MON FRERE HUGO, QUI AIME LE METRO (ET LES ESCALATORS)

Ce WE, j’ai reçu Hugo. Hugo, c’est mon « petit » frère de 18 ans qui me dépasse de 2 têtes au moins, grand et barraqué. Hugo, est X Fragile en mutation complète. Hugo est retardé mental. Handicapé.
C’est quoi l’X Fragile ?

Vous connaissez l’Autisme ? Vous avez déjà vu RAINMAN ? Eh bien c’est très proche. 10% des Autistes sont X Fragile.

Et si vous voulez en savoir plus, il y a un article très bien que j’ai trouvé sur le site de Perce – Neige :

ça faisait longtemps qu’on n’avait pas passé un moment tous les deux. Cela faisait des mois qu’il me réclamait ce moment privilégié et moi, je n’arrivais pas à trouver LE moment. Car pour être avec Hugo un WE entier, je dois me sentir « prête ». ça veut dire que moi, je dois aller bien, prête à affronter l’extérieur avec lui, prête à être suffisamment confiante en moi pour ne surtout pas lui communiquer mon anxiété et m’assurer qu’il va passer un bon moment.

Et ces derniers temps j’ai été plutôt dans l’hyper anxiété (chômage, divers angoisses perso existentielles de nana de bientôt 36 ans pas mariée, pas d’enfants et porteuse moi aussi de cette maladie génétique qu’est l’X Fragile) . Mais Hugo s’impatientait, alors comme les éclaircies se profilent en ce moment dans mon ciel, je me suis dis, allez ! On y va, c’est ce WE ou jamais, sinon, ça n’arrivera jamais.

Hugo m’a appelé toute la semaine: je fais mon sac Yiayia ? Je viens chez toi Yiayia ? On prend le train ? Le train pour Hugo, quand il vient à Paris, c’est le métro. Il ADORE le métro. Et Hugo et moi on s’adore. Hugo est né quand j’étais en Terminale. Un 22 mai. Je m’en suis BEAUCOUP occupé. On a une relation très très proche. On se comprend énormément et évidemment, du fait de son handicap, il a une place très particulière dans mon cœur et dans ma vie.

Il est arrivé samedi midi, juste après sa matinée à l’IME (hors de question pour Hugo de louper une seconde son « école »). Il avait dans sa petite valise ses affaires dont POTAME. Potame c’est son hippopotame en peluche depuis… 18 ans… Autant vous dire que Potame est rapiécé de partout, les bras régulièrement recousu mais même nous, Potame, on l’aime. Pas une nuit sans Potame. 

On a pris le temps d’arriver. Il faut toujours un petit temps d’acclimatation. On bouscule les habitudes, les rituels. C’est pas évident pour lui.

On est allé faire les courses. Choisir ensemble ce qu’on va faire ensemble ! Evidemment, pancakes au petit dèje, et comme c’est WE festif, Mac Do le soir et Pizza maison le lendemain.

Pour le Mac Do, il a fallu prendre le métro. Passage par le Palais des Congrès. Les Escalators. Hugo a une fascination pour les escalators. Des escaliers qui avancent tous seuls, qui montent et qui descendent. Voilà Hugo qui s’engage. Il se tient aux deux rampes, fier, souriant et curieux.  Il regarde les marches s’avancer, il regarde en contre bas les autres escaliers qui descendent, regarde vers le haut les autres. ça ne dure pas assez longtemps à son goût.

Déjà fini ? Il s’embarquerait bien sur l’autre escalator qui monte ! Non Hugo ! On va prendre le METRO !

J’ai perdu l’habitude. La foule m’angoisse. J’ai peur de le perdre. Il n’a pas de papiers sur lui. Je me dis que quand même ça serait plus raisonnable qu’il ait un bracelet ou un truc autour du cou avec des coordonnées. Mais bon. Confiance. On s’engage dans les corridors un samedi en fin de journée, direction le Mac Do. 2 Stations. ça va aller. Je déteste cette anxiété qui monte en moi. Je réalise aussi que j’ai perdu l’habitude de passer du temps avec Hugo parce que je suis de nouveau sensible au regard des gens. D’ailleurs, je me suis sentie obligée de dire à une gardienne de ma rue avec qui je discute de temps en temps que Hugo était handicapé. Mais je l’ai dis devant Hugo et j’en suis malade d’avoir fais ça. J’ai eu un besoin irrépressible de justifier le fait que mon frère était handicapé mais je l’ai fais devant lui, donc je l’ai enfoncé dans sa différence et je me sens très coupable depuis… c’est comme ça. Je me suis excusée auprès d’Hugo. J’espère qu’il n’en souffre pas.

Nous voilà sur le quai du métro. Ligne 1. je suis rassurée par ces nouvelles portes automatiques et barrières sur les quais. Hugo, tu me tiens bien la main ! Tu restes bien à côté de Yiayia. On monte. On trouve des strapontins libres. Hugo s’assied inquiet et fasciné à la fois. Il se tient bien à la barre à côté de lui. Il regarde. La vitesse du métro, le mouvement, la sonnette qui retentit indiquant la fermeture des portes. La voix qui annonce la prochaine station. C’est pas nous Yiayia c’est pas nous ? ça veut dire : on descend pas encore Yiayia ? Non Hugo. Encore 2 stations. A vrai dire, Hugo serait bien resté dans le métro. Il serait bien allé jusqu’à Château de Vincennes A/R. Demain je l’emmènerai aux Tuileries. ça fera plus de stations et une sortie sympa.

Station Charles de Gaulle Etoile. ça grouille. Je suis ultra stressée en fait. Hugo tu me suis ? Hugo reste bien à côté de moi. Tu dois toujours faire attention Hugo. Allez. On va s’en sortir. On arrive au Mac Do. Hugo ADORE le Mac Do. Il veut prendre le Sandwich Carré. Le carré c’est le M. Et puis pas des frites, des pommes de terre (des potatoes en fait). Et puis un Mc Flurry au chocolat et un coca Zéro. Mais on mange à la maison. Hugo préfère manger chez lui. Mais surtout, vite, on reprend le métro.

Hugo trace sa route hors du Mac Do tandis que je referme mon sac. Evidemment, je ne le vois pas. Je le vois dehors, je crie presque : HUGO ! Tu attends Yiayia !

Bon. Moi je dois me détendre hein. Je m’en veux de ne pas être assez cool. Je prends sur moi. J’espère qu’Hugo ne ressent pas le stress que j’éprouve surtout. Je veux qu’il passe un bon WE avec sa grande soeur.

Là encore, le trajet en métro ne dure pas assez longtemps à son goût. Il n’a pas envie de se lever pour se préparer à la sortie. Moi j’espère que tout va bien se passer et qu’il ne va pas rester dans le métro et moi sortir et le métro repartir avec lui (je me fais des scénario catastrophe comme ça … je suis une grosse flippée en fait :)) – mais tout va bien ! Hugo me tient la main pour sortir et il a hâte d’aller prendre les escalators. Cette fois on les prend dans le sens de la montée. C’est chouette les escalators.

Soirée agréable. Hugo a voulu regarder le DVD du Père Noêl est une ordure. Il est absolument FAN de Josette. Il est également fan de Jacqouille la Fripouille dans Les Visiteurs 1. Il a beaucoup d’humour mon frère. Moi je me marre de le voir se marrer. Il aime bien quand j’imite Josette. Et puis Madonna aussi dans son clip « Hung Up » (il adore Madonna) Et puis quand c’est l’heure de se coucher, il aime que je lui raconte des histoires.

Il a à peu près toute la collection des drôles de petites bêtes. Evidemment, il a HUGO, l’ASTICOT ! Mais tous les autres…
mais là pas de bol, il a oublié ses livres donc il a fallu se rabattre sur ce que j’avais en stock, soit l’album COLLECTOR des P’tites Poules avec notamment la petite Carméla qui voulait aller voir la mer !

Ce qui est important avec Hugo c’est le ton quand on lit les histoires. ça doit être VIVANT ! Il a bien ri. J’en ai déduis que je ne m’en étais pas trop mal sortie. Evidemment, on a dormi tous les deux dans mon grand lit deux places en se tenant la main. On s’est toujours tenus la main pour s’endormir ensemble. Il est content et moi aussi.

Lendemain matin, après le rituel petit dèje glandouillage, douche de 30 minutes chez Yiayia qui fait que moi je me suis douchée à l’eau tiédasse voire froidasse (merci hein Hugo d’avoir vidé le ballon d’eau chaude :)) – nous voilà en route pour les Tuileries. Quasiment 10 stations de métro et peu de monde : LE PIED !!

Finalement, la balade aux Tuileries, Hugo était moyennement emballé. Il n’y avait même pas de cygnes sur la pièce d’eau et seulement UN canard. Hugo ADORE les cygnes, les canards et les oies. Là où il vit avec mes parents en bord de Seine, il y a toujours des bandes de cygnes, d’oies sauvages et de canard et quasiment tous les dimanche, Hugo va les voir avec mon père pour leur donner du pain dur en miettes.

mais là, je sens bien que les Tuileries ça le gonfle en fait. Il commence à angoisser. Je tiens bon. 20 minutes plus tard, ce qu’il veut, c’est reprendre le métro et rentrer chez moi. ça doit le calmer le métro. Le roulis, la vitesse, ça doit avoir un effet apaisant. Moi je culpabilise de pas être assez cool…

Nous voilà rentrés. je me dis que finalement, j’aurai pu me lancer dans une sortie métro où on aurait fait toute la ligne 1  A/R avec les escalators mais bon… faut pas charrier et je ne veux pas nourrir de trop les rituels de Hugo parce que je pense que ça lui fait du bien aussi de le confronter un peu au changement.

Quand il était petit, l’âge à laquelle sa maladie s’est le plus exprimé (2 – 4 ans), Hugo HURLAIT quand on l’emmenait dans le centre commercial où ma mère avait son magasin à l’époque. Il s’automutilait, il se tapait la tête. Les gens nous dévisageaient et on était tous congestionnés de stress. Mal. Quand j’habitais Versailles il y a 10 ans de ça, je justifiais à tout bout de champ le handicap de Hugo. j’avais besoin, presque agressivement de DIRE qu’il était handicapé pour qu’on arrête de le regarder avec des yeux ronds et qu’on arrête de nous regarder comme des GROSEILLE.

Avant il me fallait toujours 48 heures pour me remettre émotionnellement de ces confrontations publiques.
Maintenant ça me gêne toujours mais j’ai appris à lâcher prise. La seule chose qui reste c’est l’inquiétude. Cette inquiétude  qu’il puisse arriver quelque chose à mon frère. Cette angoisse qu’on puisse lui faire du mal. Cette peur de comment gérer l’après. Comment ça se passera quand mes parents ne seront plus là ? Comment lui expliquer la mort, l’absence ? Comment est ce qu’il vivra ? Comment est ce qu’on vivra tous ? Est ce que mon compagnon sera prêt à l’avoir chez nous si jamais ? Toutes ces questions auxquelles je n’ai pas encore envie de penser mais elles sont là, latentes. Tout ira bien. Bien sûr. Tout ira bien. Mais il faut rester vigilant car nous vivons dans un monde qui est bien dur.

Alors voilà. le Téléthon approche. C’est la crise. Il n’y a plus d’argent. Il y a de la misère à ne plus savoir qu’en faire. Il y a de la maladie de partout dont le Cancer et le Sida qui continuent d’avoir besoin de dons pour la recherche. Mais pour les maladies génétiques, pour le retard mental, il y a encore tant à faire… TELLEMENT à faire… Alors ça n’a pas l’air prioritaire comme ça je sais bien. Je déteste en plus l’apitoiement. Moi j’aime pas la pitié. Et puis soulager sa bonne conscience une fois l’an ça m’a toujours un peu dérangé quelque part…C’est tous les jours avec TOUT LE MONDE qu’il faut montrer son humanité.

Cependant c’est un fait. La recherche a besoin de moyens. Les associations ont besoin de moyens. Les instituts spécialisés ont besoin de moyens pour permettre aux enfants et jeunes qui ont des handicaps de ne pas être seulement « parqués » en attendant que le temps passe. la REEDUCATION est FONDAMENTALE. Hugo n’a pas eu la chance d’avoir toute la rééducation adaptée dont il avait besoin. Dont il a toujours besoin. On essaie au niveau familial de compenser mais la vérité c’est qu’on fait ce qu’on peut mais qu’on n’y arrive pas toujours.

Pour ceux qui seraient intéressés par le Syndrome X Fragile, j’avais fais un blog à part entière sur le sujet :
Pour ceux qui voudraient lire l’article sur lX Fragile de l’association Perce Neige, je le copie colle ici :
Monique NARCY, neuro-pédiatre, médecin directeur de Centre d’Action Médico-Sociale Précoce et membre de la commission médico-sociale de Perce-Neige.
“La particularité de l’X Fragile c’est son diagnostic tardif, contrairement à la Trisomie 21 qui se détecte dès la naissance. L’X Fragile est identifié en moyenne vers l’âge de 2 ans ½ ou 3 ans c’est-à-dire au moment de la constatation de troubles de l’apparition du langage, excepté dans les cas où il existe une hérédité manifeste (si d’autres enfants de la famille sont déjà touchés par exemple). Généralement, les enfants X Fragile marchent tard et éprouvent des difficultés à rentrer dans des activités plus élaborées (comme le langage). Les ‘X Fra’ sont instables, impulsifs, évitent les échanges, supportent mal le bruit ou les environnements agités qu’ils vivent comme une agression. Lorsqu’un retard mental inexpliqué se manifeste chez un enfant, nous demandons systématiquement un bilan génétique qui comporte toujours la recherche d’X Fragile  et permet ainsi le diagnostic.
Si le diagnostic d’X Fragile est avéré, le conseil génétique est indispensable car le syndrome est une maladie génétique familiale. La mère est en effet porteuse de l’anomalie génétique. C’est ce qu’on appelle la prémutation (elle porte le syndrome mais ne l’exprime pas).  C’est alors sur la génération suivante qu’existe le risque d’apparition de la maladie. L’anomalie génétique responsable du syndrome d’X Fragile possède en effet la particularité de s’amplifier au fil des générations.”
Maladie  génétique,  le  syndrome de l’X Fragile est la deuxième cause de retard mental  après  la  Trisomie 21  et  la  première cause  de retard mental héréditaire.  Il touche 1  garçon  sur       4  000  et  1  fille  sur 7 000.
Etre  porteur  de  ce  syndrome,  c’est affronter  au  quotidien  les manifestations d’un retard mental, touchant en particulier  le  langage,  ainsi  que  des troubles du comportement.
Les  troubles  du  langage  sont  quant   à  eux  quasiment  constants.  Il  arrive qu’un  enfant  X Fragile  ne  prononce qu’un à deux mots jusqu’à l’âge de 3 ou 4 ans. Le langage développé est fait de digressions,  de  répétitions,  de   pauses  inappropriées,  d’interjections,   de  persévérations, d’écholalies …  La stimulation,  via  des  séances  d’orthophonie, est indispensable tout au long de la vie.
La coordination motrice est également perturbée  chez  les  enfants  X  Fragile. Pour  eux,  impossible  par  exemple  de sauter à cloche pied, de  réceptionner correctement  un  ballon  lancé  ou  de tenir un crayon de façon adéquate. Les troubles de représentation de l’espace ne  sont  pas  rares,  aggravés  par  de   possibles  difficultés  de  coordination   visuelle. Un  comportement  qui évoque parfois l’autisme. Outre  les  différents  troubles  décrits,   les  signes  les  plus  caractéristiques  du   syndrome de l’X Fragile sont incontestablement comportementaux.
L’hyperactivité est ainsi présente chez 70% des garçons X Fragile. Un comportement impulsif est fréquent. Submergées par un ensemble de stimuli (visuels, tactiles, auditifs), les personnes porteuses du syndrome éprouvent des difficultés à faire le tri entre les informations pertinentes et celles qui ne le sont pas. Les personnes X Fragile peuvent présenter une hypersensibilité aux bruits, au toucher, aux odeurs et parfois même aux couleurs.
Cette « anxiété sociale » est également une des caractéristiques essentielles des   personnes X Fragile. Leur ‘seuil de tolérance’ se trouve vite atteint, ce qui les gêne pour  s’engager  dans  une  relation,  faire  face  à  un  conflit  ou  à  une  situation   nouvelle sans éprouver de sentiment de menace. Toutefois, lorsque les personnes X Fragile se sentent en confiance, elles font preuve de certaines qualités relationnelles  (bonne humeur, affection,  serviabilité…) et présentent un  véritable  intérêt social et affectif.
À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement permettant d’envisager la guérison du  syndrome  de  l’X  Fragile.  Ceux  proposés  aujourd’hui  visent  essentiellement   à réduire certains troubles comme l’hyperactivité, l’anxiété, l’agressivité… et à soutenir les apprentissages et le développement des compétences. Toutefois, grâce au développement  de  la  biologie moléculaire,  le  fonctionnement  de  la maladie  et   son mode de transmission sont de mieux en mieux connus.
Extrait du Perce-Neige Magazine de décembre 2010.

Pour finir, n’oublions pas que la vie doit être abordée avec simplicité et humilité. Nous ne sommes que des gouttes d’eau … alors les joies simples, sont souvent les meilleures 🙂

QUAND LES PASSIONS SE DECHAINENT : ADIEU LA LIBERTE D’EXPRESSION, LA TOLERANCE, LE RESPECT, LA DEMOCRATIE …

 WHOUAHOU !!!

Vu l’heure je devrai déjà être au lit parce que je me lève tôt demain, mais je pense que vous avez tous suivi ces actualités de ces derniers jours qui déclenchent les passions, notamment sur les réseaux sociaux  ?

Lundi: admission de la Palestine à l’Unesco
Mercredi: incendie des bureaux de Charlie Hebdo

Et là, je viens de passer 45 minutes à faire Community Manager malgré moi sur la page officielle de Charlie Hebdo sur Facebook, qui est littéralement POURRIE de messages d’incitation à la haine et à la violence par des Intégristes ou des racistes de base… c’est tout à fait effrayant.
Cet après midi j’avais fais une remarque sur mon mur facebook concernant le retrait des États Unis dans la contribution à l’Unesco. L’Unesco a entre autres pour vocation d’aider les pays pauvres à s’en sortir au travers de leurs cultures, patrimoines etc. … et j’ai juste dis que je trouvais ça dommage… Et Bim, mes amis pro Israéliens se sont emballés (j’ai des amis de tous bord et je le revendique). Bien sûr c’est resté correct parce que ce sont des amis et nous sommes tous en bonne intelligence à essayer de communiquer nos avis respectifs en essayant de se comprendre mais c’est un fait, la première réaction c’est : déclenchement de passion.

Et ce soir, en grosse accro de mon iPhone et de facebook que je suis, j’ai vu qu’une de mes meilleures amies s’était exprimée sur le mur de la page officielle facebook de Charlie Hebdo et qu’elle se faisait insulter en langue arabe… Évidemment, je suis venue à la rescousse pour réitérer son message de droit à la libre expression, droit à la tolérance, droit à l’humour …

Mais j’avais déjà noté – et je ne suis pas la seule je sais bien – qu’il y a un phénomène de « masse » qui s’opère très vite chez les gens. Sur Twitter j’avais été intriguée par un journaliste d’Atlantico qui avait fait un blog un peu acide en critiquant la « bienpensance » de Twitter.

C’est vrai que même ceux qui prônent la tolérance, l’humanisme, le social à tout va sont parfois encore plus intolérants que les autres. A partir du moment où  on ne pense pas comme la masse, on prend un risque. On prend littéralement le risque de se faire exterminer. 

Si on ne rentre pas dans le moule, dans la pensée uniformisée, alors on est un paria. C’est une vérité. Les gens n’aiment pas qu’on sorte des rangs. Les gens veulent que tout le monde soit bien sages, bien dans les rangs, sinon c’est panique à bord ?

A tous niveaux, on réalise que les hommes ne sont vraiment pas prêts à la VRAIE TOLERANCE, à la VRAIE DEMOCRATIE. 

NE JUGE PAS ET TU NE SERAS POINT JUGE … Tu parles… TOUT LE MONDE JUGE !

Le monde dans lequel on vit est un ENFER DE PREJUGES.

L’homme s’est construit son propre enfer…

Malheureusement, nous vivons dans un monde à l’heure actuelle où tout est bon pour encourager les communautarismes, les extrémismes de manière générale… le moindre propos DIFFÉRENT peut être repris, mal interprété, déformé, utilisé contre nous … ça fait peur. Alors que faut il faire ? Fermer sa gueule et se planquer en devenant un individualiste misanthrope ? Je ne suis pas d’accord.

Si vous avez le temps, la patience, allez sur la page officielle de Charlie Hebdo sur facebook (enfin si elle existe encore d’ici là !) vous allez voir comme l’humanité peut faire peur… Comme le manque d’éducation c’est dangereux… Comme la passion se déchaîne et comme l’intelligence n’a subitement plus sa place…

La HAINE PURE monte à une vitesse incroyable. On comprend mieux lorsqu’on voit ça, comment Hitler a réussi si facilement à embrigader les populations de l’époque et à faire monter un mouvement anti sémite si puissant et si barbare !
Certaines personnes deviennent alors des bêtes, des loups, des tueurs en puissance quand on les laisse se déchaîner…

Je pense que Charlie Hebdo n’a pas été futé sur ce coup là… c’était pas le moment, c’était pas malin cette couverture au vu du contexte actuel et de l’historique. Je crois qu’ils doivent se sentir un peu dépassés par l’ampleur de ce que leur couverture à la con  à provoqué… mais en même temps ils avaient LE DROIT de le faire…et c’est vrai qu’il y a cette question qui remonte sans cesse: PEUT-ON RIRE DE TOUT ?

Franchement je ne sais pas… L’humour est subjectif. En tous cas il y a certains type d’humour qui n’ont pas le rire évident.

J’ai un frère handicapé mental et j’ai ADORé « Où on va Papa » de Jean-Louis Fournier. Lui il avait droit de rire du handicap parce qu’il a eu 2 enfants handicapés et moi mon frère est handicapé alors on a le droit de rire, on sait… Je ne suis pas sûre que j’apprécierai des sketchs sur le handicap par contre…

Tout comme quelqu’un qui a perdu un proche du cancer, n’appréciera peut être pas une grosse blague sur le sujet…

De manière générale, je pense qu’on peut rire de presque tout… Après, tout est dans la « façon » de le faire … mais c’est un fait. On ne peut pas faire rire tout le monde, on ne peut pas non plus empêcher les uns et les autres de rire de ce qui leur convient…

C’est pas simple la tolérance, la vraie… c’est même un utopie selon moi.

Ce soir j’ai vu que la tolérance, le respect, le sens de la liberté d’expression étaient en danger… En fait, nous sommes tout le temps sur un brasier…  ça serait sûrement très facile de repartir en guerre comme en 40 …

Mais rassurez moi, nous sommes mieux éduqués qu’avant n’est ce pas ? Nous sommes par conséquent mieux informés et plus ouverts, donc plus enclins à la tolérance n’est ce pas ?

HAPPY HALLOWEEN & BONNE TOUSSAINT !

Bonjour les ondes !

Je me décide forcément à faire un ‘petit’ blog sur le sujet car je suis une GRANDE FAN d’Halloween –  AVANT, quand je pouvais, j’adorais organiser des soirées Halloween dans la grande maison de mes parents où je faisais venir tous mes amis… je me démenais pour transformer toute la maison en un lieu effrayant et sympathique avec des fausses toiles d’araignées, des guirlandes d’insectes, une tête de mort à l’entrée de la maison qui faisait « Happy Halloween ! Ha ha ha ha ha ! » des bougies, des citrouilles, et même si je mettais plus de 24h à rendre la maison en état, si je pouvais refaire machine arrière et le refaire, je n’hésiterai pas une seconde 🙂 Têtes de morts, fantômes, vampires, sang qui dégouline, … je m’éclate 🙂

Bref, j’aime Halloween.

Et pourtant je ne suis pas Irlandaise, ni Américaine, ni Anglaise… Certains critiquent le fait qu’on essaie d’instaurer cette fête en France sous prétexte que cela ne ferait pas partie de notre culture et que ça serait du simple marketing… c’est vrai, comme pour Noël soit dit en passant… la tradition vient d’Irlande (plus bas j’ai emprunté à WIKIPEDIA ce que j’ai trouvé sur Halloween et la légende de Jack O’Lantern) – Mais pourquoi pas ? Les enfants ADORENT Halloween et les plus grands aussi.
Pour ma part, j’ai grandi à l’étranger dans d’anciennes colonies britanniques alors c’est vrai que ça m’a peut être plus imprégné en tant que française mais je me suis mise à m’enjouer vraiment sur le tard vers 20 ans ! et ça ne m’empêche pas de me recueillir le 1er Novembre et de penser aux membres de ma famille partis ni aux amis perdus… c’est juste un moment festif qui permet de se retrouver entre amis, en famille et de bien s’amuser ! Et pour les adultes, c’est un super prétexte pour régresser 🙂
En tous cas, on ne m’enlèvera pas de la tête que HALLOWEEN c’est une super fête, on s’amuse, c’est JOYEUX.

Et puis j’adore les courges… peut être parce que j’en suis une aussi, allez savoir 🙂
En tous cas, un peu d’histoire ci dessous pour les néophytes !

L’Halloween ou Halloween (sans déterminant) est une fête célébrée dans la soirée du 31 octobre, veille de la Toussaint, dont elle tire son nom puisque Halloween est une contraction de l’anglais All Hallows Even, autrement dit the eve of All Saints’ Day en anglais moderne1, ce qui signifie la « veillée de la Toussaint ».
Cette fête, originaire des îles Britanniques, est célébrée principalement en Irlande, en Écosse, au Canada, en Australie, en Grande-Bretagne et aux États-Unis. La tradition moderne la plus connue veut que les enfants se déguisent avec des costumes qui font peur (fantômes, sorcières, monstres, vampires par exemple) et aillent sonner aux portes en demandant aux adultes, souvent eux-mêmes déguisés, des bonbons, des fruits ou de l’argent avec la formule : Trick or treat! (« Farce ou friandise ! ») ou simplement « Happy Halloween! ». D’autres activités incluent des bals masqués, le visionnage de films d’horreur, la visite de maisons « hantées » ou d’allumer des feux de joie en plein air.
L’Halloween est une fête folklorique anglo-saxonne2 communément considérée comme en partie héritée de la fête religieuse celtique de Samain3 qui se tenait à la même date en Irlande et en Ecosse avant qu’elle ne soit progressivement supplantée par la Toussaint introduite le 1er novembre par l’Église catholique aux environs du VIIIe siècle. Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que cette tradition gagna en popularité en Amérique du Nord après l’arrivée massive d’émigrants irlandais et écossais qui s’installèrent sur le nouveau continent notamment pour fuir la Grande famine en Irlande.
Le principal symbole d’Halloween est la citrouille issue de la légende irlandaise de Jack-o’-lantern : elle est découpée pour y dessiner, en creux, un visage, puis une bougie est placée en son centre.
Jack-O’-Lantern est probablement le personnage le plus populaire associé à l’Halloween. Il provient d’un vieux conte Irlandais et aurait été un maréchal-ferrant irlandais, avare, ivrogne, méchant et égocentrique.
Un soir, alors qu’il était dans une taverne, Jack bouscule le diable. Ce dernier, comme à son habitude tente de convaincre Jack de lui laisser son âme en échange de faveurs diaboliques. Sur le point de succomber, Jack demande alors au Diable de lui offrir un dernier verre avant qu’il n’accepte le pacte. Le Diable se transforme alors en pièce de six pence afin de payer le tavernier. Prestement, Jack empoigne la pièce et la glisse dans sa bourse. Or, celle-ci contient une croix d’argent : le Diable ne pouvant plus se transformer de nouveau, est prisonnier sous la forme de cette petite pièce. Jack obtint alors du Malin qu’il ne vienne pas réclamer son âme avant que ne se soit écoulé un an et le Diable accepte. Douze mois plus tard, Jack rencontre le Diable sur une route de campagne : ce dernier réclame son dû. Jack réfléchissant à toute allure dit alors « Je vais venir, mais d’abord pourrais-tu cueillir une pomme de cet arbre pour moi ? ». Le Diable grimpe sur les épaules de Jack et s’accroche aux branches du pommier. Jack sort alors son couteau et sculpte une croix sur le tronc de l’arbre. Coincé de nouveau. Le rusé maréchal-ferrant obtient alors du Diable la promesse qu’il ne prenne jamais son âme… Sans autre solution, le Diable accepte et Jack efface la croix du tronc.
Quelques années plus tard, Jack meurt. Mais il se voit refuser l’entrée du paradis à cause de sa vie d’ivrognerie. En désespoir de cause, il se rend chez le Diable : aux portes de l’enfer, celui-ci lui rappelle qu’il ne peut pas prendre son âme… « Mais où vais-je aller ? » demande Jack. « Retourne d’où tu viens » lui répond le Diable ! Il faisait nuit, froid et un grand vent soufflait. Jack demanda alors au Diable s’il n’avait pas de quoi l’éclairer sur la route. Dans un geste de bonté, le Diable lui donna une braise (cela ne manquait pas chez lui…). Jack la mit dans un navet qu’il mangeait pour la protéger du vent glacé. Depuis lors Jack est condamné à errer comme une âme en peine au milieu des ténèbres…
Le terme « Jack à la lanterne » apparu en 1750 désignait à l’origine un veilleur de nuit ou quelqu’un portant une lanterne. La tradition irlandaise de creuser des navets lors de la nuit d’Halloween (en souvenir des âmes perdues comme celle de Jack) fut vite remplacée, lors de l’exode massif des Irlandais vers les Amériques en 1845-50 (Grande famine en Irlande) par l’envie de creuser des citrouilles qu’ils trouvèrent sur place. Cette tradition, plutôt campagnarde, n’est devenue vivace partout aux États-Unis que depuis le début du XXème siècle. Les citrouilles utilisées sont d’une variété particulière de ce cucurbitacée orange appelées « Jack-o-Lantern » , elles sont devenues rapidement le symbole majeur de la fête d’Halloween grâce à leur forme régulière, rappelant un visage et la facilité avec laquelle on peut les creuser.
HAPPY HALLOWEEN A TOUS ! ET PENSEES A NOS MORTS…!

I HAVE A DREAM … OU PAS … ?

Bonjour les ondes !

J’espère que vous allez bien, que vous êtes contents, que vous avez le moral et que vous y croyez vous à l’avenir, parce que moi, après un énième rdv Pole Emploi ce matin, j’avoue, je suis ressortie de là totalement plombée.

D’ailleurs, comme je l’ai indiqué dans un de mes statuts facebook, c’est officiel: Pole Emploi me déprime. Je ne renie surtout pas l’organisme. Franchement, nous avons de la chance d’avoir droit à des ressources (nous payons pour ça en même temps), mais la vérité c’est que lorsqu’on y va, on se prend les failles de notre société en pleine tronche.

J’ai de la « chance », je suis rattachée au Pôle Emploi Cadres. Et donc, comme on essaie d’aider les cadres à améliorer leurs recherches de boulot, on nous propose des tonnes d’ateliers… Par ailleurs on a intérêt à en prendre et à y aller sinon la menace de la radiation plane au dessus de nos têtes. Oui oui, quand vous recevez une convocation c’est très clairement énoncé: si tu viens pas, … au revoir pôle emploi… en gros…

Tout de suite ça met à l’aise. On se sent déjà mal d’être à la merci du système, on se sent déjà mal d’être dans la dépendance financière, honteux quelque part de ne pas retrouver de boulot illico presto, et EN PLUS, on a la trouille au bide de pas toucher nos allocations si on a le malheur de louper un atelier d’information…

Donc je me suis lancée moi aussi dans les ateliers… Je fais actuellement un Bilan de Compétences Approfondi. J’avoue, j’y suis allée à reculons mais ça fait toujours du bien. Après, ce qui en ressort n’est pas forcément très… comment dire…ce qu’on veut vraiment faire mais on se dit: ok, si un jour je suis vraiment au fond du seau et à la ramasse je pourrai toujours me recycler avec tel ou tel métier que la multitude de tests et logiciels RH auront démontré et calculé… Moi j’aurai pu faire psychiatre ou chirurgien il paraît… ou paysagiste, ou horticulteur (j’aime bien la nature) ou prof de ski, ou …. formateur! si si … c’est mon côté pédagogue. Bon. La vérité c’est que je suis surtout bien faite pour faire le boulot que je fais…

Bref. En parallèle j’ai pris un atelier d’information à la création d’entreprise… Forcément, quand le chômage dure on se dit: assurons nos arrières, prévoyons le au cas où, donc renseignons nous !

Et ça, c’était ce matin. Je suis arrivée avec ma convocation avec en bas de page, la menace ultime de radiation si je viens pas… Et là, la gentille dame de l’accueil me dit que je suis pas enregistrée… mais c’est pas grave hein on va m’inscrire au crayon sur la feuille… euh… ok. Tant que je suis pas radiée hein… J’ai une angine, j’ai pas assez dormi, pas pris de café, je sens d’emblée que ça va pas être facile.

On arrive à 15 dans la salle dédiée à la présentation. Et là c’est parti pour 2 heures de powerpoint, où au final, la gentille dame nous écrit sur un paperboard, toutes les adresses Internet qu’on va pouvoir consulter pour se renseigner: URSSAF, RSI, Travail.gouv.fr, Maire de Paris, CCI Paris, AFPA, etc. etc. etc. ….

Donc en fait, on apprend des trucs sans apprendre. On nous dit que si vraiment on veut se lancer, il y a d’autres ATELIERS pour ça. Si on veut se lancer, SURTOUT, LE MIEUX c’est de bien s’entourer avec un Expert Juridique, un expert fiscaliste, un expert comptable… Et surtout, faut quand même bien faire gaffe. ET pour les aides, là, ATTENTION, WELCOME in LE LABYRINTHE de maboule, qui fait qu’on sort de là embrouillé à mort, entre les aides Pôle Emploi, les aides du Conseil Régional, les aides de l’Etat, et en même temps quand on est en fin de droits ça va pas être pareil qu’en début, et en même temps faut voir au cas par cas. …. OK.

Moi, je suis ressortie de là en me disant: Putain. Mon Dieu, faites que je sois salariée. Quand on dit que la France n’est pas un pays d’entrepreneuriat, c’est pas une blague. On vous parle d’exonération mais non. C’est pas vrai. Ce que tu paies pas maintenant, tu le paies plus tard et il y a tellement de paperasse et de démarches administratives que t’as de quoi totalement abandonner toute idée… D’ailleurs ils le disent, c’est 13 mois minimum…

Ma mère est à son compte depuis des années. Depuis 5 ans, elle fait des marchés. Elle a décidé de rien demander à personne, de se démerder toute seule, mais résultat des courses, elle a surtout bossé pour payer ses charges en tous genre… Donc elle a appris les « astuces » mais c’est épuisant…

Et donc… je regardais autour de moi. Beaucoup de + de 50 ans. Des hommes qui en gros n’avaient plus d’autres choix que de reprendre une entreprise ou en créer une parce que les entreprises ne recrutent pas les vieux. Et côté nanas, des filles de mon âge et plus mais toutes avec le même argument: Si je fais cette démarche, c’est parce que j’ai une sécurité financière avec mon conjoint, sinon je ne le ferai pas. Ah bah ouais… Ouais ouais… c’est sûr… c’est plus facile.

Et puis il y avait moi, luttant contre la fatigue, sentant la fièvre monter, perplexe devant toutes ces données, spectatrice en retrait presque de tous ces gens. Un mec en face de moi, genre djeunnze trentenaire qui essaie de maintenir son côté « in », iPhone4 en vue, l’air détaché, l’air « j’appartiens pas à votre monde de loosers » … mais la vérité c’est qu’on se sent tous des loosers dans ce genre de réunions. On a tous pas envie d’être là. Tous, on aimerait que ce soit autrement… mais on y est et faut faire avec. On voit bien qu’on essaie tous de maintenir notre statut, notre « standing » mais ça se voit qu’on a tous pas eu de gros lâchages en shopping depuis quelques mois. Et chose dingue, on a tous des cernes. On a tous l’air fatigué. Comme quoi on se repose pas au chômage.
Et aussi, on a tous des calepins et on prend des notes. Les hommes de + de 50 ans ont des « porte documents ». les plus jeunes on a des pochettes cartonnées avec des élastiques avec toute notre paperasse pôle emploi. On devient gratte papier à l’ancienne malgré nous. On a l’air ringard avec notre pochette cartonnée. Qui se trimballe avec des pochettes cartonnées à part les chômeurs (et les étudiants mais ils les planquent dans leurs sacs à dos Eastpak) …

Enfin voilà. ça m’a foutu les boules. Je suis sortie, il y avait un clochard sur un matelas emmitouflé dans une couverture. J’ai pris le métro. Ligne 13. Ligne populaire par excellence. Et là on se prend un grand bain de mixité sociale. On se prend dans la gueule la misère globale de la société dans laquelle nous vivons.

Là où j’ai craqué c’est la vision de ce garçon, handicapé mental qui avait sa petite feuille avec son itinéraire. Il souriait et parlait tout seul. Et là j’ai pensé à mon frère qui a 18 ans et qui est handicapé mental lui aussi… Et j’ai les larmes qui me sont montées aux yeux. Les gens devaient se dire: ah, elle a du se faire plaquer… j’en sais rien. Les gens ne me regardaient surement pas. Mais je pensais à mon frère et en sortant du métro, je me disais que j’avais vraiment intérêt à m’en sortir et je me suis retournée pour vérifier si le garçon arrivait à se repérer. Et je me disais, mon dieu… Est ce que vraiment il y a une place pour tout le monde dans notre société actuelle?

Quand on voit que des cadres, des gens éduqués, des gens qui ont eu la chance de faire des études, d’avoir un certain niveau de vie, se retrouvent eux aussi à finalement galérer, on se dit que c’est forcément encore plus dur, forcément encore pire pour ceux qui n’ont pas cette chance. On se dit que décidément, nous ne sommes plus dans une société de la chance pour tous.

Il semble évident que les chances de bien vivre sont augmentées quand on est RICHE, BEAU ET INTELLIGENT. Et si on est juste riche ça marche aussi.

L’autre soir, mon copain me disait que j’avais un problème avec l’argent. Je n’ai pas de problème avec l’argent. J’ai un problème avec l’injustice sociale. J’ai un réel problème avec les différences de valeur. J’ai un réel problème avec le fait que ce soit la lutte pour quelqu’un de s’acheter une boîte de pâtes à moins d’un euro quand une personne peut se permettre de s’acheter un jean à 1500 euros minimim. C’est ça qui me pose un problème. Et c’est ce que ces rdv Pôle Emploi me procurent…

Alors j’espère, j’espère que le mouvement des Indignés va s’amplifier. J’espère que la prochaine fois je pourrai moi aussi aller dans la rue, parce que ça me révolte tellement. J’ai ce rêve, je l’avais ce rêve, que nous pourrions avoir un système de société où chacun aurait sa petite place, son petit rôle à jouer peu importe ses origines, ses capacités,… une place pour que chacun puisse avoir le droit de vivre de façon correcte, décente.

Des mouvements s’organisent… j’espère qu’il y a un vrai phénomène de prise de conscience suffisamment fort pour qu’il y ait un vrai mouvement collectif de révolte contre ces fonctionnements inhumains de notre société actuelle.

Et pour finir, deux chansons qui symbolisent un peu tout ça :

LES LIMITES DE LA LIBERTE SUR INTERNET : ATTAQUES PIRATES ET AUTRES HARCELEMENTS

Bonjour les amis des ondes !

Je m’étonne de n’avoir jamais eu l’idée de faire un billet sur le sujet plus tôt mais suite à un nouveau petit coup de flippe ce matin en me connectant sur facebook, je me suis souvenue de ce qui m’est arrivé il y a un peu plus d’un an et je pense qu’il peut être utile à tous que je partage mon expérience de fille piratée et harcelée sur Internet, via Facebook (en tous cas, tout est parti de là).

Il était une fois, MOI. c’est à dire, une nana de 35 balais, bossant dans les relations publiques et OVER CONNECTEE. Entendez par là que je suis, à peu près partout. C’est à dire que je suis sur les réseaux sociaux (à peu près tous) et que mon CV traîne depuis des années sur tous les sites de recrutements possible et imaginables…

Jusqu’à ce qu’il m’arrive ce qui m’est arrivé, j’ai toujours pensé que je ne risquais rien. A vrai dire, ça ne me traversait jamais l’esprit qu’il puisse m’arriver quelque chose. O bien sûr, j’ai commencé comme tout le monde à entendre parler d’usurpation d’identités, de piratages, de  hacking de données sur les ordis, de carte bancaires volées etc. mais bon… je pensais que ça ne m’arriverait pas.

Moi et ma page facebook. Je frôle l’addiction. En même temps, vu mon métier, je dirai que 80% de mes contacts se font par le biais des réseaux sociaux. J’avais donc BEAUCOUP d’amis. je croyais filtrer. Je croyais aussi que ma page était bien protégée, bien paramétrée…. je dis bien, je CROYAIS. 

Et non ! Alors comme je suis quelqu’un d’expressif, j’ai toujours eu tendance à utiliser ces espaces comme exutoire. Par contre je n’ai jamais cité de noms. Blonde mais un peu prudente malgré tout. Ma page facebook  de l’époque a donc été un endroit où dans mon cercle PRIVE, je m’exprimais. 

Évidemment, je parlais de mon travail qui par moments me faisait suer, de mes vilains patrons pas toujours gentils, bref… je ne donnais jamais de noms mais voilà. J’avais besoin de me défouler un peu. Et puis un jour… Un jour, mon patron de l’époque a reçu un mail d’un inconnu, lui envoyant une copie d’écran de ma page facebook. Mais ma page était trafiquée. Je vous laisse imaginer l’état de choc…
Je ne me suis pas laissée démonter, j’ai compris qu’il y avait embrouille, mais forcément, ça a quelque peu altéré mes relations de travail. Vite, vite, j’ai fais du ménage dans mes amis, appelé mon avocat, cru paramétrer mon compte comme il fallait, bref… on respire, on se calme… BIM, 2ème Email de mon Harceleur inconnu, qui cette fois s’en prend à mes collègues. Toujours dans une démarche négative et clairement destructrice à mon égard… franchement, je ne comprends pas…

Totalement sous le choc, je me dis ok. Je garde tous les mails et on va aller chez les flics. Commissariat du 17ème arrondissement. Je tombe sur des flics qui me parlent de vide juridique et qu’en gros, je ne peux rien faire… Hein ?!

Je décide de faire profil bas quelques temps. Au moment où je me crois ENFIN tranquille, le harceleur attaque de nouveau en me mettant en CC. des emails. Toujours copie d’écran facebook trafiquée et quand plus de facebook il s’attaque à ma page LinkedIn. Je vous passe les détails mais là, je commence à méchamment flipper mais aussi à être totalement furax. Je réponds à l’inconnu qui prend soin à chaque fois de changer d’email. Il me répond en citant ma sœur, mon adresse postale et mon numéro de portable et me parle d’un ancien boulot… je ne comprends toujours pas car je N’AI PAS d’ennemis notoires. Je suis plutôt une bonne patte, de nature franche, donc en général, les éventuels clashs se dénouent très vite. Je n’arrive pas à voir QUI pourrait me vouloir du mal et avoir tant besoin et envie de me pourrir l’existence…
L’informaticien de la boîte est sur le coup. Mon père, GEEK professionnel et Hacker à ses heures perdues commence à essayer de comprendre. De mon côté j’ai de la chance d’avoir des amis, anciens collègues à fond dans le high tech qui m’orientent vers la cellule spécialisée contre la cybercriminalité des flics.

Tout se passe par email. Rien sur mon téléphone portable, rien de « physique »… je supprime ma page facebook et je m’en recrée une nouvelle avec un nouveau nom. Le mec me retrouve et me renvoie un mail. Je pleure, ça me rends dingue. Il attaque tous les jours à 17h. Je suis à bout.

Grâce à un cyberflic ultra compétent et quelques hackers dont on m’a donné les contacts, j’ai pu aller porter plainte dans un autre commissariat avec un vrai motif pénal pour amorcer une enquête judiciaire. Sachez que c’est hyper dur ces situations pour aller en pénal car à moins d’être frappée, agressée physiquement, cambriolée, bref… ce genre d’histoire de harcèlement et détournement de communication n’est pas si simple à gérer…

Donc, ENFIN je porte plainte et l’enquête s’ouvre. Je me retrouve en contact quasi 24/7 avec une bande de cyber enquêteurs/ flics. j’ai l’impression d’être dans LES EXPERTS. Mon père vient à la rescousse et grosso modo, tout ce que mon père peut trouver de façon légale, ce qui peut faire avancer l’enquête des flics, ils prennent… Il gèrent des menaces de mort réelles et sérieuses donc ils priorisent leurs actions étant en sous effectifs…

Moi je sais plus quoi faire. Juste je m’abstiens de communiquer. Je me sens piégée à la merci de quelqu’un que je ne connais pas, sans comprendre pourquoi et cette personne est déterminée à me pourrir professionnellement. Je recoupe des indices, j’enquête avec mes connexions communes. Je découvre que ces connexions ont elles aussi subi du harcèlement. Mais QUI C’EST BORDEL ?!

Mon père me dit que tous les mails que mon harceleur m’envoie sont bons signes. Le faux pas ne va pas lui échapper. Dès que je reçois un mail du harceleur je les transfère aux enquêteurs et à mon père et ils bidouillent leurs trucs de geeks et trouvent des indices et encore des indices…

Et figurez vous que c’est mon PERE qui a trouvé d’où venait la source. En tous cas, à défaut d’avoir trouvé et identifié le harceleur, mon père a trouvé par quelle connexion le mec passait pour pirater ma page et j’en passe…

L’enquête est toujours en cours. Mon dossier en sourdine mais la veille continue. Je n’y pensais plus jusqu’à ce matin où j’ai été informée que quelqu’un avait essayé de se connecter à mon compte facebook… un quelqu’un qui n’était pas moi et qui n’était pas localisé où je l’étais… Méga flippe mais action / réaction. Pour en revenir à mon histoire, j’ai mis du temps mais je me suis réouvert une page facebook que j’ai mieux paramétré cette fois ci car j’ai réalisé que je n’étais pas si sécurisée que ça dans mes paramètres. J’ai investi dans un super anti virus qui protège des attaques cybernétiques, j’ai changé mes password, je fais beaucoup plus attention à ce que je mets sur facebook et j’en passe…. MAIS je tiens à garder et revendiquer ma liberté d’expression. Cependant il ne faut pas se voiler la face. Nous ne sommes pas si libres.

Facebook est un gruyère m’avait dit le cyberflic. Quelqu’un d’un peu doué peut déjouer n’importe quel système. Alors je fais gaffe. Je fais gaffe à mes propos, je fais gaffe aux photos, tous mes amis, je les connais physiquement… j’ai enlevé mes adresses postales et numéros de téléphone de mes CV sur le net, je suis en mode invisible partout où je peux..

Et faut pas virer parano… les flics m’avaient dit que ça aurait été presque plus facile si le mec m’avait agressé dans la rue (eh merci hein les gars :))

En tous cas, il y a bien des motifs d’ordre pénal pour porter plainte en cas d’usurpation d’identité, de piratage et harcèlement. Il faut rester prudent sur Internet. Il faut apprendre aux enfants à l’être. C’est juste essentiel parce que croyez moi, ça n’arrive pas qu’aux autres et quand ça vous arrive, vous ne comprenez pas. Vous subissez une violence inouïe, sans pouvoir agir en direct et c’est très très très déroutant et déstabilisant.

Sur ce… bonne journée quand même 🙂