Au delà de la lutte contre la violence faite aux femmes, halte à la violence tout court. Le respect ET l’éducation sont les clés de voûte d’une société qui tient la route.

Aujourd’hui, Dimanche 25 Novembre, journée contre la violence conjugale.

Déjà, lire cet article du Monde qui fait si froid dans le dos :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/11/25/une-journee-nationale-contre-les-violences-faites-aux-femmes_1444648_3224.html

La triste vérité c’est que la violence conjugale augmente. Mais la question que je me pose c’est : est ce que ce n’est pas la violence qui augmente tout court ? Et de facto, les premières victimes étant toujours les femmes et les enfants, CQFD.

Une chose que je remarque aussi c’est que de manière générale, le manque de respect augmente et de ce fait, cela entraîne aussi l’augmentation de la violence.

J’ai déjà fais des articles sur le sujet : la dégradation du civisme, le manque de respect flagrant qu’on se prend au quotidien, la violence multiforme que l’on retrouve partout, dans tous les milieux sous toutes ses formes : à l’école, au travail, à la maison, dans les couples (les hommes battus, ça existe aussi c’est dingue …), dans les transports, sur la route, …

Moi j’ai été banlieusarde quelques années. Alors bon…j’ai été bien lotie, je n’ai pas connu la banlieue trop pourrie, mais j’ai quand même connu les aléas de la vie de banlieue et donc, sa violence.

Quand j’étais étudiante j’ai connu le lancer de cannette (pleine) dans mon dos, rasant ma tête, en entrant dans la gare RER par des filles pour qui j’avais un look et une tronche qui ne leur revenaient pas à base de : dégage salope ! (j’étais en jean, parka, baskets, discrète et je ne les connaissais pas).

J’ai aussi connu le moment de solitude, seule dans un wagon de RER en plein après midi, serrée par deux mecs qui finalement ont choisi de taillader les sièges avec les cutters plutôt que ma petite personne…

J’ai connu la bousculade, l’insulte parce que je ne répondais pas quand on m’interpellais agressivement : « Eh la blonde là, ça te dis pas de coucher avec moi ? Eh salope tu réponds quand on te parle ?  »

J’ai connu le RER bondé et le mec en face qui suce son majeur en te regardant. Je me souviens aussi avoir eu un coup de bol d’enfer en réussissant à désamorcer la tension et où à la fin ils me proposaient d’aller a Quick avec eux … Désolée les gars j’ai cours.

J’ai connu devoir courir comme une dingue en sortant de boîte parce que j’étais suivie par une bande de mecs tout à l’attaque.

J’ai connu m’être fait traiter de raciste quand j’ai sorti des petits gars par le col de blouson du magasin de ma mère quand ils commençaient à voler des tablettes de chocolat et foutre en l’air les vitrines. Je me souviens leur avoir répondu que j’en avais rien à cirer de leur couleur de peau mais que juste, ils n’avaient PAS LE DROIT de faire ça.

Je me souviens être allée protéger ma soeur à la sortie de l’Institut Dudouit à Versailles. Institut Catho bourré de petits bourgeois blancs becs caractériels qui finissaient là dedans car personne ne voulaient d’eux dans le public (Alleluia travaillons dans la joie qu’ils disaient) – ma soeur n’a jamais été autant harcelée… Enfin si, elle a aussi été racketée et étranglée dans sa classe de réinsertion à Trappes par des filles pas très gentilles mais c’est une autre histoire…

Je suis souvent allée la chercher à la sortie de l’école ma petite soeur, prête à me battre, pourvu qu’on ne lui fasse pas de mal. Le coeur qui battait la chamade, les poings serrés dans mes poches, les mâchoires crispées. Tout ça parce que ma soeur était un petit peu différente.

J’ai connu me faire coller au cul en bagnole par une bande de mecs sur la Nationale 10 à avoir peur de me payer un accident. J’ai connu aussi me faire suivre parce que j’avais osé en doubler certains espérant avoir la paix.

J’ai connu quand j’avais 10 ans, après presque 5 ans passés aux Caraibes, la violence des enfants dans mon petit village des Yvelines. La bousculade dans la cour de récré, le collant déchiré, le bonnet mis dans la cuvette des toilettes des garçons, les insultes d’enfant, les claques.

Je me souviens être devenue un garçon manqué du jour au lendemain pour réussir à me protéger.

J’ai connu le harcèlement moral au travail parce que je n’avais pas un look de bimbo de luxe pour faire des relations publiques.

J’ai connu le harcèlement sur Internet et j’ai jamais compris pourquoi, qui, comment.

J’ai connu plein d’autres violences que je ne peux pas déballer ici.

A chaque fois je me suis défendue. A chaque fois je l’ai échappée belle. A chaque fois, je crois, le fond du problème était une défaillance de respect.

Des personnes a qui on n’a pas appris la notion de respect. Des personnes a qui on n’a pas appris par l’éducation qu’il y avait des limites dans la vie en société.

C’est comme ne pas descendre du métro le matin pour laisser sortir les gens de la rame.

C’est comme ne pas attendre que les gens descendent du métro pour remonter dedans.

C’est comme ne pas se mettre à droite sur la file de l’escalator.

C’est comme ne jamais tenir la porte à quelqu’un. C’est comme klaxonner comme un gros pignouffe dans les rues à 5h ou 3h du matin quand plein de gens dorment plutôt que d’attendre patiemment 2 minutes que le mec devant ait fini de décharger son camion de linge …

C’est comme sortir de boîte et brailler comme un veau dans la rue comme si on était au milieu des champs.

Le manque d’éducation. Le manque de respect des autres. Je crois que c’est bien ça le problème. Je crois que c’est ça l’origine de la violence. Alors bien sûr il y a tellement d’autres facteurs favorisants… La misère n’arrange rien. L’éclatement familial non plus … c’est d’ailleurs en cela que la violence ne prend pas seulement racine chez les pauvres… Zola chez les bourgeois ça existe aussi…

Je la trouve épuisante cette violence. Quand je vois le spectacle que nous donnent nos politiciens, je me dis que ce n’est pas si étonnant que tout se casse la gueule dans notre société car il n’y a aucun bon exemple. Même tout en haut de l’échelle, tout est pourri, corrompu, violent aussi… Alors pourquoi se casser le cul à être respectueux et éduqué hein?

Je trouve quand même dingue d’entendre en sortie d’école primaire: « ta mère la pute » ! Je trouve dingue ces histoires de harcèlement qui poussent des ados à se suicider…

Qu’est ce qu’on a encore eu l’autre jour en banlieue ? Ah oui… Une baston de deux ados et paf, il y en a une qui pousse l’autre sur les rails de la gare au moment où le RER arrive et SCHLAK; plus de jambes. C’est con hein ? Presque banal…

ça vous fout pas en l’air toute cette violence? Les viols impunis dans les cités, vous trouvez ça normal vous ? Les mecs qui se font flinguer sur la place publique à Marseille, ça devient presque ordinaire…

La violence est devenue presque ordinaire. Multiforme, parfois sournoise car psychologique, elle est là, insidieuse, elle s’immisce dans la vie des gens, de 0 à 77 ans …

Je ne la supporte pas. Toute forme de violence est condamnable. Peut être que je suis devenue particulièrement allergique à la violence parce que je l’ai tant côtoyé … Pour moi le respect est la base de tout… Sans le respect, il est impossible de progresser. Sans éducation non plus. C’est la violence en global qu’il faut combattre. Il faut ouvrir les yeux. Ne pas avoir peur de parler et de la contrer cette violence.

Nous avons le pouvoir de changer les choses. Alors chacun a son échelle en luttant contre cette violence aidera peut être à faire avancer notre société.

La collecte des Banques Alimentaires, c’est ce WE ! 23 & 24 Novembre 2012

Oyé Oyé !

C’est ce WE que tout le monde, avec ce qu’il peut, même un paquet de farine, même une bouteille d’huile, même une conserve, c’est ce WE que chacun de nous pouvons donner de la façon la plus facile qui soit.

On fait ses courses et en parallèle on fait quelques courses pour la banque alimentaire.

C’est le moment où jamais de montrer que nous sommes une société solidaire, à l’heure où on parle tant de la crise, de la dégradation de la note de la France par les organismes financiers, où la Commission Européenne évoque des coupures budgétaires pour les associations d’aide humanitaire.

Alors même si pour tout le monde c’est dur, dites vous que pour certaines personnes c’est encore plus dur et que manger, se laver, ça reste toujours compliqué…

Mais parfois, les images sont plus parlantes que les mots … je vous laisse regarder ce petit film de la Banque Alimentaire qui est plus que convaincant :

Alors, on y va ?

Où tu vas Yiayia, on fait quoi demain ?


Hugo, mon frère de 19 ans, X Fragile en mutation complète et moi, séance de téléphone :

– Tu vas où Yiayia ? Tu vas où ? Tu fais quoi Yiayia ? Je vais où moi demain ? Je vais à l’école ? Et après c’est le WE ?
– Oui Hugo. Après c’est le WE. Demain, je vais au travail. Demain, on est mercredi. Et après demain, on est jeudi. Et après c’est vendredi. Et après c’est ?
– C’est Samedi.
– Oui, c’est samedi Hugo.
– C’est le WE ?
– Oui, c’est le WE.
– On met le reveil à quelle heure?
– Tu mets le réveil à quelle heure Hugo le WE ?
– A 10h.
– Voilà à 10h. Parce que c’est le WE.
– Et le WE on fait dodo.
– Oui Hugouigue, on fait dodo le WE.
….
– Tu fais quoi Yiayia demain?
– Je travaille Hugo.
– Tu vas où Yiayia ?
– Je rentre chez moi.
– Tu prends le train ?
– Oui je prends le train.
– Tu viens quand Yiayia ?
– Bientôt Hugo. Pas ce WE. Mais bientôt.
– On fait quoi à Noel, on fait quoi ?
– On va aller ensemble à La Bretonnière.
– Tu feras dodo avec moi ?
– Oui Hugo bien sûr que je ferai dodo avec toi.
– Je vais avoir quoi comme cadeau moi ?
– Tu veux quoi comme cadeau Hugo?
– La cassette orange.
– La cassette Orange ??
– Oui avec Michelle.
– AAAAAAAAAAH ! la cassette de Jane Fonda, la cassette de gym!!
– Oui moi je la veux stp
– Mais Hugo, papa t’as déjà fais plein de DVD de la cassette orange et tu as plein de vidéos sur ton ipod.
– Allez Yiayia stp.
– Ok Hugo on va voir ce qu’on peut faire.
– Tu fais quoi Yiayia tu vas où ?
– Je t’ai dis chéri je rentre du travail, je vais chez moi.
– Tu fais quoi chez toi Yiayia ?
– Je vais préparer le repas, je vais ranger mes affaires, je vais me reposer, je vais regarder la télé, faire de l’ordinateur.
– Tu vas regarder la météo ?
– Oui je vais surement regarder la météo. Et toi tu vas regarder la météo Hugouigue?
– Oui
– Et sinon ça va à l’école Hugo ?
– Mais ouiiiiiii ça vaaaaaaa.
– Tu t’amuses bien?
– Mais ouiiiiii
– Tu mets bien ton manteau ? Tu te couvres bien?
– Mais ouiiiiii Yiayia
– Bon. Et le taxi il est gentil ? ça se passe bien avec les copains dans le taxi le matin ?
– Mais oui Yiayia allez je raccroche.
– T’en as marre que je te pose des questions Hugo ?
– Oui
– D’accord. alors tu veux que je te laisses?
– Oui d’accord.
– Bon bah bonne soirée mon Hugo! Repose toi bien !
– Bonne soirée
– Bonne soirée chéri. Bisous, je t’aime Hugo ! A bientôt
– Bisous

Voilà. Hugo. Il m’appelle comme ça parfois. En général, quand ça fait plus d’un mois qu’on ne s’est pas vu, les appels deviennent plus fréquents.C’est sa façon de me prévenir que là il va falloir qu’on se voit bientôt. Moi aussi il me manque mon Hugo. J’ai besoin de ma dose. Ma dose de frères et soeurs.

Et puis Hugo, comme tout X Fragile qui se respecte, les rituels c’est important. Quand je vais dormir à la maison (chez mes parents), ça veut dire, bon dîner du samedi soir, puis dormir dans le dortoir des garçons et raconter une histoire des drôles de petites bêtes si on n’est pas trop fatigué. D’ailleurs il va falloir en racheter des nouvelles. Et puis on fait un câlin, on chatouille, on déconne avec Hugo. Et il me dit avec sa petite grosse voix rauque : « arrêêêêêête Yiayiaaaaaaaa » et moi j’arrête mais pas trop …

Et après on se dit bonne nuit. Et il se cache sous sa couette.

Et puis le matin, c’est pancakes. Un dimanche matin sans pancakes quand je dors là bas ce n’est plus possible 🙂 Alors on prépare tout ensemble le matin pendant que tout le monde dort encore.

Hugo m’aide à mettre la table, fouetter la pâte, verser une louche dans la poêle. Et c’est souvent lui qui amène la grosse pile de pancakes sur la table.

Hugo a un sens aigu de la famille. Comme moi. Il aime quand tout le monde est là. Et même si ça gueule, même si c’est folklo, c’est SA famille et il aime. Et moi je suis comme lui. Je l’aime mon petit frère. Enfin mon petit frère qui a 4 têtes de plus que moi tout costaud. Mon petit frère qui est un gros bébé dans un corps de jeune homme.

Mon petit frère chéri pour qui je déploierai toute mon énergie et plus encore pour être certaine qu’il soit toujours heureux.

Alors à l’approche du téléthon, à l’heure où paraît il que le handicap est une priorité pour le gouvernement, j’espère que tous les bien pensants, les décideurs, les prêcheurs de belles paroles, les détenteurs de grands pouvoirs, n’oublient pas que des garçons et des filles comme Hugo, il y en a plein. Il y a plein d’adultes handicapés mentaux, qui n’auront pas toujours leurs papas et leurs mamans, qui n’auront pas toujours la chance d’avoir une famille nombreuse, soutenante, assez riche, pour les prendre en charge… Alors il ne faut pas les oublier eux aussi, il ne faut pas les ignorer, les renier. Ils existent, ils sont là, tellement gentils, tellement innocents. Il faut penser à eux aussi. La recherche, le progrès, c’est nécessaire, vital. C’est bien. La prise en charge digne, adaptée de ceux qui sont déjà là, c’est tout aussi vital et important.

Aujourd’hui il n’y a pas assez de maisons d’accueil pour les handicapés mentaux adultes. Des foyers de jours, des foyers de résidence permanente…

Dans mon ancien blog j’en parlais : http://theyiayiasblogfestival.blogspot.fr/2012/07/au-nom-de-lamour-que-jai-pour-mon-frere.html

Alors voilà… on a tous des combats différents. Moi j’en ai plein des combats. Le principal étant celui qui combat l’injustice sous toutes ses formes. Et puis il y en a un en particulier, la cause des handicapés mentaux, parce que forcément, ça me touche directement.

Le jour où les choses changeront significativement pour les handicapés mentaux, je me dirai qu’il y a eu du progrès dans notre société. Pas avant. Et pour l’instant, la lumière au bout du tunnel est encore bien loin …

A bons entendeurs…

http://youtu.be/mcB8sAEC_Fg

PARCE QUE NOTRE SOCIETE A BESOIN D’ETRE PLUS GENTILLE … JOURNEE DE LA GENTILLESSE LE 13 NOVEMBRE 2012

Grande Nouvelle: Etre gentil, ce n’est pas SALE ! Etre gentil, ce n’est pas NUL !

ça faisait quelques semaines que je n’avais pas repris le chemin de mon blog et de l’écriture… Moi aussi j’ai une vie en dehors de mes écrans d’ordi… En même temps je trouve que je passe toujours trop de temps sur facebook et twitter mais je n’ai pas encore trouvé le moyen de m’en passer totalement parce que c’est bien aussi… mais c’est une autre histoire.

LA JOURNEE DE LA GENTILLESSE. Journée initiée par le Magazine Psychologies, qui en est à sa 4ème édition. Je trouve l’idée géniale. Mais je ne peux pas m’empêcher de la trouver tragique, aussi.

C’est dire si notre société est devenue dure pour que nous soyons obligés de créer une journée de la gentillesse. C’est dire si notre société est devenue un monde impitoyable d’individualisme, d’égoïsme exacerbé et de manque de respect à tous les niveaux pour que certains HYPER CONSCIENTS nous réveillent pour créer la JOURNEE de la GENTILLESSE. Une journée seulement. Une journée parce que le reste du temps un nombre innombrable de personnes se comportent mal vis à vis d’autrui.

Si les lecteurs de ce post me suivent et connaissent un peu mes écrits, vous noterez que la notion de respect, de tolérance, de bienveillance vis à vis d’autrui est un sujet que je traite de façon récurrente. Je traite souvent cela dans ma dénonciation de la misère, des connards qui klaxonnent à 5h du matin dans la rue (ça va faire sourire mes followers sur Twitter qui me lisent régulièrement en train de râler sur ce genre d’incident urbain),  et surtout ma dénonciation de l’absence de reconnaissance du handicap mental … mais encore une fois je l’ai déjà dis, c’est lorsque l’on est directement touché par des épreuves qui nous différencient des « autres » que l’on se prend la dureté du monde en pleine pomme.

La plupart d’entre nous ne « réalisons pas » … Nous sommes conditionnés dans des comportement sociaux et la plupart du temps, les gens pensent être de bonne foi, dans leur « bon droit », tout le monde a raison, personne n’a tort… Et dans le fond, c’est souvent vrai. Chacun a sa raison légitime de justifier ses réactions, une attitude, un comportement…

Mais tout de même, vous n’avez jamais réalisé que SOUVENT, envoyer de la gentillesse rapporte bien plus que d’envoyer de l’hostilité ?

En entreprise, si les « managers » intégraient cette donnée, ça irait surement mieux. Je suis souvent effarée de voir à quel point des dirigeants d’entreprise ont tout appris SAUF à gérer l’humain. Des choses qui semblent du bon sens, de l’évidence, mais non… ça leur échappe.. Alors que se passe t il ? Des gens mal gérés gèrent mal à leur tour etc…. l’effet domino.

Ne vous inquiétez pas je me mets dans le même sac, même si je pense avoir un sens humain plutôt développé. Si j’étais une reine de la gentillesse je donnerai l’intégralité de ma vie aux autres mais moi aussi j’ai envie d’en garder pour moi …

En tous cas entre devenir Soeur Thérésa ou un Impitoyable Opportuniste il y a sûrement un juste milieu.

Je suis toujours sidérée par la méchanceté gratuite, les mille attitudes irrespectueuses, l’insulte systématique, et pire encore l’effet de groupe contre une seule personne. Le « Mobbing », « Bashing », vous savez, ces phénomènes qui font que des jeunes finissent par se suicider parce qu’ils ont subi de telles humiliations, un tel harcèlement de groupe,  que la seule sortie qu’ils pensent avoir est de celle de se supprimer :

Vous avez du entendre parler d’Amanda Todd, la jeune Canadienne qui s’est suicidée à force d’années de harcèlement mais pas seulement par le pédophile cinglé qui la harcelait mais aussi tous ceux qui ont contribué à sa destruction psychologique. Moi cette histoire m’a bouleversée parce que sans aller jusque dans ces extrêmes, j’ai vu ça dans mon entourage, notamment ma petite soeur qui a connu ça et la peur que j’ai pour mon frère handicapé mental qu’il subisse aussi cette cruauté à cause de sa différence.



Tout le monde est choqué en apprenant une chose pareille. ça dépasse l’entendement. Comment est ce possible ? Que font les parents ? Que font les éducateurs? Que fait la police? Difficile de savoir qui est responsable de quoi.. Nous sommes sûrement tous indirectement responsables. c’est un tout. Dans cette histoire, les « camarades » de classe d’Amanda ont été responsables car ils se sont ligués en groupe contre elle sans essayer de comprendre et ont largement contribué à sa destruction…

S’ils avaient été éduqués à la gentillesse, à la compréhension de l’autre, à un peu de tolérance, sûrement le pire aurait pu être évité…

Plus près de chez nous il y a eu l’histoire de ce jeune Brestois qui s’est suicidé pour avoir été naïf :


Vous ne croyez pas que s’il y avait plus de GENTILLESSE dans notre société il y aurait MOINS d’histoires tragiques comme celle là ?

Encore une fois, pour moi, être gentil ce n’est pas une tare. Le cynisme c’est sûrement salvateur parfois mais je n’aime pas le cynisme. Le cynisme a ce quelque chose de condescendant, de mauvais. ça m’arrive de l’être mais je le limite et je ne suis pas cynique sur tout. La vraie gentillesse, celle qui est gratuite produit à mon sens un rayonnement positif sur les gens bien plus puissant.

Faire l’effort d’être gentil, sincèrement, apporte du bien être. A soi et aux autres. On se sent mieux en essayant d’être juste gentil. Etre gentil c’est quoi ? Etre juste à l’écoute, souriant, courtois, aimable, poli, compréhensif, aimable, généreux … On adapte son attitude selon les circonstances c’est vrai.

Je ne suis pas du genre à tendre l’autre joue quand on m’attaque. J’ai une violence, une férocité en moi qui fait que je serai toujours révoltée de la cruauté de notre société. Je ne serai jamais pleinement satisfaite de notre monde car il a un côté sombre, ignoble, pourri qui me fera toujours hurler…. mais ce n’est pas pour autant que je me transformerai en monstre sanguinaire parce que oeil pour oeil dent pour dent. Je crois qu’on peut se défendre, on peut se battre contre l’injustice et laisser une place à cette gentillesse.

J’ai toujours pensé que je préférais mille fois me faire passer pour une bonne poire naïve en restant gentille qu’une salope sans coeur… Moi je ne suis pas dupe, mais c’est mon parti pris. Je crois à la gentillesse. Je crois que je bien peut triompher contre le mal … mais à la seule condition que chacun s’y mette, que chacun contribue à ouvrir la conscience de l’autre, à apprendre à l’autre, son enfant, son collègue, son voisin, son parent, …. la gentillesse s’apprend, aussi… ça s’éduque. C’est la base de tout.

Il est temps que notre société comprenne que chacun de nous avons les clés pour que notre société malade le soit moins.

Alors prêts à vous y mettre à la gentillesse ?

The Korgis – Everybody’s gotta learn sometimes

Ma mémé Hélène, à jamais dans mon coeur ..

N’y voyez pas là un manque de pudeur. N’y voyez pas là une volonté d’étaler l’intime sur la place publique. Voyez y juste un hommage que je rends à ma grand mère que j’ai perdu le WE dernier et à qui j ‘ai dis au revoir hier. 

Voyez y aussi une réflexion sur ce que nous prenons tous soin d’éviter du mieux que nous pouvons tant que nous le pouvons : la mort.

Elle était ma mémé Hélène. Je l’ai toujours appelé mémé. Il y avait Mémé et Pépé du côté de mon papa et Papi et Mamie du côté de ma maman. Il y a toujours Mamie.

Mémé Hélène, née le 5 Février 1921. Décédée le 7 Octobre 2012. 91 ans.

Ma mémé Hélène avait 6 frères et soeurs. Elle était la 3ème de la fratrie. Elle vivait dans la Sarthe. Elle a connu la guerre. Elle a connu la misère. Elle a perdu son père à l’âge de 9 ans. Après l’école obligatoire elle est montée à Paris pour être bonne. 

Mémé a vécu à la dure. Elle était brillante et aurait beaucoup aimé faire des études. Mais à l’époque, il fallait surtout penser à survivre. Alors les études …

Elle marchait des kilomètres en sabots remplis de paille et a connu l’alimentation précaire à base de pain et de fromage blanc, le rationnement …

Elle nous racontait ça quand nous étions enfants. Pour nous ça semblait d’un autre temps, d’une autre époque ! Ma mémé Hélène qui nous faisait des tartines beurrées saupoudrées de Benco ou des tartines de rillettes quand les voisins d’en face nous faisaient saliver avec les leurs.

Ma mémé Hélène et mon Pépé Charles. Pépé Charles est parti 10 ans plus tôt. Dès lors, Mémé n’a plus trop eu envie de s’accrocher à la vie… Elle l’aimait tant. Ils s’aimaient tant.

Mon pépé Charles, engagé à 16 ans comme Mousse sur la Jeanne d’Arc (la vraie l’unique)qui a fini au plus haut grade qu’il pouvait être permis d’avoir. 2 Tours du monde, la guerre d’Indochine, c’était un sacré bel homme ! Et bon vivant avec ça. Alsacien… donc autant dire que lorsque nous étions chez eux, les repas se devaient de prendre des allures festives et gourmandes ! Avec mon pépé quand on se resservait 2x à table c’est qu’on était bien du même sang, et il aimait ça 🙂 

Quand j’étais petite et que nous passions des vacances chez eux, on se levait le matin vers 9h. Ils étaient déjà debout depuis l’aube et quand nous descendions l’escalier qui grinçait, ils étaient déjà tous les deux dans la cuisine, la radio en marche, l’odeur du café chaud se mêlant à l’odeur du repas du midi qui se préparait déjà…

Nos bols de chocolat chaud, nos cracottes, biscottes, et surtout le BENCO ! C’était LE chocolat des cousins et cousines. Et toujours de la confiture maison. Quand on descendait à la cave c’était la caverne d’Ali Baba. Des conserves de tout.  D’ailleurs, pas un de ses fils ne repartait sans un énorme cageot de victuailles à la fin de chaque séjour. 

Une fois qu’on avait pris notre petit déjeuner, fait notre toilette, on descendait la rejoindre au potager. Inspection. Il fallait faire le point avec mémé sur tout ce qui était planté et qui poussait. Au passage on allait nourrir Caroline la tortue. Une tortue qui selon la légende familiale était sûrement déjà centenaire. Et puis les tourterelles aussi. Mémé avait une volière. Quand il y en avait trop elle en tuait. Hop’, d’un coup entre le pouce et l’index… Je ne l’ai jamais vu faire….

Et puis les lapins dans les clapiers. Des lapins qu’on retrouvait souvent en rillettes des mois plus tard !
Ma mémé faisait des super bonnes rillettes !

Donc tournée du potager… ça me fascinait enfant. Les tomates, les haricots, l’oseille, les framboises, les fraises, les mûres,… c’était un énorme boulot mine de rien.

Après le repas, Mémé et Pépé passaient au salon télé. En général, Pépé s’endormait devant les émissions, Mémé tricotait mais s’endormait très vite aussi. Et nous on s’éclipsait pour les laisser tranquilles se reposer.

Mémé, c’était la reine du tricot et de la couture. J’ai encore un petit manteau qu’elle m’avait fabriqué à partir d’un pantalon en toile de laine de la marine de mon grand père. Elle nous a rapiécé des centaines de jeans. Pas une cousine ou cousin n’a pas eu son jean sauvé par Mémé. Elle nous tricotait des pulls. On choisissait le modèle, la laine, la couleur, et hop, quelques mois plus tard on revenait et on avait un beau pull!

Bon. Le seul hic c’est que sur la fin, Mémé ne nous voyait pas grandir donc les pulls devenaient un peu ajustés et moulants. Et puis la laine grattait un peu trop !

Quand c’était l’heure de partir, quand nous étions un peu plus grand, elle nous donnait parfois un chèque. Il ne fallait surtout pas discuter. C’était comme ça. Pas un anniversaire sans une jolie carte et un gentil mot, avec un chèque, toujours. Ils étaient d’une grande générosité, attentionnés, toujours égaux avec tous. Ils ne s’achetaient rien pour eux. Ils économisaient sou après sou pour leurs enfants et petits enfants, pour l’avenir.

Tous les soirs nous avions une soupe de légumes. Petits nous avions en plus des pâtes alphabets dedans. On adorait ça !

C’est fou comme ces souvenirs restent intacts. Je me souviens aussi des sorties avec mon Pépé. Le matin tôt ça arrivait que je l’accompagne aux promenades des chiens. On prenait des petits chemins, il me montrait plein de choses, on rigolait. Et puis on partait au Codec en ville avec les bouteilles à consignes pour faire des petites courses. Mais il y avait toujours la sortie hebdomadaire à Leclerc. Là, attention top organisation.

Mémé enfilait sa perruque, ses chaussures de ville, ses lunettes, sa liste de courses et embêtait pépé tout le long du trajet en voiture car elle avait très peur en voiture…

Et là je me dis que pour une fille qu’on surnomme souvent Doris (le poisson bleu sans mémoire dans Nemo), je me souviens de plus en plus de plein de détails, de scènes…

j’ai leur voix encore intactes… Je veux me souvenir de cela. Ma mémé Hélène qui faisait ses quiches lorraines comme personne, qui étalait la pâte avec une vieille bouteille en verre poli, qui veillait quand j’y pense à ce qu’on ne manque jamais de rien, qu’on soit bien chez eux.

J’essaie de ne pas trop penser au choc que j’ai eu il y a 3 ans de la voir déjà absente, qui ne me reconnaissait plus, qui était comme une petite fille. J’essaie de ne pas trop penser à la douleur encore vive que j’ai ressenti en la voyant morte dans son cercueil hier, à ce besoin que j’ai eu d’embrasser son front glacé pour lui dire au revoir. Ma petite mémé à la vie bien remplie, qui est partie rejoindre mon pépé Charles à 91 ans et demi.

Pourquoi, pourquoi la mort fait elle forcément partie de la vie? Pourquoi doit-on se faire à l’idée que l’on perd toujours à un moment donné les gens que l’on aime? Pourquoi faire face à la mort aussi crue nous rappelle tant qu’il ne faut pas oublier de vivre? La mort. Cette chose inéluctable. La mort. Cette chose qui survient toujours par surprise même quand on se prépare. La mort qui déchire l’âme, qui arrache le coeur de ceux qui restent, qui crée un vide, un manque indescriptible pour ceux qui restent… et qui rappelle que ceux qui restent seront les prochains à un moment ou à un autre.

Je ne comprends toujours pas le sens de la vie car je ne comprends pas le sens de la mort. Je ne comprends pas la cruauté de la mort, son aspect irréversible et encore moins la souffrance parfois qui l’accompagne…

Peut être un jour je réussirai à accepter. Peut être un jour la grande faucheuse me fera moins peur. Pour l’instant, même si j’ai bien intégré le fait que c’était inévitable, je trouve toujours cela déchirant.

Tu es toujours là pour moi ma petite mémé … je crois que j’aurai toujours du mal à parler de toi au passé. Tu as été une super mémé et quand on me dit que je te ressembles, je suis drôlement fière. Je t’aime fort, pour toujours.