7 mois, que dis-je, officieusement 12, que je cherche comme une dingue, la nouvelle passerelle, le nouveau chapitre de ma vie professionnelle, que je passe des heures à scroller toutes les plateformes, que j’ai même investi financièrement sur Linkedin pour avoir le sacro saint statut premium qui te donne accès à tout … ou presque.
Des heures à bosser avec ChatGPT pour devenir incollable dans tous les secteurs auxquels je postule, jusqu’à des simulations d’entretiens, des stratégies proactives à faire des benchmarks, des swots, imaginer des scénarios du pire et du meilleur … et puis … RIEN.
Le néant. ça fait peur hein … Oui je sais. Bien sûr que ça fait peur. Les gens en poste, qui viennent régulièrement regarder mon profil Linkedin pour voir où j’en suis (si si je vous vois) … beaucoup d’anciens collègues qui doivent se dire : « merde … ça traîne quand même… elle a du mal à retrouver … est ce qu’elle cherche vraiment ? » … « peut être qu’elle est pas si compétente que ça ? » … « ouais, ça craint … 50 piges la pauvre, ça se présente pas terrible » … Nan mais je sais. En fait je dis rien. Enfin à part ici. A l’extérieur, et SURTOUT sur Linkedin, je ne dis RIEN.
Je refuse pour l’instant la petite bannière honteuse du « open to work ». Parce que tu sais, je sais, que c’est déjà une bascule supplémentaire dans la lose. Je refuse de m’imposer cette humiliation supplémentaire de mendier du boulot. J’ai pas envie. Je l’ai fait. Je veux plus.
Globalement j’ai pas des journées ennuyeuses. J’ai de quoi m’occuper vous savez. C’est juste que lorqu’on cherche non stop du boulot, ça vous pompe une telle énergie, ça génère une telle anxiété permanente, que ça vous suce toute inspiration ou envie pour des choses peut être plus créatives … Evidemment ce sont des phases. Parfois l’impulsion revient, mais quand on passe des entretiens, qu’on donne tout, qu’on attend des nouvelles (parce qu’en plus on te dit qu’on va te donner des nouvelles) et qu’on se heurte à du vide intersidéral, ça épuise. Et forcément, quand on a des pistes qui emballent et qui semblent vouloir mener à quelque chose, on a envie d’en parler … mais après, on vous pose des questions du genre « alors ? des nouvelles ? » ….Bah non. Pas de nouvelles.
Pendant 6 mois j’ai vu mon CV « en cours de traitement » dans une boîte où j’avais une bonne connexion. Et ENFIN, parce que l’été et les vacances estivales sont là, j’ai reçu le petit mail automatique qui te dis : bah en fait, on ne va pas vous prendre … mais ça ne remet pas en question vos compétences (mais ta gueule avec ta formule toute pourrie)….
Ce matin, j’ai envoyé une candidature à un poste vers 10h du matin. A 14h j’avais un mail de refus. Punaise, ça c’était du rapide !
Il y.a des étapes dans le chômage. Des durées un peu « clé » qui font peur et où tu te dis : Aie aie aïe, si je passe ce cap, ça va vraiment durer longtemps … Peut-être que je vais me recycler. Tant qu’à me dévaloriser au niveau salarial, je vais peut être tenter de devenir enseignante. ça me plairait bien je crois …
Peut être que je vais vraiment me lancer à mon compte et devenir la slasheuse que j’ai toujours eu envie d’être …
On me l’a dit dans mon horoscope estival de sagittaire que j’allais basculer en roue libre et peut être totalement redéfinir mes plans, mes priorités.
La seule chose que je sais, c’est que même si je peine, même si parfois j’ai grave les boules, peur un peu, j’ai un truc en moi qui me fait penser que non, je ne céderai pas à la trouille. Non je ne serai surtout pas victime de cette situation.Je vais trouver comment rebondir
Alors à tous ceux qui s’inquiètent pour moi, qui viennent régulièrement m’espionner pour voir où j’en suis, ne vous inquiétez pas.Je suis habituée aux courses de fond, à remonter les pentes. Je suis endurante et j’ai des cuisses puissantes.










