I HAVE A DREAM … OU PAS … ?

Bonjour les ondes !

J’espère que vous allez bien, que vous êtes contents, que vous avez le moral et que vous y croyez vous à l’avenir, parce que moi, après un énième rdv Pole Emploi ce matin, j’avoue, je suis ressortie de là totalement plombée.

D’ailleurs, comme je l’ai indiqué dans un de mes statuts facebook, c’est officiel: Pole Emploi me déprime. Je ne renie surtout pas l’organisme. Franchement, nous avons de la chance d’avoir droit à des ressources (nous payons pour ça en même temps), mais la vérité c’est que lorsqu’on y va, on se prend les failles de notre société en pleine tronche.

J’ai de la « chance », je suis rattachée au Pôle Emploi Cadres. Et donc, comme on essaie d’aider les cadres à améliorer leurs recherches de boulot, on nous propose des tonnes d’ateliers… Par ailleurs on a intérêt à en prendre et à y aller sinon la menace de la radiation plane au dessus de nos têtes. Oui oui, quand vous recevez une convocation c’est très clairement énoncé: si tu viens pas, … au revoir pôle emploi… en gros…

Tout de suite ça met à l’aise. On se sent déjà mal d’être à la merci du système, on se sent déjà mal d’être dans la dépendance financière, honteux quelque part de ne pas retrouver de boulot illico presto, et EN PLUS, on a la trouille au bide de pas toucher nos allocations si on a le malheur de louper un atelier d’information…

Donc je me suis lancée moi aussi dans les ateliers… Je fais actuellement un Bilan de Compétences Approfondi. J’avoue, j’y suis allée à reculons mais ça fait toujours du bien. Après, ce qui en ressort n’est pas forcément très… comment dire…ce qu’on veut vraiment faire mais on se dit: ok, si un jour je suis vraiment au fond du seau et à la ramasse je pourrai toujours me recycler avec tel ou tel métier que la multitude de tests et logiciels RH auront démontré et calculé… Moi j’aurai pu faire psychiatre ou chirurgien il paraît… ou paysagiste, ou horticulteur (j’aime bien la nature) ou prof de ski, ou …. formateur! si si … c’est mon côté pédagogue. Bon. La vérité c’est que je suis surtout bien faite pour faire le boulot que je fais…

Bref. En parallèle j’ai pris un atelier d’information à la création d’entreprise… Forcément, quand le chômage dure on se dit: assurons nos arrières, prévoyons le au cas où, donc renseignons nous !

Et ça, c’était ce matin. Je suis arrivée avec ma convocation avec en bas de page, la menace ultime de radiation si je viens pas… Et là, la gentille dame de l’accueil me dit que je suis pas enregistrée… mais c’est pas grave hein on va m’inscrire au crayon sur la feuille… euh… ok. Tant que je suis pas radiée hein… J’ai une angine, j’ai pas assez dormi, pas pris de café, je sens d’emblée que ça va pas être facile.

On arrive à 15 dans la salle dédiée à la présentation. Et là c’est parti pour 2 heures de powerpoint, où au final, la gentille dame nous écrit sur un paperboard, toutes les adresses Internet qu’on va pouvoir consulter pour se renseigner: URSSAF, RSI, Travail.gouv.fr, Maire de Paris, CCI Paris, AFPA, etc. etc. etc. ….

Donc en fait, on apprend des trucs sans apprendre. On nous dit que si vraiment on veut se lancer, il y a d’autres ATELIERS pour ça. Si on veut se lancer, SURTOUT, LE MIEUX c’est de bien s’entourer avec un Expert Juridique, un expert fiscaliste, un expert comptable… Et surtout, faut quand même bien faire gaffe. ET pour les aides, là, ATTENTION, WELCOME in LE LABYRINTHE de maboule, qui fait qu’on sort de là embrouillé à mort, entre les aides Pôle Emploi, les aides du Conseil Régional, les aides de l’Etat, et en même temps quand on est en fin de droits ça va pas être pareil qu’en début, et en même temps faut voir au cas par cas. …. OK.

Moi, je suis ressortie de là en me disant: Putain. Mon Dieu, faites que je sois salariée. Quand on dit que la France n’est pas un pays d’entrepreneuriat, c’est pas une blague. On vous parle d’exonération mais non. C’est pas vrai. Ce que tu paies pas maintenant, tu le paies plus tard et il y a tellement de paperasse et de démarches administratives que t’as de quoi totalement abandonner toute idée… D’ailleurs ils le disent, c’est 13 mois minimum…

Ma mère est à son compte depuis des années. Depuis 5 ans, elle fait des marchés. Elle a décidé de rien demander à personne, de se démerder toute seule, mais résultat des courses, elle a surtout bossé pour payer ses charges en tous genre… Donc elle a appris les « astuces » mais c’est épuisant…

Et donc… je regardais autour de moi. Beaucoup de + de 50 ans. Des hommes qui en gros n’avaient plus d’autres choix que de reprendre une entreprise ou en créer une parce que les entreprises ne recrutent pas les vieux. Et côté nanas, des filles de mon âge et plus mais toutes avec le même argument: Si je fais cette démarche, c’est parce que j’ai une sécurité financière avec mon conjoint, sinon je ne le ferai pas. Ah bah ouais… Ouais ouais… c’est sûr… c’est plus facile.

Et puis il y avait moi, luttant contre la fatigue, sentant la fièvre monter, perplexe devant toutes ces données, spectatrice en retrait presque de tous ces gens. Un mec en face de moi, genre djeunnze trentenaire qui essaie de maintenir son côté « in », iPhone4 en vue, l’air détaché, l’air « j’appartiens pas à votre monde de loosers » … mais la vérité c’est qu’on se sent tous des loosers dans ce genre de réunions. On a tous pas envie d’être là. Tous, on aimerait que ce soit autrement… mais on y est et faut faire avec. On voit bien qu’on essaie tous de maintenir notre statut, notre « standing » mais ça se voit qu’on a tous pas eu de gros lâchages en shopping depuis quelques mois. Et chose dingue, on a tous des cernes. On a tous l’air fatigué. Comme quoi on se repose pas au chômage.
Et aussi, on a tous des calepins et on prend des notes. Les hommes de + de 50 ans ont des « porte documents ». les plus jeunes on a des pochettes cartonnées avec des élastiques avec toute notre paperasse pôle emploi. On devient gratte papier à l’ancienne malgré nous. On a l’air ringard avec notre pochette cartonnée. Qui se trimballe avec des pochettes cartonnées à part les chômeurs (et les étudiants mais ils les planquent dans leurs sacs à dos Eastpak) …

Enfin voilà. ça m’a foutu les boules. Je suis sortie, il y avait un clochard sur un matelas emmitouflé dans une couverture. J’ai pris le métro. Ligne 13. Ligne populaire par excellence. Et là on se prend un grand bain de mixité sociale. On se prend dans la gueule la misère globale de la société dans laquelle nous vivons.

Là où j’ai craqué c’est la vision de ce garçon, handicapé mental qui avait sa petite feuille avec son itinéraire. Il souriait et parlait tout seul. Et là j’ai pensé à mon frère qui a 18 ans et qui est handicapé mental lui aussi… Et j’ai les larmes qui me sont montées aux yeux. Les gens devaient se dire: ah, elle a du se faire plaquer… j’en sais rien. Les gens ne me regardaient surement pas. Mais je pensais à mon frère et en sortant du métro, je me disais que j’avais vraiment intérêt à m’en sortir et je me suis retournée pour vérifier si le garçon arrivait à se repérer. Et je me disais, mon dieu… Est ce que vraiment il y a une place pour tout le monde dans notre société actuelle?

Quand on voit que des cadres, des gens éduqués, des gens qui ont eu la chance de faire des études, d’avoir un certain niveau de vie, se retrouvent eux aussi à finalement galérer, on se dit que c’est forcément encore plus dur, forcément encore pire pour ceux qui n’ont pas cette chance. On se dit que décidément, nous ne sommes plus dans une société de la chance pour tous.

Il semble évident que les chances de bien vivre sont augmentées quand on est RICHE, BEAU ET INTELLIGENT. Et si on est juste riche ça marche aussi.

L’autre soir, mon copain me disait que j’avais un problème avec l’argent. Je n’ai pas de problème avec l’argent. J’ai un problème avec l’injustice sociale. J’ai un réel problème avec les différences de valeur. J’ai un réel problème avec le fait que ce soit la lutte pour quelqu’un de s’acheter une boîte de pâtes à moins d’un euro quand une personne peut se permettre de s’acheter un jean à 1500 euros minimim. C’est ça qui me pose un problème. Et c’est ce que ces rdv Pôle Emploi me procurent…

Alors j’espère, j’espère que le mouvement des Indignés va s’amplifier. J’espère que la prochaine fois je pourrai moi aussi aller dans la rue, parce que ça me révolte tellement. J’ai ce rêve, je l’avais ce rêve, que nous pourrions avoir un système de société où chacun aurait sa petite place, son petit rôle à jouer peu importe ses origines, ses capacités,… une place pour que chacun puisse avoir le droit de vivre de façon correcte, décente.

Des mouvements s’organisent… j’espère qu’il y a un vrai phénomène de prise de conscience suffisamment fort pour qu’il y ait un vrai mouvement collectif de révolte contre ces fonctionnements inhumains de notre société actuelle.

Et pour finir, deux chansons qui symbolisent un peu tout ça :

Publicités

2 réflexions au sujet de « I HAVE A DREAM … OU PAS … ? »

  1. Je te rejoins dans le mouvement. Marre aussi de cette injustice. Je suis de l'autre cote de la barriere et certaines situations me revoltent parce que le systeme comme tu le dis ne fait rien pour faciliter les choses. Le sentiment d'impuissance est la tous les jours, pas facile a vivre, a assumer alors que je suis assimilee au systeme… Heureusement il y a de belles surprises, des reussites ce qui nous aide a poursuivre envers et contre tout. Je te souhaite une belle reussire et qu'un beau sourire revienne illuminer ton visage

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s