de boulot …

J’aimerai aussi pouvoir être certaine que lorsqu’on me refuse un boulot ce n’est pas aussi à cause de mon physique … et ça j’ai des gros doutes sur le sujet, surtout dans certains secteurs. En même temps, même moins grosse je n’ai jamais été une fille à tailleurs-talons. ça m’emmerde les talons. J’en ai déjà parlé dans un de mes blogs. Moi je suis une fille en jean boots tout terrain avec 10 ou 15 kilos de moins. Mais je suis lucide. Je travaille dans un métier de représentation, donc forcément, il faut répondre aux standards et je sais que faire 15 kilos de moins aiderait ma carrière. Je ne suis pas dans le déni.

Je sais aussi que j’aurai plus confiance en moi, que je pourrai faire plus de sport, bref, je sais que beaucoup de choses iraient mieux si je pesais moins lourd. MAIS, car il y a un mais, il faudrait aussi qu’on me foute la paix. Tout le monde se sent obligé de vous sortir sa science, ses croyances, ses méthodes infaillibles sur la perte de poids. Surtout les proches. Moi je suis PhD en régimes. Entendez par là que je suis incollable. Le métabolisme, les hormones, l’alimentation, je suis sur le sujet depuis mes 14 ans. J’en ai 42. Et en plus j’ai toujours adoré la biologie même si j’étais nulle en maths donc autant dire que quand on commence à me donner des leçons sur comment je dois m’y prendre pour perdre du poids, je me marre (ou je m’énerve, aussi).

Je parle de moi parce que forcément c’est plus simple mais je sais que je suis loin d’être seule et que ça fait longtemps que ça dure pour beaucoup d’entre nous : la culpabilisation au moindre écart et perte de contrôle, l’épuisement de vivre sous contrôle, la culpabilisation tout court, la baisse de l’estime de soi, la crainte de la moquerie, le sentiment de honte, les regards des autres, la terreur du 1er jour en maillot à la plage (car en plus d’être gros on est blanc comme un cachalot),  la restriction extrême, la lancinance des donneurs de leçons, la famille qui s’en mêle pétrie de bonnes intentions (mais on sait que l’enfer est pavé de bonnes intentions), les pesées qui te donnent le sentiment d’aller au casse pipe, les pertes euphoriques suivies de reprises, le sentiment d’echec inoui et le desespoir de se dire qu’on y arrivera jamais tellement ça fait longtemps que ça dure …

C’est formidable ce que la grossophobie à engendré, ce que la course à la performance de notre société a fait comme dégâts. Dans la croyance de la société, tout est une question de volonté : si on est gros, on a qu’a faire un régime et s’y tenir. Bah oui bien sûr. Super, pourquoi j’y avais pas pensé ? Des années que je ne mange ni pain, ni sucre, que je ne bois pas de sodas ni d’alcools … et je suis quand même trop grosse. C’est con hein? Des années que je fais du sport avec plus ou moins d’intensité et pourtant: je suis toujours trop grosse ! Faut arrêter le fromage ! Je n’en mange presque jamais…. Bon ok, parfois je craque pour du pain et du beurre… Bon. Du beurre au pain, soyons honnête.

Mon problème ? La compulsion émotionnelle ET le fait que mon corps, mon métabolisme s’est habitué à la restriction et puis aussi mon patrimoine génétique parce que voilà, on est pas maigrelets dans une partie de ma famille. Je me suis déréglée avec les régimes depuis mes 14 ans. J’ai même pris plein de médicaments à l’époque : Isoméride, Dinintel, Alli … je crois que j’ai pris tout ce qui se faisait sur le marché. Certains trucs dont je n’avais tellement pas besoin plus jeune car je n’étais pas grosse… mais je croyais que je l’étais et on me répétait tellement que ma vie serait mieux si j’étais moins grosse que je le croyais et je me plongeais avec passion dans cette perte de poids.

J’ai de la chance dans mon parcours de ne pas être en obésité morbide. J’ai toujours un regard bienveillant sur l’obésité morbide car forcément il y a d’autres incidences que le simple manque de volonté et l’ingurgitation de nourriture à haute dose.

ça serait bien que les gens minces, proches et moins proches, nous foutent la paix déjà pour commencer. On sait ce qu’on doit faire et pas faire. On a pas besoin de regards réprobateurs, de remarques à la con car on est déjà assez malheureux d’être comme on est. Je défie tout gros de ne pas dire qu’il ne préfèrerait pas être mince. Même ceux qui s’acceptent. On a surtout pas besoin qu’on nous dise que c’est une question de volonté car la volonté ne résout pas tout. Et pour certains, la volonté a été tellement présente, tellement quotidienne qu’à un moment donné on a juste envie de dire : stop, pause, 123 terre je ne joue plus.

L’approche dans la perte de poids doit être globale mais une chose est sûre, il faut absolument que l’entourage, la société, foute la paix aux gros. Ce sera la seule façon de s’en sortir. Foutez nous la paix. En règle générale, foutez-vous la paix à tous. Arrêtez de juger, de donner des leçons aux autres sur comment mieux vivre sa vie, mieux éduquer ses gosses etc. …

On fait tous ce qu’on peut. Alors un peu de bienveillance vraie, ça changera.

A bons entendeurs, merci.

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La vie libre, hors des cases.

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Parfois je me demande si c’est une chance mais je crois que oui. J’ai grandi libre. J’ai grandi avec le gout de la grande vie. J’ai grandi ailleurs qu’en France. Je suis marquée dans mon ADN par mes années sous les tropiques. Je vivais dehors. Je vivais pieds nus. Je vivais en maillot de bain, en short et T-Shirt. On écoutait Bob Dylan, Randy Newman, Michael Jackson, Bob Marley. Je vivais dans une immense maison d’architecte qui surplombait une colline avec vue sur la mer des Caraïbes. J’aimais ça. J’ai grandi avec un horizon à perte de vue.

Pourtant il y a eu plein d’aléas que je n’énumèrerai pas tous ici… ce n’est pas l’objet de mon billet.

J’ai vécu dans le confort matériel. Mes parents ne roulaient pas sur l’or mais je crois que le luxe pour nous c’est ça : vivre libre. On respirait à pleins poumons, je vivais qu’avec très peu de contraintes. Je devais travailler à l’école et obéir à mes parents. A côté de ça je crois que je faisais ce que je voulais.

Et puis le retour en France a été pénible, douloureux. Il a fallu se réadapter à la vie française conformiste, qui met des étiquettes, qui enferme dans des cases. En France on est jugé selon son héritage familial, son nom, le lieu où on a grandi, la taille de sa maison, les études qu’on fait, le métier des parents, les fringues qu’on porte … Pour moi c’était nouveau tout ça. Alors il fallu apprendre et s’adapter. Et puis je suis repartie. Au Moyen-Orient cette fois. En pleine adolescence. C’était génial. Là encore j’ai goûté à une liberté que peu ont la chance de connaître à cet âge. Il y a avait seulement quelques fondamentaux : travailler à l’école, ne pas prendre mes parents pour des cons, ne pas mentir.

Je réalise avec du recul la chance que j’ai eu d’avoir un tel niveau de confiance avec mes parents. Je crois que d’un autre côté comme j’ai toujours respecté leur confiance je n’ai jamais non plus fait de grosses conneries.

La difficulté de grandir libre, c’est qu’on vit très très très mal la contrainte et l’autorité une fois adulte. Je vis très mal la servitude. Je vis très mal d’être obligée de me contraindre par raison. J’apprends. Je n’ai jamais autant appris ces derniers temps.

Un matin de la semaine dernière j’étais sur la route du travail, j’écoutais de la musique « vintage » les écouteurs vissés à fond sur mes oreilles. Je pouvais arriver tôt pour une fois… … Paul Simon, album Graceland. African Skies. J’étais le long d’une avenue hideuse et ma petite voix intérieure avait envie de rugir et de m’enfuir. Une envie de liberté viscérale m’a saisi.  Qu’est ce que je faisais là bon sang ?! Pourquoi étais-je obligée ces derniers temps de subir des situations qui me rendaient malheureuse ?

African Skies (live)

Tout simplement parce que parfois on n’a pas le choix que de ronger son frein. Patienter, continuer de croire que les choses changent, évoluent même si à un moment donné on bouffe son pain noir. Je n’ai pas été élevée comme ça. On ne m’a pas appris que la vie c’était beaucoup ça. Je l’ai découvert une fois jeune adulte propulsée sur le marché du travail. ça doit être mon enfant intérieur qui est resté bien accroché. Mon enfant intérieur vit encore pieds nus, libre, les cheveux aux vents, insouciant refusant la contrainte. Parfois j’ai l’impression d’être Gladiator :)))

Je sais que je ne retrouverai jamais cette enfance libre. Jamais. Mais je ne veux pas tout perdre. Alors lentement, patiemment, en silence, je me donne les moyens de vivre en grand de nouveau. C’est en moi je n’y peux rien. Le conformisme m’emmerde. J’ai besoin d’exister en grand. J’ai besoin d’exister libre. Il y a des gens qui savent obéir même quand ils ne sont pas d’accord, même quand le donneur d’ordre ne leur inspire pas de respect et d’admiration. Moi j’essaie mais … Chassez le naturel il revient au galop.

Je ne supporte pas qu’on m’écrase. Je refuse d’être domptée. J’essaie de respecter les règles… forcément je suis obligée, à minima. Mais je refuse qu’on me lave le cerveau, qu’on touche à mon intégrité, qu’on me traite comme une moins que rien.

Ce matin là quand je suis arrivée sur mon lieu de travail j’ai encore intégré que j’avais pourtant de la chance par rapport à d’autres… On est toujours moins libre et gâté que quelqu’un mais toujours plus chanceux que quelqu’un d’autre aussi. Parfois j’oublie. J’aimerai une grande révolte de tous les opprimés. J’aimerai une liberté vraie pour tous. On a pas le droit d’écraser autrui au nom d’un système, de règles à la con.

Je suis pour le management libéré. Je suis pour la responsabilisation et la confiance. Je suis pour la bienveillance. La contrainte annihile et détruit. J’en suis convaincue.

En France on a encore du chemin à parcourir. On croit encore que pour rendre les gens performants il faut les contraindre et les opprimer.

J’espère que les nouvelles générations vont donner le ton. J’ai hâte de voir ça. Je serai aux premières loges, prête à dégainer.

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Une bière !

Mis en avant

Paris, 13eme arrondissement, un centre commercial à midi. Le printemps est déclaré. L’été est même un peu avancé. Il fait chaud. 26°C. Nos corps ont perdu l’habitude. On est tous mal habillé pour l’occasion. Trop couverts.

Comme souvent, le temps de ma rapide pause déjeuner, je file en direction du carrefour pour m’acheter un truc diététique à manger sur le pouce devant mon ordi en 10 minutes pour pas perdre de temps. Quand on est une maman qui bosse avec peu de flexibilité horaires, il faut s’adapter.

Et puis en fait une fois dans le centre commercial je décide de ne pas faire comme d’habitude. J’en ai marre. Marre de toujours manger la même chose, de faire le même circuit. J’opte pour le take away chinois qui a réouvert depuis 2 mois. Vu le quartier, manger asiatique est banal, mais il est bon. Frais et accessible. Je vise un petit Bo Bun. Il semble plein d’herbes fraîches, ça me botte bien.

Il y a du monde. Tant pis, j’attendrai. Derrière moi, soudain je sens une présence. Une femme essoufflée. Elle respire fort, marmonne. Je me retourne sans trop la regarder pour ne pas la gêner. Elle a un physique qui semble un peu étrange mais sans plus. J’ai l’impression qu’elle ne se sent pas bien.  2 longues minutes se passent. Elle fait une sorte de bruit, comme des petits cris intérieurs étouffés. Je me retourne et je lui demande avec le plus de bienveillance possible si elle souhaite passer devant moi.

Et là nos visages se rencontrent, nos yeux se croisent. Elle me fait à grand sourire en me disant que ça va aller. Elle a chaud. Les cheveux poivre et sel, courts, la nuque en nage. Je lui souris en retour. Elle est handicapée.

Je le sentais. J’en étais sure. Autonome, mais handicapée. Moteur et mental. Je la trouve courageuse et attendrissante. Son corps est effectivement un peu déformé dans les proportions mais elle marche normalement. Elle a surement des problèmes neurologiques, d’où l’élocution pas habituelle, ces petits bruits intérieurs…

C’est mon tour, je passe ma commande. Puis vient son tour : « UNE BIERE !!!! »

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Elle a soif, elle veut une bière, elle demande une bière. J’ai envie de rire. Rire de bon coeur. Elle est drôle.

Le serveur au comptoir est gentil. Il lui demande : « Sur place ? Avec un verre ? »

« OUI !!! » Elle parle fort avec aplomb et ne s’embête pas de fioritures comme bonjour svp merci. Elle a soif.

Je veille du coin de l’oeil, prête à l’aider à payer si elle avait besoin, mais non, elle se débrouille parfaitement. J’ai les yeux grands ouverts, je suis en pleine conscience. Je finis mon achat et je marche dans les allées du centre pour sortir et je m’aperçois que je suis au coeur d’un melting pot social. Tout le monde se mélange tranquillement même les estropiés de la vie. J’aimerai bien que tout le monde se mélange et cohabite partout comme dans ce centre commercial à l’heure du déjeuner.

La pause est terminée, je retourne travailler.

Les autistes… et les autres aussi … #autisme #handicap

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Tout d’abord je tiens sincèrement à insister sur le fait que je soutiens la cause des autistes. Tout comme je soutiens la cause des trisomiques et autres handicapés mentaux identifiés.

En fait, je soutiens la cause de tout le handicap mental. C’est peut être cela qui marque ma position, ma colère, ma différence. Pourtant je pourrai ressasser le Syndrome X Fragile en long en large et en travers car c’est ce que je connais le mieux.

L’X Fragile c’est proche de l’autisme. Tellement proche, que 12% des diagnostiqués autistes sont en fait X Fragile. C’est dingue non ?

C’est dur pour les autistes en France. Mais je vous rassure, c’est dur pour TOUTES LES PERSONNES ATTEINTES DE HANDICAP MENTAL EN FRANCE.

Je trouve toujours injuste, réducteur, de fonctionner par catégorie, mettre en avant un handicap plus qu’un autre …  je comprends le besoin de donner un coup de pied au cul à la France pour sa gestion de l’autisme, bien sûr. Mais ce que je ne comprends pas c’est pourquoi ce coup de pied au cul n’est pas global sur la gestion du handicap mental en France?

Oui l’inclusion, oui. A condition qu’elle soit bien faite et adaptée. Mais la réalité c’est qu’il y a aussi BEAUCOUP de personnes atteintes de handicap mental / physique qui NE PEUVENT pas évoluer en milieu inclusif. Tout simplement parce que le handicap est trop lourd, parce que les personnes sont trop atteintes et souffriraient davantage que d’être en milieux protégés (IME, IMPro, foyers de vie occupationnels, …).

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J’ai eu un échange email avec le journaliste Eric Favereau ce matin suite à son article qui expliquait le programme Autisme du gouvernement Macron. Je lui ai clamé ma révolte de voir qu’il n’y en avait que pour les autistes alors qu’il y a tant d’autres handicapés également en grande souffrance et absence de prise en charge. Il m’a dit que j’avais raison… je sais bien que j’ai malheureusement raison… A quand un reportage vérité, de fond pour montrer la vraie réalité et montrer que oui, bien sûr, faire un vrai geste concret en faveur des autistes en France est un minimum vital, mais … ET LES AUTRES ?

Ils peuvent se brosser les autres ?

Ceux qui ne peuvent pas aller à l’école « normale », ceux qui n’ont pas de place dans les IME de leur département parce que soit disant leur handicap n’est pas approprié à l’IME, ceux qui n’ont juste pas de place malgré l’obligation de TOUS les enfants à être scolarisés et qui se retrouvent parfois pour la première fois à l’âge de 10 ans, ENFIN dans un IME, ils font quoi EUX ?

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Que fait-on des adultes, de tous les adultes atteints d’un handicap mental ne permettant pas la vie en autonomie ni même en colocation ? Sont ils condamnés à passer le temps dans des espèces d’hospices, souvent délabrés, sentant mauvais, avec du caca collé au fond de leur slip et leurs fesses parce qu’ils ne savent pas s’essuyer tous seuls et qu’il n’y a pas de personnel suffisamment impliqué, formé, disponible pour leur permettre de garder leur dignité et rester propres, souvent gavés de médicaments parce que c’est comme ça encore mieux quand ils se tiennent bien tranquilles … Que font les familles ? Elles doivent s’inscrire dans des établissements 10, 20 ans en avance, sans aucune garantie d’avoir une place, de bons traitements, de qualité de prise en charge,  du respect des personnes …?

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Ce qui m’énerve c’est la récupération politique de tout cela. Le couple Macron, l’ensemble du gouvernement, les hashtags, l’éclairage des bâtiments en bleu, les photos de profil personnalisées sur facebook,les visites surprise chez une famille avec un enfant en situation de handicap avec photos de journalistes à l’appui pour montrer qu’on est impliqué… tout ça pue l’hypocrisie. Mais merde quoi c’est dégueulasse cette esbroufe. Quel manque de décence et de respect pour les gens qui souffrent vraiment. Moi je trouve pas ça bien cette surenchère de communication presque glamour sur le sujet. Je trouve bien d’agir. Je trouve bien de débloquer des vrais moyens et d’être juste dans la démarche en oubliant personne mais toute la mise en scène exagérée pour faire pleurer dans les chaumières et faire croire aux gens qu’ils en ont tous quelque chose à faire m’agace prodigieusement.

Ils savent ces gens là, ce que c’est que le vrai handicap au quotidien? Ils sont déjà allés dans des foyers de vie occupationnels standards, dans des IME de banlieue, ils sont vraiment allés sur le terrain, sans mise en scène, juste la vraie vie de tous les jours de ces gens là ? Non bien sûr. Tout est préparé en avance, bien cadré, bien propre pour que ça passe bien en caméra.

Quelque part j’espère me tromper. Vraiment. J’espère que ça va aller dans le bon sens tout ça … on en reparle à la fin du mandat … et on en reparle dans 10 ans … Moi je crois que là dedans, ça sera toujours à chaque individu de se démerder. Dieu pour tous et chacun pour soi.

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Jours de colère et programme Rocky

Mon blog n’est pas mort ! Non. Je n’ai juste plus le temps de blogguer ou l’inspiration ne venant pas sur commande chez moi mes envies d’écrire tombent rarement au moment où je le peux vraiment (dans le métro, en réunion, en préparant le repas, …) … mais là je suis en arrêt maladie, chouette !

Eh ouais je me suis fait opérer pour la première fois de ma vie alors je suis obligée de vivre tranquillement pendant deux semaines, bercée par des anti douleurs au dérivés d’opium et de morphine, c’est cool…

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C’est cool parce qu’en vrai je passe une période de colère. De grosse colère. Comme dans le livre que j’ai acheté à ma fille.

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Une colère contre ce qui m’arrive depuis quelques temps, contre mes galères financières, contre mes galères en général, contre moi même qui n’ait pas réfléchi à certaines conséquences (comme le fait d’avoir toujours été habituée à être bien couverte avec ma santé et découvrir que là non, ) etc. bref, je vous passe les détails …

On se dit, on nous dit : c’est que de l’argent. Ouais. Ouais c’est que de l’argent mais c’est peut être plus facile de dire c’est que de l’argent quand on n’en manque pas … ça aussi ça me met en colère.

En colère de voir qu’en étant une femme, jeune maman de plus de 40 ans à Paris dans la communication, je suis condamnée à me battre encore plus qu’avant pour avoir du travail de qualité et le garder … Quand je dis qualité je parle d’un travail à la hauteur de sa vraie valeur avec un salaire qui tient la route etc. Et ça veut dire que plus que jamais je vais devoir être un couteau suisse de ma profession avec le look qui va bien. On n’a pas le droit de lâcher prise en fait. Jamais. Pas trop quoi.

Et puis pour le management 2.0. humaniste on repassera. En France on a encore du boulot… y compris pour pouvoir se recycler ou varier les plaisirs sans être pénalisé financièrement…

Je crois que c’est pour ça aussi que je suis en colère. Parfois j’aimerai pouvoir faire pause. J’aimerai pouvoir me laisser vivre un peu et ne pas avoir à m’inquiéter de demain, d’après demain, de dans 25 ans !! Il doit y avoir des personnes pour qui c’est possible. Des natures. Moi je ne suis pas comme ça en fait. Et puis la vie me rappelle toujours que je ne peux pas être dans la catégorie à me reposer sur mes lauriers. En général, si je me relâche, j’ai un rappel à l’ordre bien cinglant. Toujours.

Moi qui voulais reprendre mon blog sur des sujets plus légers je crois qu’il va falloir que je me fasse une raison, ça ne sera pas encore cette fois ci !

Gros moment de lose comme on dit. On est physiquement diminué, acculé, coincé dans des impondérables qu’on ne choisit pas et on subit. On subit en criant intérieurement à l’injustice de ce qu’on traverse. On rumine. On enrage, on pleure, on trépigne. Et après ? Après faut encaisser et c’est là que le programme Rocky se met en place.

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Ce moment où tu as fait le tour de ta merde. Ce moment où tu sais que de toutes façons tu n’as plus le choix et que c’est marche ou crève. Ce moment où tu sais que de toutes façons c’est inhérent à ta personnalité, tu vas encore te battre pour surmonter ces difficultés parce que … Parce que pas le choix.

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Alors on serre les dents, on relève ses manches, on ravale son orgueil, on ravale son aigreur, on fait profil bas et on fait ce qu’il faut pour que les choses s’arrangent. On vit dans une société qui ne laisse pas de place à la faiblesse. On a le droit d’être fatigué, de lâcher un peu prise parfois, mais pas trop longtemps… pas trop … Il faut rester du bon côté de la barrière pour ne pas être écrasé … On vit dans une société de plus en plus inégale, plus extrême. C’est pas le moment de faiblir, je vous le dis.

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Moi je suis pas une fainéante Manu #loitravail

– Eh Manu tu descends ?

-Pourquoi faire?

Bon. Moi je suis pas descendue dans la rue aujourd’hui Manu (tu me connais bien, moi la travailleuse fainéante alors je t’appelle Manu puisqu’on est proches maintenant). Je suis une working Mum dans le privé et je peux pas me permettre de sécher le travail pour descendre dans la rue. Pas encore en tous cas. Et puis j’ai pas de RTT, pas d’avantages sociaux, j’ai accepté d’être pas cadre et même un CDD au début pour me remettre en selle, j’ai du baisser mon salaire parce que quand on arrête de bosser par choix ou parce qu’on t’as forcé la main, bah à 40 ans quand t’es une working mum tu fais peur alors pour que les gens aient moins peur t’acceptes aussi d’être moins payée …bref j’ai pas le temps et la liberté de descendre dans la rue crier à l’injustice sociale. Et pourtant je suis vachement forte pour crier à l’injustice sociale. Mais pas aujourd’hui. Alors à la place je t’écris.

Faut que tu saches quand même que globalement je suis vraiment pas d’accord avec la f…cking loi du travail. Et pourtant je bosse dans le digital, je suis la première à trouver qu’il y a des gens qui abusent du système (mais pas forcément ceux qu’on pointe du doigt en premier) – j’ai pas fait sciences po, j’ai pas le temps de tout lire, de tout éplucher, de tout analyser pour comprendre les p… d’ordonnances … j’ai pas le temps d’écouter les diatribes des uns et des autres chez Bourdin, ou Cohen … j’ai pas le temps. Je suis une working mum parisienne tout le temps speed qui essaie d’abattre le travail que j’ai à abattre du mieux possible. Et puis accessoirement j’aime bien mon job et j’ai envie de le garder ! Alors je lis des résumés, des avis de personnes éclairées et pfff…. franchement ça pue du cul la loi travail hein ?

Moi ce que je vois c’est qu’on tape tout le temps sur la tête des français en les traitant de feignasses, d’immobilistes, de réfractaires au changement, d’anti progrès, de râleurs, bref on a qu’à se sortir les doigts du cul quoi merde y en a marre comment ils font les autres ? Bah si les autres ils acceptent la précarisation, la disparition de leurs acquis sociaux j’ai envie de dire : tant pis pour eux ça les regarde ? Mais pourquoi nous on devrait accepter ? Pourquoi nous la France d’en bas, les classes moyennes, les classes populaires, les gens qui sont locataires à vie, qui paient pas l’ISF, qui arrivent pas à mettre assez d’argent de côté on devrait fermer notre gueule et encore accepter de se faire enculer à sec avec du gravier ? Hein ? Pourquoi?

Pourquoi on nous raconte toujours les mêmes conneries à base de chantage sur le fait que si les riches paient des impôts (trop) ils ne créeront pas d’emplois? Bon. C’est un peu caricatural mais ça se saurait quand même si les grosses boîtes qui paient moins d’impôts créaient plus d’emplois et d’emplois pérennes non ? Et puis la flexibilité du travail c’est gentil mais combien de boîtes sont prêtes à faire du management libéré, à autoriser le work from home pour les maman qui bossent par exemple ? Combien de CDD désormais qui bloquent les gens dans le développement de leur vie perso ? Non parce que faire un prêt à la banque, louer un appart (je parle même pas d’acheter) avec un CDD c’est tout de suite un « No Go » …. Alors qu’il faille changer des trucs, flexibiliser un peu, oui oui faut vivre avec son temps, faut s’adapter à l’économie mondiale, mais pourquoi faut il à tout prix précariser les gens et les traiter de faineants en plus ?

Pourquoi ce besoin de mépriser les travailleurs ? Pourquoi cette forme de dictature au nom du besoin de changer ? Moi je veux bien qu’on sanctionne ceux qui abusent du système mais dans ce cas qu’on le fasse de façon juste et équitable…tout le monde à la même enseigne, y compris les gros Mastodontes du CAC 40 et autres GAFA et pros de l’évasion fiscale, les banques elles mêmes … et qu’on arrête un peu de nous prendre pour des cons écervelés moutons … même si clairement on a voté mouton …

Moi j’y crois pas des masses à ta 3ème voie Manu … je sais pas quelle serait la bonne 3ème voie réellement applicable et réaliste et honnête … j’ai pas le temps… je regrette de ne pas avoir assez le temps d’y penser … je laisse ça à d’autres … moi je suis dans l’opérationnel, dans la trivialité hyper réaliste du quotidien tu vois… métro boulot nounou dodo…. Parfois je préfère pas penser à mon avenir parce que je sais que le CDi disparait, que bosser dans une même boite c’est fini, que les métiers mutent, tout mute de toutes façons (même moi j’ai une prémutation génétique … je suis une X-MEN … enfin une X-WOMAN – je t’expliquerai si tu veux -), et que plus je vais vieillir plus ça va être dur et si je me mets pas à jour en permanence je serai bonne pour la poubelle et je serai obligée de devenir coach ….(je plaisante … mais j’ai remarqué qu’à Pole Emploi quand t’es dans la com et que tu fais des bilans de compétences, coach ça revient souvent c’est marrant…) ….

Enfin voilà. Ta loi je l’aime pas, je l’approuve pas, je la trouve pas claire, tordue, pas juste, pas équitable et je suis même pas une fainéante d’abord.

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Salut Manu, à une prochaine dans une soirée, ou expo, je sais pas on pourra peut être se croiser un de ces quatre qui sait, le monde est petit …

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F…k les diktats de l’apparence et de la performance sociale !

Le diktat de l’apparence. Le mal du siècle. Le mal qui ronge les réseaux sociaux, qui fait sentir le 3/4 des personnes ratées ou au minimum pas assez bien.

L’apparence physique, le boulot, la vie sociale, les vacances, la vie amoureuse, la vie familiale, les hobbies, tout y passe. Le principe du « si t’as pas une rolex à 50 ans t’as raté ta vie » qui se décline à toutes les sauces.

Avec l’âge, l’expérience, dieu merci on se libère de plus en plus de cette pression, mais elle a la peau dure cette exigence de la performance, cette culpabilité insidieuse qui fait qu’on ne peut pas s’empêcher d’avoir une petite voix au fond de soi qui dit : c’est pas assez, tu peux faire mieux. La société aide à se sentir toujours frustré et insatisfait de ce qu’on est, de ce qu’on a. Je pense que rares sont les personnes qui se sentent pleinement épanouies.

Le besoin de prouver qu’on fait partie de la bande. Le besoin de prouver aux autres, à soi, qu’on vaut le coup, qu’on a de la valeur. Le besoin de reconnaissance sociale qui fait du bien à l’ego.

A l’heure où on prône le retour de la bienveillance, de l’altruisme, de la tolérance, de la gentillesse, où on condamne le harcèlement sous toutes ses formes, le body shaming, le burn out, … est ce que vraiment dans la réalité des faits ça se fait ressentir ? Est-ce que vraiment ces belles valeurs humanistes, cette bienveillance se retrouve sur les réseaux sociaux? Moi je ne trouve pas. Je trouve que c’est presque pire.

Je suis choquée par la violence des mots, par l’incapacité de la masse à réfléchir avant d’écrire (vomir) des phrases mal écrites d’une violence inouïe (absence d’éducation, de sens critique, de goût de l’effort, de goût à la réflexion)… je suis choquée de ce besoin permanent de montrer qu’on réussit et cette volonté d’écraser. Cela va jusqu’à la boîte pour laquelle on bosse (la marque employeur prend tout son sens dans la réussite professionnelle individuelle… plus tu bosses pour une boîte qui a une super réputation plus cela influe sur ton aura et ta bonne réputation à toi et inversement…vous avez pas remarqué ?).

Pour les femmes ce diktat est je trouve le pire de tous et me donne souvent envie de prendre le contre pieds (sans oublier la fameuse charge mentale). Je ne parle même pas de ceux qui ont un handicap (visible ou invisible)

D’ailleurs pas plus tard que ce WE j’ai posté une photo Instagram de moi en faisant la gueule. Et j’attends toujours le commentaire « bah pourquoi tu souris pas, tu serais tellement mieux en souriant » … ouais je suis Bozo le clown, Lorie, je passe ma vie à sautiller de joie, c’est bien connu!

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Je suis Dircom de métier, dans le digital depuis quelques temps, quadra, à Paris … la totale. Le cumul de miles. Le cumul de critères qui m’obligeraient plus que d’autres à être dans la performance sociale apparente, visible. Merci, mais non merci. Je préfère en rire comme le sketch de Florence Foresti !

J’ai toujours refusé la frime qui accompagnait mon métier. Bien sûr parfois, ça génère une frustration, une désillusion, un sentiment d’injustice (oui parce que les compétences, l’enthousiasme ne suffisent pas pour réussir dans mon milieu), mais c’est plus fort que moi. Je n’ai jamais réussi à me corrompre. J’ai toujours presque été fière de ma rebellion involontaire mais viscérale. Et pourtant j’adore mon métier, j’aime les gens. Je crois que je suis une bonne « manager » au vu des retours que j’ai pu avoir au fil des années des personnes qui ont bossé avec moi. Tout comme je pense avoir toujours fait du bon boulot. J’ai en plus la chance d’être bilingue anglais ce qui m’a toujours permis de bosser à l’international (atout majeur quand on est française, pays au niveau médiocre en langues étrangères)… Mais j’ai une aversion pour la panoplie, jusque dans le vocabulaire…J’aime pas l’esbroufe.

Pourtant, par exemple, le luxe me fait rêver. J’aime bien les belles choses, la noblesse que cela peut dégager (pas le côté bling bling clinquant hein) … J’ai même bossé dans l’hôtellerie de luxe (que j’aime toujours énormément) mais dans le luxe plus qu’ailleurs, il faut une panoplie. La panoplie de la fille qui réussit tout dans ce secteur est plus que jamais incontournable et gare à toi si tu rentres pas dans le moule. Et même si on le dit pas ouvertement, c’est tellement évident qu’on se le prend en pleine face à la moindre occasion dès qu’on ne rentre pas dans la case.

Moi j’ai pas de temps à perdre. Et puis ma vie fait que mes priorités sont ailleurs. Je suis pas idiote inflexible bornée. Je sais jouer le jeu quand c’est nécessaire.  Mais j’ai des limites et je les revendique. On ne juge pas un métier, une réussite sur un look. On ne juge pas des compétences sur un IMC et une joli visage.

Du coup, j’ai finalement orienté mon métier dans des domaines où l’apparence est moins fondamentale, où on peut même avoir une portée humaniste à son travail (le fameux sens que nous sommes désormais nombreux à chercher il paraît).

Il faut bien vivre aussi alors on fait des compromis quand même.

Je m’égare pardon. Revenons aux réseaux sociaux, à la bienveillance, au droit d’être humain.

Je revendique le droit de faire la gueule parfois, de poster des photos où j’ai le regard triste et le visage fermé. Je revendique le droit de râler et critiquer, de ne pas suivre le courant général parce que ça ne me convient pas (sans que cela fasse de moi une aigrie, une négative systématique, une méchante), je revendique le droit de dire que ma vie n’est pas parfaite mais elle est ma vie et je l’assume et elle me va. Je revendique le droit de dire que j’ai des kilos en trop qui ne font pas pour autant de moi une personne sans volonté (je fais un régime longue durée pour perdre au minimum 10 putain de kilos qui me pourrissent l’épanouissement – je pourrai faire un billet sur la discrimination professionnelle et sociale des personnes en surpoids), je revendique le droit d’être parfois vulnérable et de l’exprimer, je revendique le droit de ne pas être parfaite, de faire des erreurs, de ne pas toujours réussir et j’emmerde ceux qui imposent qu’il faut toujours aller bien avec un sourire banane.

Moi je suis plus Bridget Jones que Carrie Bradshaw, c’est comme ça. Et vive les fêlures et les éclopés de la vie !

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