Où commence et où s’arrête la décence / indécence sur les réseaux sociaux ?

Bonsoir à tous !

Des longs mois que je n’ai rien rédigé sur mon blog … pardon à mes lecteurs. J’ai au moins une bonne raison et plein d’autres peut être plus aléatoires.

Souvent durant ces longs mois j’avais envie d’écrire. Des idées que je tapotais vite sur mon appli Notes d’iPhone et qui sont restées en suspens… des envies subites de réactiver mon blog beauté sur blogger voyant qu’il était cliqué… et puis un blog beauté c’est sympa, c’est léger, c’est relativement facile et comme je ne blogue pas en pensant à faire de l’audience et du fric, ça va…

Et puis j’ai un brouillon trèèèèèèès long en attente que je ne veux pas publier maintenant mais que je me suis promis de publier quand ça sera le moment. Un long texte où mon expérience fait un peu « cas d’école » sur ce que j’ai vécu et ce que je vis encore depuis quelques mois. ça n’intéressera pas tout le monde. Sûrement un public particulièrement ciblé mais je crois que ça sera bien et utile que je partage ce truc extraordinaire que je vis.

Alors voilà. Je suis enceinte. J’entame le 8eme mois. Pas de roulement de tambour, pas de baby shower, pas de photos, mais oui je suis enceinte. Et c’est super. Je veux dire, je suis heureuse. Chanceuse. Chanceuse parce que pour ceux qui connaissent mon blog, connaissent ce truc qui revient de façon récurrente : le Syndrome X Fragile. La maladie génétique dont mon frère est atteint et dont j’ai découvert que j’étais porteuse à l’âge de 19 ans (quand on a diagnostiqué mon petit frère)… et pour avoir la chance d’être maman, j’ai eu recours a un Diagnostic Pré Implantatoire. Vous voulez savoir ce que c’est ? L’agence de Biomédecine explique parfaitement la chose ici : http://www.agence-biomedecine.fr/IMG/pdf/2012_brochure_dpi_vdef.pdf

C’est un truc balaise. On ne peut pas tous y accéder. Il y a des tonnes de conditions sur lesquelles je ne vais pas m’étendre ici. C’est un parcours du combattant, une loterie, une vraie démarche qui demande aussi beaucoup de détermination et un engagement total, à deux.

imagesDonc j’ai eu de la chance. J’ai eu de la chance parce qu’en plus, je m’y suis reprise, « vieille ». Je vais avoir 40 ans à la fin de l’année. Plus on est biologiquement « vieille », moins on a de chance que ça marche. Pour plein de raisons au delà de la fertilité. On a moins de chances de pouvoir essayer.

Alors j’ai eu de la chance. Parce que sur 7 embryons, il y a eu un embryon parfait, warrior, qui a pu subir une biopsie pour pouvoir subir un examen génétique. Et puis il était tellement parfait ce petit embryon qu’il n’avait pas d’X Fragile, il a même survécu à la biopsie et il a accepté de continuer son processus de vie dans mon ventre. On a eu beaucoup de chance…

Mais bien sûr, rien n’est jamais simple, alors le démarrage a été chaotique. J’ai eu très très peur de le perdre mon bébé miracle. J’ai été vite arrêtée, souvent allongée, paniquée dès que je perdais du sang, paniquée dès que j’avais une douleur, gavée d’hormones parce qu’une FIV c’est pas naturel alors on vous fait prendre beaucoup de trucs pour vous aider…

Et puis il a fallu a chaque fois attendre… Attendre 15 jours après le transfert pour être sur que ça ai pris, attendre les 3 mois, les fameux trois mois où en ce qui me concerne j’ai eu tous les symptômes de grossesse les plus désagréables les uns que les autres, et puis en plus il y avait le test de la trisomie 21 qui pour une fille comme moi, touchée par la génétique, a été un très dur moment à passer…

Et puis après j’ai eu un décollement et un hématome… Alors j’ai du rester tranquille… et après j’ai eu des contractions trop tôt…. alors j’ai aussi du rester tranquille … il a fallu être humble. Et puis j’ai du apprendre à dominer ma trouille. Je vous raccourcis un peu tout le truc… Il y a heureusement aussi des grands moments de joie et de réconfort…

Mais voilà. C’est ce qu’on appelle une grossesse précieuse… Et je crois que jusqu’à ce que j’ai mon bébé dans les bras, je ne serai pas totalement tranquille…

Ce qui me pousse à écrire c’est que forcément, étant plus oisive depuis plusieurs mois, j’ai beaucoup passé de temps sur les réseaux sociaux. Déjà en temps normal je suis une barjo des réseaux sociaux. c’est un peu devenu une extension de moi … trop parfois même si j’estime que j’arrive à faire la part des choses… Davantage Facebook parce que plus facile, car « entre amis » … je ne balance pas mes états d’âme a des inconnus… dans 98% des cas.

Et ces derniers temps revient sans cesse la question de la décence. La décence des photos que l’on montre, que l’on partage avec les autres.

Et cette question se pose d’autant quand vous êtes enceinte. Photo ou pas de sa grossesse ? Photo ou pas de son enfant ?

J’avoue qu’avant je disais : JAMAIS. Jamais je ne mettrai de photo de moi enceinte, jamais.

La vérité c’est que même si je ne suis pas à l’aise de mettre des photos, forcément, ça fait plaisir de le faire. Surtout quand on a un parcours pas évident et qu’on a attendu si longtemps et qu’on a eu si peur. La premiere fois que j’ai posté une photo j’en étais malade. Je voulais la retirer. Je craignais que ça me porte la poisse. Le lendemain j’ai perdu du sang à cause d’un hématome. Je me suis dit : ok c’est un signe.

Et puis tout est rentré dans l’ordre et mettre une photo de temps en temps m’a aidé à concrétiser ma grossesse et à me l’approprier et la positiver. Mettre une photo par ci par là m’a en quelque sorte poussé à aller dans le sens de la vie, à penser positif, à dépasser mes angoisses de la malédiction… Vous savez, je suis le genre de fille qui devra se convaincre toute sa vie que je peux avoir le droit au bonheur sans qu’une grosse tuile me tombe sur la tête… Je ne suis pas de nature insouciante. Je ne le suis plus en tous cas.

Alors pour plein de bonnes raisons je me suis dit que c’était positif de mettre des photos…

Évidemment, avec mon passif, je suis toujours prudente et précautionneuse de la façon dont je les poste : je pense aux copines en mal d’enfants, soit parce que célibataires, soit parce qu’elles ne peuvent pas, n’ont pas pu … je passe mon temps à penser à elles… j’ai moi même été celle qui était cernée de copines enceintes, mariées et fières de l’être tandis que moi je vivais mes galères sentimentales de Bridget Jones ambulante avec à la clé une IVG quand 80% de mes copines m’annonçaient leur première grossesse.

J’en avais parfois vraiment lourd sur la patate. Par contre, je crois que je ne l’ai jamais montré. Je me suis toujours réjouie pour mes amies. Et sincèrement en plus. Parce qu’envers et contre tout, j’aime la vie et je trouve chouette quand la vie gagne.

J’avais même envisagé à un moment donné la possibilité que je n’ai pas la chance d’être maman …

Et quand je tape tout ça, je flippe tout à l’intérieur de moi en me disant que je dois encore attendre que mon bébé soit vraiment là bien vivant dans mes bras avant de m’emballer…

Mais les derniers échanges que j’ai eu sur FB avec certaines copines m’ont poussé à réagir ici.

ça veut dire quoi être décent ?

Si on pousse le raisonnement jusqu’au bout, cela va bien au delà d’une femme enceinte et d’une photo d’enfant :

  • Une photo de bonne bouffe qu’un ami au régime voit c’est dur
  • Une photo de sucreries et méga bonnes pâtisseries pour un ami diabétique c’est vache
  • Une photo de vacances de rêves pour un ami qui lui est privé de vacances ou n’a pas les moyens de s’en payer c’est cruel
  • Une photo de couple super amoureux pour une célibataire en manque d’amour c’est vraiment dur aussi
  • Une photo de vie sociale exubérante pour un ami dans l’isolement ça fait mal …
  • Une photo de belle maison avec jardin et piscine pour un ami qui vit dans une boite à chaussures c’est pas terrible non plus …
  • Une photo de copine surgoalée super bien sapée quand on a une amie qui lutte contre ses kilos en trop et n’a pas les moyens de s’habiller en Paul & Joe / Isabel Marant et j’en passe c’est pas cool …

Bref, toute photo est potentiellement indécente pour un ami. Mais je ne sais pas pourquoi il y a un blocage bien particulier sur la femme enceinte. et ensuite bien sûr sur ses gosses.

J’ai toujours un peu peur de devenir une M.I.L.K. (Mother I’d like to kill) – j’ai dans mon entourage proche, quelques MILK mais bon c’est la famille alors je prends sur moi… j’ai aussi eu une MILK un peu moins proche qui m’insupportais tellement que j’ai du me désabonner pour ne plus l’avoir dans mon fil d’actu car je n’en pouvais plus des photos moches de son gosse moche et de sa vie qui m’horripilais… tout était niais, inintéressant, il faut être honnête, à quelques exceptions et situations près, les gamins des autres, on s’en cogne… et les avancées de l’éveil du gosse, sa capacité à faire ses nuits, faire ses rots, caca dans le pot, évidemment, on n’en a rien a foutre. Non mais c’est vrai … Après, moi j’aime bien les photos d’enfants. J’aime les gosses. Je trouve ça marrant les gosses. Quand ils sont sympas et ne ruinent pas mon appart,  quand ils me bavent pas trop dessus, ne braillent pas dans les avions ni dans les trains et qu’ils obéissent. Ouais je suis sympa. Enfin quand ils sont normaux, pas handicapés, c’est vrai je suis exigeante… Surement une déformation d’avoir un petit frère qui lui avait des vraies bonnes raisons de brailler. En même temps je dis ça j’irai jamais faire un croche pied en douce a un gamin parce que sa tronche me revient pas. Par contre j’aime bien les parents qui savent oublier leur image, leur apparence et qui éduquent leurs gosses quand nécessaire…

On me verra bien à l’œuvre… moi qui suis anti tétine, anti bisous sur la bouche, qui ai des principes de Super Nanny autoritaire, peut être que je serai une grosse nullarde dépassée par les événements, victime d’un enfant dragon hors contrôle et que je pleurerai comme une pauvre madeleine incompétente et que je cèderai à tous ses caprices (Seigneur prenez pitié nooooon !) – bref, je sais bien qu’il ne faut jamais dire « fontaine je ne boirai pas de ton eau » …

Et donc les photos. AAAAAAAAH les PHOTOS. Est ce que je vais poster des photos de ma progéniture ? Eh bien oui. Enfin si mon amoureux n’y est pas hostile. Mais si je suis cohérente avec moi même et ma façon d’utiliser les réseaux sociaux, soyons honnêtes il est fort possible que je poste quelques photos. Sur Facebook, sur un espace assez cadré et verrouillé et peut être même encore trié sur le volet…

Apres moi je mets souvent des photos de mon chien ou des photos de ce que je cuisine ou des photos de vacances ou de famille et forcément ça doit bien gaver certains et certaines… Too bad… je n’oblige personne à regarder et adhérer…

Est ce que je mettrai une photo de mon enfant en couverture facebook ? Non. En profil ? Possible … avec moi. En fond d’écran de mon ordi de boulot ? Jamais de la vie. En fond d’écran Twitter ? Niet. En fond d’écran d’iPhone / iPad ? On verra… parce que je veux pas laisser tomber mon vieux Réglisse (mon vieux carlin que j’aime) qui a déjà cette place sur mes mobiles (perso)…

pregnantJe suis très soucieuse des problématiques de vie privée, de la protection contre les prédateurs sexuels sur le net mais bon … c’est pas comme si j’avais prévu de mettre mes photos en open bar et d’en mettre tous les jours… Alors oui, je pense que oui je mettrai parfois des photos.

Est ce que c’est indécent par rapport a mes copines sans enfants ? Honnêtement, je peux poser la question du : est ce que c’est décent de montrer ses voyages au bout du monde à ses copines qui ne peuvent pas s’en payer ? Est ce que c’est décent de montrer des photos de son shopping de la mort qui tue quand on doit tout le temps faire gaffe à son découvert, est ce que c’est décent de montrer des photos de ses soirées où on s’éclate quand on est en manque de vie sociale ? Je pense être décente par rapport a mes amies célibataires sans enfants ou juste sans enfants. J’ai passé mon temps à tout le temps faire gaffe… Moi ce qui m’aurait fait plaisir c’est que certaines de ces amies, se réjouissent pour moi, me félicitent, « likent » parfois mes photos, me demandent des nouvelles… ça m’aurait fait plaisir ça … Oui parce que certaines ont malheureusement eu une attitude de rejet… et pourtant je n’ai pas le profil de la fille mariée fiere de l’etre et poule pondeuse proprio avec voiture chien et vacances garanties à Bali / New York / Ile de Ré …. c’est décent ça ? Je sais pas…

Alors voilà … il y a débat. Je dois y aller mollo parce que c’est vraiment pas encore le moment que j’accouche… alors je dois me ménager les hormones et l’humeur… et dieu sait quand on est enceinte comment on devient encore plus soupe au lait (enfin moi) …

Donc pour moi, tout est une question de dosage, d’approche, de tonalité … Moi j’essaie toujours d’être dans l’humour… l’auto dérision .. j’essaie de ne pas virer grosse neuneu romantique niaise (de toutes façons je suis pas comme ça) …

anne-geddes--bunny-baby--adorbale-baby-photography-93932Et alors chose curieuse, là où j’ai reçu le plus de bienveillance, de gentillesse, de commentaires vraiment réjouis ce sont les personnes du groupe de la maladie de mon frère. Des personnes qui ont des enfants atteints, avec qui bien sur j’ai partagé mon expérience, ont été supers soutenant et ne m’ont jamais fait sentir que je pouvais être indécente… Parce que cette grossesse je la vis avec beaucoup d’humilité et de reconnaissance et même encore avec grande prudence…

Mais voilà. Je suis quelqu’un qui communique. C’est dans ma nature, c’est même mon métier. J’ai l’habitude de partager … et je sais depuis toujours que c’est une gymnastique difficile… je réalise que ça l’est encore plus quand on est enceinte… Même avec ses proches…

Et vous ? Que pensez vous de tout cela ? Cette notion de décence et d’indécence ? Il y aurait beaucoup à dire n’est ce pas ? On pourrait extrapoler encore plus loin jusqu’aux informations qu’on lit dans les médias … Jusqu’où on doit regarder, lire, jusqu’où on doit montrer … ?

Sur ce je vous passe le relais de la réflexion… 🙂

A bientôt pour d’autres épisodes je l’espère un peu plus légers… aussi…

Anne_Geddes_wall_anth07NB: Photos non contractuelles, via Google Images / Anne Geddes et inconnues.

La méchanceté

Eh non le blog n’est pas mort … juste en longue hibernation… pour plein de bonnes raisons que je ne peux pas évoquer ici … peut être des mauvaises aussi (flemme) mais pourtant souvent j’ai des idées qui germent, je prends des notes et le temps passe … et finalement je n’écris rien.

Mais il y a un thème qui me travaille et qui parfois revient : la méchanceté.

source : Google Images

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La méchanceté est un phénomène auquel je suis souvent confrontée. Depuis toute petite. Une attitude d’autrui que je n’ai jamais compris. Avec laquelle j’ai appris à vivre (heureusement à bientôt 40 ans) mais à laquelle je ne m’habitue pas. Je ne m’habitue pas à la méchanceté. A mon égard, vis à vis de ceux que j’aime, vis à vis d’autrui.

Bien sûr ça m’arrive d’être dure et de ne pas réagir de la bonne façon dans certaines situations mais je ne suis jamais méchante gratuitement ou par volonté de l’être. Si parfois je deviens « méchante » c’est par révolte, par défense.

La vraie méchanceté celle qui est consciente, assumée, celle qui est pratiquée sans scrupules, avec aisance, cette méchanceté là je ne la comprends pas et je la rejette en bloc. Je ne l’accepte pas. Elle prend plusieurs nuances : cruauté, cynisme, harcèlement, agressivité, par les paroles, par les gestes …

Elle fait mal. Elle blesse. Elle déstabilise. Elle est injuste et injustifiée. Elle fait peur.

J’ai une longue liste d’exemples de méchanceté que j’ai subi, que je subis encore et contre laquelle je me bats… que ma sœur a subi pendant des années, que mon frère handicapé a subi et que j’ai toujours peur qu’il subisse par cet extérieur si dur.

Tous les jours en lisant les journaux on voit la méchanceté à l’œuvre. On se désole, on se rebiffe, on deviendrait soi même méchant à la longue …

source: google images

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Aller contre nature c’est difficile. Pourtant, avec le temps, j’ai appris à me défendre et je deviens moins indulgente en prenant de l’âge. Je pardonne de moins en moins, je suis moins flexible sur la méchanceté. Maintenant je dégage de ma vie, j’écrase. Si on passe son temps à céder, si on ne montre pas aux malveillants qu’ils ne peuvent pas tout se permettre, alors le combat est perdu et ça ne s’arrêtera pas. Même si c’est difficile, même si on a le cœur tendre il faut lutter… et accepter que de toutes façons on ne peut pas plaire à tout le monde. Et cela n’a rien de méchant. Fuck les toxiques.

Liberté, fraternité, expression, rire de tout – #JeSuisCharlie

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Je voulais reprendre l’écriture pour la nouvelle année, j’hésitais sur le ton que j’allais redonner à mon blog…

J’en ai eu marre de raconter que des trucs plombants. J’ai été dosée de mes combats que je ne voyais pas avancer, j’ai été déçue des gens (en général), j’ai éprouvé un certain besoin de me protéger un peu …

J’ai aussi douté de l’utilité de mon blog, de sa portée, de l’intérêt de s’exprimer… et puis j’ai eu des personnes qui m’ont fait réaliser que c’était quand même mieux de l’ouvrir que de la fermer… même quand on se prend des coups au passage, même si ça n’avance pas comme on voudrait…même si parfois on ne nous comprend pas… et qu’on ne s’exprime peut être pas comme il aurait fallu …

Et puis je me suis souvent posée la question du : peut-on rire de tout ? Oui mais pas avec tout le monde comme disait Pierre Desproges. Moi j’avoue que les blagues sur les handicapés, sur la maladie, j’ai toujours eu du mal. Je n’arrive pas à trouver ça drôle. Les vidéos des petits chiens qu’on déguise et qu’on emmerde des heures à faire des acrobaties parce que c’est soit disant mignon et que ça fait du buzz, ça ne me fait pas tellement rire non plus … Alors je râle, je m’insurge, je me fâche avec plein de monde …. mais je ne tue pas. ça ne me serai jamais venue à l’esprit d’avoir envie de tuer un mec (ou une nana) qui fait des blagues sur les handicapés (j’ai un frère handicapé) … mais ça ne me plaît pas…

Souvent j’ai décidé que non, on ne pouvait pas rire de tout. Et puis hier, le 07 Janvier 2015, 12 personnes, dont 5 dessinateurs caricaturistes à l’humour décapant qui pour la plupart étaient comme nos grand-pères, qui faisaient partie de notre patrimoine, de notre histoire, du mai 68 de mes parents, ont été sauvagement massacrés par 3 cinglés barbares fanatiques à coups de kalachnikovs et lance-roquettes …. Et j’ai repris conscience que si, il était important et vital de pouvoir rire de tout. Même du pire, même du sacré, même de ce qui ne semble pas rentrer dans la case « rire » ou « drôle ».

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Parce que souvent, le rire sauve de tout. Souvent, le droit de caricaturer, de faire de la satyre, permet de contre-balancer les pouvoirs et permet de maintenir la liberté et la démocratie.

Hier j’étais profondément touchée, peinée, plombée. Je n’avais pas la force et l’envie d’écrire.

Ce matin j’étais déjà un peu plus en colère. Fracassée, mais un peu plus remontée.

J’ai eu des discussions animées avec mes parents sur les problèmes d’amalgame. Avec mes parents on n’est pas toujours d’accord… en tous cas il y a des nuances que j’ai que eux n’ont pas. Et je comprends qu’ils en aient moins que moi parce qu’ils ont un vécu, des expériences qui peuvent justifier le fait qu’ils en aient moins, même encore aujourd’hui. La seule chose où on tombe d’accord c’est qu’avec des extrémistes, des fanatiques, des lobotomisés kamikazes, il n’y a pas d’alternative possible. Il n’y a qu’une solution. Ultime. C’est la seule solution avec ces cinglés là. Il n’y a que ce langage qu’ils peuvent comprendre.

Là où on tombe d’accord aussi, c’est qu’il faut que la société française et surtout le pouvoir français, cesse d’être hypocrite. On peut être le pays des droits de l’homme, avoir une certaine idée de l’humanisme, on peut être généreux et bien pensant, mais on ne peut pas avoir un discours mou et lâche avec des gens qui font passer leur solidarité religieuse avant la solidarité nationale. On est une république et c’est la république qui doit prendre le dessus.

L’amalgame me fait peur. Le racisme facile m’horripile et me vaut parfois des envolées avec certains de mes proches, mais les premières victimes des amalgames devraient être les premiers à se rebiffer contre ceux qui les salissent.

Ces extrémistes, ces fanatiques doivent enfin intégrer qu’ils ne nous mettront JAMAIS à genoux. Nous sommes des hommes et des femmes LIBRES. Libres de rire de tout, libre de croire au dieu que l’on veut  (ou pas) et de le célébrer comme bon nous semble (tant qu’on ne l’impose pas à l’autre), libres d’exister comme nous sommes.

Et aussi rappeler qu’on est en FRANCE. Un pays qui a une histoire, une culture, une certaine idée de la liberté d’expression, des valeurs, des racines… qui sont profondément républicaines, (avec des origines majoritairement chrétiennes – qu’on a le droit d’assumer sans que cela paraisse de trop ou déplacé), qu’on est une terre d’accueil, mais qu’on a le DROIT d’être RESPECTES.

Ces gens là ne respectent pas les être humains, mais ne respectent pas la France et les Français. Eh ben moi ces mecs là, ces gens là, je leur fait un gros bras d’honneur et je leur dit : tu ne nous aimes pas ? dégage.

Et là … après m’être fait traiter de socialiste et de gauchiste révolutionnaire refoulée pendant pas mal de temps, on va me traiter de Sarkozyste, même de Lepeniste, à tous les coups…

Tant pis … je me comprends… j’espère que vous me comprendrez aussi. Sinon excusez moi d’avance si je vous fait de la peine ou que je vous choque… mais je profite encore de cette géniale liberté de pouvoir avoir un blog et écrire tout ce que je veux dedans, même des grosses conneries si j’ai envie…

J’espère que Cabu, Wolinski, Charb, Tignous et Honoré ainsi que Ahmed le policier et l’autre personne en charge de l’entretien et Elsa Cayat comprendront ce que je voulais exprimer et qu’ils ont une chouette place au paradis car c’était des personnes courageuses qui osaient prendre des vrais risques pour dénoncer l’absurde et l’horrible.

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La question existentielle des réseaux sociaux et de l’exposition de soi me taraude

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Bonsoir à tous

J’écris quand j’ai le temps, c’est à dire très peu ces derniers temps…

Je suis active sur les réseaux sociaux. Trop peut être. Sûrement.

Déformation professionnelle + tempérament communicatif hyperactif = surexposition

Et justement ces derniers temps je m’interroge. Je me fatigue, je vieillis et je ne sais pas si c’est si bien que ça de se raconter…de s’exprimer à outrance.

Souvent je me dis « pour vivre heureux, vivons caché ». J’admire certaines personnes pratiquant avec aisance le « never complain, never explain ». Je trouve que cela requiert une grande force de caractère (ou une totale inhibition si on se fait l’avocat du diable).

Souvent je me dis aussi que c’est quand même grâce aux réseaux sociaux et à mon blog que je peux mettre en place mes actions de communication en faveur des causes perdues comme la reconnaissance du handicap mental. C’est aussi une chance facebook pour renouer des contacts perdus de vue, garder contact avec sa famille même éloignée, faire des rencontres intéressantes … Il y a forcément du bon. Mais moi je ne sais pas me compartimenter. Je déteste ça en fait. Je ne vois pas l’intérêt. Alors je me montre comme je suis aussi bien avec un ami virtuel qu’un ami de la vraie vie. Je m’exprime pourtant avec beaucoup de retenue … Quelques mésaventures m’ont fait bannir à jamais certains propos… Même encore aujourd’hui il m’arrive fréquemment de supprimer instantanément des statuts publiés parce que je tourne 7 fois ma langue dans ma bouche après avoir tapé ENTER sur mon clavier et que je me dis : Oh non finalement non…

Les gens qui ne me connaissent pas par cœur se font une idée de moi en fonction de ce que j’exprime ou d’une photo que je publie. Et en fait ça m’agace qu’on me juge… Dans le bon ou le mauvais sens d’ailleurs. Et comme je ne peux décemment pas m’étaler sur facebook  – et encore moins sur twitter – (et pourtant je suis persuadée que certains pensent que je raconte grave ma vie alors que pas du tout), je suis souvent frustrée d’être mal ou partiellement jugée. Car forcément on est jugé.

S’exprimer, s’exposer, cela veut dire qu’on doit accepter d’avoir des réflexions, des remarques désagréables, des commentaires qu’on n’avait pas prévu… Souvent ça me hérisse, ça me fait fuir et pour plein de raisons, je ne peux et ne veux rien dire ou justifier.

Et dans ces moments là je regrette cette dépendance à ces espaces d’expression, je me dis que ça n’apporte rien, que ça ne sert à rien. Même avec mes démarches de pétitions pour le handicap mental, mes efforts de sensibilisation, mes élans de révolte contre l’injustice sociale … dans mes moments de baisse de régime je me dis que ça ne sert à rien, que ça ne mène à rien et que je serai mieux à être recentrée dans la vraie vie à apprendre à tricoter et utiliser ma machine à coudre achetée sur leboncoin ou apprendre à devenir un cordon bleu.

En fait je crois que je vais peu à peu m’éloigner de ces espaces d’expression. Les garder bien sûr parce que cela permet de garder contact avec des personnes que l’on apprécie, cela permet de diffuser des informations utiles, d’en trouver aussi, d’échanger avec des personnes de valeur, mais prendre de la distance, moins m’investir émotionnellement, gagner en pudeur parce que tout le monde n’a pas besoin de connaître mes états d’âme en version « light » ou pas…. Et puis aussi je vais continuer d’apprendre à essayer de moins réagir lorsqu’on émet des jugements me concernant. Après tout, je suis comme je suis, je plais à qui je plais.

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La société Française doit arrêter de vouloir mettre les gens dans des cases.

Bonjour à tous

Beaucoup moins le temps d’écrire ces derniers temps, travail oblige. Souvent j’ai des envies d’écriture légère, parler de choses plus futiles, de musique, de voyages, de cinéma, de cosmétique mais à chaque fois le temps me manque et je me retrouve embarquée dans l’expression de ma révolte qui elle ne tarit pas.

Et puis je gère désormais l’activité militante de « Une vie digne pour le handicap mental » ainsi que d’autres causes liées de près à cela … Dans la vie il faut bien gérer ses priorités.

D’ailleurs, je vous remercie d’avance d’aller y faire un tour et de signer et partager… même de témoigner si vous vous sentez concernés (professionnels compris) : http://uneviedigne.blogspot.fr/

Ces derniers temps je lis beaucoup de témoignages, de personnes en situation difficile qui se retrouvent encore plus précarisées pour des raisons administratives. Pour des histoires de CASES. En France il y a cette manie oppressante de vouloir à tout prix faire rentrer les gens dans des cases.

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Je l’ai ressenti très jeune quand nous sommes rentrés des caraïbes. Il fallait à tout prix choisir sa classe sociale. Savoir à quel camp on appartenait. Riche, pauvre, classe moyenne, cultivés, idiots, beaufs, bourgeois, je me souviens déjà enfant que ça m’oppressait, m’épuisait. J’ai grandi libre. J’ai été élevée libre par des parents libertaires et totalement déclassés. Alors quand nous sommes rentrés et qu’il a fallu que je m’intègre, j’en ai bavé…

et à vrai dire je ne me suis jamais vraiment mise dans un moule… je n’y arriverai jamais. J’y arrive mieux parce qu’il n’y a pas le choix et pour survivre il faut s’intégrer mais je n’aime pas ce principe de cases.

Et puis il y a l’administration française qui fait basculer la vie des gens dans un sens ou dans l’autre pour une histoire de cases. Le cas par cas n’existe pas. Non il faut absolument être classé dans une catégorie. Pour certains, ces classements ont des conséquences désastreuses. Je pense notamment à des personnes en situation de précarité et de handicap. Pour des raisons totalement illogiques, absurdes, certaines personnes se retrouvent pénalisées pour des histoires de barèmes, de cases et dans l’incapacité totale de faire valoir le caractère exceptionnel ou différent de leur situation qui justifie malgré tout de rester dans telle ou telle case.

On se retrouve face à des murs. Des murs en béton armé. Tant pis pour eux, ils avaient qu’à bien naître.

Quand on voit que des mecs comme Carrez, Thévenoud, Cahuzac et cie. sont exemptés de prison, qu’ils continuent leur petite vie pépère au dessus des lois, tandis que des pauvres gens, déjà étranglés par la misère, les malheurs et le handicap se retrouvent menacés d’expulsion et privés d’aide financière pour une histoire de case, je me dis que là, notre société à touché le fond et il me semble inconcevable qu’à un moment donné on ne descende pas tous dans la rue pour rétablir une vraie justice.

 

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