SERIE LOOSE

UNE AUTRE VIGNETTE … issue de mon premier manuscrit écrit entre 24 et 25 ans – Les Sens de l’Existence –

SERIE LOOSE
 Apprendre à aimer c’est comme apprendre à marcher. On tombe, on se relève, on tombe on se relève. Parfois, ça fait plus mal que d’autres. Et c’est pour tout pareil. Apprendre à être « professionnelle », apprendre à être « matérialiste »… C’est fou comme la vie est irrégulière, en dents de scie. On atteint des sommets pour ensuite toucher des profondeurs. J’aurai dû prévoir le coup. Je me suis fais avoir. Une fois de plus. A chaque fois je me dis qu’on ne m’aura pas deux fois. A chaque fois, je crois que je saurai me protéger, mais… la peur n’évite pas le danger. Trop se protéger empêche parfois de vivre. Généralement, tout chavire en même temps. En ce qui me concerne ça se passe toujours de la même façon. Une volonté de croquer la vie à pleines dents, freinée par des paramètres que je ne maîtrise pas. Comme d’habitude, tout démarre pour une histoire de mec foireuse. Ces derniers temps j’ai été championne toutes catégories en histoires foireuses. Je flashe, je m’emballe et je me plante lamentablement après m’être faite une vie entière de films. Le reste suit.

Je me réveille le matin, le nœud dans le ventre, la boule dans la gorge, vide, démotivée. J’aimerai rester au lit et rêver ma vie, mais je dois aller bosser. Je ne peux compter que sur moi-même, alors je ne peux pas me laisser tomber. Je me prends par la main et je me traîne dans la salle de bains, hirsute. J’allume la lumière, je pisse, je tire la chasse et je me regarde dans la glace. Vision d’horreur. Mon teint est brouillé, mon acné récidive, mes cheveux sont ternes et mous. Encore une belle journée qui s’annonce tiens ! Allez hop ! Sous la douche ! Un brushing et du cache – misère plus tard je serai présentable. Je revêts ma panoplie de jeune travailleuse aux dents longues et à l’énergie volcanique, la mélancolie au cœur. Mes yeux ne trompent pas. La mélancolie est visible. Je ne la sens pas ma journée et j’ai bien raison.

J’enchaîne les poisses. Patron taré, clients encore pires que d’habitude à qui je ne peux pas dire d’aller se faire foutre avec leurs vies dont je n’ai rien à cirer et mon satané portable qui est parti pour 15 jours à me faire lire des textos m’indiquant que je suis de nouveau à découvert, donc de nouveau dans la merde. La solitude s’empare alors de moi. Je ne vois plus d’issue. Je suis squeezée. Je suffoque. J’ai l’impression que c’est toujours aux même que ces choses là arrivent. Je n’arrive plus à me raisonner. La journée met plus de huit heures à passer. Tout me contrarie.

C’est la loose totale. J’évite de trop me regarder dans un miroir tellement je me trouve minable, pitoyable. Je rentre seule le soir. J’arrive dans mon appart, seule. Je suis, seule. Ce mot, raisonne dans ma tête et me fait pleurnicher. Je ne trouve plus belle cette solitude forcée. Après tout, je ne l’ai pas choisie. Indépendante mon cul ! Qu’on arrête de nous gaver avec les joies du célibat et les bienfaits de ce « stiletto feminism ». Depuis quand on est fait pour vivre seul ? Une moitié de tablette de chocolat plus tard et quelques petits gâteaux, je me sens presque mieux. Presque, parce que je sais que ce que je viens d’engloutir va se stocker sur mes cuissots déjà pas minces. Ce n’est pas comme ça que je vais relancer ma séduction me plains-je en faisant de la sensiblerie sur moi-même.

J’abandonne la grande bataille. Pire, je n’ai même plus envie de me battre. C’est trop dur ! Je pleure, je pleure sans fin. Je suis le nouveau Caliméro de service. Je me vide littéralement. Je me recroqueville dans ma coquille. J’en ai marre de me prendre en mains. Pourtant, je sais que je vais finir par réagir. C’est dans l’ordre logique des choses. Ma maman, mes amies proches, leur tendresse et leur solidarité du moment, font que je finis par relativiser ma situation. Je me dis qu’après tout, tout n’est pas encore fini. Je finirai bien par retomber amoureuse, je les rembourserai ces crédits qui me gâchent le porte-monnaie… La vie c’est ça. Des séries loose, ponctuées de périodes de gloire. Vivre le mal pour mieux apprécier le bien ? Peut être…

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