Maigrir sans régime, ce n’est pas une utopie…

Bonsoir les ondes !

J’ai hésité à écrire ce billet dans mon blog d’humeurs mais finalement je trouve que ça s’y prête un peu plus dans mon blog beauté que j’ai lamentablement laissé en plan… et pourtant j’en ai des choses à dire 🙂 …

Et ce soir, je crois que je suis assez mûre et assez « entraînée » pour affirmer que les régimes, quels qu’ils soient : c’est de la MERDE.

C’est de la merde pour des filles comme moi en tous cas. Pour des filles comme moi qui sans être obèses, sont bien en chair et font le yoyo depuis des années, et des années, et des années, et des années, jusqu’à épuisement…

Je crois que j’ai fais le tour. A 36 ans, je l’affirme, après avoir retenté le coup de l’hyper contrôle permissif et humain avec « Weight Watchers Online » pendant 4 mois pour la modique somme de 20€ / mois à raison de 2 kilos perdus, je dis cette fois: FUCK OFF les régimes.

J’ai commencé à l’âge de 14 ans mon premier régime. Un grand classique: zéro féculents, zéro lipides, viandes et poissons maigres, légumes vapeur, sport à gogo, accompagné d’Isoméride et autres coupe faim… oui oui… si vous voulez plus de détails vous pouvez lire ce billet dans mon blog d’humeurs :  – L’ENFER DES DODUES

Résultat des courses, je faisais 49 kilos pour 1.57m – je crois qu’on peut dire que j’étais surgoalée à l’époque… Et puis j’ai tout repris même plus. Et au fur et à mesure que j’ai joué au yoyo à coup de 10 à 13 kilos perdus par ruptures sentimentales (radical pour décoller), mon corps a morflé… grossir beaucoup, maigrir beaucoup, excès dans les deux sens, phases d’hyper contrôle, perte de contrôle, culpabilité, laisser aller, reprise en mains, volonté militaire, perte de volonté, abandon, et ça continue, encore et encore…c’est mauvais pour le corps, c’est destructeur pour la tête…

Et puis ce corps avec lequel on ne réussit pas à être en paix, ce schéma dans la tête que l’on a qui fait que l’on se persuade que notre réussite sociale, sentimentale, professionnelle dépend de notre tour de taille, de cuisse, d’absence de gras … le gras c’est mal, le gras c’est moche, le gras c’est pour les ratées… C’est ce que je pensais AVANT. C’est ce que j’ai décidé d’arrêter de penser, parce qu’à 36 ans, j’ai décidé de faire la paix avec moi même.

Donc je continue de croire et de penser que c’est dur d’être trop gros, mais je crois mordicus a présent que la perte de poids définitive, durable et saine, n’est SURTOUT PAS dans les REGIMES.

Parce que les régimes ça marche – moins en vieillissant faut s’y faire – mais immanquablement quand on fait des régimes quels qu’ils soient, on les refait, encore et encore et encore… donc forcément, c’est que quelque part ça ne fonctionne pas tant que ça… Et quand on réussit on crie victoire, pour basculer plus ou mois rapidement de nouveau dans l’échec.

J’ai vu des grands médecins. J’étais du genre à payer une blinde la consultation, faire tous les examens médicaux possibles et imaginables. Et puis ça a marché… et une fois que ça marchait bien, je laissais tomber parce que … je fatiguais.

Je suis une bonne vivante. J’aime bien manger des bonnes choses, j’aime le bon vin. J’aime le pain, le beurre, la charcuterie, le fromage, la convivialité qu’il y a autour de tout ça… Mon seul soucis c’est que mes émotions sont liées à mes pulsions alimentaires et j’ai tendance à l’excès. Evidemment, par dessus le marché je n’ai pas un métabolisme qui fait que je perds 1kilo en une nuit parce que je suis contrariée ou stressée. Non. Moi je suis celle qui prend 3 kilos en une semaine parce que je suis super stressée au boulot (par exemple). Alors forcément, je suis condamnée à ne jamais être goalée comme Bar Refaeli. C’est triste, mais je me suis fais à l’idée. De toutes façons côté taille j’étais foutue. Et puis même si j’ai voulu le renier pendant des années, mes kilos en trop me protègent aussi… c’est ma petite carapace à moi…

Alors au fur et à mesure, l’idée que je pouvais réussir à maigrir sans faire de régime a de plus en plus fait son chemin. Il a fallu que je m’y reprenne à plusieurs fois à vrai dire.

D’abord j’ai commencé à lire les ouvrages des Dr. Zermati et Apfeldorfer (je ne peux que trop vous les conseiller)

Et puis l’été dernier, tandis que j’étais au chômage, je me suis résolue à aller voir le Dr. Apfeldorfer. Très bien. Le seul soucis c’est qu’une thérapie uniquement orientée sur mon comportement alimentaire, en fait, ça ne me suffisais pas… Car je me suis aperçue que chez moi beaucoup de choses de mon vécu étaient entremêlées et que je devais obligatoirement avoir une approche beaucoup plus globale… alors j’ai arrêté… 

Et puis a force d’être matraquée par la publicité, a force de me sentir de nouveau faible, sans volonté et donc en échec, j’ai recommencé le combat avec Weight Watchers. Et tout à coup mes journées se sont focalisées autour du comptage de points. Alors oui on peut manger de tout, mais on compte. On compte des Pro Points. On doit bien faire le truc, rentrer tous ses aliments points à chaque repas, participer aux forums, rentrer son poids une fois la semaine, bref, on bascule de nouveau dans cette sensation de CONTROLE et quelque part, de CONTRAINTE. Et puis excusez moi mais même si je pense sincèrement que c’est de loin une excellente méthode pour plein de raisons, je pense qu’elle reste largement appropriée à des obésités sévères. A des gens qui ont BEAUCOUP de poids à perdre. En tous cas plus de 10 kilos. Et en plus ça culpabilise vachement des filles comme moi. On comprend pas pourquoi la fille qui a 40 kilos a perdre elle y arrive mieux que la fille qui veut seulement en perdre 10 …

D’ailleurs on voit bien dans les témoignages que celles qui témoignent et réussissent la plupart du temps sont des ex méga obèses. Tant mieux ! mais pour moi, ça ne collait pas. Et puis on sait bien… Les personnes qui sont là dedans y sont plus ou moins abonnées à vie… parce que tôt ou tard elles reprennent du poids et tôt ou tard elles y reviennent…

Et ça n’a pas loupé pour moi. Arrivé le 4ème mois de succès extrêmement mitigé j’ai décidé de voir les choses en face. Chez moi, le problème est ailleurs. Et tant que je ne prendrai pas le problème dans le bon sens et dans le bon ordre, forcément, je n’y arriverai jamais à me sentir bien dans ce corps qui est le mien.

Mon bien être, mon estime de moi même, ma confiance en moi ne dépendent pas de mon amaigrissement. Mon bien être, mon estime de moi même, ma confiance en moi et par conséquent mon AMAIGRISSEMENT sont dépendants du regard que j’ai sur moi même. De mon regard seul.

Alors ma méthode, ma solution est la mienne. Il n’y a pas UNE solution. Il y a la solution qui nous va bien. Et moi ma solution c’est de faire la paix avec moi même. C’est d’apprendre à m’aimer aussi avec mon ventre, mes cuisses que je trouve trop dodues, mes mollets que je trouve trop forts, mes bras que je trouve « bras de camionneuse »… Je ferai une super candidate pour « Belle toute nue » mais je suis bien trop pudique pour m’exposer… déjà que j’évoque le sujet dans mon blog…

Je ne serai JAMAIS MINCE. J’aspire juste à retrouver le poids pour lequel je suis génétiquement programmée. Mon poids de croisière. Mon poids réel et me sentir bien avec ça. Alors certes ça va aller moins vite que le régime DUKAN ou tout autre régime hyperprotéiné mais je crois que cette fois ci j’accepte l’idée de la lenteur. J’accepte l’idée que la nature peut AUSSI être bien faite et que lorsqu’on fait la paix avec soi même, tout rentre dans l’ordre, naturellement…

Sur ce, je vais me taper un cassoulet ! JE DECONNE AH AH AH AH :))) Oui… ne pas faire de régime ne signifie pas gros laisser aller orgie et pains au chocolat dans les poches comme Alceste dans le petit Nicolas. Il s’agit juste de manger à sa FAIM et ne pas manger par rapport à ses EMOTIONS… et là, j’ai encore des efforts à faire… mais ces efforts là, je veux bien les faire. Compter des points ou me gaver de radis, merci, mais non merci. J’ai donné.

AU NOM DE L’AMOUR QUE J’AI POUR MON FRERE DIFFERENT…

Ce WE c’était la fête de fin d’année de l’IME de mon frère. 
C’est quoi un IME ?
C’est un Institut Médico Educatif. On appelle cela aussi un Institut Médico Pédago Educatif … un endroit où les handicapés mentaux sont « scolarisés », de leur plus jeune âge, jusqu’à leurs 20 ans quand ils ne peuvent pas être admis en CLIS (classes d’adaptation en milieu ordinaire « normal »)
 
Mais vous savez, les IME il n’y en a pas beaucoup… les places sont chères. Les listes d’attente sont longues. Il faut du temps, beaucoup de temps aux familles, beaucoup de patience, beaucoup d’acharnement, beaucoup de répétitions des démarches, souvent des déménagements, parfois des expatriations en Belgique ou au Canada, parfois une obligation de basculer sur l’Internat, parce que voilà. Les places sont chères et les listes d’attente sont longues…
 
Après un démarrage chaotique pour mon frère, dont un passage en maternelle normale (3 matinées par semaine), un passage dans un IME pour lequel ma mère a eu de forts soupçons d’attouchements sexuels (sans jamais avoir pu prouver les choses formellement malheureusement, juste un comportement étrange de mon frère), une année entière de déscolarisation, enfin, O Miracle, vers l’âge de 7/8 ans, mon frère a mis les pieds dans l’IME dans lequel il est actuellement. Sa deuxième maison. Un endroit qu’il aime énormément et où il a tous ces amis.
Il a fallu se battre longtemps avec la DDASS / MDPH (Maison du Handicap), la CAF, pour que Hugo bénéficie d’une prise en charge de transport, il a fallu passer beaucoup de temps pour qu’il ait son allocation handicapé, sa carte d’invalidité pour les voitures etc. …
 
Il a fallu aussi que mes parents déménagent pour se rapprocher. Adieu jolie campagne, bonjour ville polluée et hostile.
 
C’est comme ça. Il faut le faire on le fait. Dans ma famille on a toujours été battants. Pas le choix de toutes façons. On ne le sait que trop que si on ne se bouge pas le cul, c’est pas les autres qui se le bougeront à notre place.
 
En tous cas, Hugo aura 20 ans l’an prochain. L’échéance est proche. L’échéance pour lui de son droit à rester dans son IME.
 
Le problème, c’est qu’Hugo est trop handicapé pour aller en CAT (Centre d’Aide au Travail)…. alors il faut trouver un « foyer de vie » occupationnel. Et puis aussi, Hugo vit encore à la maison, avec ses parents, ses frères et sœur. Et il est inenvisageable pour l’instant de l’envoyer en Internat. Donc il faut trouver un foyer de vie en externat. Comme pour son IME. Un système où son taxi viendra le chercher le matin pour l’emmener et le ramener le soir dans sa maison.
 
La maladie d’Hugo – Syndrome X Fragile – est très proche de l’autisme. Cela veut dire rituels, habitudes, routine… sécurité affective très importante… Hugo a BESOIN de sa famille. Et si un jour les choses devaient changer, si un jour Hugo devait finalement aller dans un Internat, ça serait seulement après une période d’adaptation et des certitudes sur le lieu en question et la possibilité pour Hugo d’être à 100% Heureux.
 
Mais où est ce que je veux en venir vous devez penser ?
 
J’y viens.
 
Fête de fin d’année de l’IME d’Hugo. Une institution. Cela fait une dizaine d’années que tous les ans, on est tous là. Spectacle, rencontre avec le personnel, danse, musique,… C’est très important pour Hugo. Depuis plusieurs années je m’investis, je cuisine des cakes, des gâteaux, des tartes… je prends des photos, je fais des petits films…
Chaque année j’ai la gorge serrée quand j’y suis. Chaque année je lutte pour ne pas m’écrouler en sanglots tellement émotionnellement c’est quand même très très intense. Chaque année je lutte pour contenir ma révolte, aussi…
 
Et cela empire. Cela empire parce que je vois depuis 2 ans que mon frère ne fait plus de spectacle. Il n’a pas envie – il paraît – sauf que moi, quand je suis avec mon frère, il a ENVIE et il SAIT faire.
 
Il sait faire des mouvements de gym pourvu qu’on le stimule de la bonne façon. Il sait couper des légumes, du fromage pourvu qu’on lui explique et qu’on l’accompagne avec amour et douceur. Il sait préparer son goûter et son petit déjeuner, pourvu qu’on SACHE le prendre. Mais dans son IME on dit juste qu’il ne veut pas.
 
Avant, il avait le conservatoire de musique. Avant, il avait de la danse. Avant, il avait de la cuisine. Maintenant, il n’a plus que l’atelier blanchisserie. Il plie des choses. Il paraît que ça se passe bien. Mais le reste du temps, je crois qu’il zone… Je n’entends plus parler d’orthophonie. Je n’entends plus parler de psychomotricité. Je n’entends plus parler d’équithérapie. ça c’était avant. Il est trop grand maintenant. Il est trop vieux. Il est foutu mon frère ? C’est ça ? Il n’est plus prioritaire?
Mon frère encourage les troupes. Il est en première ligne aux spectacles, applaudis avec force. Il attend aussi le moment où une fois le buffet de victuailles servi et que tout le monde se jettera dessus, il pourra ENFIN mettre son CD de Madonna et monter sur la scène pour danser lui aussi. Et je le filme, je prends des photos, des copains le rejoignent, et une fois rentrés on met tout sur l’ordinateur et il peut se revisionner les bons moments de la fête…ça c’est COOL.
Alors ça y est. La machine de sa sortie est en marche. L’assistante sociale de l’IME où il se trouve s’est empressée d’aller voir mon père samedi. Un peu revêche, sèche, presque brutale, pour insister sur le fait qu’il était TRES IMPORTANT qu’ils se voient en septembre pour parler du PROJET DE VIE de Hugo. Et donc de sa SORTIE de l’IME.
 
Mais comme on le sait, les places sont chères. Les listes d’attente sont longues. Les foyers de vie en externat, il y en a peu…. Et c’est là  où la bataille commence. L’assistante sociale se montre insistante… pas très humaine pour une assistante sociale. A D M I N I S T R A T I O N quand tu nous tiens…
 
Il faudra peut être envisager l’Internat. Et là je saute dans la conversation et je retrousse les babines. HORS DE QUESTION. Je remercie chaleureusement Perce Neige qui m’a parlé de l’Amendement CRETON. Je me suis empressée d’en parler à mon père. Cet amendement oblige l’IME a garder l’adulte si pas de solution adaptée trouvée. Alors je lui en ai parlé de l’amendement Creton à la pas très aimable Assistante Sociale. Je sens que ça ne lui a pas plu. Je sens aussi que notre fermeté la hérisse au plus au point. Elle rétorque: dans tous les cas il faudra un « projet de vie » … SANS BLAGUE ?! mais c’est QUOI un PROJET DE VIE pour quelqu’un comme mon frère précisément ? On tient compte de son BIEN ETRE, de son BONHEUR dans le PROJET DE VIE ??!
 
Bah ouais Madame. Mais que fait-elle assistante SOCIALE ? Le genre de contact qui glace. Le genre de contact qui angoisse sur l’avenir avant même que la sortie soit proche. Le genre de contact qui fait réaliser qu’après 10 ans de répit, mes parents vont devoir recommencer à ramer et se battre pour l’avenir de mon frère. Et comme je suis plus âgée à présent, je serai bien sûr solidaire dans ce combat. Je remuerai ciel et terre avec eux pour m’assurer que Hugo ait le DROIT a un avenir DIGNE, a une solution qui soit en adéquation avec ses BESOINS RÉELS, qui le RESPECTE, qui respecte notre famille, qui respecte sa maladie et toutes les spécificités de cette dernière.
 
L’aura de ces fêtes avait déjà disparu depuis quelques années… La direction a changé. On sent la rationalisation. On sent qu’il y a moins de budget… on voit qu’il y a PLUS d’enfants…et on ne voit que trop que le handicap mental est LOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN derrière dans les urgences « SANTE » des gouvernements qui se succèdent…. que voulez vous c’est la CRISE ? On peut pas sauver tout le monde? Marche ou crève n’est ce pas ?
 
Mais franchement, est ce qu’au nom de la crise, au nom du fait qu’ils sont handicapés mentaux il faut les dénigrer? Baisser les bras ? Les SACRIFIER?
 
Je ne vois pas pourquoi mon frère serait sacrifié. Je ne vois pas pourquoi il n’aurait pas droit à une vie qui soit un minimum choisie. Je ne vois pas pourquoi passé un certain âge il n’aurait plus droit à de la rééducation.
 
J’ai beaucoup de peine. Je suis très en colère aussi. Très révoltée. TRÈS… et j’aimerai bien avoir le pouvoir de faire réellement bouger les choses… j’aimerai bien que mon petit blog de rien du tout ne soit pas vain…
 
Il a au moins le bénéfice de me donner l’illusion de pouvoir alerter l’opinion public et dans une moindre mesure me libérer de ce qui m’oppresse…
 
La vie c’est quand même pas seulement fait pour se battre tout le temps non plus… si ?

L’AVENIR DES HANDICAPES MENTAUX… LE CHANGEMENT, C’EST MAINTENANT AUSSI ?

Bonsoir !

j’espère que vous allez bien?

ça fait longtemps que je n’ai pas abordé le sujet… enfin par rapport à ma moyenne habituelle. je crois que lorsqu’un de mes (ex) « ami facebook » a osé me sortir que je « saoulais » avec mes histoires d’handicap mental et X Fragile ça m’a un peu calmée…

Blessée évidemment… pas moi directement mais ça m’a refoutu dans la tronche à quel point les handicapés mentaux c’est un peu le cadet des soucis des gens, de la société, des politiciens…

Aujourd’hui, enfin en fin de journée, j’ai été soudainement rappelée à une réalité incontournable. Mon frère Hugo, X Fragile comme vous le savez (enfin pour ceux qui me suivent, sinon n’hésitez pas à scroller mon blog pour connaître l’histoire, découvrir ce qu’est l’XFragile etc. …) a eu 19 ans. L’an prochain sera sa dernière année en IME.


Plus de 10 années de sa vie se sont écoulées dans cet IME. Sa deuxième maison. Mes parents ont déménagé de la campagne huppée des Yvelines pour se rapprocher de son IME de St. Germain en Laye.  Tous les matins son taxi vient le chercher. Un minibus rempli d’handicapés mentaux et le soir, le mini bus le ramène. Il y passe ses journées. Oh ce n’est pas dingue. Faut pas rêver. Hugo n’a jamais pu bénéficier de toute la rééducation dont il avait besoin. Surtout les 4 dernières années… Changement de direction, coupures budgétaires, manque de moyens et de personnel, encore et toujours.

Hugo est abonné à l’atelier « pliage de linge » … ça il sait plier des T Shirts … Le reste, il paraît qu’il ne veut pas faire… Moi je crois surtout qu’ils ne le forcent pas trop et que juste ils ne peuvent pas le gérer… Ils n’ont pas les moyens. Mais en attendant, Hugo adore son école. C’est sa 2ème maison. Il a ses éducatrices, ses copains… On les voit peu à peu quitter l’IME … on ne sait pas où ils vont, ce qu’ils deviennent. Pour certains, coup de bol il y a les C.A.T. (Centres d’Aide au Travail). Pour Hugo les choses sont claires. Il est trop atteint pour aller en CAT. 

Et à 21 ans, Bye Bye l’IME. La question qui commence à se poser réellement c’est : IL VA OU HUGO APRES ?



Lui qui dit tout le temps inlassablement : On va où ? Comme dans le livre de Jean Louis Fournier: On va où papa ? On va droit dans le mur, on part au Canada on va se faire dévorer par des ours, on va prendre l’autoroute à contre sens …

Déjà pour lui ça va être compliqué de comprendre le jour où ça arrivera qu’il ne pourra plus aller dans sa 2ème maison. Lui expliquer ça… tu ne peux plus Hugo parce que tu es trop vieux ! C’est quoi vieux ?

Moi qui suis sa grande soeur je pense souvent (enfin j’essaie pas trop parce que ça me submerge de chagrin et d’angoisse) mais je me demande toujours comment je ferai le jour où mes parents ne seront plus là et comment lui expliquer ? Comment faire pour qu’il ne souffre pas de leur absence ? Je ne préfère pas y penser pour le moment …

Alors vous voyez, ce que j’aimerai au moins, la certitude que j’aimerai avoir, c’est que pour Hugo il y aura un endroit où il pourra passer ses journées,  être heureux, puis rentrer à la maison le soir… et peut être plus tard, vivre de façon permanente quand ça sera le moment…

Il y a l’association Perce Neige qui mène une action formidable depuis des années de prise en charge et d’hébergement des adultes handicapés mentaux. c’est rassurant de savoir qu’il y a cet endroit… mais il n’y en a pas forcément assez, partout, et tout le monde n’a pas forcément les moyens financiers car forcément le facteur financier rentre en compte…


Alors voilà. J’aimerai que les pouvoirs publics même si c’est la crise, même s’il n’y a plus d’argent nulle part, prennent quand même des mesures réelles et significatives pour cette partie de la population qui a le droit d’exister dignement également… j’aimerai qu’il y ait une prise de conscience collective que cette partie de la population ne doit pas être laissée au bord de la route et sacrifiée… Ils vivent déjà l’injustice de leur différence, l’injustice de ne pas pouvoir être et vivre comme tout le monde… Ils n’ont pas nos moyens de défense, ils ne peuvent que compter sur nous leurs familles.

Ne les oubliez pas… et n’oubliez pas leurs familles… 

SOLEIL SOLEIL, OUI MAIS … AVEC PRUDENCE ET PARCIMONIE !

Bonjour les ondes !

Désolée je me fais rare sur tous mes blogs ces derniers temps… travail oblige… et je suis juste épuisée le soir pour me relancer dans l’écriture de mes blogs mais ce sujet beauté / santé me tient à coeur et je tiens à partager avec vous mon expérience pour vous faire comprendre que VRAIMENT faut pas rigoler avec ce sujet et le considérer par dessus la jambe. Je parle bien sûr de votre CAPITAL SOLEIL !
Eh oui, depuis quelques temps on a la journée Mondiale du dépistage du cancer de la peau. Tous les ans en mai, on peut aller gratuitement se faire examiner les grains de beauté.

Moi ça fait 20 ans que ça dure. Pourquoi ? Parce que je suis blonde à peau claire et que j’ai grandi sous les tropiques… Mes parents me protégeaient bien sûr mais un gosse reste un gosse! roulades dans le sable, plongeons à répétition dans la mer, je ne compte plus les coups de soleil terrifiants que j’ai eu à base de cloques et pelades.

A Trinidad & Tobago (là où j’ai grandi de 5 à 10 ans) on avait de l’Aloès. Produit miracle qu’on laissait infuser dans de l’eau et qui formait une lotion rosée qu’on m’appliquait en compresses. C’était radical.

Adolescente c’est le soleil du golfe persique qui m’a un peu plus grignoté mon capital soleil. A cette époque c’est moi, volontairement qui me faisait dorer la pilule entre la planche à voile que je pratiquais à outrance suivi des séances chaise longue à me tartiner de baume bronzant Lancaster (une version haut de gamme de la graisse à traire) …

ça c’est sûr j’étais caramel ! et puis retour en France… Heureusement pour moi car à ce rythme là j’étais mal barrée !

Premier grain de beauté retiré à 17 ans. Et à partir de là, contrôle annuel tous les ans de la tête aux pieds en passant par mes fesses ! Eh ouais ! car je suis couverte de grains de beauté. Surtout dans le dos mais voilà. J’en ai un paquet et la dermato de mes 17 ans a été claire : les expositions à GOGO c’est FINI ! NIET ! NADA ! T SHIRT et ECRAN TOTAL c’est compris ?

Ouais ouais c’est ça… je vais quand même pas rester blanche comme un linge l’été non? Quelle loose !

Heureusement j’ai trouvé des dermatos un peu moins radicaux… mais c’est un fait… déjà 3 grains de beauté enlevés. Et pour la deuxième année consécutive : HOURRA ! RIEN ! Je fais ce qu’il faut sans pour autant me priver.

Mine de rien ça fout les boules d’aller tous les ans faire vérifier son corps… et quand on vous dit : faut en enlever un et qu’on sait que ce petit bout de rien part au labo en analyse pour voir si tout va bien, ou pas, ça calme…

j’ai osé faire des UV un été de mes 32 ans, car nouveau boulot, temps maxi pourri et pas de vacances… je me suis bien fais engueuler par la dermato ensuite… et il a fallu retirer un grain et là j’ai eu peur…

je parle de mon cas… Ma mère est brune, peau mate, elle se met au soleil tout le temps, elle n’a RIEN. 

Pour ma part j’ai quelques règles que j’applique depuis quelques années et ça fonctionne. Evidemment je suis moins souvent au soleil qu’avant… j’y suis 3 semaines par an de façon plus intense on va dire.

AVANT PENDANT APRES c’est OENOBIOL ou Gélules BIODERMA. je prends les versions peaux intolérantes



PENDANT : JAMAIS d’exposition entre 12h et 16h. en tous cas j’évite AU MAXIMUM et SI ça arrive c’est PARASOL + CHAPEAU + PROTECTION 50

On fait attention aux expositions traîtres : balades, attentes au soleil, on pense au CHAPEAU !!!!

Je ne descends JAMAIS en dessous d’un SPF 20. Le SPF 20 c’est quand c’est la fin des vacances et que je suis déjà bronzée.

Je commence toujours avec de la SPF 50 ECRAN TOTAL et au bout de 3 jours je descends à SPF 30. Et la 30 c’est ma protection de croisière.



Evidemment application super fréquente. j’en mets AVANT d’aller à la plage comme ça je suis déjà protégée en arrivant… En général je me baigne direct. Ensuite quand je sors je me laisse sécher au soleil c’est agréable et dès que je suis sèche; hop crème ! et quand je sens que ça protège un peu moins (toutes les heures et demi approx), HOP CREME !

Oui j’ai un vrai budget crème solaire c’est sur mais c’est le prix à payer.

J’essaie de trouver des produits malins genre format familiaux pschitt de BIODERMA ou alors CAPITAL SOLEIL de VICHY mais les Ambres Solaire et NIVEA sont très bien aussi. Après en ce qui me concerne, je DETESTE les crèmes luisantes qui collent et les odeurs trop fortes… il me faut du Waterprooof anti sable etc.

Pour le visage même combat! Malheureusement j’ai des tâches brunes avec le temps qui apparaissent malgré  l’écran total alors je vais voir ce que je peux trouver comme sérum anti taches…

Evidemment, la crème « après soleil » est indispensable. la BIAFINE reste incontournable en cas de coup de soleil et je dirai qu’apres une crème ATODERM de Bioderma ou une bonne crème nourrissante est tout aussi efficace qu’une crème dite « après soleil ». Souvent l’avantage des crèmes après soleil c’est l’effet « rafraichissant » ou « autobronzant/ renforçateur » de bronzage…



Honnêtement c’est super agréable d’être dorée. On se sent plus jolie c’est vrai. MAIS la vérité aussi c’est que ça ne dure pas… Donc se cramer la peau et bouffer son capital soleil pour 1 semaine de show off dans le métro ou ailleurs ça ne vaut vraiment pas le coup …

En attendant le soleil on en a besoin et c’est super contre la déprime alors allons y gaiement mais DOUCEMENT !

A QUAND LE HANDICAP MENTAL GRANDE CAUSE NATIONALE ?


Bonsoir les ondes…

Un petit blog du soir parce que je crois que j’ai besoin de vider un peu mon sac une fois de plus sur le sujet.

Celui du handicap mental.

Cette année c’est la grande cause nationale pour l’Autisme. Enfin « pour » … contre, bref, pour prévenir, intégrer, traiter, soigner, on espère. C’est super. Et puis c’est important de faire des campagnes d’information avec tout l’attirail qui va bien. L’autisme sert un peu de locomotive pour tous les estropiés de la vie derrière. TOUS les AUTRES HANDICAPES MENTAUX.

Car vous ne le savez peut être pas mais il n’y a pas que l’Autisme et la trisomie. Par exemple, vous ne savez pas que 15 à 20% des autistes sont en fait X FRAGILE. OH ?! Mais c’est quoi l’X Fragile ?

C’est ça :

Bien sûr ce n’est surtout pas la première fois que j’aborde le sujet :



La dernière fois sur facebook un « ami » (ex ami du coup) m’a dit que je le GAVAIS avec l’X fragile… je suppose que je le gavais tout court de toutes façons avec mes informations sur le handicap mental.

C’est que finalement, à part ceux directement concernés, globalement les gens s’en cognent. Politiciens compris. Pouvoirs publics compris. 

ça demande de l’argent, du temps, des gens … c’est une vraie chienlit pour les gouvernements les handicapés mentaux. Bah ouais.

Le livre magistral de Jean-Louis Fournier « Ou on va papa » résume bien le quotidien – mais il est bien Jean-Louis Fournier il a la délicatesse de tourner ça à la rigolade. Parce que bien sur il faut en rire sinon on pleurerait tout le temps. 

La réalité c’est qu’au delà de l’Autisme, des enfants autistes qui eux aussi sont ballottés entre IME, CLIS et autres services de jour à l’hôpital, les familles en chient grave. Et je pèse mes mots.

J’ai un frère X Fragile de 18 ans en mutation complète. Ma mère s’est littéralement défoncée pendant des mois, des années, pour que Hugo soit diagnostiqué au service génétique du CHU dont on dépendait. Ensuite il a fallu faire toutes les démarches pour les séances de rééducation psycho-motrices dans les CAMSP, et les mille et une démarches, relances, paperasses, coups de fils, rdv sur place des centaines de fois pour que Hugo puisse intégrer un IMP et ensuite des centaines de coups de fils, démarches etc. pour une prise en charge de taxi, rebelote pour la carte handicapé … et ensuite il a fallu tout recommencer à zéro pour cause d’attouchements sexuels… mais bon… on en parle pas ça choque. Et puis c’est chiant, c’est pas drôle. C’est pas gai de causer « handicapé ».

J’ai des mots durs parce que je constate que 15 ans plus tard c’est toujours le même bordel. Je suis inscrite sur plein de réseaux sociaux, groupes sur facebook du Canada, US, Australie, UK, je me renseigne, j’interviens entant que grande soeur porteuse elle aussi de cet X Fragile de m… et je lis les témoignages des parents qui viennent d’apprendre l’heureuse nouvelle et qui galèrent toujours autant pour scolariser leurs gosses. 

l’Autisme n’est que la face VISIBLE de l’ICEBERG. La vérité c’est que pour plein plein plein de famille touchées par le Handicap Mental c’est un peu ambiance TITANIC voyez-vous. Les parents craquent, les couples se déchirent, comme disent les psy des CMPP : IL Y A SOUFFRANCE. Sans déconner !!!?

Bah ouais les gars : IL Y A SOUFFRANCE !!!

Ce qu’on ignore ou ce qu’on ne veut pas admettre quand il y a du handicap mental c’est que tout le monde prend sa dose de souffrance : les parents, la fratrie … Et oui, tout le monde porte.

Alors bien sur c’est pas non plus du Zola tous les jours hein faut pas déconner. On s’habitue au handicap. On apprend à vivre avec. Et puis on s’aime. Je vais pas re raconter tout ce que j’ai déjà écris (désolés chers lecteurs si vous voulez en savoir plus il va falloir vous cogner mes billets précédents ;))

J’aime mon frère plus que tout et surtout je l’aime comme il est. Je n’ai aucun problème avec son handicap. Mais l’expérience prouve que la société a encore PLEIN DE PROBLEMES avec le handicap mental.

Et au delà de la société, les gouvernements ne font rien. Pas assez. Il faut des structures, davantage. Des éducateurs, encore plus, encore mieux formés, plus de rééducation adaptée à chaque handicap et une vraie BONNE PRISE EN CHARGE y compris pour les ADULTES et quand les parents meurent !

Les IME / IMPRro passé 15 ans ça ressemble plus à des garderies… Alors évidemment dans la grande famille des handicapés mentaux il y a des personnes plus ou moins atteintes. Certains s’en sortent mieux que d’autres côté autonomie mais il y en a un paquet qui ne peuvent même pas aller en CAT (Centre d’Aide au Travail) ou bénéficier de la COTOREP . Mais les autres ils font quoi ? Ils gèrent comment les parents ?

Ils ont une conscience les handicapés mentaux, ils ont un coeur, ils sont capables de souffrance, de chagrin, de joies … On ne peut pas les abandonner dans des hospices et les laisser plantés là attendre la mort …

PERCE NEIGE semble être une des rares associations qui réussit le pari de permettre aux adultes handicapés mentaux d’avoir un cours de vie adapté et plus agréable :


Mais il n’y a pas assez de centres, pas assez de prise en charge, d’aides, d’investissements … Alors je sais bien c’est LA CRISE ! y a plus de pognon dans les caisses de l’état il paraît. Il paraît qu’on paie déjà trop d’impôts et on va en payer encore plus… mais OU VA NOTRE ARGENT ?! Est ce que tous les impôts que nous payons sont bien utilisés ? Est ce que les dépenses publiques sont vraiment priorisées ? Est ce que les conseils généraux, les collectivités, l’état en général a un cahier des charges cohérent avec les réels besoins des gens ?

Les laissés pour compte de la société, les handicapés ont le droit eux aussi d’avoir une jolie vie. Pourquoi certains auraient tout et eux n’auraient rien ? Pourquoi toutes ces familles en 2012 en sont encore à lutter quitte à en perdre la santé et le moral pour faire valoir leurs droits ?

On vit dans un monde où déjà quand on est normal il faut se battre sans cesse. Il faut être fort pour tenir. Alors imaginez pour les handicapés mentaux qui eux sont vulnérables. Imaginez pour toutes ces familles qui ne roulent pas toutes sur l’or…qui n’ont pas toutes les ressources familiales pour les soutenir. ça peut vite devenir sordide.

Alors ils sont bien gentils les politiciens avec leurs grandes causes nationales. Ces campagnes d’information de soulagement de la conscience… et je crois que c’est quand meme bien de le faire mais bon… CONCRETEMENT on fait QUOI pour les handicapés mentaux en France et leurs familles ? Hein ? C’est DEMERDEN SIE SICH !

Chacun sa merde et Dieu pour tous…apparemment.

(mon petit frère Hugo – 18 ans, X Fragile mutation complète)

LE HARCÈLEMENT AU TRAVAIL …CE MARRONNIER ORDINAIRE …MALHEUREUSEMENT…

Re bonjour à tous !

Oui j’écris pas mal aujourd’hui… je suis en RTT alors j’en profite et l’actualité me donne envie de m’exprimer…


En parlant d’actualité, tous les ans à présent, ce malheureux sujet revient à la surface : le harcèlement au travail. Le Management par la terreur, l’augmentation de ces situations en période de crise….

Le harcèlement, méthode managériale devenue banale, ordinaire, insidieuse et multi forme. Je l’ai connu à plusieurs reprises… de façon plus ou moins intenses selon les emplois, de façon plus ou moins claire, plus ou moins douloureuse…j’ai eu de la chance car je m’en suis toujours remis et j’ai toujours pu reprendre le contrôle. Ce n’est pas le cas de tout le monde.

Personnellement j’ai toujours eu un tempérament insoumis. Je ne suis pas d’une nature « fayote ». On peut me faire faire à peu près n’importe quelle tâche sans que je rechigne, je suis une vraie bosseuse, à condition qu’on me traite bien. A condition que j’ai une forme d’estime et d’admiration pour mon supérieur, à condition que mon supérieur me fasse confiance aussi… Sinon, ça devient souvent plus difficile. Je ne suis pas d’une nature « docile » et j’assume. Je ne suis pas une grosse rebelle et certainement pas contestataire par esprit de contradiction ou par plaisir de l’être. Lorsque je conteste, je le fais avec des arguments, de façon justifiée.

C’est un sujet qui me touche non seulement parce que je l’ai vécu mais parce que c’est un phénomène qui semble augmenter. Hier au JT de 20h de France 2 il y a eu un excellent reportage sur le sujet.


Le harcèlement à cela de vicieux que d’abord il est long à déceler et en plus il paralyse, empêche littéralement la personne victime de réagir. L’employée qui était interviewée dans l’ombre expliquait sa trouille au bide, sa lâcheté car elle craignait les représailles, elle craignait de perdre son emploi. Et c’est là le drame. Les employés qui subissent cela sont tenus par la terreur de perdre cet emploi dont ils ont tant besoin. Et Dieu sait si à l’heure actuelle, avoir un emploi est précieux. Car la route pour retrouver un emploi peut être longue. Très longue. Il est aussi noté une grosse augmentation de ce problème chez les Cadres ! Eh oui… Les cadres aussi en prennent plein la gueule…

J’aime le management. Sûrement parce que j’aime les gens. Sûrement parce qu’une partie de ma famille vient de l’enseignement et que d’apprendre, encadrer, tirer vers le haut, tisser des belles relations humaines dans le travail, le tout sur fond de réussite, ça me parle. J’ai eu de la chance sûrement aussi d’avoir d’excellentes formations dès le début de ma carrière en la matière, notamment quand je travaillais à Londres.

Très vite j’ai compris ce que le sens de la responsabilité du « Manager » impliquait. Une chose est sûre, lorsqu’il y a un problème, c’est d’abord au manager de se remettre en question. Et ne surtout pas blâmer, enfoncer ses équipes …et la relation humaine de confiance est un ciment fondamental.

La réalité est différente n’est ce pas ? Il y a les managers « petits chefs » et les « Big Kahoonas » … les méga Chefs. Ceux là, difficile de leur dire : ta gueule ducon…

Il y a différentes formes de harcèlement. Certains Managers j’en suis sûre, ne se rendent même pas compte qu’ils sont dans le harcèlement. Certains sont intimement convaincus qu’ils s’y prennent bien, qu’ils sont même « humains » … si si, je l’ai vu de mes yeux vus. Certains tyrans croient être les plus humains qui soient … ça fout les jetons…mais j’aurai presque tendance à être indulgente avec ceux là. « Pardonne leur car ils ne savent pas » …je remarque qu’un mauvais manager a également souvent été mal managé lui même … J’ai eu de la chance de parfois connaître un excellent management. 

Et puis il y a ceux qui le font volontairement. Les pires. Ceux qui ont « L’art de la guerre » comme livre de chevet (je dis ça juste parce que je l’ai vu… tous ne lisent pas ce livre ;))…Ceux là agissent délibérément, distillent leur venin de façon pernicieuse, en toute conscience, sans scrupules et ceux là… je les méprise et je me dis qu’ils ne paient rien pour attendre…et chaque fois je n’en reviens pas… comment est ce possible ?

Dans mon secteur, j’ai remarqué ne serait-ce qu’au stade du recrutement, à quel point il y a une véritable hypocrisie. Ce qui compte ce sont les compétences… oui oui c’est ça… et puis ce qui compte aussi, c’est ta photo. C’est ta tronche, ton maquillage, tes fringues, ton tour de taille, la hauteur de tes talons. Et c’est la stricte vérité. Dans mon secteur, on prône le fait que nous faisons un métier de séduction donc si t’es pas surgoalée et sursapée, t’auras beau être un cerveau, c’est pas toi qui seras embauchée aux postes prestigieux des boîtes prestigieuses… Bon si en plus t’as pas les relations qui vont bien, là c’est sûr, « tu peux te brosser Martine »

Moi j’ai toujours accepté de jouer le jeu. J’ai toujours fais des efforts pour montrer ma bonne volonté. Mais faut pas déconner. Je ne me transformerai jamais en quelqu’un que je ne suis pas. Chassez le naturel, il revient au galop comme on dit.

J’ai entendu, j’ai vu autour de moi des recrutements qui n’ont pas eu lieu parce que : obèse, moche, tatouages,  timide, etc. …

Après une fois qu’on est recruté, parfois ça se passe mal parce que « erreur de casting » … Le truc pas de bol. On n’est pas la bonne personne pour le bon poste. Et en plus, zéro formation, zéro intégration, zéro dialogue… La personne se retrouve enfermée dans un rôle qui n’est pas pour elle, à la merci des jugements de ses supérieurs et de ses équipes… la panique intérieure… On doit se démerder seul avec ses doutes et ses angoisses. On sent juste qu’on n’est pas bon parce qu’on se prend skud sur skud par ses supérieurs. Des explications ? Non. Une vraie écoute humaine ? Non. Un gros malaise ? Oui ! Un sentiment grandissant d’échec et de nullité ? Oui oui oui !!!

Avec un peu de chance, ça s’arrête avec la période d’essai et on peut se retaper un peu pour mieux rebondir. A condition de bien rebondir. Parfois il faut plusieurs rebonds…

Il y a le harcèlement « ouvert » … La technique que j’appelle « Une claque, un bonbon » … une des pires selon moi. La déstabilisation permanente. L’insécurité permanente. On ne sait jamais sur quel pied danser et bien sûr c’est encore pire en période d’essai… Ah les périodes d’essais. Merci Sarkozy, maintenant quand on est cadre on en prend pour 8 mois ! allez Hop ! 2x 4 mois … Après ça on a intérêt à être sur de son coup ! bref… le management qui fait qu’on ne sait jamais si c’est bien ou pas bien. Si on fait une erreur, c’est pas en tête à tête que le règlement de compte se passe mais en public devant tout le monde… c’est mieux. Il y a des managers comme cela qui aiment la méthode de l’humiliation publique, qui partent du principe que comme ils sont managers, nous les simples employés, même cadres, sommes de pauvres petits abrutis avec un pois chiche dans la tête, incapable de savoir … J’ai vu ça…la tyrannie à l’état pur. La culture d’entreprise ? ça va pas non ? Le confort des employés ? On s’en fout ! 


J’ai vu des employés qui n’osaient même pas rire ou s’accorder des moments de pause par peur du fouet … Un fouet virtuel j’entends… ambiance…

Alors forcément, après on s’étonne que les employés fassent le strict minimum. On ne comprend pas la mentalité de certains à faire juste « leurs horaires » .. Oui mais comment avoir envie de faire plus ? Comment donner envie de faire plus ?

Il y a longtemps j’avais lu ce livre « Bonjour Paresse » … c’est un peu trop à l’extrême à mon goût mais il y a des vérités :
Entre les salaires minables, les faibles avantages et la pression grandissante, certains sont poussés au craquage. Rentabilité, rentabilité. Les dirigeants n’ont que ce mot à la bouche. Alors oui je comprends la rentabilité, le besoin d’être compétitif mais je reste intimement convaincue et je l’ai vu en manageant moi même des personnes, que la productivité est mille fois meilleure, que les gens sont bien plus efficaces, quand on injecte une dimension humaine dans le travail, de l’écoute, de la confiance, de la considération… évidemment, ça va aussi de paire avec un salaire honorable et en accord avec le travail effectué …

A l’heure actuelle, les employeurs, les « managers » sont en position de force car c’est la crise. Il y a plus de demandeurs d’emploi que d’offres. T’es pas content ? La porte est ouverte. J’ai entendu un patron une fois le gueuler avec assurance! Si les gens sont pas contents, qu’ils dégagent ! Il y a la queue jusqu’à la gare de gens qui veulent bosser…. Beaucoup de juniors jeunes diplômés aux abois prêts à accepter n’importe quoi à n’importe quel prix pourvu qu’ils bossent…

J’invite aussi la lecture de ce très bon pamphlet même si là aussi quelques clichés :


Je suis passée par là moi aussi… j’ai peut être eu un peu plus de bol que les nouvelles générations. Par contre, je sais aussi aujourd’hui ce que je vaux. J’accepte certaines choses parce que la vie nous oblige à courber un peu l’échine parfois, mais dans ma tête je suis claire et jamais je ne me laisserai bousiller… je me dis aussi que tout mauvais passage n’est qu’un passage. Je sais que je ne perdrai jamais ma dignité et mon honneur. Je peux être un vrai bâton merdeux quand on se fout vraiment de ma gueule. 

Un jour les employés seront de nouveau en position de force. Je l’espère en tous cas et peut être enfin cette affreuse tendance à la maltraitance s’arrêtera … c’est pas gagné…

PS : si vous ne l’avez jamais vu, ruez vous sur l’excellent documentaire : La Mise à Mort du Travail … le titre parle de lui même … le journaliste Jean-Robert Viallet a d’ailleurs eu le fameux prix Albert Londres … Magistral.

AUTISME, GRANDE CAUSE NATIONALE 2012…??? CONCRÈTEMENT ÇA DONNE QUOI ?

Bon dimanche à tous et à toutes !

Je vais peut être vous saouler à la longue avec mes élans de contestation, mes sempiternels posts sur le sujet du handicap mental, mais voilà. Ce sujet me tient à coeur. Evidemment, s’il ne me touchait pas personnellement je me concentrerai uniquement sur la misère du monde, les maladies les plus communes comme le cancer, le sida, ce que je fais par ailleurs, mais il y a aussi ce gros truc énorme que les gouvernements successifs n’arrivent pas à prendre en mains comme il le faudrait : LE HANDICAP MENTAL.

Cette année, c’est l’année de l’AUTISME. GRANDE CAUSE NATIONALE 2012. Je trouve ça très bien. Vraiment. Aujourd’hui, à force de lobbying, de cinéma, de celebrity marketing, de charity business à tout rompre, il y a DEUX maladies clairement identifiées dans l’opinion public: La trisomie 21 et l’Autisme.

Il suffit de regarder RAINMAN, le 8ème Jour, …



Moi, mon frère, il est X FRAGILE. C’est la PREMIERE CAUSE de retard mental héréditaire. Dans son IME, il a plein de copains HANDICAPES MENTAUX. Certains sont trisomiques, d’autres autistes, d’autres autre chose. Dans tous les cas, ils sont TOUS HANDICAPES MENTAUX.

Et moi ce que j’aimerai et ce pour quoi je me bats c’est la reconnaissance du HANDICAP MENTAL en GENERAL. Bien sûr, indirectement, je suppose que ce qui sera fait en faveur de l’autisme découlera forcément positivement sur les autres maladies…

Le problème, c’est qu’on a du mal à comprendre ce que ça a comme conséquences CONCRETES dans le quotidien des personnes atteintes, de l’entourage, le fait que l’Autisme soit GRANDE CAUSE NATIONALE ?

J’ai déjà fait des blogs sur le quotidien des familles, sur ce que ça fait d’avoir du handicap mental dans sa vie, j’ai déjà fait des blogs sur l’X Fragile, le fait que c’est très proche de l’autisme…


Mais vous voyez, je suis touchée de savoir que des familles sont aux abois pour scolariser leurs enfants parfois déscolarisés pendant très longtemps … La galère inouie dans laquelle ils sont embarqués… Comme mes parents avant eux. Des témoignages récurrents de parents qui procèdent aux appels quasi quotidiens aux MDPH (Maisons départementales du Handicap), les CMPP (Centre Médico Psycho -pédagogiques), les IME qui mettent les enfants sur liste d’attente, les contacts avec les assistantes sociales, la CAF …… pour espérer trouver une structure qui puisse accueillir l’enfant… L’enfer de l’administration pour trouver quoi faire, comment faire, les milliards de paperasses à remplir, l’attente interminable, les relances, les milliers d’allers retours de courriers, de déplacements… Et en attendant faut bosser…

Comment font ces familles quand elles n’ont ni les ressources financières, ni de la famille pour les aider à palier tout ce bordel organisationnel ? Elles en chient sévère je vous le dis…

Un autre témoignage qui me bouleverse aussi d’un frère ayant son frère handicapé à charge car il n’a plus ses parents et qui a préféré reprendre ce dernier avec lui car il était malheureux dans son institut. Il se démène pour trouver une solution pour avoir une chance de trouver un endroit adapté pour son frère, pour qu’il soit bien et pour que lui aussi puisse avoir une petite chance d’avoir sa vie ?

Je ne comprends pas qu’en 2012 on en soit encore là en France. Je ne comprends pas pourquoi cela reste si difficile d’avoir une prise en charge correcte et adaptée, facilitée pour les enfants, les parents, les adultes handicapés ? Les IME ressemblent de plus en plus à des »parkings » à enfants / jeunes différents. Les moyens manquent. Il n’y a pas assez de place, pas assez d’éducateurs spécialisés, pas assez de rééducation: psycho motricité, orthophonie, éveils en tous genre…

Je vois bien mon frère de 18 ans… il y a une sorte d’abandon. On ne le pousse plus à se dépasser un peu. On le laisse faire ce qu’il sait faire de mieux : du pliage de vêtements. On ne le pousse plus à faire des ateliers de cuisine, des travaux manuels variés, fini l’orthophonie, fini l’équithérapie, fini la musique, fini la stimulation multi sensorielle… Il attend…

Il est plutôt heureux. C’est une bonne nature mon frère. Pas trop emmerdant. De temps en temps son angoisse le bloque c’est vrai mais il est cool à présent. Nous on a pas forcément le temps de s’occuper de lui comme il faudrait. Moi je ne vis plus chez mes parents depuis pas mal de temps alors je ne lui donne pas autant de temps qu’il faudrait… Et en même temps il faut aussi que je puisse vivre ma vie d’adulte, c’est pas évident…

Moi j’en veux beaucoup à l’état, au gouvernement de ne pas faire réellement ce qu’il faut. L’éducation spécialisée, le handicap mental en général est le grand laissé pour compte à chaque fois… c’est trop éloigné du quotidien des gens… ça fait moins de pression. Moi j’aimerai que les journalistes s’emparent un peu plus de ce sujet, j’aimerai qu’il y ait des groupes de pression plus forts contre le gouvernement. J’aimerai que chaque association de handicap mental se mettent ensemble et pas seulement au moment du Téléthon, pour exercer une vraie pression auprès du gouvernement.

Le quotidien des familles touchées par le handicap mental est DIFFICILE et DOULOUREUX. On fait avec parce qu’on n’a pas le choix, on fait en sorte que ça se passe au mieux, on a parfois la chance d’avoir assez d’argent pour compenser, assez de famille pour être épaulé, mais c’est tout de même assez rare.

Imaginez l’angoisse indicible des parents qui se disent : que va devenir mon enfant quand je ne serai plus là ?
Les parents qui en arrivent à espérer que leur enfant meurt avant eux pour ne pas les laisser…

Alors pour les Présidentielles 2012, François Hollande, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, concrètement ils proposent quoi pour la prise en charge du handicap mental en France ?

J’attends de voir… enfin non je n’attendrai pas. L’éveil des consciences sur ce sujet grave et réel doit avoir lieu. En attendant, les famille rament…