Retrouver du boulot à 50 ans : le nouveau parcours du combattant.

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On me disait : oh mais je suis SURE que tu vas vite retrouver avec ton profil et ton parcours c’est obligé. Oui, bien sûr. Moi je savais que j’allais en chier. Je le savais parce que je suis déjà passée par là et que je sais dans quel climat on est actuellement …ça fait déjà 5 mois officiellement … Mais je sais. Je sais. Les juniors rament. Les jeunes seniors rament. Les jeunes diplômés rament 2X plus. J’ai eu de la chance quand j’étais jeune. A peine diplômée, encore à l’école avant ma soutenance de Master, j’avais passé un entretien avec le directeur marketing de la boîte qui me faisait rêver dans un hall de l’aéroport de Roissy entre les 2 avions du gars à l’époque et 5 jours plus tard, j’avais un « You’ve got the job » dans ma mailbox. En 10 jours j’embarquais mes quelques affaires avec l’aide de mon père dans un foyer de jeunes travailleurs à Annecy pour démarrer mon 1er vrai job de mes rêves …qui s’est révélé ne pas être si ouf’ dingue que ça, mais c’est une autre histoire…

A bientôt 50 ans, je n’ai plus la même veine. A 44 ans non plus d’ailleurs, j’avais bien ramé et en plus le Covid n’avait rien arrangé. J’ai fais quelques erreurs de choix dans mon parcours, j’en suis consciente. Des fois où j’ai pris des risques qui n’étaient pas les bons, d’autres où j’aurai du à l’inverse foncer et je ne l’ai pas fait et forcément, je l’ai regretté ensuite. C’est comme ça. C’est mon parcours, mon cheminement propre.

Ces derniers temps j’ai quand même l’impression d’avoir une sorte de tiercé gagnant. Enfin perdant. On touche la finale, on voit la ligne d’arrivée, mais … finalement non. Les raisons sont vastes : recrutement interne finalement … ghostée, je ne suis pas assez réseautée, et surtout pas dans le réseau des managers recruteurs, je suis trop chère, trop senior pour le poste, TROP VIEILLE. On me l’a sorti : « ça ne vous gêne pas que votre manager soit plus jeune que vous » ? Bah non. Moi ça ne me gêne pas mais elles, ou eux, oui. Mais ça ne se dit pas ouvertement. On le sent seulement.

Les compétences je les ai, mais … ça se bouscule au portillon. Je ne suis pas seule. Mes prétentions salariales sont normales pour mon expérience et mon âge. Ce n’est pas forcément ça qui bloque d’ailleurs. On est toujours trop de quelques chose ou pas assez de cela, dans tous les cas…

Je joue le jeu à fond aux entretiens. Je me prépare comme jamais. Je deviens une incollable sur tous les sujets des entreprises pour lesquelles je postule. Experte en logistique, en e-Commerce, en hôtellerie, en parcs d’attractions, en corporate, en crise, en RSE, en lifestylen en consumer, en Digital, en IA … ChatGPT est devenu mon allié pour la préparation proactive de recommandations stratégiques, d’analyse de marché, de la concurrence, je m’entraîne à faire des entretiens pour être toujours plus percutante. Mais non. ça ne suffit pas.

Le problème, c’est que le temps passe. ça use. ça décourage, ça angoisse aussi … L’âge de la retraite recule mais il n’y a pas assez de boulot pour tout le monde et passé 45 ans dans mon secteur on devient presque bon à jeter … Alors la dernière option serait donc de me mettre à mon compte … Oh j’ai déjà commencé à préparer le terrain. Il me reste quelques trucs à peaufiner et surtout il me reste moi à convaincre de sauter le pas. Certains ont l’entrepreneuriat dans le sang. Moi je me sens comme quand je faisais de la planche à voile plus jeune. Ma mère m’engueulait quand j’étais à Abu Dhabi et elle en France de ne pas aller naviguer. Alors j’y allais la peur au ventre et je me souviens d’une journée où le vent était extraordinaire. J’y étais allée à reculons avec mon shorty et mon harnais … et … je n’ai jamais aussi bien navigué en ne sortant presque pas de l’eau de la journée. Je suis comme ça. J’ai souvent peur de me lancer, mais une fois que je suis partie on ne m’arrête plus. Alors on verra si je déploie la même impulsion d’ici la rentrée si je n’ai rien trouvé d’ici là.

A 20 ans, a 30 ans, quand on a que soi à penser, tout est plus simple. On a aussi une énergie, un élan de vie, un optimisme et une certaine inconscience peut être qui font qu’on se sent invincible, la vie devant soi (et c’est vrai !!). A 50 ans, c’est différent. On a fait ses preuves déjà. On sait comment ça marche. On devine plus vite les plans foireux, les climats toxiques, et surtout, on a moins envie de faire la carpette pour se vendre et de raconter sa salade a qui voudra bien l’entendre. Donc malgré soi on est sûrement plus sélectif.

Pour ma part, hors de question que je me brade. Hors de question pour l’instant que je me dévalorise. Par contre, faire mon auto promo et mon self branding sur Linkedin, AU SECOURS.

Linkedin: LE réseau par lequel on est obligé de passer pour chercher du boulot (même s’il n’y a pas que ce réseau loin de là) mais c’est une sorte de vitrine, de book de son parcours professionnel. Chaque annonce demande le profil Linkedin. Alors c’est bien d’y être. C’est bien, de bien présenter, de montrer ce qu’on vaut .. mais je réalise que ceux qui parlent le plus sont bien ceux qui bossent le moins ! Ceux qui se survendent entre les coachs de vie, serial entrepreneurs, marketeurs et j’en passe, ce sont ceux qui cherchent du boulot ! Et puis en vérité, ça me GONFLE. Tout n’est que façade, faux, trafiqué à l’iA. Authenticité zéro. Alors plus ça va, plus je m’éloigne. Quand je bossais comme une dingue j’y étais peu. Je faisais ce qu’il fallait pour mon job, mais point barre. Un peu d’engagement pour le handicap mental mais …c’est très vite chiant Linkedin.

Les réseaux sociaux en général ça devient chiant. Et cette obligation de réussite, de performance, de joie, de bonne humeur, de pensée positive, de pseudo intelligence, d’échec qui devient un succès, mais VOS GUEULES avec vos leçons de vie et vos bisounours ! Enfin pas vous, ceux qui me lisez. Ceux qui veulent à tout prix de la joie en permanence parce que sinon ça veut dire qu’on est aigri et pas cool et pas chouette dans nos têtes. Bah si. Moi j’ai plein de grands rêves encore dans ma tête dont je ne réaliserai peut être pas le 1/10eme. Je suis quelqu’un qui aime la vie avec un grand V. J’ai de la passion à revendre, un appétit de vie qui hurle à l’intérieur. Mais je sais aussi que la vie peut être dure. Que parfois, souvent même, même quand on se donne les moyens, ça ne fonctionne pas. Et c’est normal d’avoir les boules. C’est normal d’avoir la lose, d’avoir l’impression d’être la dernière des ratées, d’avoir même raté un peu sa vie …

ça fait quelques semaines que le mal me ronge … Alors je fais diversion. Je sais qu’après la pluie le beau temps. Je sais que « aide toi et le ciel t’aideras » … enfin qu’en gros c’est à moi de faire le nécessaire pour me sortir de mon marasme. Je me le botte mon cul de presque quinqua. J’ai pas envie d’être chômeuse à 50 ans. J’ai envie d’avoir encore le droit à de belles années. J’ai envie d’offrir une belle vie à ma fille qui elle, n’a rien demandé. J’ai envie de lui démontrer que même si la vie c’est pas facile tous les jours, ça vaut le coup quand même et ça peut être un truc chouette.

Alors on verra. Je ne suis pas particulièrement optimiste et positive mais …je me dis qu’à un moment donné, d’une façon ou d’une autre cette satané roue, tournera. Je dois être en période de purgatoire.

J’écris cet état d’âme parce que je sais que je ne suis pas seule. Et je veux que ceux qui en bavent en ce moment et qui ont les boules de la vie, sachent qu’ils ne sont pas seuls et que le problème c’est pas eux. Le problème c’est notre système de société qui n’est plus adapté au nombre qu’on est. Je n’ai pas la solution. Juste un bon instinct de survie. Et un jour quelqu’un m’avait dit : ne te corrompt jamais. Je voudrai dire à cette personne que j’ai tenu bon. Je suis toujours restée fidèle à moi même. C’est un des trucs dont je suis fière.

Force à vous, les laissés de côté, les « du mauvais côté de la barrière ». Tout bouge.

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Pénitence d’une Working Mum qui voudrait bien le rester

Ce matin, comme tous les matins depuis 6 mois, c’est moi qui dépose ma fille à l’école. Sauf que je ne vais pas travailler. En général, un matin sur deux je pars au sport. Pas soignée comme quand je vais travailler évidemment. J’en profite pour dormir un peu plus …Et puis quand je ne vais pas au sport je suis en mode legging + Ugg + haut de pyjama, planquée dans ma doudoune, pas maquillée et les cheveux aléatoires depuis que la préménopause s’est invitée dans ma vie.

Au début, comme à chaque début, je le vivais bien. Parenthèse bénéfique pour me retaper, reprendre soin de moi, avoir le temps de faire toutes ces choses que je n’ai jamais le temps de faire quand je travaille. Faire du vide, du rangement, vendre des trucs sur Vinted … déjeuner avec des amies, prendre des cafés en terrasse … avoir et prendre le temps de revivre. Je connais la chanson. En vérité, on le fait mais ça passe très vite. Très vite on se retrouve de nouveau avec ce petit couteau sous la gorge et la petite pression de se dire : Bon. Faut quand même que je retrouve du boulot dans pas trop longtemps. Et puis votre entourage se remet très vite en posture de rappel. Les sorties d’école avec les maman copines qui voulant être sympas te balancent un petit coup de poignard à base de : « Alors ? Toujours rien ? » « Alors l’entretien, ça a donné quoi ? »

Je lis leur inquiétude. Je suis moi même inquiète. Je ne dis rien mais je suis un pâté d’angoisse depuis des mois. La peur de la précarité qui me guette. La peur de ne pas pouvoir être une super maman qui déchire pour ma fille.

EVIDEMMENT ça fait 7 mois que je me démène à chercher un job. J’ai refait mon CV avec tous les nouveaux outils et l’IA, recalibré ma page Linkedin pour être plus visible dans les algorithmes, j’ai fait des formations d’e-Learning dans tous les domaines de mon métier pour montrer que je suis encore compétente, je me suis mise à faire mon personal branding, bossé sur CANVA tout un projet pour me mettre à mon compte … EVIDEMMENT que je ne me suis pas laissée de temps mort en me disant : NON je ne subirai pas mon chômage. Je transformerai cette situation en opportunité. Je ne resterai pas sur le carreau à bientôt 50 ans. Je ne serai pas au chômage à 50 ans. NON.

J’ai passé des entretiens. Pas mal finalement… pour des postes vraiment bien. J’ai eu de tout. Mais beaucoup de manque de respect et de considération. Des entretiens que j’ai bossé, préparé à mort, où j’ai tout donné, où parfois j’avais vraiment le sentiment que je cochais toutes les cases, où le contact passait bien et … RIEN. Quand je dis rien c’est que j’ai même eu droit à un ghosting en bonne et due forme, même pas soldé par un email automatique de refus. J’ai aussi eu droit à un email automatique de refus qui dans ce même email expliquait qu’ils n’étaient pas tenus de donner de justification de refus … Alors que toi, candidat, tu t’es démené à bosser des heures sur leur boîte et leur job à pourvoir. Là, je sens bien que je suis passée du côté des vieux. A compétences égales, voire supérieures, entre une trentenaire expérimentée et une vieille quadra bientôt quinqua, c’est la plus jeune qui gagnera. Mais on me le dira pas. On trouvera autre chose comme prétexte. Dans certains cas, les personnes qui me faisaient passer les entretiens étaient plus jeunes que moi et je sentais qu’il y avait même une crainte de leur part pour leur propre poste … Alors que moi je suis au dessus de ça …

Etre senior ne veut pas dire être dépassé, pas résistant, pas endurant … Au contraire, on a une clairvoyance, une expérience, … on a une maîtrise des situations qui font qu’on peut rassurer parce qu’on gère … et on sait vite, on fait bien tout de suite. On a dépassé le besoin de faire ses preuves à tout prix. On les a déjà faites … On consolide. On protège.

Alors ce matin, j’ai un peu les boules. Je me retrouve bloquée avec une sciatique, ma préménopause m’emmerde, j’attends depuis 2 semaines une réponse pour un job que je veux tellement … une réponse pour savoir si je passe le dernier round … même pas pour savoir si j’ai le job… juste si je peux aller en finale … J’essaie d’accepter que ça puisse être mort, que ça sera peut être à moi d’aller quémander une réponse …que je dois passer à autre chose … mais on ne va pas se mentir : c’est dur. Presque 1 mois que je bosse ce projet, … je sais qu’il faudra que je trouve la ressource de renaître de mes cendres … je sais que j’y arriverai, je sais que je n’aurai pas le choix, que c’est comme ça … mais c’est dur à encaisser.

Ce qui me tue, c’est qu’il y a tellement de demande, les employeurs sont tellement surchargés de boulot, que se mettre à la place d’un candidat est devenu presque impossible …il y a une vraie déshumanisation des ressources humaines… je pense que ce n’est pas forcément volontaire… c’est le manque de temps, le manque de gens pour gérer ça … mais nous les candidats, nous sommes bel et bien des pions dont on ne peut pas soigner les sentiments … Il faut s’endurcir, accepter que ça fait partie du « game ». Je te sélectionne, je te teste, je te jette … je recommence. Et puis peut être qu’à un moment, ça mord.

Ce matin, en déposant ma fille à l’école, je voyais ces femmes, partir énergiques, parfumées avec leurs sacoches munies de leur assurance grâce à leur autonomie financière, … je me disais que certaines devaient être à mille lieues de s’imaginer perdre leur job … d’autres devaient sûrement être sous pression et souffrir de la peur de le perdre … je suis sûre que je dois faire peur à certaines … la peur d’être dans ma situation. Comme quand on a une grave maladie. La peur de la contagion.

Ce monde de winners qui ne tolère pas qu’on tombe… Pourtant on voit fleurir sur Linkedin des articles pseudo psycho philosophico existentiels sur la nécessité de tomber pour se retrouver, sur le « tomber n’est pas un échec mais le processus pour trouver son chemin » … ouais … et mon cul c’est du poulet ?

Ras le bol des leçons de vie … La vérité c’est qu’il y a de plus en plus de monde et de moins en moins de boulot. La vérité c’est que le salariat est en train de disparaître et que le monde du travail se réinvente et qu’il va falloir prendre le train en marche et pas se louper …

La suite au prochain épisode … !

Et parce qu’il faut bien rire de tout cela car ce n’est pas si grave dans le fond, je vous invite à regarder la série « Working Mums » … c’est très très drôle.

Retour à l’écriture : une nouvelle aventure

BONNE ANNEE ! BONNE SANTE !

Eh oui je suis de retour. Après une longue hésitation, ayant laissé mon blog en jachère ces dernières années, je me disais que j’allais le laisser mourir … Et puis, l’envie d’écrire m’a repris. Ecrire un livre, j’y pense toujours mais mon truc c’est les nouvelles, les histoire courtes.

Partir dans un roman, je ne me vois pas … Et je suis retournée sur mon blog … j’ai vu qu’il n’avait pas été supprimé et ça m’a fait plaisir de revoir tous mes articles. Des articles que j’avais pour certains, déjà importés de mes blogs précédents. Alors j’ai réactivé mon domaine, réinvesti pour un hébergement, et quelle ne fut pas ma surprise de voir que WordPress avait vachement évolué en intégrant également de l’IA … Je pourrai même l’utiliser pour améliorer mes textes … mais ça, je ne suis pas encore prête. Je préfère encore la spontanéité de mes écrits avec des fautes de français, des typos, des tournures approximatives… la perfection ne m’intéresse pas … mais qui sait, j’essaierai pour voir ce que ça donne…

Donc oui, me revoilà. J’ignore comment je vais organiser mon contenu, sa nature, sa fréquence .. je vais sûrement garder mon approche « au gré de mes envies et de mon inspiration ».

J’espère retrouver l’enthousiasme qui m’animait jadis et me poussait à écrire. J’intègrerai peut être de la fiction aussi. Je vais voir… Il faut que je rebricole encore mon blog, que je le nettoie un peu, que j’arrange des petites choses … et que j’apprenne à maîtriser cette « nouvelle » plateforme …

Une nouvelle étape encore un peu brouillonne, à tâtons, … en attendant j’espère que vous y retrouverez du plaisir à me lire !

A bientôt !

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A vous les startuppers et les recruteurs qui voulez le beurre et l’argent du beurre

J’ai 44 ans, une enfant de 4 ans, un Bac+5 et 18 ans d’expérience à l’international. Je suis dans la communication. Des grosses agences, des gros clients internationaux, chez l’annonceur avec là aussi des services de communication qui claquent, des profils d’entreprise et clients multiples, des problématiques multiples (pardon de pas avoir voulu rentrer dans un seul type de case), je suis plutôt douée en management, en marketing aussi, en digital aussi (dans le e-Commerce et l’innovation depuis une dizaine d’années), je suis bilingue anglais (mais vraiment hein … j’ai grandi à l’étranger et fréquenté une école anglaise enfant), … et je suis au chômage depuis 1 an.

Un chômage pas vraiment choisi. J’ai choisi d’avoir une enfant que j’ai eu tardivement (pour raisons médicales) et après une série de paramètres, dont la conjoncture économique, je n’ai pas fait forcément de choix carriéristes mais plus des choix d’équilibre. Vous savez ce truc que les mamans qui travaillent essaient désespérément d’avoir : le sacro saint équilibre vie pro vie perso si difficile à trouver en France parce que dès qu’on part à 17h30/45 /18h ou qu’on arrive haletant à 9h30 (alors que vous êtes connecté 24/7 quasi entre le smartphone, l’ordi portable avec tout sur le cloud et j’en passe et déjà sur vos mails au petit dèje), on vous fait comprendre que vous êtes tire au flanc, pas à la hauteur, que vous devez faire des choix toussa … Et moi je n’ai jamais voulu céder à ce chantage et cette pression (que j’ai quand même ressenti évidemment sinon je ne serai pas en train d’écrire ce billet) …

Donc je suis au chômage et je me suis dit : OK. Hors de question de refaire des erreurs passées. Cette fois je serai plus selective et surtout, cette fois je ne me braderai pas. Faut pas déconner. 18 ans d’expérience, des compétences réelles et sérieuses, une vraie polyvalence, une vraie rapidité d’analyse et d’exécution, merde. Je brade pas.

Alors j’ai démarré ma quête. J’ai touché au bout de 10 mois la peut être quête ultime, mais … paf patatras, a un cheveu près c’était pas moi. Dommage. Je n’ai jamais su pourquoi. Juste que j’étais à un cheveu. Alors quoi ? J’étais trop vieille ? Trop chère ? Trop grosse ? Trop douée ? (pourquoi pas après tout) …

Dans les annonces d’aujourd’hui je distingue que : on cherche des gens seniors (35 ans c’est Senior en com’ … 44 ans c’est bon à jeter) …avec des compétences qui vont au delà du coeur de métier (oui parce qu’aujourd’hui un Dircom doit être : pro du Web Marketing, du CMS, du SEO, de la Suite Adobe y compris After Effects, et EVIDEMMENT être incollable sur Google Analytics) … c’est un peu le Pack Office des années 2000 quoi… MAIS ATTENTION … pas cher. Ce qui fait qu’on trouve AUSSI des annonces JUNIOR pour des postes de SENIOR… toujours pas cher.

C’est déroutant.

L’autre jour, j’ai été contactée par un jeune startupper au sourire ultra brite, qui me tutoies d’emblée sur Linkedin en MP et qui me propose de discuter parce qu’il a une startup dans le wellbeing qui claque sa mère et qu’il doit développer sa com’ … OK man … alors avant hein je vais poser quelques questions de base (on apprend pas à la vieille guenon à faire la grimace) : c’est quoi exactement les besoins ? Le type de contrat recherché : salarié ? Freelance ? Et le budget / salaire ça serait quoi ?

Le startupper me répond : il n’y a pas que le salaire dans la vie …

Comment dire … Alors oui c’est vrai, aujourd’hui, notamment les nouvelles générations (qui vivent encore chez leurs parents), ont besoin de trouver du SENS à ce qu’ils font. Je vous rassure, moi aussi. Travailler bêtement, ça ne marche plus. ça n’a d’ailleurs jamais marché…pour personne.

Et je vous rassure pour les plus >40 ans aussi. Mais travailler pour la gloire ou en deçà de son expérience et compétences, bah … Non… en fait. En fait si, l’argent c’est AUSSI important comme critère parce qu’avec l’argent on peut : payer son loyer, son electricité, son telephone, sa mutuelle santé, ses impôts, la cantine de son enfant, ses cadeaux de noel et anniversaire, des vacances une fois l’année qui ressemblent à des vacances, des vetements, des chaussures (même si achetés sur Vinted pour la majorité), donc excuse moi toi le jeune Startupper à la wouine démesurée, mais ouais, la thune, ça compte. Et quand on est une « vieille » comme moi, bah ça compte aussi.

Et pour les RH qui se font dicter leurs annonces par les directions marketing : faites quelque chose bon sang. Je ne suis pas une peintre en bâtiment Polonaise en situation illégale … c’est une image bien sûr … on est pas sur le marché de l’emploi version Hard Discount… ? Si ?

Alors attention… je m’adapte. Je me forme ! A moi les MOOC’s, les formations en marketing digital certifiantes pour savoir causer avec le bon jargon, faire ma presentation powerpoint avec la bonne méthodo qui va bien qui rentre dans les normes acceptées…. A moi les tutos Photoshop, Indesign, Illustrator, After Effects … et puis en plus ça m’amuse, j’aime bien.

Mais 1) j’aimerai qu’on arrête de penser que passé 40 ans et qu’à partir de 45 ans, on va être has been, inaccessible, hors de prix (non non, juste un salaire correct qui justifie les compétences et expérience) et que 2) on arrête de brader les gens avec des prétextes de merde.

Je vous rappelle qu’on est une société vieillissante. Donc vous les jeunes qui avez les dents longues et pensez que vous avez tout compris au monde et que c’est vous qui avez raison, on en reparle dans 10 / 15 ans. ok ?

Allez, salut.

La vieille guenon de 1975 qui n’a pas envie de faire de SEO pour ce texte.

La femme de ménage

J’ai toujours vécu, enfant – quasiment – avec une femme de ménage dans ma maison. On peut même dire, une bonne, puisque à l’époque, lorsque j’étais enfant, quand nous vivions à l’étranger, cela faisait partie de « l’équipement » de l’expatrié. La seule différence étant que mes parents respectaient leurs employés et elles ont toutes sans exception, été traitées avec humanité. Et moi je les aimais comme des membres de la famille.

Et puis nous sommes rentrés en France. Mon père était presque tout le temps en déplacement à l’étranger et ma mère travaillait avec 2 enfants, le choix d une femme de ménage / repassage restait la norme …

Et puis mes autres frères et soeur sont nés et un de mes frère était handicapé donc pour le coup, une grande maison, 2 chiens, 5 enfants (même si j étais moins souvent là), ça se justifiait. Et au final on s’est aussi tous mis à faire le ménage et franchement, ça se passait bien.

Dans de nombreux cas je trouve justifié le recours à une femme de ménage : horaires des deux parents lourds, grande surface habitables, personnes âgées, malades, handicapés, dans bien des cas cela se justifie.

Et puis il y a les autres. Les bourgeoises pour qui récurer un chiotte et passer un coup d’aspirateur est dégradant ou symbole de perte de temps inutile…La femme de ménage est le symbole d’un standing de vie. On est socialement en haut de l’échelle quand on a une femme de ménage (pour cette catégorie de personnes). Faire le ménage est vu comme une infamie. Elles n’en ont même pas conscience: c est la norme ! Leur norme ! Comment?! Tu gagnes 2x le smic et tu n’as pas une femme de ménage pour tes 50m2 ?! A Paris. Et puis ça fait marcher l’économie, ça fait des emplois, tout ça … oui c’est vrai aussi, peut être.

Je suis inscrite sur un groupe Facebook de mamans de mon quartier. C’est vachement bien pour faire de la sociologie. Il y a de tout: des rares pauvres, pas mal de classes moyennes d’inférieures à supérieures et ce que j’appelle moi : des super riches (je pense qu’une partie paie ou frôle le paiement de ce qui aurait pu être encore l’ISF) – je suis à la fois sidérée, captivée, amusée et révoltée par tout ce que je lis. Je me permets d’intervenir et commenter, aider, informer quand je trouve que je peux le faire … et parfois je réagis … hier j ai réagi.

Hier, énieme post dédié à la femme de ménage. Cette fois pas la recherche de la perle rare mais une jeune femme qui vient clamer sa détresse (photos du drame a l’appu) de sa femme de ménage qui a tâché son canapé avec de l’eau de javel ainsi que le pantalon neuf de son mari !

Sur le moment j’ai ricané. Je sais, c’est pas sympa. Et puis en lisant son post j’ai commencé à moins ricaner. Elle était prête à faire marcher la responsabilité civile de sa femme de ménage pour l’incident. Sa femme de ménage était déjà en train de proposer le remboursement du pantalon neuf (ça ne devait pas être un pantalon H&M à 30 balles) – S’en est suivi une liste de commentaires de nanas comme elle : « jamais d’eau de javel pour la femme de ménage », « oui, allez y pour la responsabilité civile » … et j’en passe et des meilleures.

Et là je me suis mise à la place de la pauvre femme de ménage qui a du être saisie d’angoisse après avoir fait sa connerie. La peur de perdre son job dont elle a surement besoin. Je l’imaginais embarquée à devoir faire marcher son assurance qui jamais ne rembourserai le canapé et le pantalon du mari …

Evidemment que c’est contrariant. ça m’arriverai j’aurai les glandes faut pas se leurrer. Mais jamais ça ne me viendrai a l’idée de faire marcher des assurances ou d’accepter / demander un remboursement. J’imaginais le mépris dans le regard de son employeur … et je me suis dit : mais bon sang ! elle a qu’a le faire elle même le ménage d’abord !

Alors je me suis sentie obligée de commenter. Evidemment, j’essaie de rester civilisée et intégrée dans ce microcosme alors j’évite de devenir révolutionnaire dans ce genre de groupe. Je propose des solutions pratiques genre : « vas y tu mets un bon coup de marqueur sur le canapé Madame, on la verra plus la grosse tâche rose clair sur ton canap’ gris anthracite Ligne Roset / Habitat / Roche Bobois » (je plaisante j’ai pas mis ça).

J’ai un immense respect pour les femmes de ménage. Je pense à toute la merde des autres qu’elles ramassent, à tout ce qu’elles nettoient, à ceux (notamment les clients en hôtellerie de luxe) qui parfois se permettent d’être des gros porcs dans leurs chambre sous prétexte qu’ils paient pour que ce soit nettoyé … (oui parce que les femmes de chambres dans les hôtels aussi j’ai beaucoup d’admiration pour elles). Et oui ce sont souvent des femmes, aussi.

On dit que les femmes de ménage sont bien payées à l’heure. Les non déclarées peut être plus …peut être. Elles bossent beaucoup, se tapent plein de trajets, ont le dos et les mains abimés, inhalent des détergents à longueur de journée, de nuit… et souvent elles ont aussi une famille.

La femme de ménage est donc un privilège normal pour certaines qui pourraient faire sans et qui oublient totalement qu’en vrai, si elles étaient un peu moins snobs, prétentieuses et empotées, elles dégageraient 1h ou 2h de leur temps si précieux par semaine pour le faire elles mêmes et ça leur remettraient les idées en place (en plus d’avoir le sentiment satisfaisant d’avoir nettoyé son habitat) … et souvent quand on nettoie sa maison, on nettoie dans sa tête aussi.

Essayez ! Je vous assure ça fait même pas mal !