Principes de base du management à l’attention du gouvernement : quand il y a un fail, c’est de la responsabilité du manager

S’il y a une chose dont je suis particulièrement contente d’avoir pu apprendre dès le début de ma carrière en environnement anglo saxon international, c’est la base de ce que je considère être un bon management.

En management (en tous cas anglo saxon et qui selon moi est de loin la meilleure méthode), quand il y a des problèmes, ce n’est pas la faute de l’exécutant mais du manager lui même. Autrement dit, si la tâche est mal exécutée c’est avant tout parce que le manager n’a pas su bien l’expliquer à l’exécutant.

A mon sens, en politique c’est pareil. Le gouvernement bien franchouillard de Monsieur Macron s’agace que la colère des gilets jaunes / France d’en bas et du milieu ne se calme pas et ils ont recours désormais à des signes d’impatience visibles : tweets surréalistes et anti républicains / démocratiques de Marlene Schiappa sur la cagnotte (alors qu’il n’y a jamais eu aucune mesure contre la cagnotte de Tariq Ramadan par exemple), sorties excédées et violentes de Luc Ferry qui veut garder son confort bordel, et retroussement de babines des porte paroles serpillères de M. Macron passant le message d’une répression encore plus forte, encore plus violente contre les « ennemis de la France » … C’est à dire, une majorité de français.

On sent bien le cul de sac. La voie sans issue, le néant.

Il y a une inquiétude réelle et on se demande jusqu’où ça va aller ? Est ce qu’à un moment donné un signal vrai fort, digne d’un Président de TOUS les Français va être transmis ?

A quel moment le gouvernement, son Président va descendre de sa tour d’ivoire et enfin se montrer HUMAIN?

Etre un bon manager c’est savoir reconnaître qu’on s’est trompé. C’est savoir reconnaître qu’on a mal expliqué les choses. C’est savoir reconnaitre qu’on doit baisser sa garde et faire autrement. C’est être un bon psychologue.

Moi je suis contre la violence. Cette escalade de l’hyper violence me mets terriblement mal à l’aise. Je trouve certains débordements indignes. Je trouve dégueulasse que le mouvement Gilets Jaunes soit à ce point décrédibilisé par les médias, les politiques mais aussi au sein même du mouvement car on ne voit que des extrêmistes ou des neuneus lobotomisés obsédés par la violence et le ‘tout casser’ … mais je suis encore plus excédée et désespérée de voir à quel point notre gouvernement, Président sont braques, butés, bornés, à côté de la plaque, persistant à tenir tête quitte à être à la limite mince d’un schéma totalitaire…

Les Français n’en peuvent plus du Bullshit et des discours alambiquées, des solutions tordues qui in fine ne changent pas fondamentalement les choses. « On vous écoute, on vous a compris », … mais non ! Vous n’écoutez rien, vous n’avez RIEN COMPRIS !

C’est vrai les Français récoltent ce qu’ils sèment : ils ont voté pour Macron. Alors quelque part faut assumer. Macron n’est pas le seul acteur d’un système en perdition depuis des années, c’est vrai aussi. Mais tous ces français qui n’ont pas voté n’avaient juste plus envie de voter et n’y croient plus. Peut-on les blâmer quand on voit le niveau de corruption au sommet de l’état, les abus, le mépris qu’ont certains? Peut-on blâmer les français de ne plus avoir l’énergie d’y croire?

M. Macron a défaut d’être responsable de TOUT pourrait décider d’aller un peu dans le sens du peuple.

On le dit, on le répète : les Français ont besoin de signes FORTS d’efforts d’équité dans la justice fiscale, dans la justice sociale.

Symboliquement, rétablir l’ISF serait un VRAI geste d’apaisement.

Croire qu’avec une consultation nationale déjà vérolée il y aura de vrais changements me semble un peu illusoire à vue d’oeil même si la démarche est positive. Et une fois la consultation faite y aura-t-il des changements ? Vu ce que le gouvernement passe comme message on a l’impression que plutôt non …

Tenir bon jusqu’aux Européennes ? mais c’est déjà mort. Les partis centristes vont se prendre une raclée. La France comme d’autres pays vont se lâcher par dépit sur des partis radicaux parce que non, ça ne peut plus durer. La branche de l’arbre va céder et le peuple ne se laissera pas écraser sans broncher.

Un peu de leadership puissant et BIENVEILLANT ferait du bien. Moins d’orgueil, plus de proximité sincère, moins de bullshit et des symboles de réconciliation forts : Mesures radicales contre la fraude fiscale, mesures de transparence sur la gestion de l’argent des français, répartition plus juste, un contrôle réel et sérieux à tous les niveaux (pas seulement les pauvres au RSA), moins de féodalisme, plus de MERITOCRATIE, oui.

Donc message aux dirigeants : Arrêtez d’engueuler les français râleurs et révoltés comme s’ils étaient des gros débiles sales gosses et que maintenant ça suffit sinon gros pan pan culcul. Remettez vous en question. Vraiment. Arrêtez de faire semblant d’écouter et de comprendre (ou de pas comprendre). Rétablissez des symboles de justice fiscale déjà pour commencer. Le reste suivra.

La base.

10 octobre : journée internationale du Syndrome #XFragile : make foutage de gueule du #handicap en #France great again

Mis en avant

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J’ai décidé de recycler un ancien billet. Celui de l’an dernier que j’adapte un peu. Comme rien ne change c’est pratique, on peut se répéter indéfiniment …Je fatigue. On pisse dans des violons troués. On est des Don Quichotte qui nous épuisons en espérant peut être à force faire suffisamment de pression pour que ça change … mais quand ?

Chaque handicap mental a sa journée. C’est comme pour tout. Aujourd’hui c’était la journée mondiale du sourire.ça devait aussi être la journée d’un autre truc… parfois on a plusieurs célébrations en une journée. pas évident de s’y retrouver.

En tous cas, Mercredi 10 Octobre 2018 c’est la journée internationale du Syndrome X Fragile.

Le syndrome X Fragile appartient à la grande famille du handicap mental. C’est une maladie génétique héréditaire qui touche une protéine du chromosome X et selon le degré de mutation on peut être prémuté sans exprimer les symptômes à mutation complète avec un retard mental de léger à profond. Tout dépend du degré de mutation du gène. Plus la mutation est élevée plus on a en général des symptômes.

L’X Fragile est souvent assimilé à l’autisme. C’est plus facile de le résumer ainsi. Les gens comprennent mieux. Merci Rainman. Même si l’autisme c’est loin d’être comme Rainman. On parle de symptômes autistiques chez les X Fragile car on retrouve souvent les même choses :

  • difficulté à gérer les émotions
  • grosse anxiété
  • résistance au changement
  • évitement du regard
  • besoin de rituel
  • balancements
  • gestes répétitifs
  • écholalie

A cela se rajoute :

  • battements des avant bras / mains
  • auto mutilations (morsures des doigts / mains)
  • oreilles décollées
  • epilepsie possible
  • retard mental : retard psychomoteur / retard des apprentissages (propreté aux toilettes notamment)
  • hyper activité (surtout petits)

Il y a d’autres signes cliniques possible mais voilà grosso modo comment l’X Fragile se traduit.

Alors oui il faut toujours se renseigner dans son entourage sur des cas de retard mental non expliqué, il faut si c’est le cas en parler à son gynécologue car il existe des solutions de prévention et de diagnostique prénatal (biopsie du trophoblaste / diagnostic pré implantatoire)… Il faudrait que les « errances diagnostiques » au lieu de trainer de psy en psy finissent par mener systématiquement à la piste génétique… je ne dis pas que la génétique a réponse à tout mais quand on sait que la moyenne d’âge d’un diagnostic X Fra est toujours en moyenne de 12 ans, on peut se poser la question …

Mais tout cela ça fait des années que j’en parle. Ce dont je parle souvent aussi (moins ces derniers temps) c’est de ceux qui sont là, qui existent… ces personnes X Fragile, enfants, adultes, laissées pour compte, sans solutions de scolarisation ou de placement.

Moi j’aimerai comprendre pourquoi en France, même en région parisienne, on a encore des situations aberrantes d’enfants qui ont 10 ans meme plus et qui sont déscolarisés. Même pas une place en IME …. Pourquoi des adultes sont parqués dans des espèces d’hospices mal adaptés, pourquoi des gens partent en Belgique parce que leur propre pays ne sait pas les prendre en charge et les aider ?

Moi je rêve d’une journée mondiale du handicap mental. Où on ne parlerait plus de l’autisme, de l’X Fragile, de la trisomie 21 … mais où on aborderait le handicap mental dans sa globalité. Où l’union ferait la force. Une action d’envergure où toutes les associations se réuniraient pour se manifester contre les pouvoirs publics et exiger la dignité et le droit à la vie presque comme tout le monde. Je rêve de personnes dirigeant notre pays qui prennent leurs responsabilités, qui ne laissent pas les handicapés mentaux en vrac, sacrifiés de la société.

Le 10 Octobre j’aimerai que cette journée de reconnaissance du Syndrome X Fragile réveille un peu les consciences, éveillent les journalistes sociétaux à mettre en lumière les carences de prise en charge des personnes handicapées mentales en France. X Fragile, autiste, combien d’enfants sont déscolarisés faute de CLIS ou de place en IME ? Combien d’adultes vivent chez leurs parents où dans des institutions sinistres, inadaptées à leur handicap et tellement pas épanouissantes….

Il y a des gens bien dans le milieu du handicap. Des professionnels qui font souvent ce qu’ils peuvent, des associations qui triment, des parents volontaires, des enfants et des adultes atteints joyeux, vivants… J’aimerai bien que tous ces gens soient entendus, respectés et traités avec dignité.

Le handicap sert la communication politique, à dorer le blason de Brigitte Macron, ses consoeurs et prédecesseurs…, il y a quelques effets d’annonces par ci par là pour donner l’illusion que les handicapés sont pris en compte et puis la réalité du quotidien des familles reprend le dessus et rien ne bouge de nouveau …

….ça prouve à quel point ce n’est pas un sujet majeur … même pas un sujet mineur… tout le monde s’en fout on dirait..  tout le monde sauf ceux concernés. C’est moche quand même vous ne trouvez pas ?

Pour plus d’informations sur l’X Fragile :

Association X Fragile France sur Facebook : https://www.facebook.com/FragileXFrance/

Site Internet : https://www.xfra.org/

 

 

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Les #gros vous demandent de leur foutre la paix.

Saison estivale oblige, on se prend – essentiellement nous les filles – l’obligation de présenter un corps acceptable: en short, en robe, en maillot, il faut cacher ce gras, le supprimer à tout prix, gommer cette cellulite disgrâcieuse …. HELP.

Mais en même temps, il y a plein de voix qui s’élèvent sur le ‘body positive’, la fin du ‘body shaming’, les grosses qui s’acceptent et revendiquent le droit d’être comme elles sont (désolée cela semble un sujet majoritairement féminin même s’il y a des hommes dans le lot).

Moi je suis entre les deux. Je ne revendique pas mon surpoids mais je l’accepte mieux (sauf sur la plage). La grosse moyenne. Pas mince, pas obèse (quoique selon l’IMC je commence à me rapprocher depuis quelques mois dangereusement de la limite qui fait si peur). En gros si je perdais 15 kilos ça serait idéal. Eh oui. Petite rondelette, des kilos cumulés depuis des années yo-yo,  après un bébé, du stress et de la contrariété à volonté, je suis une mangeuse compulsive.  Je mange mes émotions. J’ai passé ma vie à être au régime (depuis mes 14 ans) et j’ai quand même trouvé le moyen de faire le yo-yo en pente ascendante. Comprendre par là que plus les années se sont écoulées et plus mes reprises de poids après perte ont été plus importantes ) chaque fois. Et aujourd’hui, je prends parole sur mon petit blog de rien, parce qu’après deux années infructueuses sur Weight Watchers online, appli la plus vantée, car la plus humaine, plus équilibrée (c’est vrai), des reprises abandon du régime du Dr. Fricker qui est quelqu’un qui me connaît depuis mes 26 ans, que je respecte infiniment et aime beaucoup, j’en arrive au point de non retour du : fuck les régimes.

J’ai lu le petit pamphlet sur la grossophobie « Gros n’est pas un gros mot » du collectif Gras Politique porté par Daria Marx et Eva Perez-Bello et ça m’a fendu le coeur, tellement c’est d’une vérité implacable et que j’invite tous les minces à le lire (les gros aussi).

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Et je me suis plongée dans « Maigrir sans régime » du Dr. Jean-Philippe Zermati …. j’étais allée voir il y a quelques années le Dr. Gérard Apfeldorfer, psychiatre spécialiste des TCA (Troubles du Comportement Alimentaire) car j’avais déjà bien compris que chez moi le problème ne tient pas qu’au régime.

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Entendons nous bien : je n’ai pas envie de rester grosse. Je ne suis pas grosse dans ma tête. Ce n’est pas moi. Et puis tant qu’a faire j’aimerai mieux ne pas avoir les cuisses qui frottent en été et pouvoir porter des mini shorts et m’habiller le matin sans me poser de questions ou ne pas lutter pour savoir comment je pourrai avoir l’air plus jolie et moins grosse quand je vais passer des entretiens de boulot …

J’aimerai aussi pouvoir être certaine que lorsqu’on me refuse un boulot ce n’est pas aussi à cause de mon physique … et ça j’ai des gros doutes sur le sujet, surtout dans certains secteurs. En même temps, même moins grosse je n’ai jamais été une fille à tailleurs-talons. ça m’emmerde les talons. J’en ai déjà parlé dans un de mes blogs. Moi je suis une fille en jean boots tout terrain avec 10 ou 15 kilos de moins. Mais je suis lucide. Je travaille dans un métier de représentation, donc forcément, il faut répondre aux standards et je sais que faire 15 kilos de moins aiderait ma carrière. Je ne suis pas dans le déni.

Je sais aussi que j’aurai plus confiance en moi, que je pourrai faire plus de sport, bref, je sais que beaucoup de choses iraient mieux si je pesais moins lourd. MAIS, car il y a un mais, il faudrait aussi qu’on me foute la paix. Tout le monde se sent obligé de vous sortir sa science, ses croyances, ses méthodes infaillibles sur la perte de poids. Surtout les proches. Moi je suis PhD en régimes. Entendez par là que je suis incollable. Le métabolisme, les hormones, l’alimentation, je suis sur le sujet depuis mes 14 ans. J’en ai 42. Et en plus j’ai toujours adoré la biologie même si j’étais nulle en maths donc autant dire que quand on commence à me donner des leçons sur comment je dois m’y prendre pour perdre du poids, je me marre (ou je m’énerve, aussi).

Je parle de moi parce que forcément c’est plus simple mais je sais que je suis loin d’être seule et que ça fait longtemps que ça dure pour beaucoup d’entre nous : la culpabilisation au moindre écart et perte de contrôle, l’épuisement de vivre sous contrôle, la culpabilisation tout court, la baisse de l’estime de soi, la crainte de la moquerie, le sentiment de honte, les regards des autres, la terreur du 1er jour en maillot à la plage (car en plus d’être gros on est blanc comme un cachalot),  la restriction extrême, la lancinance des donneurs de leçons, la famille qui s’en mêle pétrie de bonnes intentions (mais on sait que l’enfer est pavé de bonnes intentions), les pesées qui te donnent le sentiment d’aller au casse pipe, les pertes euphoriques suivies de reprises, le sentiment d’echec inoui et le desespoir de se dire qu’on y arrivera jamais tellement ça fait longtemps que ça dure …

C’est formidable ce que la grossophobie à engendré, ce que la course à la performance de notre société a fait comme dégâts. Dans la croyance de la société, tout est une question de volonté : si on est gros, on a qu’a faire un régime et s’y tenir. Bah oui bien sûr. Super, pourquoi j’y avais pas pensé ? Des années que je ne mange ni pain, ni sucre, que je ne bois pas de sodas ni d’alcools … et je suis quand même trop grosse. C’est con hein? Des années que je fais du sport avec plus ou moins d’intensité et pourtant: je suis toujours trop grosse ! Faut arrêter le fromage ! Je n’en mange presque jamais…. Bon ok, parfois je craque pour du pain et du beurre… Bon. Du beurre au pain, soyons honnête.

Mon problème ? La compulsion émotionnelle ET le fait que mon corps, mon métabolisme s’est habitué à la restriction et puis aussi mon patrimoine génétique parce que voilà, on est pas maigrelets dans une partie de ma famille. Je me suis déréglée avec les régimes depuis mes 14 ans. J’ai même pris plein de médicaments à l’époque : Isoméride, Dinintel, Alli … je crois que j’ai pris tout ce qui se faisait sur le marché. Certains trucs dont je n’avais tellement pas besoin plus jeune car je n’étais pas grosse… mais je croyais que je l’étais et on me répétait tellement que ma vie serait mieux si j’étais moins grosse que je le croyais et je me plongeais avec passion dans cette perte de poids.

J’ai de la chance dans mon parcours de ne pas être en obésité morbide. J’ai toujours un regard bienveillant sur l’obésité morbide car forcément il y a d’autres incidences que le simple manque de volonté et l’ingurgitation de nourriture à haute dose.

ça serait bien que les gens minces, proches et moins proches, nous foutent la paix déjà pour commencer. On sait ce qu’on doit faire et pas faire. On a pas besoin de regards réprobateurs, de remarques à la con car on est déjà assez malheureux d’être comme on est. Je défie tout gros de ne pas dire qu’il ne préfèrerait pas être mince. Même ceux qui s’acceptent. On a surtout pas besoin qu’on nous dise que c’est une question de volonté car la volonté ne résout pas tout. Et pour certains, la volonté a été tellement présente, tellement quotidienne qu’à un moment donné on a juste envie de dire : stop, pause, 123 terre je ne joue plus.

L’approche dans la perte de poids doit être globale mais une chose est sûre, il faut absolument que l’entourage, la société, foute la paix aux gros. Ce sera la seule façon de s’en sortir. Foutez nous la paix. En règle générale, foutez-vous la paix à tous. Arrêtez de juger, de donner des leçons aux autres sur comment mieux vivre sa vie, mieux éduquer ses gosses etc. …

On fait tous ce qu’on peut. Alors un peu de bienveillance vraie, ça changera.

A bons entendeurs, merci.

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La vie libre, hors des cases.

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Parfois je me demande si c’est une chance mais je crois que oui. J’ai grandi libre. J’ai grandi avec le gout de la grande vie. J’ai grandi ailleurs qu’en France. Je suis marquée dans mon ADN par mes années sous les tropiques. Je vivais dehors. Je vivais pieds nus. Je vivais en maillot de bain, en short et T-Shirt. On écoutait Bob Dylan, Randy Newman, Michael Jackson, Bob Marley. Je vivais dans une immense maison d’architecte qui surplombait une colline avec vue sur la mer des Caraïbes. J’aimais ça. J’ai grandi avec un horizon à perte de vue.

Pourtant il y a eu plein d’aléas que je n’énumèrerai pas tous ici… ce n’est pas l’objet de mon billet.

J’ai vécu dans le confort matériel. Mes parents ne roulaient pas sur l’or mais je crois que le luxe pour nous c’est ça : vivre libre. On respirait à pleins poumons, je vivais qu’avec très peu de contraintes. Je devais travailler à l’école et obéir à mes parents. A côté de ça je crois que je faisais ce que je voulais.

Et puis le retour en France a été pénible, douloureux. Il a fallu se réadapter à la vie française conformiste, qui met des étiquettes, qui enferme dans des cases. En France on est jugé selon son héritage familial, son nom, le lieu où on a grandi, la taille de sa maison, les études qu’on fait, le métier des parents, les fringues qu’on porte … Pour moi c’était nouveau tout ça. Alors il fallu apprendre et s’adapter. Et puis je suis repartie. Au Moyen-Orient cette fois. En pleine adolescence. C’était génial. Là encore j’ai goûté à une liberté que peu ont la chance de connaître à cet âge. Il y a avait seulement quelques fondamentaux : travailler à l’école, ne pas prendre mes parents pour des cons, ne pas mentir.

Je réalise avec du recul la chance que j’ai eu d’avoir un tel niveau de confiance avec mes parents. Je crois que d’un autre côté comme j’ai toujours respecté leur confiance je n’ai jamais non plus fait de grosses conneries.

La difficulté de grandir libre, c’est qu’on vit très très très mal la contrainte et l’autorité une fois adulte. Je vis très mal la servitude. Je vis très mal d’être obligée de me contraindre par raison. J’apprends. Je n’ai jamais autant appris ces derniers temps.

Un matin de la semaine dernière j’étais sur la route du travail, j’écoutais de la musique « vintage » les écouteurs vissés à fond sur mes oreilles. Je pouvais arriver tôt pour une fois… … Paul Simon, album Graceland. African Skies. J’étais le long d’une avenue hideuse et ma petite voix intérieure avait envie de rugir et de m’enfuir. Une envie de liberté viscérale m’a saisi.  Qu’est ce que je faisais là bon sang ?! Pourquoi étais-je obligée ces derniers temps de subir des situations qui me rendaient malheureuse ?

African Skies (live)

Tout simplement parce que parfois on n’a pas le choix que de ronger son frein. Patienter, continuer de croire que les choses changent, évoluent même si à un moment donné on bouffe son pain noir. Je n’ai pas été élevée comme ça. On ne m’a pas appris que la vie c’était beaucoup ça. Je l’ai découvert une fois jeune adulte propulsée sur le marché du travail. ça doit être mon enfant intérieur qui est resté bien accroché. Mon enfant intérieur vit encore pieds nus, libre, les cheveux aux vents, insouciant refusant la contrainte. Parfois j’ai l’impression d’être Gladiator :)))

Je sais que je ne retrouverai jamais cette enfance libre. Jamais. Mais je ne veux pas tout perdre. Alors lentement, patiemment, en silence, je me donne les moyens de vivre en grand de nouveau. C’est en moi je n’y peux rien. Le conformisme m’emmerde. J’ai besoin d’exister en grand. J’ai besoin d’exister libre. Il y a des gens qui savent obéir même quand ils ne sont pas d’accord, même quand le donneur d’ordre ne leur inspire pas de respect et d’admiration. Moi j’essaie mais … Chassez le naturel il revient au galop.

Je ne supporte pas qu’on m’écrase. Je refuse d’être domptée. J’essaie de respecter les règles… forcément je suis obligée, à minima. Mais je refuse qu’on me lave le cerveau, qu’on touche à mon intégrité, qu’on me traite comme une moins que rien.

Ce matin là quand je suis arrivée sur mon lieu de travail j’ai encore intégré que j’avais pourtant de la chance par rapport à d’autres… On est toujours moins libre et gâté que quelqu’un mais toujours plus chanceux que quelqu’un d’autre aussi. Parfois j’oublie. J’aimerai une grande révolte de tous les opprimés. J’aimerai une liberté vraie pour tous. On a pas le droit d’écraser autrui au nom d’un système, de règles à la con.

Je suis pour le management libéré. Je suis pour la responsabilisation et la confiance. Je suis pour la bienveillance. La contrainte annihile et détruit. J’en suis convaincue.

En France on a encore du chemin à parcourir. On croit encore que pour rendre les gens performants il faut les contraindre et les opprimer.

J’espère que les nouvelles générations vont donner le ton. J’ai hâte de voir ça. Je serai aux premières loges, prête à dégainer.

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Une bière !

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Paris, 13eme arrondissement, un centre commercial à midi. Le printemps est déclaré. L’été est même un peu avancé. Il fait chaud. 26°C. Nos corps ont perdu l’habitude. On est tous mal habillé pour l’occasion. Trop couverts.

Comme souvent, le temps de ma rapide pause déjeuner, je file en direction du carrefour pour m’acheter un truc diététique à manger sur le pouce devant mon ordi en 10 minutes pour pas perdre de temps. Quand on est une maman qui bosse avec peu de flexibilité horaires, il faut s’adapter.

Et puis en fait une fois dans le centre commercial je décide de ne pas faire comme d’habitude. J’en ai marre. Marre de toujours manger la même chose, de faire le même circuit. J’opte pour le take away chinois qui a réouvert depuis 2 mois. Vu le quartier, manger asiatique est banal, mais il est bon. Frais et accessible. Je vise un petit Bo Bun. Il semble plein d’herbes fraîches, ça me botte bien.

Il y a du monde. Tant pis, j’attendrai. Derrière moi, soudain je sens une présence. Une femme essoufflée. Elle respire fort, marmonne. Je me retourne sans trop la regarder pour ne pas la gêner. Elle a un physique qui semble un peu étrange mais sans plus. J’ai l’impression qu’elle ne se sent pas bien.  2 longues minutes se passent. Elle fait une sorte de bruit, comme des petits cris intérieurs étouffés. Je me retourne et je lui demande avec le plus de bienveillance possible si elle souhaite passer devant moi.

Et là nos visages se rencontrent, nos yeux se croisent. Elle me fait à grand sourire en me disant que ça va aller. Elle a chaud. Les cheveux poivre et sel, courts, la nuque en nage. Je lui souris en retour. Elle est handicapée.

Je le sentais. J’en étais sure. Autonome, mais handicapée. Moteur et mental. Je la trouve courageuse et attendrissante. Son corps est effectivement un peu déformé dans les proportions mais elle marche normalement. Elle a surement des problèmes neurologiques, d’où l’élocution pas habituelle, ces petits bruits intérieurs…

C’est mon tour, je passe ma commande. Puis vient son tour : « UNE BIERE !!!! »

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Elle a soif, elle veut une bière, elle demande une bière. J’ai envie de rire. Rire de bon coeur. Elle est drôle.

Le serveur au comptoir est gentil. Il lui demande : « Sur place ? Avec un verre ? »

« OUI !!! » Elle parle fort avec aplomb et ne s’embête pas de fioritures comme bonjour svp merci. Elle a soif.

Je veille du coin de l’oeil, prête à l’aider à payer si elle avait besoin, mais non, elle se débrouille parfaitement. J’ai les yeux grands ouverts, je suis en pleine conscience. Je finis mon achat et je marche dans les allées du centre pour sortir et je m’aperçois que je suis au coeur d’un melting pot social. Tout le monde se mélange tranquillement même les estropiés de la vie. J’aimerai bien que tout le monde se mélange et cohabite partout comme dans ce centre commercial à l’heure du déjeuner.

La pause est terminée, je retourne travailler.