FOLKLO FAMILY

Et une dernière pour la semaine…. FOLKLO FAMILY. Je me suis bien marrée à l’écrire celle là… EVIDEMMENT c’est légèrement autobiographique :))

FOLKLO FAMILY

Je le savais. C’est toujours comme ça. Je ne vois pas pourquoi cette fois – ci on aurait échappé à la règle. Départ en vacances. Les catas de dernière minute arrivent. On devait se lever à 7heures, on se lève à 9heures 30. On va rouler en plein soleil. 2 parents, 5 enfants de 2 à 24 ans, un chien. Ça en fait du monde tout à coup. Le tout réparti dans deux voitures. On a beau s’organiser, on y arrive pas, à faire comme on avait dit.

La maison s’est transformée en usine au bord de l’explosion. Maman se laisse déborder par les finitions. Papa se demande déjà où sont cachées les clés de la maison. Moi, j’essaie d’être polyvalente et d’aider à sauver les meubles afin de minimiser les engueulades du départ. Ma sœur comate. Elle s’est couchée à 4heures du mat’ et reste fidèle à elle-même, c’est-à-dire, complètement à l’ouest.


Pour ma mère, chaque détail prend une importance extraordinaire. Mon père demande de plus en plus souvent où sont rangées les clés de la maison dont on a qu’un seul trousseau. Les trois petits eux, en attendant, dérangent tous les jouets que je me suis donnée la peine de ranger la veille. Logique. Moi, je me dis que j’ai passé l’âge d’aller en vacances avec mes parents. D’un autre côté, je suis bien contente d’aller voir l’océan et de passer un peu de temps avec ces drôles de gens qui forment ma famille.

11 heures, le départ s’annonce, chaud. Les deux voitures sont blindées. Maman a insisté pour qu’on case les vélos des petits en plus de tout le reste. Tout le reste, c’est énorme quand on est 7 personnes plus un chien. Les traits de mon père commencent à se crisper. 11h05, il explose : — Où sont passées ces putains de clés bordel !!? … Aïe, aïe, aïe. On ne décollera pas avant 12h00. S’il continue, ma mère va décréter qu’elle ne part plus.


Je connais les scènes par cœur. Elles se reproduisent, inlassablement. C’est devenu une façon de vivre. Ma folklo family ne sait pas faire comme tout le monde. 11h32. Après nous être tous insultés, on se décide de jeter un coup d’œil dans une des boîtes à jouets des petits. Bingo, la clé se balade au milieu de la dînette. Ma mère clame des ‘je vous l’avez dit’, mon père lui est exaspéré, moi je me demande pourquoi on a qu’un seul trousseau…12H00, on intègre les voitures. Les petits et mes parents dans la leur, ma sœur moi et le chien dans la mienne. La leur ne démarre pas. La batterie s’est vidée. Les petits ont du jouer avec les phares. Papa est au bord de la crise de nerfs. Je cours chercher les pinces crocodiles. Je mets ma voiture face à la sienne. Ça va prendre dix minutes. Pas de quoi s’affoler. C’est normal qu’une chose comme ça nous arrive. Il faut relativiser. Je relativise. On a juste quatre heures de retard sur notre planning de départ.

Au bout d’une demi-heure, un des trois petits commence à avoir le mal du transport, puis donne la même envie à la petite dernière. On se retrouve arrêtés sur une des premières aires d’autoroute de notre long parcours. Ma mère est en pleine crise d’hystérie, le rouleau de sopalin à la main, les sacs en plastique dans l’autre, pour nettoyer les deux petits recouverts de vomi. Heureusement, elle a prévu les rechanges. A la longue, on apprend à anticiper certains incidents, en souhaitant toutefois qu’ils ne se reproduisent pas à chaque fois … Qui roule avec des rouleaux de sopalins et des sacs en plastique Auchan ? Certainement pas Madame Toulemonde. Mon père, en prend plein les gencives. Tout est de sa faute. Encore un coup de son manque de dynamisme selon maman. Mon père lui, tente d’expliquer les dangers d’un arrêt sur une bande d’arrêt d’urgence d’autoroute. Moi, je la ferme. Dans ces cas là, il vaut mieux. Je n’ai pas envie de me voir avec un sac plastique rempli de vomi sur la tête. Dans ces cas là, l’énervement est tel qu’on ne sait jamais. On en profite pour faire un transfert. Je prends les deux garçons avec moi, plus le chien. Avec la musique à fond ça les calmera de leurs envies de dégobiller. J’espère.


Ma sœur, celle qui s’est couchée à 4 heures du matin, voyage à côté de moi. Elle comate toujours, entre quelques quintes de toux. Ces virées nocturnes ont fini par lui faire choper la crève. Je la supplie de se gaver de ma boîte de Ricola aux herbes suisses afin qu’elle ne décuple pas mon stress pendant le voyage. C’est très dur de conduire avec quelqu’un qui vous tousse dans les oreilles. O miracle, le reste du trajet se passe à peu près sans incidents. On ne se trompe même pas de route. On s’améliore quand même. Si, si, avant, on arrivait à 20heures en partant à 11heures, maintenant on fait en 5-6 heures un trajet qui se fait normalement en 4. Le progrès est net.


Je l’aime ma folklo family. On ne le fait pas exprès de ne pas être standards. Ce n’est pas faute d’essayer pourtant. Mes parents sont des hippies dans l’âme. D’authentiques bohêmes contrariés. La libre expression familiale est notre sacerdoce et bon sang qu’est-ce qu’on s’exprime chez nous ! Sûrement trop pour nos voisins, mais mieux vaut trop que pas assez.


Des hypersensibles, hyperémotifs, hyper –fantaisistes, hyper expressifs, ça donne … de la dynamite quotidienne. C’est pour ça qu’on a besoin de vacances. Nos voisins aussi. Nos voisins nous considèrent comme des cas sociaux. Des Groseilles qui auraient malencontreusement trouvé logis dans le lotissement des Lequennois. A la seule différence que nous étions les pionniers du lieu dit. Ils avaient qu’à réfléchir et nous écouter avant de camper leur maison traditionnelle devant chez nous. On ne leur a jamais demandé de venir nous gâcher la vue de la vallée. Et puis si on parle trop fort pour eux, ils n’ont qu’à s’acheter des boules Quiès. Là c’est ma mauvaise foi qui s’exprime bien sûr. On se compare souvent, naturellement à la famille Addams. La caricature n’est pas si excessive parfois. Dommage que la plupart des gens nous fuient. Je nous trouve personnellement plutôt attachants. Les gens qui nous adoptent se sentent bien chez nous. Il y a de la vie avec un grand V.


A mon sens, mes parents sont d’éternels ados, avec bien évidemment les travers que ça peut comporter, mais je suis heureuse d’avoir des parents comme ça plutôt que des « Monsieur – Madame – bien rangés – propres sur eux – bénis oui-oui ». Ma folklo family est incontestablement rebelle. D’ailleurs, mes parents n’ont à ma connaissance plus vraiment d’amis. En tous cas, plus depuis qu’ils se sont réinstallés de façon plus sédentaire en France.


Quand j’étais enfant, je me souviens de notre immense maison dans les îles, où nous vivions, et qui était devenue un « must » en matière de soirées que maman avait le don d’organiser à la perfection.


Là, où nous vivons malheureusement, les gens sont froids et conformes. Les décalages entre leurs vies et la vie de mes parents sont de toutes façons trop profonds pour espérer une quelconque sympathie ou ouverture d’esprit de leur part. C’est peut être aussi pour ça que mes parents ont agrandi la tribu. Entre nous, nous nous comprenons. Tant pis pour les autres, on arrivera à se passer d’eux !

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