Après les pensées de Pascal, les pensées de Yiayia …. enfin oui on peut dire ça comme ça :-)

Bonsoir / Bonjour les gentils Internautes qui daignent me suivre… ça faisait fort longtemps que je ne m’étais pas déchaînée sur mon clavier. Mais Friday Night Fever oblige, je me suis dit que c’était le bon moment de reprendre…

C’est que parfois on fait panne sèche. Vous savez, la hantise de l’écrivain… (je n’ai toujours pas recommencé à écrire d’ailleurs) … la peur du manque d’inspiration. Mon cerveau est en jachère en ce moment je le crains. Mes neurones ont décidé de fournir l’effort minimum. Pas envie. C’est que ça demande du temps de devenir une vraie chômeuse. Reprendre un rythme NATUREL… Laisser son organisme reprendre son vrai rythme, pas celui de l’obligation. Et dans sa tête c’est pas si simple de lâcher prise, de ne pas se sentir « obligée »… et moi je suis de nature à me sentir obligée de tout… alors forcément, pour des personnes comme moi, le « lâcher prise » relève du challenge, voire de la mission impossible… mais bon… j’y travaille… A chaque jour suffit sa peine… Petit à petit je me déconnecte, je m’éloigne, je commence à prendre un certain recul et à observer…

Cette observation de la vie, des gens, me rend un peu philosophe… enfin je n’oserai jamais me mesurer à Pascal, à Nietzche ou Spinoza… (oui j’ai fais un Bac A2; Philo Coeff 8 …. ma prof disait que c’était dommage parce que j’avais des vraies réflexions mais je fonçais dans le brouillard… hmmm… un signe? :-)) – Bref. Forcément, se déconnecter d’un système rend un peu plus observateur et critique…

Je peux observer les gens partout. Sur les terrasses des cafés à l’heure du déjeuner, dans la salle de sport le matin, en promenant le plus adorable des petits chiens,  et je constate toujours que:

1) Oui. La vie est définitivement injuste.
2) Oui, certaines personnes ont TOUT, d’autres RIEN et d’autres, un truc entre les deux plus ou moins bien équilibré
3) Un enfant con, donne un adulte con et un vieux, con.
4) Les gens fuient le malheur et la tristesse des autres comme la peste
5) Les gens ont peur d’être contaminés par les malheurs et les chagrins des autres mais ça nourrit leurs conversations entre gens veinards
6) Je ne supporte plus du tout les gens qui disent « quand on veut on peut » même si j’en pardonne quelques uns…
7) On prône la communication mais ont vit dans une société d’autistes
8) On prône le retour à la nature, à la non consommation, au DÉVELOPPEMENT DURABLE mais les gens meurent quand ils ne consomment plus et ne vivent leur reconnaissance sociale qu’en consommant (dis moi ce que tu consommes, comment tu consommes et je te dirai comment tu as réussi ta vie)
9) Les gens affichent leur bonheur de vie réussie sur Facebook mais en attendant les statistiques sont claires: un couple sur 3 divorce et c’est un couple sur 2 à Paris. Conclusion: les gens mentent sur facebook.
10) Les gens ne sont réellement concernés, touchés par le malheur, que lorsque ça leur tombe sur la gueule…
11) Parfois le malheur ça rend méchant et inhumain et injuste et intolérant… parfois pas…

Alors… par quoi est ce que je commence? ah oui… Ce qui m’a donné envie de poster un blog l’autre soir… je descends au G20 en bas de chez mon amoureux (il a double chance: il a un marché juste en bas de chez lui et en plus c’est moi qui y vais ;-))

Et punaise, ça schlinguait grave dans le G20. ça sentait le vieux fromage et la vieille pisse… un truc pas terrible quoi… et en fait, l’odeur venait d’une vieille dame, qui était devant moi avec son caddie, et sa canne… et sa vieille jupe longue tachée, ses claquettes déglinguées, ses bas de contention roulés … son allure faisait mal au cœur. Elle arrive à la caisse. 22.30 euros de courses. Des conserves essentiellement. Pour une personne. Sous marque. 

Derrière moi, une autre vieille, avec son accompagnatrice, sa bonne à tout faire, mouchoir collé au nez l’air dégoûtée qui ne pouvait pas s’empêcher de rouscailler: oh mais mon dieu quelle odeur ! 

J’avais vraiment envie de lui dire: ta gueule mémé.

L’autre dame sort, péniblement. Je suis tellement désolée pour cette petite vieille…La caissière aussi est désolée et elle me dit: elle est malade cette dame, c’est malheureux… et l’autre vioque, qui sort: ah mais c’est pas possible de sentir aussi mauvais, c’est inadmissible.

Là, c’était plus fort que moi je lui rétorque: mais Madame, tout le monde n’a pas la chance de pouvoir avoir du soutien, d’être accompagnée et d’avoir les ressources financières suffisantes pour pouvoir éviter cette déchéance. Sans déconner j’ai fais l’effort d’être polie… On peut être vieux et con. C’est sûr maintenant. Mais elle était sûrement conne jeune aussi cette bécasse bourgeoise.

Le soir, quand je rentre chez moi, je croise souvent un clochard… encore en bon état. Il a de la terreur dans les yeux et à chaque fois que je le croise ça me bouleverse. On dirait un petit garçon dans un corps de vieille personne, son sac à dos bien serré contre lui, son petit short, son T shirt, ses chaussures encore correctes, il marche d’un pas rapide et inquiet… sûrement à la recherche d’un abri pour la nuit… Une fois je promenais le plus adorable des petits carlins et je suis remontée chez mon chéri le sanglot dans la gorge… il a du me prendre pour une dingo mon chéri… mais moi la misère, ça me déchire le cœur… Alors je donne, je donne comme je peux à ma petite échelle, Emmaus, L’Abbé Pierre, des pièces par ci par là, j’essaie d’avoir des regards, des paroles humaines, une fois j’ai carrément acheté de la bouffe à deux SDF, je leur ai filé des tickets restau et j’ai passé une heure avec eux dans le froid en sortant du Franprix… et quand ces gens commencent à vous raconter leur vie… juste vous voyez bien que c’est juste une question de chance la vie… de bien naître, ou pas … Je me demande parfois si je fais ça pour soulager ma conscience? Sûrement… en partie… Forcément. Je me dis que si tout le monde tend la main, si tout le monde essaie à sa petite échelle, ça peut s’arranger? Je me dis que c’est mieux que rien…

La misère. Voilà ce que j’observe. Et la superficialité des gens tant que rien ne leur arrive…C’est malheureux de se dire que c’est souvent le malheur qui donne de la profondeur aux êtres. Enfin, les épreuves. Les épreuves corrigent la vanité, l’orgueil, on se prend une bonne grosse claque d’humilité. On réalise de nouveau qu’on est qu’un petit grain de poussière. Peu importe son nom, son origine, son statut social, une épreuve ça recadre direct. On arrête de se la péter, de se bercer d’illusions …

La vie peut être belle, mais elle est souvent très moche. Et se l’avouer ça fait vraiment chier. Mais c’est la vérité. Et si elle n’est pas moche là tout de suite maintenant pour nous, elle l’est pour des milliards d’autres êtres humains, et il faut se démerder pour vivre avec ça…

Moi je sais pas si je pourrai être pleinement heureuse un jour… Il faut être totalement inconscient pour être heureux… Et puis ça veut dire quoi être heureux d’abord ? Etre marié deux enfants double salaire deux bagnoles dont un monospace, un chien / chat et être allé au moins une fois à Bali et à New York , faire des BBQ entre amis le WE, ??? Comme disent les anglais: What The Fuck ?
Est ce que je deviens un peu misanthrope moi qui avait la réputation d’être une machine à socialiser? C’est possible. Après des années de Yiayia Boute-en-train + quelques grosses baffes dans la figure je crois que je suis sortie de mon inconscience…

Être heureux ça ne veut rien dire pour moi… La vie est une sorte de passage pendant lequel il faut bien sûr essayer de vivre le mieux possible, donner le plus possible, idéalement, c’est génial de recevoir aussi mais je ne crois pas que ce soit ça qui suffise à rendre « heureux » … Être en accord avec soi même, avec ses pensées, son moi profond, être sincère, toujours… sûrement ça permet d’accéder à une certaine plénitude… et puis sûrement pour savoir ce que c’est que d’être heureux il faut savoir aussi ce que c’est que d’être malheureux…

Comme quoi, le malheur et le négatif ça a du bon, puisque ça nous permet d’apprécier quand ça se passe bien 😉

Comment ça il est pas gai mon blog? Mais si ! Il est réaliste. Et on peut être réaliste, lucide sur l’existence, sur les gens et le vivre très bien. A 35 ans je commence enfin à accepter cette imperfection massive de l’existence. Je commence à admettre que l’enfer est sûrement sur terre, que c’est l’homme qui s’est crée la plupart de ses aliénations et sa propre destruction, par orgueil, par vanité, par envie de toujours plus toujours mieux… c’est assez biblique n’est ce pas?

Là dessus mon éducation judéo chrétienne me colle à la peau…j’ai grandi avec un chapelet jusqu’à l’âge de 10 ans donc je connais un peu les 7 pêchés capitaux ;-))

Je crois qu’il y a des gens bons et des gens fondamentalement mauvais. ça m’étonne toujours, ça me débecte mais oui, il y a des gens mauvais et qui s’en foutent royalement que d’autres gens souffrent du moment que pour eux et leur petite existence tout va bien et qui n’hésiteront pas à faire du mal pour arriver à leur fin… et sans culpabilité ou cas de conscience. J’en ai croisé plein des gens comme ça… j’ai même été assez conne pour tomber amoureuse de certains… Mais maintenant je sais…

Je suis une apprentie Jedi … un jour je serai comme Yoda.

Hinshallah. Amen.

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