LA VIE C’EST COMME UNE BOITE DE CHOCOLATS … ON NE SAIT JAMAIS SUR QUOI ON VA TOMBER…

Bonjour à tous,

Ce matin, dans Le Figaro, il y avait un article sur le DIAGNOSTIC PRE IMPLANTATOIRE … ça m’a fait réagir, forcément, puisque je suis concernée : 

Comme pas mal de personnes sur cette planète j’ai découvert que j’étais porteuse d’une maladie génétique. Pour moi, c’était à 20 ans. A 20 ans, dans le bureau de la généticienne de l’hôpital Mignot à Versailles, toute seule comme une grande, en lisant à l’envers la feuille des résultats de mon caryotype, je lisais : pré mutation.

La généticienne entre dans le bureau et me lance: alors vous voulez savoir ? Moi: bah oui… Elle: bon bah c’est comme le Loto hein… pas de bol, mauvaise pioche ! Ah la délicatesse des toubibs…

J’ai pas trop compris sur le coup ce que ça voulait dire tout ça: porteuse mais saine, prémutation plus importante que ma mère, risque élevé d’avoir un handicapé mental sévère quand j’aurai des enfants, tout ça, à 20 ans, quand on a son premier copain, qu’on est à la FAC, juste, ça ne va pas ensemble.

Moi c’était pas très grave. On venait d’apprendre que mon petit frère Hugo, 3 ans, était X FRAGILE en MUTATION COMPLETE. C’est QUOI ce truc? Hugo n’était pas un bébé comme les autres. Il est né un 22 mai 1993. J’étais en Terminale. Je m’en souviendrai toute ma vie. J’avais 17 ans. Maman m’a eu jeune (à 18 ans). Et puis il y a eu ma petite soeur 3 ans après. Et 15 ans après, HUGO ! Hugo c’était un petit miracle à lui tout seul. On était tous hyper content de voir un bébé débouler à la maison.

Moi j’en revenais pas. Voir ma mère avec un gros ventre, voir son ventre faire des ondulations dingues avec un petit être à l’intérieur qui donnait des coups de pieds, qui prenait vie ! WOW !

Et Hugo est arrivé. Je me souviens, 4h du matin, maman perd les eaux, mes parents partent à la maternité. Ma soeur et moi on reste, à attendre… j’étais speed de chez super speed. Incapable de me rendormir, j’ai fais le ménage, tout rangé, bref… j’avais peur,  peur pour ma mère, peur pour le bébé, je voulais vite savoir que tout allait bien ! 10h du matin je n’y tenais plus et j’ai appelé la maternité. Toujours rien. 11h30, mon père appelle: on a un petit frère !!! Tout va bien ! Hugo est né !

Il faisait une chaleur à crever dans cette maternité. Moi j’étais sonnée, hébétée, dingue de mon frère.

Une fois le retour à la maison, on était tous après lui. Quand les cours étaient fini, on courait presque en sortant de la voiture pour vite aller voir Hugo.

Et puis les mois ont commencé à passer. Hugo était du genre à avoir du mal à dormir, à pleurer beaucoup. Mais nous on savait pas si c’était normal ou pas… On le berçait des heures sur Otis Redding et Aretha Franklin: Sitting on the dock of the bay et Respect… Il adorait Respect, ça le faisait sourire, il s’éclatait 🙂

Et puis Hugo est arrivé à l’âge des « apprentissages » comme on dit. Et là … il y a avait des choses qui ne venaient pas et qui n’allaient pas… Hugo a commencé à faire tourner des couvercles… rien de grave mais voilà… il faisait beaucoup tourner les couvercles… et puis il se balançait aussi… bon… ok… et puis… il a commencé à se taper la tête, à s’auto-mutiler en se mordant les mains près du pouce… et puis ses petits bras qu’il agitait comme ça… on se disait: mais c’est marrant comme il « remue des brandillons »…

Et puis… Il ne parlait toujours pas… il n’était toujours pas propre… et ses petites oreilles en feuille de chou elles viennent d’où ? Ma mère commençait sérieusement à comprendre que quelque chose n’allait pas. Elle a commencé à consulter… Et puis on lui disait: c’est vous le problème. Super. Et puis on a quand même fini en psychothérapie familiale… Genre c’est NOUS le problème… 

En attendant, Hugo exprimait de plus en plus quelque chose qui n’allait pas. Il hurlait dans les ascenseurs, ne supportait pas le changement… c’était notre petit Rainman à nous… On le voyait de plus en plus clairement: Hugo était autiste ?

Pas tout à fait. Ma mère a acheté un livre qui s’appelait « VOTRE ENFANT ». Une sorte de gros dictionnaire pathologique. Un livre assez effrayant où à peu près tous les symptômes de maladies sont répertoriés. Et là, ma mère à un choc: SYNDROME X FRAGILE. C’est ça. Hugo a le Syndrome X Fragile.


Après une longue et tenace bataille, elle a réussi à obtenir le caryotype de Hugo (le caryotype c’est un examen des chromosomes… on parle aussi de recherche en biologie moléculaire quand le caryotype ne suffit pas). Et c’est le choc: BINGO ! X FRAGILE, MUTATION COMPLETE, HANDICAP MENTAL MOYEN A SEVERE.

Le choc. Hugo, le bébé tant attendu, le petit garçon de la famille… atteint. Grâce à Hugo, toute la famille est passé au caryotype. Maman est porteuse et moi aussi. Les autres sont épargnés. Hugo a eu un autre petit frère et une autre petite sœur ensuite… tout allait bien. Dieu merci. Mon autre frère était déjà en route quand tout s’est accéléré et pour la petite dernière, le bébé miracle, ce fut Diagnostic Pré Natal.

Alors l’X Fragile c’est quoi ?

L’X Fragile est une maladie génétique liée au chromosome sexuel X, héréditaire (contrairement à la trisomie 21 qui est un « accident » du chromosome 21) et qui selon son degré de mutation, engendre un retard mental léger à sévère.

En général, les garçons sont plus touchés par cette maladie.
Comment ça se passe côté transmission?

Un papa, déterminant les sexes des enfants lors de la conception, a 2 chromosomes: un X et un Y
Mon grand père maternel avait un chromosome X fragile : c’est un dire un chromosome X dont un code (le triplet CGG) était défectueux… il y a une histoire de protéine FMR1 mais ça commence à être dense donc je vais essayer de rester basique…
Pour ceux que ça intéresse: 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_l%27X_fragile


Si ce triplet dépasse 300 répétitions, il y a expression de la maladie. Mais c’est pas systématique. C’est pour ça qu’on parle de « mutation / prémutation » …

Quoiqu’il en soit, mon grand père porteur de cet X Fragile, l’a transmis à toutes ses filles.

Les filles ont deux chromosomes X et les garçons, un chromosome X et un chromosome Y.

Donc mon grand-père a transmis son chromosome X a ses filles (le père détermine le sexe) et ma grand mère a donné un de ses chromosomes X.

A leur tour, ma maman et ses sœurs, se sont retrouvées avec 2 chromosomes X. Un X « normal » et un X « fragile » … et lors de la conception, c’est 50/50. Soit c’est l’X « normal » qui l’emporte, soit l’X « fragile ». J’ai une cousine comme moi… grâce à Hugo on a pu « prévenir »…

Et ça ne s’arrête pas là… Ce chromosome X mute… pour chaque conception, une mutation s’opère.
Maman m’a donné son X fragile prémuté. Moi, à mon tour, j’ai un X Fragile  qui mute … j’aurai pu être atteinte, j’aurai pu avoir un X fragile en mutation complète et être retardée mentale, mais non … c’est mon frère Hugo qui  a eu ce lourd héritage.

10% des autistes sont X Fragile. En 1993, la moyenne d’âge à laquelle cette maladie était diagnostiquée était de 14 ans… je vous laisse imaginer les années d’enfer pour les familles à être ballotés d’instituts en instituts, en examens médicaux variés, en psy … où on dit: autisme mais en même temps pas sûr…

Les séances au CAMSP.  Les CAMSP ce sont des centres d’éducation psycho – moteur pour les enfants en dessous de l’âge de la scolarité. Ma maman emmenait Hugo à Versailles. Je crois que c’est là que j’ai eu mes premières crises de révolte. Dans ces centres il y avait des murs placardés de « bondieuseries »… A Versailles, ville à tendance catho intégriste (et ATTENTION je revendique le fait d’être croyante mais là… faut pas déconner)… où il est presque considéré comme « génial » d’avoir son petit handicapé mental… je leur en foutrai des baffes moi à ces gens là…mais bon. Le CAMSP c’est quand même super bien.

Bref. Il faut savoir que tout se joue à l’âge pré scolaire… même pour ces enfants donc tout ce qu’ils peuvent acquérir AVANT restera d’autant plus. Mais… le système français n’a pas les structures pour … alors on vous envoie en IME – Institut Médico Educatif.  Premier IME d’Hugo, tout allait bien jusqu’à ce que ma mère découvre des comportements anormaux de Hugo… des comportements qui font penser à des attouchements sexuels. Eh oui. C’est trash hein la vie ? La pédophilie dans les instituts pour handicapés mentaux … le truc pas possible, tabou, qui fait trop peur… Et pourtant… Alors Hugo a été dé-scolarisé puisque ma mère était seule contre tout le système.

Et puis un autre IME / IMPro (la version plus de 15 ans) lui a ouvert ses portes. Hugo se tapait une heure de taxi par jour… Au bout de deux ans la famille a fini par déménager. Pour se rapprocher.

Hugo a 18 ans. Il a eu 18 ans le 22 mai 2011. Il est toujours dans son IMPro. Sa deuxième famille. Un jour il devra s’en aller. On ne sait pas encore comment ça va se passer. Hugo part tous les matins dans son taxi mini bus avec tous ses copains handicapés et il s’éclate. Moi je les adores ses gosses. Tous les ans je vais à leur fête de fin d’année et on se marre bien !

Il n’a pas reçu la rééducation vraiment adaptée faute de moyens, mais les éducateurs, les bénévoles font des miracles. Et puis Hugo a eu de la chance d’avoir plein de frères et sœurs qui l’aiment, des parents, qui ont compensé toute cette rééducation manquante.

Alors bien sûr il reste handicapé. Quand je lis « Où on va Papa? » de Jean Louis Fournier, je pleure et je ris beaucoup car forcément, nous aussi on y a droit:

« On va où Yiayia on va où ? » « Tu fais quoi Yiayia tu fais quoi ? » « On mange quoi demain » (il voulait dire à midi ou ce soir, il n’a pas la notion du temps Hugo) …

Hugo, c’est un ange. Souvent on se dit, sans cet X Fragile il aurait été PARFAIT. La coolitude incarnée, la gentillesse pure. Il sait pas être « méchant » Hugo. L’arrière pensée, le préjugé, il ne connaît pas. Mais il sait sentir les regards, le rejet.  Il sait sentir quand on lui fait sentir qu’il est différent.
J’ai été révoltée et en colère pendant des années. Je me souviens de scènes où Hugo piquait des crises au supermarché où au MacDo et que les gens le regardaient avec horreur et accusaient ma mère du regard… Car Hugo n’a pas une tête d »handicapé’. Surtout petit… Il était plutôt super mignon. Il n’avait pas de « faciès » type… Comme les trisomiques par exemple où les aspects physiques sont totalement évidents.

Non. Hugo avait l’air « normal »…. Alors au début on se sentait tous obligé de JUSTIFIER. C’est épuisant de devoir JUSTIFIER. C’est épuisant ces regards, cette mise à l’écart, ce rejet de la société. ça rend un peu insociable, ça rend un peu agressif, ça rend un peu triste aussi …

Et puis un jour on s’en fout. A la plage je cherche plus à dire aux gens qui se baignent à côté de nous : il est handicapé, c’est pour ça ! Bah oui, Hugo avec son mètre 80 et son gabarit de lutteur, il joue à « trois p »tits chats » il dit « Yiayia tu plonge ! » « Yiayia tu fais avec ton nez » (je dois mettre la tête sous l’eau avec lui en bouchant mon nez) … Je m’en fous.

Et puis finalement, ça va mieux quand on ne fait plus gaffe aux autres. Mais j’ai toujours peur. Toujours peur qu’un jour il se fasse attaquer, agresser par des salopards qui ne savent pas ou qui savent mais que ça amuseraient. La société est terrifiante quand il s’agit d’êtres qui ne savent pas se défendre.

Alors je sais que je serai toujours là. On sera tous, toujours là.

Est ce que ça change une vie? Oui. Bien sûr que ça bouleverse toute la vie. Et alors ? On ne va pas rester au fond du trou à s’apitoyer ? C’est comme ça. C’est comme ça et on vit avec. Me concernant ça a sûrement changé mon regard sur les gens et mon rapport aux autres. Disons que ça a accentué ma franchise. Je vais droit au but. Avec moi c’est pas la peine de se la raconter et de jouer un rôle. Pas le temps… pas le temps de faire dans le superficiel.

Hugo est un empêcheur de devenir con. Il m’empêche de devenir une pétasse. Tous les jours je pense à lui, tous les jours il est dans mon cœur même si on ne vit plus ensemble. Entre Hugo et moi il y a un truc très fort. Je suis son « ptit Yiayia »… c’est vrai que je suis petite maintenant par rapport à lui. Mais lui, il reste mon p’tit Hugouigue… je crois que je l’aime plus que tout au monde. Enfin j’aime ma famille plus que tout au monde mais Hugo a cette petite place spéciale dans mon cœur. Et puis il me fait marrer. Il adore Madonna.  Disco Kandi 2 (Hed Kandi)… et trois ptits chats… aussi.


Et sinon pour moi, comment ça se passe alors ?

Eh ben…. j’ai pas trop le choix. Soit je me reproduis normalement et à 8 semaines de grossesse je subis un diagnostic PRE NATAL (prélèvement d’ébauche de placenta et on sait sous 10 jours si garçon ou fille et si X Fragile ou pas et on a droit à l’interruption médicale de grossesse si mauvaise pioche), soit le fameux controversé DPI – Diagnostic PRE Implantatoire et là en fait c’est comme une FIV (fécondation in vitro) + Examen génétique in vitro et on vous réimplante ce qui est sain et après … Hinshallah pour que tout se passe bien… mais bon… c’est du lourd…

ça veut dire passer en commission éthique pour ouvrir un dossier, des mois d’attente, être piquée aux hormones et j’en passe, ne même pas être sûre que ça marche …et subir les découragements préventifs du corps médical parce que ça coûte cher ces examens alors on garde les plus motivés.

Un petit parcours du combattant quoi… et bien sûr il faut faire ça de préférence pas trop tard …

Alors quand on rajoute à cela les aléas normaux de l’existence on se dit … pffiouuuuu… on essaie de pas y penser, de se dire que ça viendra quand ça viendra …et puis si ça vient pas, tant pis… (ça c’est un peu plus dur à encaisser quand même ;-))

Donc voilà. Le Syndrome X Fragile c’est tout ça à la fois. Mais j’aurai pu dire, le handicap mental, les maladies génétiques en général …

Alors c’est vrai, parfois j’ai une petite pointe d’aigreur quand j’écoute des filles enceintes se plaindre ou se plaindre de leurs enfants « difficiles » … Moi je sais pas ce que c’est… mais je sais ce que c’est que d’avoir un petit frère différent et tout ce que ça implique d’encore plus difficile…

Mais c’est normal. Quand on ne sait pas, quand on ne comprend pas, quand on n’est pas touché, … on ne peut jamais avoir le recul suffisant. 
Moi je voudrai juste que le regard sur le handicap mental évolue dans le bon sens, qu’il y ait davantage d’intégration et un meilleur diagnostic aussi. Chaque femme désireuse d’enfanter, chaque gynéco face à une femme désireuse d’enfanter devrait systématiquement sonder s’il y a du retard mental dans l’entourage familial … parfois ça peut servir.

Pour finir l’extrait d’un film qui me bouleverse toujours encore à chaque fois que je le vois… j’aimerai tellement que la vie soit vraiment comme ça pour les enfants différents…

OOOH LA RELATION AMOUREUSE !…. %#!!??&@grrrr!&koi?#!?

O moi O la vie, O l’AMOUUUUUUUR !

Quand je relis mes écrits de quand j’avais 25 ans je me dis que finalement, contrairement à ce que je croyais j’ai quand même un peu évolué. Ouf !

Oh bien sur ma vie amoureuse était déjà digne de Bridget Jones à l’époque… A vrai dire je suis une romantique fleur bleue dans l’âme. Mais je me suis soignée. Enfin la vie m’a soigné… c’est que je m’en suis pris des raclées amoureuses moi…et quand, comme moi on est une idéaliste de l’amour, une amoureuse de l’amour, on fantasme ses relations… Oui ça a été mon grand truc pendant des années ça… fantasmer … même quand j’étais en relation d’ailleurs. Je voyais des choses que l’autre ne voyait pas du tout ! 

A 19 ans j’étais la grande partisane limite cul béni nunuche du « le premier, sera le dernier, l’amour pour toujours et j’en passe » … je me suis fais larguer comme une merde à 22 ans, retour chez papa maman, perdu 13 kilos en un mois et demi, ça m’a recadré un peu… hmm…

Et puis je me suis un peu « décoincée » … mais toujours avec des sentiments… Moi je sais pas être froide… faut qu’il y ait de la passion… d’ailleurs ça a été ma grande confusion entre 23 et 27 ans ça… passion et amour… j’étais du genre à m’emballer… je tombais amoureuse tout de suite… c’est là où je fais le parallèle avec Bridget… vous savez, imaginer tout de suite la scène du mariage, voir si ça le fait de porter son nom et tout…Pôfille hein? Ouais… Moi j’étais une vraie pôfille quand je tombais amoureuse… complètement neuneu j’étais…  mais en même temps j’avais peur de rien…. peut être pas assez… je crois qu’une fois j’ai même été un peu Glenn Close sur les bords mais bon… je me suis arrêtée à temps quand même… n’ayez pas peur 🙂
 Je crois  – avec du recul on voit toujours mieux les choses c’est dingue – qu’en fait, je ne voulais SURTOUT PAS m’engager. Donc je choisissais des love stories impossibles… vous savez, le surfeur sud africain qui vit à Londres, beau comme un camion et vous à Paris… le garçon rencontré a une soirée que vous kiffez grave mais qui vous avoue après quelques rendez-vous qu’en fait il a déjà une copine (on les tuerait hein ceux là ;)) – ceux qui vous maintiennent dans leurs sphères quand ça les branche – exemple: sms envoyé à 3h du matin: « tu dors ? » … hein ??

Je vous la fais courte … L’amour c’est un peu mon combat. Mais c’est mon moteur aussi.

et puis voilà, quelques gamelles et une IVG plus tard, on se dit à 27 ans que putain, elles sont gentilles les copines de se marier, de faire leur premier bébé et tout mais… Et moi alors? ça se passe quand le BIG LOVE ?
Et là, un début d’automne, j’accompagne une de mes meilleures amies pour la soutenir: je m’inscris sur MEETIC. aaaaaah Meetic… c’est en effet mythique…En plus à l’époque c’était le début, 100% gratos pour nous les filles ! J’ai joué le jeu à fond ! J’en ai eu des courtisans ! Je me souviens que j’étais même rentrée dans un top de profils consultés… Fallait voir aussi qui consultait… je suis tombée la première fois sur un barré … mais je m’en suis rendue compte assez vite dieu merci… un cinéaste… voyageur… c’est comme ça qu’il s’appelait… Moi c’est le genre de pseudo qui me fais rêver … et que je me suis laissée complètement berner ! je l’ai rencontré le garçon… hmmm…. euh…. il était riche. Très riche… Très pas très normal aussi… et puis ma meilleure amie m’a fait découvrir qu’il continuait de « chatter » avec d’autres filles… Ah ouais d’accord… c’est comme ça Meetic alors … Oh putain…

Suivant ! et là… le suivant… AAAAAAH LE SUIVANT. eh ben le SUIVANT tout à été très vite… en 3 mois mon appart était devenu un garde meuble… Donc logiquement, au bout de 6 mois je lâchais tout et je me suis installée CHEZ LUI (ERREUR MAJEURE LES FILLES !!!) … j’avais donc ZERO place pour MA déco et mes objets… mais bon… j’étais TRES amoureuse. Enfin je croyais etre TRES AMOUREUSE. J’avais ENVIE d’être très Amoureuse, j’avais envie de me CASER quoi… merde à la fin fait chier les relations pourries… donc j’avais envie MOI AUSSI d’avoir ma relation vachement bien, épanouissante, établie, rangée, celle où tu fais les dîners entre couples, où tu pars en WE ENTRE COUPLES où tu as ta moitié quoiqu’il arrive: tu deviens Machine ET Machin. Le DUO INFERNAL !!!

Et mes 30 ans arrivaient et je commençais à paniquer un peu… je le voulais tout ça mais un truc en moi résistait mais je voulais surtout pas voir, je voulais surtout pas admettre … que je me faisais CHIER !!!! Moi la grande avide de passion et d’exaltation je devenais un GROS TAS DE MOU ! (ouais d’ailleurs j’ai pris cher : +15 kilos…. ah ça réussit pas toujours hein la vie de couple ;)))

A l’aube de mes 30 ans j’apprenais que mon ex était parti avec sa compagne et leur fille faire un tour du monde en sac à dos. Et moi je me faisais chier dans un café de bord de mer le WE à attendre que ma moitié que je croyais tant aimer ait fini sa compète de golf… Et je regardais les mecs faire du kite surf par la baie vitrée… Moi aussi je voulais faire du Kite Surf et partir parcourir le monde en sac à dos ! Qu’est ce que j’attendais bordel ? Qu’est ce que je voulais faire de ma vie ?

Moi je voulais une vie NORMALE. Et surtout, j’avais une envie viscérale d’un bébé… Voilà. Mais je suis porteuse d’une maladie génétique alors c’est le bordel pour moi de faire des enfants… Un jour je ferai un blog sur ce drôle de truc qui s’appelle le Syndrome X Fragile.

Donc je croyais avoir trouvé LE papa idéal. LE garçon bien pour moi pour faire des bébés. Sauf que… je crois que lui en fait il avait pas trop envie avec moi…mais il a mis 2 ans et demi pour me l’avouer… un retour de mariage de Bretagne qui a mal tourné…. 4 heures de rupture sur l’Autoroute.

ça calme. Retour à Paris, j’étais assommée, décalquée, défoncée, hagarde, noyée dans le brouillard de mes larmes, j’ai fais 2 valises et je suis retournée chez mes parents… La suite, une grande déchirure violente, intense, concentrée, pas mal pour le régime (et hop, envolés les 15 kilos en deux mois :)) – et une bonne psy, qui m’a sûrement épargnée de la grosse dépression et grâce à qui j’ai remonté la pente plus vite que prévu.

Il y a une chose que j’ai appris en tous cas. On peut ne pas crever d’amour. En tous cas, on peut en baver et croire qu’on va crever, mais en fait, on crève pas. et franchement, eh ben ça soulage vachement d’en prendre conscience 🙂 Et puis l’autre chose que j’ai appris c’est que c’est juste totalement primordial de continuer d’exister en tant que soi dans une relation…

Moi je savais pas avant faire ça… je me fondais dans l’autre, je me noyais dans l’autre pourvu qu’il reste avec moi… Arrrgh….

Alors une fois la guerre passée on se remet en selle… enfin on recommence à s’ouvrir… Par contre bien que j’ai essayé, blocage total sur les sites de rencontres… ah non alors le supermarché de la relation, AU SECOURS ! Mais bon… en bonne hyper connectée que je suis, MySpace (oui à l’époque j’étais TRES Myspace) eh ben… le BIG LOVE a de nouveau frappé…

ça fera 5 ans qu’il s’accroche ce BIG BIG LOVE… et non je suis pas mariée, et non j’ai toujours pas d’enfants et non on vit pas ensemble,… mais euh… ça marche ! En tous cas POUR L’INSTANT ça marche.

Je vois bien autour de moi comment les relations évoluent… certaines stagnent… d’autres se brisent, d’autres continuent plutôt pas mal … il n’y a pas de règles en amour… chacun a son propre cheminement, certains moins lisse que d’autres mais c’est pas grave ! moi c’est tout sauf lisse et finalement, je le vis plutôt bien en fait 🙂

D’ailleurs c’est marrant, il y a AMOUR et RELATION … En fait, c’est plutôt de RELATION AMOUREUSE dont il est question…. l’art de la relation amoureuse : quand est ce que c’est bien, est ce que ça dure est ce que ça peut s’arrêter ?

Les deux mon général … ça peut durer ET ça peut s’arrêter… En tous cas je sais à présent que ce n’est pas si facile et que ça ne coule pas de source… je crois – en tous cas c’est mon impression – que ça nécessite pas mal d’abnégation, de dialogue à cœur ouvert (très dur ça), de patience, de petits et grands efforts, de RESPECT, de tolérance, de SEDUCTION permanente… c’est pas facile tous les jours hein ! mais bon… ça vaut le coup quand même parce que la vie sans amour c’est quand même moins drôle…

Allez… GOOD LUCK à toutes et à tous…  maintenant ou plus tard, jeune ou vieux, ça peut toujours arriver, revenir l’amour… parce que c’est comme ça la vie !

LES COMMENTAIRES SUR INTERNET … … …

Hello à tous!
Désolée j’ai un problème avec Blogger. Je ne sais pas si ça vient des templates de mise en page que je choisis mais manifestement, on ne peut pas laisser de commentaires sur mes blogs et j’essaie de comprendre et résoudre ce problème… voilà.

Mais là n’est pas le propos de ce billet. Il concerne les commentaires que je peux lire des Internautes… j’adore lire les commentaires… je trouve ça très instructif… sur les articles du Monde, dans Libé, Le Figaro, pure people, facebook, les pages média sur facebook… bref… ça m’amuse, c’est parfois très pertinent… mais parfois, enfin souvent en fait, ça m’inquiète et me désole ..

Déjà d’une, le média Internet,semble avoir donné le droit à beaucoup de monde de s’exprimer super mal… Je veux dire par là: langage SMS parfois illisible, erreurs de conjugaison, d’orthographe, de syntaxes parfois grossières… les gens s’en foutent… ils déposent leurs commentaires de façon gratuite, sans se soucier du résultat… je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout un exemple de littéraire exemplaire. Loin de là… j’ai un parcours littéraire certes, mais je n’ai jamais été une crack en conjugaison et je trouve que mon vocabulaire est somme toute assez basique… Quant à l’orthographe, l’email, sms et j’en passe ont fait beaucoup de dégâts… Cependant, je réalise que mon niveau n’est peut être pas si pitoyable quand je lis tous ces commentaires ….

Ce qui est dommage, c’est que le message passe moins bien… il se lit moins bien, il se comprend moins bien aussi… Je ne pense pas dans ces cas là que ce soit un problème de manque d’éducation ou d’illettrisme…j’ai l’impression que c’est surtout une réaction de fainéantise.

C’est comme les gens qui vous envoient des emails sans formules de politesse, sans bonjour, merci, au revoir… ça me hérisse… Là c’est pareil… on vous balance des données brutes, sans effort… et je trouve que ça tue la crédibilité des personnes…pourtant j’ai moi aussi fini par m’adapter au « business talk style » et à envoyer des mails avec « WDYT » (What do you Think)… par ras le bol de faire des efforts…

L’autre chose que je remarque, c’est la capacité des gens à réagir de façon super primitive, grossière, parfois même inhumaine… On se croirait encore au moyen âge je trouve quand on lit certaines réactions… En tous cas si le confort matériel etc. a connu un beau progrès, je crois qu’humainement, pour la plupart l’évolution a été nulle…

C’est très frappant avec toutes ces histoires de faits divers, d’actualité polémique comme l’affaire DSK par exemple… je me dis en lisant les commentaires de ces gens qui si le « peuple » gouvernait vraiment, … ça ne vaudrait pas mieux… On en serait au stade de la révolution française avec ces effets de masse où le groupe supérieur en nombre hurlerait, aboierait, exigerait la pendaison d’une seule personne, peut être innocente…

ça donne à peu près cette impression parfois (je précise que j’adore cette scène, j’adore ce film, absolument culte pour moi) :


Enfin voilà… les gens ne réfléchissent pas… tout le monde veut avoir raison, et pour peu qu’ils ne soient pas d’accord, certains s’insultent.. parfois avec style mais c’est rare… très rare… Et puis cette virulence, cette violence dans les propos, dans les mots… Quand on lit les commentaires des gens, on comprend mieux cette violence ambiante, on comprend mieux pourquoi les gosses parlent mal, on comprend mieux pourquoi on est un pays qui a tant de problèmes de civisme… je ne suis pas conservatrice, je ne suis pas coincée du c** ni psycho rigide – enfin a priori ça va –  ;-)) mais je crois qu’il y a quand même un vrai problème d’éducation dans notre société et il suffit de lire les commentaires de certains sur Internet pour s’en rendre compte…

Peut être que je suis intolérante, peut être que je fais preuve d’orgueil mal placé, j’en sais rien… mais certains feraient bien de réviser leur Bescherelle et leur bled … en tout urgence… et puis surtout, RÉFLÉCHIR à ce qu’ils écrivent, au sens de leurs mots, à la portée de leurs propos…

Si vous voulez, voir de vous même, lisez les commentaires des lecteurs sur les pages facebook des média, ou sur les sites des média eux même… même sur le monde.fr on peut trouver des trucs dingues…

Enfin moi ce que j’en dis… il y a encore du boulot pour les hommes avant de devenir humains…

AFFAIRE DSK: QUAND L’IMPOSSIBLE DEVIENT TOUT A COUP POSSIBLE. QUAND CE QU’ON N’IMAGINE PAS DEVIENT REEL.

L’affaire DSK. Un tsunami politique national, international, qui sidère tout le monde, de gauche comme de droite. Une affaire tellement surréaliste, tellement dingue, tellement pas croyable et pourtant tellement réelle.

Je suis comme tout le monde. Partagée entre l’envie de ne pas en parler et l’envie de débattre jusqu’à l’infini sur le sujet. Mêlée de stupeur, de tristesse, de dégoût, …

Comme tout le monde j’ai été choquée par ses images, cette surexposition médiatique, ces gros titres bien graveleux de la presse américaine montrant DSK l’air hagard, pas rasé, abruti par tout ce qui est en train d’arriver…et surtout ce choc inoui de la chute d’un homme. Un homme qui était à deux doigts de l’ultime succès et qui s’enfonce, qui s’écroule pour un dérapage trivial, bestial, primaire…

Il y a eu l’emballement sur le complot mais il semble que les chances soient minces pour qu’il soit blanc comme neige… et même si c’est un complot ça n’excuse pas l’attitude, les gestes, le crime… Et la pauvre victime dans tout ça? La vraie victime? Cette femme de chambre d’origine Africaine, sûrement là parce qu’elle n’a pas le choix…elle ne le connaissait pas, elle ne savait pas l’importance qu’il avait… elle a subi une agression dégueulasse et elle a eu le courage de le dire…

S’il est bien coupable, il est normal qu’il réponde de ses actes… s’il ne l’était pas… ce qui ne semble que peu probable, alors il s’en remettra et ça sera LE mauvais souvenir de sa vie et de ses proches…

Ce qui arrive à DSK rappelle immanquablement la fragilité de l’existence pour tous, même les plus forts. Même les plus forts, les plus riches, peuvent s’écrouler avec un petit rien, du jour au lendemain… c’est peut être ça qui nous glace…. l’effroi de cette existence qui peut basculer…

C’est dérangeant aussi. Dérangeant d’admettre qu’une personne puissante et intelligente en plein succès puisse se saborder pour quelque chose d’aussi stupide?

Après je ne suis pas d’accord avec le lynchage médiatique. Je trouve ça d’une grande cruauté. On ne rosse pas de coups quelqu’un qui est déjà à terre. C’est presque aussi criminel je trouve. L’humiliation de trop, inutile. S’il doit être traité comme tout le monde, qu’il le soit vraiment… Moi c’est ça qui me dérange dans cette histoire… Je le vois comme un homme… un homme qui même s’il est un sinistre salopard est surement en train de réaliser ce qu’il a fait, ce qu’il va lui arriver, qui est surement en train de réaliser que sa vie est foutue… en tous cas celle qu’il était en train de se préparer… Je ne le plains pas mais je pense que les média ne devraient pas avoir le droit de tout montrer sur la place publique…

On verra le résultat de cette affaire mais oui, encore une fois, la gloire, le pouvoir, ça ne veut rien dire au final….

ROBERT BADINTER SUR FRANCE INTER – EXCELLENT.

Après les pensées de Pascal, les pensées de Yiayia …. enfin oui on peut dire ça comme ça :-)

Bonsoir / Bonjour les gentils Internautes qui daignent me suivre… ça faisait fort longtemps que je ne m’étais pas déchaînée sur mon clavier. Mais Friday Night Fever oblige, je me suis dit que c’était le bon moment de reprendre…

C’est que parfois on fait panne sèche. Vous savez, la hantise de l’écrivain… (je n’ai toujours pas recommencé à écrire d’ailleurs) … la peur du manque d’inspiration. Mon cerveau est en jachère en ce moment je le crains. Mes neurones ont décidé de fournir l’effort minimum. Pas envie. C’est que ça demande du temps de devenir une vraie chômeuse. Reprendre un rythme NATUREL… Laisser son organisme reprendre son vrai rythme, pas celui de l’obligation. Et dans sa tête c’est pas si simple de lâcher prise, de ne pas se sentir « obligée »… et moi je suis de nature à me sentir obligée de tout… alors forcément, pour des personnes comme moi, le « lâcher prise » relève du challenge, voire de la mission impossible… mais bon… j’y travaille… A chaque jour suffit sa peine… Petit à petit je me déconnecte, je m’éloigne, je commence à prendre un certain recul et à observer…

Cette observation de la vie, des gens, me rend un peu philosophe… enfin je n’oserai jamais me mesurer à Pascal, à Nietzche ou Spinoza… (oui j’ai fais un Bac A2; Philo Coeff 8 …. ma prof disait que c’était dommage parce que j’avais des vraies réflexions mais je fonçais dans le brouillard… hmmm… un signe? :-)) – Bref. Forcément, se déconnecter d’un système rend un peu plus observateur et critique…

Je peux observer les gens partout. Sur les terrasses des cafés à l’heure du déjeuner, dans la salle de sport le matin, en promenant le plus adorable des petits chiens,  et je constate toujours que:

1) Oui. La vie est définitivement injuste.
2) Oui, certaines personnes ont TOUT, d’autres RIEN et d’autres, un truc entre les deux plus ou moins bien équilibré
3) Un enfant con, donne un adulte con et un vieux, con.
4) Les gens fuient le malheur et la tristesse des autres comme la peste
5) Les gens ont peur d’être contaminés par les malheurs et les chagrins des autres mais ça nourrit leurs conversations entre gens veinards
6) Je ne supporte plus du tout les gens qui disent « quand on veut on peut » même si j’en pardonne quelques uns…
7) On prône la communication mais ont vit dans une société d’autistes
8) On prône le retour à la nature, à la non consommation, au DÉVELOPPEMENT DURABLE mais les gens meurent quand ils ne consomment plus et ne vivent leur reconnaissance sociale qu’en consommant (dis moi ce que tu consommes, comment tu consommes et je te dirai comment tu as réussi ta vie)
9) Les gens affichent leur bonheur de vie réussie sur Facebook mais en attendant les statistiques sont claires: un couple sur 3 divorce et c’est un couple sur 2 à Paris. Conclusion: les gens mentent sur facebook.
10) Les gens ne sont réellement concernés, touchés par le malheur, que lorsque ça leur tombe sur la gueule…
11) Parfois le malheur ça rend méchant et inhumain et injuste et intolérant… parfois pas…

Alors… par quoi est ce que je commence? ah oui… Ce qui m’a donné envie de poster un blog l’autre soir… je descends au G20 en bas de chez mon amoureux (il a double chance: il a un marché juste en bas de chez lui et en plus c’est moi qui y vais ;-))

Et punaise, ça schlinguait grave dans le G20. ça sentait le vieux fromage et la vieille pisse… un truc pas terrible quoi… et en fait, l’odeur venait d’une vieille dame, qui était devant moi avec son caddie, et sa canne… et sa vieille jupe longue tachée, ses claquettes déglinguées, ses bas de contention roulés … son allure faisait mal au cœur. Elle arrive à la caisse. 22.30 euros de courses. Des conserves essentiellement. Pour une personne. Sous marque. 

Derrière moi, une autre vieille, avec son accompagnatrice, sa bonne à tout faire, mouchoir collé au nez l’air dégoûtée qui ne pouvait pas s’empêcher de rouscailler: oh mais mon dieu quelle odeur ! 

J’avais vraiment envie de lui dire: ta gueule mémé.

L’autre dame sort, péniblement. Je suis tellement désolée pour cette petite vieille…La caissière aussi est désolée et elle me dit: elle est malade cette dame, c’est malheureux… et l’autre vioque, qui sort: ah mais c’est pas possible de sentir aussi mauvais, c’est inadmissible.

Là, c’était plus fort que moi je lui rétorque: mais Madame, tout le monde n’a pas la chance de pouvoir avoir du soutien, d’être accompagnée et d’avoir les ressources financières suffisantes pour pouvoir éviter cette déchéance. Sans déconner j’ai fais l’effort d’être polie… On peut être vieux et con. C’est sûr maintenant. Mais elle était sûrement conne jeune aussi cette bécasse bourgeoise.

Le soir, quand je rentre chez moi, je croise souvent un clochard… encore en bon état. Il a de la terreur dans les yeux et à chaque fois que je le croise ça me bouleverse. On dirait un petit garçon dans un corps de vieille personne, son sac à dos bien serré contre lui, son petit short, son T shirt, ses chaussures encore correctes, il marche d’un pas rapide et inquiet… sûrement à la recherche d’un abri pour la nuit… Une fois je promenais le plus adorable des petits carlins et je suis remontée chez mon chéri le sanglot dans la gorge… il a du me prendre pour une dingo mon chéri… mais moi la misère, ça me déchire le cœur… Alors je donne, je donne comme je peux à ma petite échelle, Emmaus, L’Abbé Pierre, des pièces par ci par là, j’essaie d’avoir des regards, des paroles humaines, une fois j’ai carrément acheté de la bouffe à deux SDF, je leur ai filé des tickets restau et j’ai passé une heure avec eux dans le froid en sortant du Franprix… et quand ces gens commencent à vous raconter leur vie… juste vous voyez bien que c’est juste une question de chance la vie… de bien naître, ou pas … Je me demande parfois si je fais ça pour soulager ma conscience? Sûrement… en partie… Forcément. Je me dis que si tout le monde tend la main, si tout le monde essaie à sa petite échelle, ça peut s’arranger? Je me dis que c’est mieux que rien…

La misère. Voilà ce que j’observe. Et la superficialité des gens tant que rien ne leur arrive…C’est malheureux de se dire que c’est souvent le malheur qui donne de la profondeur aux êtres. Enfin, les épreuves. Les épreuves corrigent la vanité, l’orgueil, on se prend une bonne grosse claque d’humilité. On réalise de nouveau qu’on est qu’un petit grain de poussière. Peu importe son nom, son origine, son statut social, une épreuve ça recadre direct. On arrête de se la péter, de se bercer d’illusions …

La vie peut être belle, mais elle est souvent très moche. Et se l’avouer ça fait vraiment chier. Mais c’est la vérité. Et si elle n’est pas moche là tout de suite maintenant pour nous, elle l’est pour des milliards d’autres êtres humains, et il faut se démerder pour vivre avec ça…

Moi je sais pas si je pourrai être pleinement heureuse un jour… Il faut être totalement inconscient pour être heureux… Et puis ça veut dire quoi être heureux d’abord ? Etre marié deux enfants double salaire deux bagnoles dont un monospace, un chien / chat et être allé au moins une fois à Bali et à New York , faire des BBQ entre amis le WE, ??? Comme disent les anglais: What The Fuck ?
Est ce que je deviens un peu misanthrope moi qui avait la réputation d’être une machine à socialiser? C’est possible. Après des années de Yiayia Boute-en-train + quelques grosses baffes dans la figure je crois que je suis sortie de mon inconscience…

Être heureux ça ne veut rien dire pour moi… La vie est une sorte de passage pendant lequel il faut bien sûr essayer de vivre le mieux possible, donner le plus possible, idéalement, c’est génial de recevoir aussi mais je ne crois pas que ce soit ça qui suffise à rendre « heureux » … Être en accord avec soi même, avec ses pensées, son moi profond, être sincère, toujours… sûrement ça permet d’accéder à une certaine plénitude… et puis sûrement pour savoir ce que c’est que d’être heureux il faut savoir aussi ce que c’est que d’être malheureux…

Comme quoi, le malheur et le négatif ça a du bon, puisque ça nous permet d’apprécier quand ça se passe bien 😉

Comment ça il est pas gai mon blog? Mais si ! Il est réaliste. Et on peut être réaliste, lucide sur l’existence, sur les gens et le vivre très bien. A 35 ans je commence enfin à accepter cette imperfection massive de l’existence. Je commence à admettre que l’enfer est sûrement sur terre, que c’est l’homme qui s’est crée la plupart de ses aliénations et sa propre destruction, par orgueil, par vanité, par envie de toujours plus toujours mieux… c’est assez biblique n’est ce pas?

Là dessus mon éducation judéo chrétienne me colle à la peau…j’ai grandi avec un chapelet jusqu’à l’âge de 10 ans donc je connais un peu les 7 pêchés capitaux ;-))

Je crois qu’il y a des gens bons et des gens fondamentalement mauvais. ça m’étonne toujours, ça me débecte mais oui, il y a des gens mauvais et qui s’en foutent royalement que d’autres gens souffrent du moment que pour eux et leur petite existence tout va bien et qui n’hésiteront pas à faire du mal pour arriver à leur fin… et sans culpabilité ou cas de conscience. J’en ai croisé plein des gens comme ça… j’ai même été assez conne pour tomber amoureuse de certains… Mais maintenant je sais…

Je suis une apprentie Jedi … un jour je serai comme Yoda.

Hinshallah. Amen.