T’as la wouine Jocelyne !

7 mois, que dis-je, officieusement 12, que je cherche comme une dingue, la nouvelle passerelle, le nouveau chapitre de ma vie professionnelle, que je passe des heures à scroller toutes les plateformes, que j’ai même investi financièrement sur Linkedin pour avoir le sacro saint statut premium qui te donne accès à tout … ou presque.

Des heures à bosser avec ChatGPT pour devenir incollable dans tous les secteurs auxquels je postule, jusqu’à des simulations d’entretiens, des stratégies proactives à faire des benchmarks, des swots, imaginer des scénarios du pire et du meilleur … et puis … RIEN.

Le néant. ça fait peur hein … Oui je sais. Bien sûr que ça fait peur. Les gens en poste, qui viennent régulièrement regarder mon profil Linkedin pour voir où j’en suis (si si je vous vois) … beaucoup d’anciens collègues qui doivent se dire : « merde … ça traîne quand même… elle a du mal à retrouver … est ce qu’elle cherche vraiment ? » … « peut être qu’elle est pas si compétente que ça ? » … « ouais, ça craint … 50 piges la pauvre, ça se présente pas terrible » … Nan mais je sais. En fait je dis rien. Enfin à part ici. A l’extérieur, et SURTOUT sur Linkedin, je ne dis RIEN.

Je refuse pour l’instant la petite bannière honteuse du « open to work ». Parce que tu sais, je sais, que c’est déjà une bascule supplémentaire dans la lose. Je refuse de m’imposer cette humiliation supplémentaire de mendier du boulot. J’ai pas envie. Je l’ai fait. Je veux plus.

Globalement j’ai pas des journées ennuyeuses. J’ai de quoi m’occuper vous savez. C’est juste que lorqu’on cherche non stop du boulot, ça vous pompe une telle énergie, ça génère une telle anxiété permanente, que ça vous suce toute inspiration ou envie pour des choses peut être plus créatives … Evidemment ce sont des phases. Parfois l’impulsion revient, mais quand on passe des entretiens, qu’on donne tout, qu’on attend des nouvelles (parce qu’en plus on te dit qu’on va te donner des nouvelles) et qu’on se heurte à du vide intersidéral, ça épuise. Et forcément, quand on a des pistes qui emballent et qui semblent vouloir mener à quelque chose, on a envie d’en parler … mais après, on vous pose des questions du genre « alors ? des nouvelles ? » ….Bah non. Pas de nouvelles.

Pendant 6 mois j’ai vu mon CV « en cours de traitement » dans une boîte où j’avais une bonne connexion. Et ENFIN, parce que l’été et les vacances estivales sont là, j’ai reçu le petit mail automatique qui te dis : bah en fait, on ne va pas vous prendre … mais ça ne remet pas en question vos compétences (mais ta gueule avec ta formule toute pourrie)….

Ce matin, j’ai envoyé une candidature à un poste vers 10h du matin. A 14h j’avais un mail de refus. Punaise, ça c’était du rapide !

Il y.a des étapes dans le chômage. Des durées un peu « clé » qui font peur et où tu te dis : Aie aie aïe, si je passe ce cap, ça va vraiment durer longtemps … Peut-être que je vais me recycler. Tant qu’à me dévaloriser au niveau salarial, je vais peut être tenter de devenir enseignante. ça me plairait bien je crois …

Peut être que je vais vraiment me lancer à mon compte et devenir la slasheuse que j’ai toujours eu envie d’être …

On me l’a dit dans mon horoscope estival de sagittaire que j’allais basculer en roue libre et peut être totalement redéfinir mes plans, mes priorités.

La seule chose que je sais, c’est que même si je peine, même si parfois j’ai grave les boules, peur un peu, j’ai un truc en moi qui me fait penser que non, je ne céderai pas à la trouille. Non je ne serai surtout pas victime de cette situation.Je vais trouver comment rebondir

Alors à tous ceux qui s’inquiètent pour moi, qui viennent régulièrement m’espionner pour voir où j’en suis, ne vous inquiétez pas.Je suis habituée aux courses de fond, à remonter les pentes. Je suis endurante et j’ai des cuisses puissantes.

Retrouver du boulot à 50 ans : le nouveau parcours du combattant.

Photo de Jeremy Bishop sur Pexels.com

On me disait : oh mais je suis SURE que tu vas vite retrouver avec ton profil et ton parcours c’est obligé. Oui, bien sûr. Moi je savais que j’allais en chier. Je le savais parce que je suis déjà passée par là et que je sais dans quel climat on est actuellement …ça fait déjà 5 mois officiellement … Mais je sais. Je sais. Les juniors rament. Les jeunes seniors rament. Les jeunes diplômés rament 2X plus. J’ai eu de la chance quand j’étais jeune. A peine diplômée, encore à l’école avant ma soutenance de Master, j’avais passé un entretien avec le directeur marketing de la boîte qui me faisait rêver dans un hall de l’aéroport de Roissy entre les 2 avions du gars à l’époque et 5 jours plus tard, j’avais un « You’ve got the job » dans ma mailbox. En 10 jours j’embarquais mes quelques affaires avec l’aide de mon père dans un foyer de jeunes travailleurs à Annecy pour démarrer mon 1er vrai job de mes rêves …qui s’est révélé ne pas être si ouf’ dingue que ça, mais c’est une autre histoire…

A bientôt 50 ans, je n’ai plus la même veine. A 44 ans non plus d’ailleurs, j’avais bien ramé et en plus le Covid n’avait rien arrangé. J’ai fais quelques erreurs de choix dans mon parcours, j’en suis consciente. Des fois où j’ai pris des risques qui n’étaient pas les bons, d’autres où j’aurai du à l’inverse foncer et je ne l’ai pas fait et forcément, je l’ai regretté ensuite. C’est comme ça. C’est mon parcours, mon cheminement propre.

Ces derniers temps j’ai quand même l’impression d’avoir une sorte de tiercé gagnant. Enfin perdant. On touche la finale, on voit la ligne d’arrivée, mais … finalement non. Les raisons sont vastes : recrutement interne finalement … ghostée, je ne suis pas assez réseautée, et surtout pas dans le réseau des managers recruteurs, je suis trop chère, trop senior pour le poste, TROP VIEILLE. On me l’a sorti : « ça ne vous gêne pas que votre manager soit plus jeune que vous » ? Bah non. Moi ça ne me gêne pas mais elles, ou eux, oui. Mais ça ne se dit pas ouvertement. On le sent seulement.

Les compétences je les ai, mais … ça se bouscule au portillon. Je ne suis pas seule. Mes prétentions salariales sont normales pour mon expérience et mon âge. Ce n’est pas forcément ça qui bloque d’ailleurs. On est toujours trop de quelques chose ou pas assez de cela, dans tous les cas…

Je joue le jeu à fond aux entretiens. Je me prépare comme jamais. Je deviens une incollable sur tous les sujets des entreprises pour lesquelles je postule. Experte en logistique, en e-Commerce, en hôtellerie, en parcs d’attractions, en corporate, en crise, en RSE, en lifestylen en consumer, en Digital, en IA … ChatGPT est devenu mon allié pour la préparation proactive de recommandations stratégiques, d’analyse de marché, de la concurrence, je m’entraîne à faire des entretiens pour être toujours plus percutante. Mais non. ça ne suffit pas.

Le problème, c’est que le temps passe. ça use. ça décourage, ça angoisse aussi … L’âge de la retraite recule mais il n’y a pas assez de boulot pour tout le monde et passé 45 ans dans mon secteur on devient presque bon à jeter … Alors la dernière option serait donc de me mettre à mon compte … Oh j’ai déjà commencé à préparer le terrain. Il me reste quelques trucs à peaufiner et surtout il me reste moi à convaincre de sauter le pas. Certains ont l’entrepreneuriat dans le sang. Moi je me sens comme quand je faisais de la planche à voile plus jeune. Ma mère m’engueulait quand j’étais à Abu Dhabi et elle en France de ne pas aller naviguer. Alors j’y allais la peur au ventre et je me souviens d’une journée où le vent était extraordinaire. J’y étais allée à reculons avec mon shorty et mon harnais … et … je n’ai jamais aussi bien navigué en ne sortant presque pas de l’eau de la journée. Je suis comme ça. J’ai souvent peur de me lancer, mais une fois que je suis partie on ne m’arrête plus. Alors on verra si je déploie la même impulsion d’ici la rentrée si je n’ai rien trouvé d’ici là.

A 20 ans, a 30 ans, quand on a que soi à penser, tout est plus simple. On a aussi une énergie, un élan de vie, un optimisme et une certaine inconscience peut être qui font qu’on se sent invincible, la vie devant soi (et c’est vrai !!). A 50 ans, c’est différent. On a fait ses preuves déjà. On sait comment ça marche. On devine plus vite les plans foireux, les climats toxiques, et surtout, on a moins envie de faire la carpette pour se vendre et de raconter sa salade a qui voudra bien l’entendre. Donc malgré soi on est sûrement plus sélectif.

Pour ma part, hors de question que je me brade. Hors de question pour l’instant que je me dévalorise. Par contre, faire mon auto promo et mon self branding sur Linkedin, AU SECOURS.

Linkedin: LE réseau par lequel on est obligé de passer pour chercher du boulot (même s’il n’y a pas que ce réseau loin de là) mais c’est une sorte de vitrine, de book de son parcours professionnel. Chaque annonce demande le profil Linkedin. Alors c’est bien d’y être. C’est bien, de bien présenter, de montrer ce qu’on vaut .. mais je réalise que ceux qui parlent le plus sont bien ceux qui bossent le moins ! Ceux qui se survendent entre les coachs de vie, serial entrepreneurs, marketeurs et j’en passe, ce sont ceux qui cherchent du boulot ! Et puis en vérité, ça me GONFLE. Tout n’est que façade, faux, trafiqué à l’iA. Authenticité zéro. Alors plus ça va, plus je m’éloigne. Quand je bossais comme une dingue j’y étais peu. Je faisais ce qu’il fallait pour mon job, mais point barre. Un peu d’engagement pour le handicap mental mais …c’est très vite chiant Linkedin.

Les réseaux sociaux en général ça devient chiant. Et cette obligation de réussite, de performance, de joie, de bonne humeur, de pensée positive, de pseudo intelligence, d’échec qui devient un succès, mais VOS GUEULES avec vos leçons de vie et vos bisounours ! Enfin pas vous, ceux qui me lisez. Ceux qui veulent à tout prix de la joie en permanence parce que sinon ça veut dire qu’on est aigri et pas cool et pas chouette dans nos têtes. Bah si. Moi j’ai plein de grands rêves encore dans ma tête dont je ne réaliserai peut être pas le 1/10eme. Je suis quelqu’un qui aime la vie avec un grand V. J’ai de la passion à revendre, un appétit de vie qui hurle à l’intérieur. Mais je sais aussi que la vie peut être dure. Que parfois, souvent même, même quand on se donne les moyens, ça ne fonctionne pas. Et c’est normal d’avoir les boules. C’est normal d’avoir la lose, d’avoir l’impression d’être la dernière des ratées, d’avoir même raté un peu sa vie …

ça fait quelques semaines que le mal me ronge … Alors je fais diversion. Je sais qu’après la pluie le beau temps. Je sais que « aide toi et le ciel t’aideras » … enfin qu’en gros c’est à moi de faire le nécessaire pour me sortir de mon marasme. Je me le botte mon cul de presque quinqua. J’ai pas envie d’être chômeuse à 50 ans. J’ai envie d’avoir encore le droit à de belles années. J’ai envie d’offrir une belle vie à ma fille qui elle, n’a rien demandé. J’ai envie de lui démontrer que même si la vie c’est pas facile tous les jours, ça vaut le coup quand même et ça peut être un truc chouette.

Alors on verra. Je ne suis pas particulièrement optimiste et positive mais …je me dis qu’à un moment donné, d’une façon ou d’une autre cette satané roue, tournera. Je dois être en période de purgatoire.

J’écris cet état d’âme parce que je sais que je ne suis pas seule. Et je veux que ceux qui en bavent en ce moment et qui ont les boules de la vie, sachent qu’ils ne sont pas seuls et que le problème c’est pas eux. Le problème c’est notre système de société qui n’est plus adapté au nombre qu’on est. Je n’ai pas la solution. Juste un bon instinct de survie. Et un jour quelqu’un m’avait dit : ne te corrompt jamais. Je voudrai dire à cette personne que j’ai tenu bon. Je suis toujours restée fidèle à moi même. C’est un des trucs dont je suis fière.

Force à vous, les laissés de côté, les « du mauvais côté de la barrière ». Tout bouge.

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NON, je ne veux pas devenir une Sarah Connor en mode survivor de guerre.

A midi, je suis sortie. J’avais un paquet a récupérer dans le quartier d’Odéon. Une vraie journée de printemps. 19 degrés, beau soleil, toutes les terrasses étaient ouvertes et pleines à craquer à l’heure du déjeuner.

Je regardais les gens dans le métro pendant mon trajet, les yeux grand ouverts. Je les observais. Je me demandais si derrière la façade des discussions, ces gens étaient inquiets au fond d’eux-mêmes de ce qui se passe dans notre pays et autour… Je me demandais si comme moi ils avaient décidé de ne plus allumer la télé, de ne surtout pas exposer leurs enfants à cette médiatisation de la guerre et de la terreur.

Je me demandais ce qui se passait dans la tête de ces ados joyeuses qui riaient entre elles de leurs histoires de jeunes … J’ai senti la colère et la tristesse monter en moi. Deux guerres mondiales. Des générations sacrifiées. Deux guerres qui ont prouvé à quel point la guerre c’est de la merde. Voleurs d’innocence. Voleurs d’insouciance. Voleurs de vie. Voleurs de joie.

On a le terrorisme, les pandémies, les catastrophes climatiques, ça ne suffisait pas. Ils veulent qu’on parte en guerre. Comme des cons on va laisser faire ? Moi je ne veux pas laisser faire. Je refuse. Pourquoi on ferait la guerre nous ? Au nom de quoi exactement ? Depuis quand la Russie nous a menacé ? Et puis qui a menacé qui en premier ? Ça fait plus de 10 ans que l’Ukraine et la Russie bataillent pour un territoire et soudain ça devient un problème de l’Europe ?

Savez vous que Von Der Leyen est en train d’invoquer l’article 122 équivalent du 49.3 pour obliger les Européens à investir 800 MILLIARDS d’Euros pour le réarmement ? Savez vous que les manoeuvres en cours risque de signifier un énorme transfert de pouvoir à Bruxelles et que tout cela n’est pas tellement démocratique car on ne nous demande même pas notre avis ?

Article du Financial Times qui en parle ici

C’est quoi ces prétextes pourris pour faire la guerre ? Ces idées rances d’une autre époque qui disent que la guerre ça relance l’économie, ça purge la surpopulation et j’en passe ? MOI JE NE VEUX PAS. Depuis quand l’Europe décide sans nous demander notre avis ? Vous trouvez ça démocratique vous qu’on nous impose une posture guerrière et qu’on discute de ponctionner dans nos économies ? Moi je ne trouve pas ça démocratique. Qu’est ce qui justifie de potentiellement envoyer ses enfants au front ou leur faire vivre la terreur de la guerre ?

On va recevoir en juillet un fascicule pour constituer un kit de survie. Vous vous rendez-compte ?On nous dit qu’en cas d’attaque nucléaire il faut fermer ses portes et fenêtres … non mais … vous vous rendez compte qu’en cas d’attaque nucléaire, même planqués dans des caves ça serait compliqué de survivre ?

Et tous ces enfants, les générations alpha, qui grandissent avec les gilets jaunes, le covid, la fin du monde qui plane tout le temps, maintenant faut qu’ils flippent de mourir de la guerre ? Mais qu’ils aillent se faire foutre bien profond tous ces salopards en costard qui n’enverraient jamais leurs gosses, qui n’iraient jamais au front et qui iraient se planquer au premier risque vital.

La propagande pro guerre je la conchie. La manipulation permanente des gens, je la vomis. Maintenant si on est contre la guerre on est considéré comme un collabo, un pisse-froid, un lâche, un sans patriotisme. ça me dégoûte. Moi je suis patriote. Je suis solidaire des gens qui souffrent y compris des Ukrainiens. Mais je voudrai surtout qu’on arrête de se foutre de nous et de nous prendre pour des jambons.

J’ai envie que ma fille ait le droit à une certaine insouciance dans son enfance. J’ai envie de ne pas mourir d’inquiétude pour ma famille à cause de la guerre. Je n’ai pas envie de me faire des scénarios catastrophes, sur : qu’est ce qu’on fait si la guerre éclate ? Comment on s’organise ? On va où ? On fait comment ? Penser à mes frères et soeur, à mes parents, mon neveu, mon beau frère, mon conjoint, ma fille … mon frère en situation de handicap.

C’est pas un jeu la guerre. Quand elle arrive, quand elle est bien réelle, c’est la mort qui guette. La souffrance. La violence inouïe, la barbarie … Faut arrêter de trouver que ça serait une bonne solution. ça ne l’est pas. Et surtout, cette guerre n’est pas la nôtre. En tous cas, ce n’est pas la mienne.

Retour à l’écriture : une nouvelle aventure

BONNE ANNEE ! BONNE SANTE !

Eh oui je suis de retour. Après une longue hésitation, ayant laissé mon blog en jachère ces dernières années, je me disais que j’allais le laisser mourir … Et puis, l’envie d’écrire m’a repris. Ecrire un livre, j’y pense toujours mais mon truc c’est les nouvelles, les histoire courtes.

Partir dans un roman, je ne me vois pas … Et je suis retournée sur mon blog … j’ai vu qu’il n’avait pas été supprimé et ça m’a fait plaisir de revoir tous mes articles. Des articles que j’avais pour certains, déjà importés de mes blogs précédents. Alors j’ai réactivé mon domaine, réinvesti pour un hébergement, et quelle ne fut pas ma surprise de voir que WordPress avait vachement évolué en intégrant également de l’IA … Je pourrai même l’utiliser pour améliorer mes textes … mais ça, je ne suis pas encore prête. Je préfère encore la spontanéité de mes écrits avec des fautes de français, des typos, des tournures approximatives… la perfection ne m’intéresse pas … mais qui sait, j’essaierai pour voir ce que ça donne…

Donc oui, me revoilà. J’ignore comment je vais organiser mon contenu, sa nature, sa fréquence .. je vais sûrement garder mon approche « au gré de mes envies et de mon inspiration ».

J’espère retrouver l’enthousiasme qui m’animait jadis et me poussait à écrire. J’intègrerai peut être de la fiction aussi. Je vais voir… Il faut que je rebricole encore mon blog, que je le nettoie un peu, que j’arrange des petites choses … et que j’apprenne à maîtriser cette « nouvelle » plateforme …

Une nouvelle étape encore un peu brouillonne, à tâtons, … en attendant j’espère que vous y retrouverez du plaisir à me lire !

A bientôt !

Photo de Kristin Vogt sur Pexels.com

I am a Chubby Unicorn

Je n’aborde jamais ce sujet. Mais je me suis dit que j’avais envie de reprendre un peu de blogging et que le sujet était d’actualité. ça me donne l’impression de faire un « coming out » … un peu ce sentiment de se mettre à nu devant tout le monde et de dire : oui, je suis grosse. Une petite grosse. Un mètre cube. 20kgs de trop au compteur après avoir été dans la zone des +10kgs pendant des années. Mais l’âge, la grossesse, la sédantarité parfois forcée, les hormones, le ras le bol, la déprime, le chômage longue durée, les difficultés de la vie, j’ai accusé le coup. Alors voilà, je suis la fille qui n’a presque aucune photo d’elle de plein pieds et qui n’en montre jamais.

Je suis la fille qui aimerait etre invisible pour aller à la plage, à la piscine, en été. Je suis la fille qu’on a toujours dit qu’elle était bonne vivante, bien potelée, a qui il fallait mieux faire envie que pitié.

Je suis la petite fille à qui on donnait une tranche de saucisson, un bout de gruyère, un quignon de pain parce que j’étais mignonne et que j’engloutissais tout avec plaisir et sans résistance. Je suis la fille qui chez son papi et sa mamie reprenait une 2eme part pour faire plaisir (et sûrement parce que ça me faisait plaisir à moi aussi).

Je suis la fille à l’adolescence au golfe persique qui a soudain réalisé que la séduction passait par l’apparence. Je suis la fille qui dès l’âge de 14 ans, s’est gavée d’isoméride, dinintel, Thiomucase, qui a fait du sport à outrance, s’est mesurée le pli cutané tous les mois, et qui réusissait grâce à un régime draconien à avoir cette allure presque acceptable que la société conditionnait à avoir.

Je suis aussi cette adolescente qui mangeait en cachette, qui une fois s’était fait goaler par sa mère en train de se vider une boite de chocolat en poudre dans la bouche et qui surprise par cette dernière se l’est renversée sur le visage dans son intégralité.

Je suis cette fille qui a eu un cadenas sur le frigo familial. Je suis cette fille qui a eu un père marqué par sa mere obèse et qui a lui même souffert de surpoids et qui ne voulait pas que sa fille vive la même chose et qui m’avait dit une fois en seconde: tu veux un mec ? maigris. Je suis cette fille qui a une mère toujours bien roulée après 5 enfants, mince de nature avec un métabolisme qui brûle a fond et qui m’a encouragé à être dans le contrôle pour m’éviter de souffrir et devant qui aujourd’hui j’appréhende toujours de montrer mon corps sachant que je serai forcément jugée.

Je suis cette fille qui a toujours souffert de ses kilos même quand elle n’aurait pas du, même quand ils n’étaient pas nombreux, même quand je n’aurai jamais du faire de régime.

Je suis cette fille qui se comparait tout le temps par rapport à ses copines, ses cousines, ses voisines, toutes grandes, minces, élancées, donc crédibles.

Je suis cette fille qui a toujours eu le sentiment de ne pas être légitime à juste être comme j’étais. Et ça c’est dur à admettre.

Je lis beaucoup de textes, de témoignages, je vois tous ces comptes instagram qui revendiquent le #bodypositivism , qui s’insurgent contre la #grossophobie , les mouvements type #graspolitique qui vont encore plus loin ou l’écrivaine Gabrielle Deydier et son si touchant « on ne naît pas grosse » … Tout cela me pousse peut être à apporter ma pierre à l’édifice après ces 30 années passées à souffrir, à faire le yoyo, à mettre mon corps et mon mental en souffrance pour essayer d’être celle qui me semble, qu’on me dit, être celle qui est la vraie moi, la belle, conforme, ‘healthy’ moi.

J’ai essayé. Pendant 30 ans. Avec plus ou moins de succès, plus ou moins longtemps. De la volonté j’en ai plus que quiconque et je deviens dans une colère noire quand on ose insinuer que j’en manque. Ceux qui vivent cela savent. Des années de contrôle obsessionnel, de sport à outrance même épuisée, Stop & Go. Echouer, tomber, toucher le fond, redonner un coup de collier, recommencer, s’accrocher, tenir bon, réussir, … retomber. pendant 30 putain d’années. Le poids de la culpabilité dans l’échec, l’euphorie galvanisante de la réussite. Et quand même se regarder dans la glace et se dire : naaaaan. ça va pas, c’est pas assez et je suis toujours aussi moche.

Mon visage est la seule chose que je tolère … si je ne regarde pas trop dans les détails. La vérité c’est que je m’invisibilise. Certains vont dire: si tu te sentais aimée tu t’aimerais. Faut arrêter avec ça. ça n’a rien à voir. On peut être aimé « tel qu’on est » et ne pas s’aimer soi. Moi on ne m’a jamais appris à m’aimer moi. La société, ma famille, l’entourage. On m’a toujours appris que telle que j’étais ce n’était pas bien et qu’il fallait que je sois mieux.

Ces derniers temps, le sujet me travaille davantage. Surement parce que je vieillis et que dans ma tête, tout cela fait son chemin. Sûrement parce que j’ai atteins mon maximum en poids et que ce mouvement de body positivism à l’approche de l’été et cette pression du corps estival reprend toute sa place (malgré les mois de confinement qui poussaient à relâcher la pression). Le monde d’avant reprend tous ses droits, les remarques de merde aussi et mes complexes aussi.

Hier je suis allée chercher ma fille à un anniversaire. Je me suis retrouvée la seule maman petite, grosse, entourée de 5 autres mamans, grandes, minces, bien sapées, super lookées et moi qui était plus relax. Malgré moi, ces sentiments de fille complexée sont ressortis et ça m’a déglingué. Moi qui pensais avoir dépassé ça, moi qui pensais ENFIN être au desus de ça et libérée … queudale. J’étais 30 ans en arrière, l’ado ruinée intèrieurement qui faisait comme si de rien n’était mais qui se disait qu’elle est la nulle de la bande, la pas légitime, la pas crédible, la plus moche.

J’étais en pleine conscience de cette situation que seule moi je devais ressentir même si je sentais des regards de jugement (forcément on est jugé sur son apparence surtout au milieu de mamans trentenaires branchouilles friquées parisiennes) et presque par chance, il y a eu une dispute d’enfants et j’ai pu avoir un super prétexte pour partir et arrêter cette séance de torture.

Et puis ce matin je lisais le compte instagram d’une fille activiste qui montrait le tsunami d’insultes qu’elle avait reçu suite à une photo qu’elle avait posté d’elle en maillot de bain… et ça m’a tellement mis en colère. Cette pluie de préjugés : grosse = faineante, sans volonté, forcément moche, ratée, et j’en passe.

A tous ces gens là j’ai envie de leur dire : le jour où vous aurez eu autant de volonté que toutes ces personnes que vous insultez, là où on pourra discuter. Mais d’ici là : allez tous bien vous faire cuire le cul.