Le Changement, pour une meilleure vie, c’est encore possible …

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Voilà. Je suis de retour. Le grand ras le bol est toujours passager même si honnêtement, pour vivre mieux, je crois que je peux opter pour un éloignement des écrans et de tout ce qui ressemble de près ou de loin à une connexion… Mais bon. je n’ai pas encore trouvé mieux pour communiquer au plus grand nombre et avec le plus grand nombre.

Je ne sais pas vous, mais je trouve le climat actuel apocalyptique. Ou pas loin de l’être. A tous les niveaux. Climatique d’abord (je vous passe les redites de l’état de l’air qu’on respire) – on se fait chier à essayer d’avoir un mode de vie plus sain: pas fumer, faire du sport, manger bio quand on peut, et au final on risque de se taper un cancer du poumon et des maladies respiratoires parce que l’air qu’on respire est totalement pourri.

Je vous invite à lire ces articles qui font réfléchir. Le changement doit être global, mondial… Moins consommer c’est évident. Moins d’enfants aussi désolée… on est trop nombreux … Moi aussi j’ai envie d’avoir des enfants, j’espère en avoir mais quand je vois le monde dans lequel on vit parfois je me dis que c’est une folie totalement égoïste…

Les articles en question :

http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20140314.OBS9855/particules-fines-qui-sont-les-responsables.html

http://gizmodo.com/nasa-backed-study-says-humanity-is-pretty-much-screwed-1544660726

Ensuite, il y a un vrai problème de climat social. On se dit libres mais la liberté ne veut pas dire pas de limites. Le respect, le civisme, le sens citoyen, la solidarité sociale, la capacité à réfléchir au lieu de brandir des idées arrêtées, les sens des autres, la tolérance, sont des conditions obligatoires à la liberté.

L’absence de respect, l’absence de savoir vivre avec les autres ne peut qu’amener au chaos. Notre société prône la tolérance mais n’a jamais été autant individualiste, égoïste et intolérante. Moi d’abord et la collectivité après. Pour nos grands parents et même nos parents c’était l’inverse. Il y avait une conscience du groupe. La survie du groupe permettait la survie de l’individu. Aujourd’hui, dans notre société moderne, ce sens de l’autre a presque disparu. J’imagine qu’en situation extrême il y aurait un sursaut ? J’espère. Mais aujourd’hui, alors qu’on parle de bons sentiments à tout va, de « boboisation » de la société (voir cette excellente vidéo très drôle et maline, même si un peu extrême et pas tjrs réaliste), je n’ai pas l’impression que les gens soient vraiment soucieux de l’autre et volontaires de faire améliorer notre société.

Les bons sentiments, tout le monde en a. Le problème c’est la pratique. Les gens veulent bien faire de l’humanitaire mais depuis leur salon. Les gens veulent bien être solidaires, mais à condition que ça perturbe pas leur quotidien et que ça leur prenne pas de leur temps précieux qu’ils n’ont déjà pas et pour lequel ils luttent quotidiennement. ça c’est la majorité. Les gens n’ont rien contre les SDF, les miséreux, les immigrés et les ROMS tant qu’ils restent loin d’eux. Vous avez déjà vu des HLM dans le 8ème arrondissement de Paris ou dans le 16eme ? Il doit bien y en avoir des logements sociaux vous me direz…

On veut bien liker des pages facebook et jouer à des jeux à la con en faveur du cancer, sauf qu’en réalité ça ne change et n’apporte rien pour soigner la maladie. On veut bien d’ailleurs en parler mais la vérité c’est qu’on flippe tous.

Les handicapés ? Ah là lààà… on n’est pas l’armée du salut hein. On est désolés pour eux mais franchement, on n’a pas le temps de gérer ça en plus. Déjà le téléthon une fois l’an ça nous gave (et ça je comprends ça me gave aussi même si je dois admettre que pour la recherche et certaines prises en charges ça reste nécessaire)… La vérité c’est ça.

Et quand je vois cette vidéo pleine de bons sentiments circuler à l’occasion de la journée mondiale de la Trisomie 21, je me dis que c’est bien de rêver et d’y croire… mais bon… Ce que la vidéo omet de dire c’est que ça dépend du niveau d’atteinte de la personne, de la qualité de la prise en charge, des revenus des parents et de leur capacité financière à compenser tout ce que l’état ne pourra pas apporter, des gens aussi… de l’entourage…

La vidéo ne dit pas que pour tous ces petits gars handicapés mentaux, combien vivent la moquerie, le regard qui enfonce dans la différence, combien de familles explosent en vol épuisées et à bout, sans ressources, combien sont déscolarisés, combien de parents flippent leur race de l’avenir, de l’après ?

Vous trouvez que la société est flippante ? Imaginez pour des gens comme eux…

La réalité c’est plus ça  (désolée c’est en anglais il va falloir faire un effort)

http://www.huffingtonpost.co.uk/jo-worgan-/autistic-children-parenting_b_4955922.html

Alors ce changement ?

C’est sûr qu’il faut de l’exemplarité. Et pour ce qui est de l’exemplarité ce ne sont pas nos gouvernements successifs droite comme gauche qui peuvent nous donner le bon exemple. Quant aux médias … Il y a cette volonté de tirer vers le bas… a fond le tabloïd. Faire mousser les affaires, contribuer au scandale, injecter toujours plus d’anxiété auprès des gens… Nourrir le FN et l’extrême gauche… Car tout ce magma indigeste, infâme, malhonnête, tordu, menteur, nourrit les extrêmes. Je m’attends au pire pour les municipales… et ça sera bien fait pour leur gueule à tous…

Seulement qu’est ce que vous croyez ? Que le FN est mieux que les autres ? Vous croyez que sortir de l’euro, mettre les immigrés dehors ça va sauver la France ? Vous croyez qu’on sauve une économie à coup de théories d’un autre temps, d’un autre monde, déjà essayés en 1939 et on a vu le résultat ? Vous voulez ça les gens ? Vous croyez qu’ils sont plus honnêtes, que ça sera une bonne leçon pour tous ces pourris qui nous dénigrent et n’en on rien à foutre de notre gueule ? Mais non… on sait bien que non… Dites moi que les gens sont plus intelligents que ça…

Alors c’est quoi la solution ? Pendant longtemps j’ai pensé que ne pas voter était anti démocratique. Eh bien pour une fois je m’abstiendrai de voter. Imaginez des urnes vides. et imaginez que nous descendions tous dans la rue pour renverser ce régime de nantis qui se reproduisent entre eux. Vous trouvez que la société a changé depuis Louis XIV ? Vraiment ? Ok on a des smartphones, des tablettes, des micro ondes, des congélos, de l’eau courante, des chiottes individuels … mais le fonctionnement de fond… L’ascenseur social, tout ça … vous y croyez vous en France ? La chance pour tous, l’égalité vous la voyez vraiment ? Moi bof… Peut être que je me trompe.

Je n’ai pas grandi en France. J’ai eu la chance de grandir un peu ailleurs et cet attachement aux origines, au « milieu » m’a toujours horripilé même à 10 ans après des années passées aux Caraïbes : Tu t’appelles comment, tu vis où , c’est quoi le métier de ton père, tu pars au ski ? Ils ont quoi comme voiture tes parents ? T’as pas des converses ? T’as pas un Tann’s (ouais j’ai 38 ans ça va je sais maintenant ça serait : t’as pas ton eastpak ?) – Ailleurs je n’ai JAMAIS connu ça. On existait c’est tout. Tes parents pouvaient être concierges, tu pouvais être riche, pauvre, ça n’avait pas d’incidence majeure sur le jugement qu’on allait porter sur toi. En France, si. Toujours. On ne se mélange pas. C’est pas vrai.

Et je le sais, je l’ai vécu et je le vois tous les jours… en plus, j’ai déjà été invitée à une soirée d’aristocrates riches il y a très longtemps… je vous passerai les détails de la façon dont j’ai été scrutée des orteils à la racine des cheveux…mais c’était marrant parce que j’ai toujours été très consciente de cela et critique justement… je ne me suis jamais sentie « inférieure » à ces gens qui se croient tous « supérieurs » … par contre ça me révolte, ça oui.

Bref… où est ce que je voulais en venir déjà ? Je ne sais plus, mince. Ah oui. Ne votez pas FN. Please. Au moins votez écolos. ça sera toujours ça de gagné pour respirer un air moins pollué (peut être). J’en sais rien.

Et puis surtout, si les jeunes finissent par descendre dans la rue, descendez avec eux. Parce que ça, pour le coup, j’y crois déjà plus.

Allez. Bon dimanche à tous et ne soyez pas dupes… et restez humains. C’est tellement plus important que tout le reste…

Le GRAND Ras le Bol

Bonjour à tous

Navrée de ma grande absence, je m’en désole moi même mais je crois que j’expérimente un sentiment qui me devient de plus en plus familier ces derniers temps vis à vis de la communication sur Internet : un grand ras le bol.

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J’ai toujours été du genre extravertie malgré ma grande timidité. Une sorte de parade. Plus je redoute le regard des autres, les jugements et l’exposition et plus je me fous à poil. Enfin ça c’était avant.

Avant j’étais parmi les plus bruyantes de la bande de copains, j’étais celle qui organisait des grosses fêtes, j’étais dans l’excès, toujours. C’est comme ça que j’existais. Je me sentais vivre comme ça.

Alors maintenant je me sens toujours très vivante, mais je n’ai plus les mêmes besoins …

Avec l’avènement des réseaux sociaux, forcément j’avais trouvé mon terrain de prédilection. Moi qui animait des mailing lists en 1999/2000 j’ai eu la révélation avec Facebook en 2006, suivi de près par Twitter 5 ans plus tard (oui c’est venu plus tard Twitter) – Ah les débats sur la place publique, les expressions d’humeurs, les cris de révolte virtuels, la lose rigolarde, les états d’âme en tous genres… le pied. Qui m’aime me suive… Evidemment j’ai pris des coups, des réflexions, j’ai du subir de nombreux désabonnements et essuyé quelques ruptures amicales car plus on s’expose plus on prend de risques, mais j’assume. Et puis c’est génial Facebook pour retrouver des vieux amis de quand on était minus ou à l’autre bout du monde. ça recrée du lien aussi virtuel soit-il… C’est vrai ça a des côtés sympas quand même…

Alors évidemment, les côtés moins sympas c’est que ça se transforme aussi en miroir social complexant… Une vitrine où on expose le meilleur de sa vie, photos instagramées à l’appui pour un rendu encore plus glamour… Et là, forcément, si on est dans une période où on a une vie plus molle, plus stagnante, ça devient vite moins cool.

Moi j’ai vécu ça.  Vous savez les supers photos de supers voyages des autres, les mariages des autres, les bébés des autres, les belles maisons, tout ça … On a beau prendre de la distance, se dire que ce ne sont que des photos, on a beau se raisonner, parfois, ça fait mal. Au bout d’un moment ça saoule.

Et puis raconter sa vie, s’exposer, au bout d’un moment ça saoule aussi. On réalise que tous ces gens avec qui on est connecté, même si c’est super sympa dans l’absolu, la vérité c’est qu’on ne les verra pas. Parce qu’on a déjà à peine le temps de gérer son quotidien et voir ses amis proches, alors soyons honnêtes, on ne peut pas revoir tous les gens qu’on prend en sympathie, connus de longue date ou pas…

Et puis croire que les réseaux sociaux permettent de mieux passer certains messages et faire de l’activisme, pour ma part j’en reviens et je crois que je n’ai plus envie. Je ne vais pas arrêter mais j’y crois moins. Le retard mental, l’X Fragile, l’autisme, j’ai déployé une énergie dingue pour sensibiliser,  passer des messages en espérant qu’ils soient relayés… La vérité c’est que j’ai fais des bides. Bizarrement surtout au sein de ma communauté « d’amis ». ça marche mieux avec des inconnus. C’est dingue hein? Et puis au bout d’un moment on en a marre de saouler les gens avec ses combats et ses problèmes. Ils s’en foutent les gens. Ils ont ni le temps ni l’énergie. Et puis c’est pas aussi engageant qu’un petit chat qui se fait torturer un handicapé mental. Bon. Là je suis très cynique je sais. Et puis je suis la première à signer des pétitions de protection d’animaux. Je suis anti fourrure, anti torture etc… C’est juste que je me désole de l’aspect sélectif de la solidarité des gens. Moi je fais pas de sélection. Tout me touche. C’est peut être ça mon problème.

Alors voilà. Je traverse un grand ras le bol. En fait je ne sais même pas si c’est vraiment du grand ras le bol. J’ai plus envie. Parler de moi, m’exprimer sur un écran, ça ne me dit plus rien en ce moment. Je me dis qu’en fait ça ne regarde personne. Les gens n’ont pas besoin de savoir comment je vais. Les gens n’ont pas besoin de mon animation qui au final ne sert à rien et ne mène à rien. Alors je déserte. Je crois de plus en plus au vieil adage : « Pour vivre heureux, vivons cachés ».

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Je me suis lassée. Comme si soudain je me réveillais et que je réalisais que tout cela était creux, vide. Je me dis qu’il est temps que je passe moins de temps passif sur les écrans. En tous cas plus comme ça.

Je crois que j’ai envie de pudeur. Ras le bol des grands déballages, du grand étalage, de la grande animation… alors je vous laisse.

On sait jamais ça va peut être me reprendre comme une envie de faire pipi. Peut être qu’une étincelle, un truc va me redonner l’envie, mais je pense que ça ne sera pas pour tout de suite.

Vous pourrez me trouver sur Pinterest peut être… Des images, pas de paroles, ça me conviens plutôt bien en ce moment ! http://www.pinterest.com/yiayiagirl/

Portez vous bien !

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Agression d’handicapé mental filmée. Où va notre société ?

Ce soir, mon lundi spécial #TopChef a été terni. Mon lundi soir de plaisir, de détente après une journée de travail a été flingué par ça :

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/video-deux-jeunes-agresseurs-d-un-handicape-rattrapes-par-la-justice-populaire_1320069.html

J’ai osé regarder la vidéo qui sera peut-être mise hors ligne. En même temps c’est important de pouvoir la voir. Comme c’est important de voir les camps de concentration, de voir pour comprendre l’horreur nazi. Voir pour comprendre la cruauté humaine, consciente. Essayer de la comprendre. La réaliser en tous cas. Bien prendre conscience qu’elle existe. Bien intégrer qu’il y a des gens cruels sur cette terre qui savent très bien ce qu’ils font et qui le font sans scrupules, sans réfléchir, juste par plaisir de détruire l’autre, de faire mal, psychologiquement, physiquement.

Ce soir je pense à mon frère Hugo. Il a 20 ans et il est handicapé mental. On le protège à mort. On essaie de faire tout ce qu’on peut pour l’épargner de l’extérieur. Cet extérieur dangereux.

L’été à la plage on sait bien que certains se foutent de sa gueule – les ados débiles surtout – on sait bien qu’il peut aussi faire peur. Il y a toujours ce regard interloqué, ce mouvement de recul, ou cette moquerie sous-jacente.

Avant j’étais une vraie lionne. J’étais féroce. Prête à bondir au premier regard de travers. Quand Hugo venait en WE chez moi, les séances de métro, les virées au mac do, au cinéma se transformaient en lutte pour moi. Lutte contre l’agression. La peur et la rage au ventre prête à sauter à la gorge de l’agresseur. Et j’ai bien dû apprendre à lâcher prise.

Je me souviens avoir foncé dans la mer pour voler au secours de Hugo qui se faisait chahuter. Pas méchamment mais prudence oblige. Quand je vois cette vidéo comme celle de ce soir, je pleure. Je pleure de révolte, de peine, de colère, d’injustice profonde.

Un handicapé mental. Se mettre à plusieurs pour agresser un handicapé mental. Un être déjà diminué, en faiblesse. Et se mettre à plusieurs. Lui faire peur, le traumatiser, lui faire mal et filmer. Filmer et en être fier. Fierté de leur connerie. Fierté de leur cruauté. Fierté de leur lâcheté. Tellement fiers et tellement cons qu’ils la postent sur Internet.

Si c’était arrivé à mon frère j’aurai eu du mal à ne pas avoir envie de faire justice moi même. Si j’avais vécu aux Etats Unis, je me serai procurée une arme et je leur aurai flingué les rotules. Pour qu’ils restent vivants mais handicapés. Et je les aurai rossé. Je leur aurai défoncé la gueule. J’aurai à mon tour été un monstre. J’aurai fait justice moi même ayant du mal à croire en la capacité de justice de mon pays.

Entendons nous bien. Je suis pour l’ouverture. Je suis pour la tolérance. Je suis pour donner ses chances à tous. Je suis pour une vraie justice sociale. Je suis contre les Anti Tout. Je crois à l’éducation. Je crois au respect. Et ce, depuis le plus jeune âge. Mais je crois aussi à la punition exemplaire. Je crois que quand on déconne comme ça, il faut des mesures sévères. Je crois que parfois, dans certains cas il faut des méthodes fortes. Sinon ces gens là ne comprennent pas.

Dans quelle société vit-on ? Après les animaux torturés on s’attaque aux handicapés. Le comble de la lâcheté. Le comble de l’irrespect. Comment peut-on vivre sereinement quand on sait que cela existe? Quand on a un enfant, un frère, une sœur handicapés comment fait-on pour ne pas sombrer dans la paranoïa, dans la peur ? Il faut vivre avec la difficulté du handicap et en plus il faut vivre avec la peur de l’extérieur ? C’est ça la vie ?

Il faut agir. Pas que le gouvernement. Chacun de nous au quotidien en nous montrant plus civilisé, en nous montrant respectueux, en nous montrant courageux aussi. Au moins il y a eu une mobilisation en ligne. J’espère que dans la vraie vie de tous les jours, cette belle humanité gagnera toujours contre la moche.

En attendant, c’est une vigilance de tous les instants dont il faut faire preuve et toujours, toujours assister des personnes en danger.

Merci de signer la pétition – j’espère qu’elle réunira plus de signatures que pour un petit chaton (pétition que j’ai également signé) – C’est mignon un chaton, mais un handicapé mental c’est un être humain, comme vous et moi. Ils méritent une vraie justice exemplaire eux aussi.

http://www.avaaz.org/fr/petition/Manuel_VALSS_Une_peine_de_prison/?cJfNzab

Et n’oubliez pas, via PHAROS vous pouvez signaler :

https://www.internet-signalement.gouv.fr/PortailWeb/planets/Accueil!input.action

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A TOUS LES INTÉGRISTES & Co. : VOUS NOUS FAITES CHIER – Ne juge point et tu ne seras point jugé.

Je débarque un peu (par manque de temps) après les effusions autour des manifs anti tout : Anti Hollande, Anti IVG, anti Mariage Gay et j’en passe… On finit par avoir un bel amalgame indigeste où il est impossible de faire le tri.

On comprend juste que tout est bon pour râler et dénoncer une politique qui a pourtant été votée au suffrage universel (lisez l’excellent billet de Klaire fait Grrr a propos de Mme Bourges et sa grève de la faim à la con).

http://www.twitlonger.com/show/n_1s07jco

J’invite aussi tous ceux qui sont mécontents de vivre en France d’aller faire un tour à Bagdad ou en Centrafrique pour voir… et surtout aux femmes d’aller passer quelques mois au Yémen, en Arabie Saoudite ou en Iran. Allez faire un tour là bas, vous allez voir c’est cool. Ils respectent bien la tradition, eux.

Je suis née catholique avec une éducation catholique. Comprenez que je suis allée en école catholique avec les prières matin midi soir. Je suis allée au catéchisme et jusqu’à ma communion solennelle j’ai été une petite grenouille de bénitier. Pieuse à souhait. Limite je me baladais avec mon chapelet en plastique phosphorescent.

La vérité c’est que lorsque j’allais à l’église le dimanche, j’étais déjà horrifiée par l’hypocrisie qui y régnait. J’y voyais de mauvaises personnes, méchantes au quotidien mais qui se gargarisaient de paroles du Bon Dieu en allant prendre leur hostie qui collait au palais et en mettant des pièces dans le panier à quête. Déjà à 11 ans je vivais mal l’incohérence de certains. Je me souvenais toujours de ces paroles du curé : dieu n’aime pas les tièdes.

Il y avait cette phrase qui résonne encore : Ne Juge point et tu ne seras point jugé.

Et puis aussi je me souviens de paroles de tolérance… l’essence même de la chrétienneté. Ne pas juger et aimer son prochain. Voyez où je veux en venir ?

Et lorsque mon frère handicapé mental est né je me suis pris encore plus toute l’horreur du côté faux cul des pseudos croyants cathos prêcheurs de bonne parole.

Je me souviens d’une messe de noël où mon frère Hugo a été interdit de cortège pour la crèche avec les autres enfants. Je me souviens de réflexions faites à ma mère, des regards désapprobateurs dans cette petite église de Bazoches sur Guyonne.

J’ai mis des années à retourner à une messe de Noël tellement ma colère avait été grande. Je me sentais comme Anakin Skywalker prête à basculer du côté obscur tant ma colère était immense, tant ma révolte était inouïe.

Ma révolte a continué lorsqu’on emmenait mon frère dans un centre de rééducation à Versailles. Révoltée j’étais de voir des prospectus « Pro Life » / Anti Avortement où il fallait se réjouir d’avoir un enfant handicapé. La fierté d’avoir son trisomique; son autiste, son X Fragile ou autre. Le pied. On en redemande, allez, faites nous en une douzaine.

Quand l’enfant est là il est là. On l’aime, on ne se pose pas la question, on assume. Est-ce facile? Demandez aux familles d’enfants handicapés comme leur vie est lisse et facile. Demandez leur quand ils n’ont ni les moyens financiers, ni famille, et qu’en plus ils se battent avec les administrations si c’est le pied. Bien sûr que pour rien au monde ils voudraient que leur enfant ne soit pas là mais s’ils avaient su, s’ils avaient pu éviter ? Bien sûr qu’ils auraient évité. Et c’est un acte d’amour, de maturité, d’intelligence, de lucidité d’éviter quand on peut.

Et puis un jour, moi aussi j’ai du pratiquer une IVG. Je n’en suis pas fière. Ce n’était certainement pas un acte de confort. Je maudis et souhaite aux connards et aux connasses qui disent cela, de le vivre un jour, pour voir.

Il n’y a rien de moins anodin. On en chie. Moi j’en ai chié. Psychologiquement, physiquement. Je me disais que c’était la moindre des punitions. Vous imaginez, avec un passif ultra chrétien comme j’ai culpabilisé ? J’ai eu de la chance pourtant. Parce que je suis tombée sur des médecins formidables, parce que mon gynécologue était au top (et Dieu sait si c’est le genre plutôt « pro life ») mais j’étais heureuse d’avoir ce choix car cela m’a permis de vivre mieux. Sans compter que je suis porteuse de ce satané X Fragile.

D’ailleurs, peut être que je devrai de nouveau avorter un jour si je retombe enceinte car peut être que l’embryon sera touché et que non, je ne le garderai pas s’il l’est.

Les Anti IVG me donnent parfois envie de leur souhaiter des choses terribles pour les soumettre à leurs propres doctrines. Que leur fille se fasse violer, qu’elle tombe enceinte à 15 ans, sans amour et que toute sa vie bascule …. que feront-ils ? Ils lui diront de le garder?

On vit dans une société qui ne facilite déjà pas la vie des femmes. Combien de filles-mères galèrent et on veut encore rediscuter ce droit ?

Cette hyper violence pleine d’amalgames, cette râlerie anti tout, me désespère et ne me rends pas fière d’être française.

Comment peut-on en 2014 être encore si limité d’esprit ? Comment les gens peuvent-ils encore se laisser embrigader dans du populisme de base ?

Notre société est vraiment malade … J’espère que si besoin (et j’espère que nous n’en arriverons pas là) tous les républicains/ démocrates de tous bords sauront réagir ensemble pour stopper ces tsunamis de haine et de bêtise.

Les Anti-tout,  vous nous faites chier. Arrêtez de raconter des conneries aux gens, arrêtez de faire semblant d’avoir des solutions aux problèmes. Laissez les gens vivre leurs vies. On ne vous a rien demandé.

Et pour les autres, arrêtez de traîner sur les réseaux sociaux a vous laisser bourrer le mou par des conneries et lisez pour de vrai.

D’ailleurs, je vous conseille L’Oeuvre de Dieu la part du Diable de John Irving… ou la Bible tiens… certains cathos intégristes feraient bien de la réviser ils seraient étonnés…

L'oeuvre de dieu la part du diable

STOP A TOUS LES HARCÈLEMENTS ET VIOLENCES SUR AUTRUI !

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Aujourd’hui c’était la journée de lutte contre le harcèlement scolaire…hier, la journée de la lutte contre la violence faite aux femmes…

C’est pas normal que ces phénomènes s’aggravent… ce n’est juste pas normal. Que se passe-t-il dans notre société ? En parler, ne pas juger les parcours des uns et des autres, ne pas avoir honte… mais c’est dur.

Pour ce qui concerne la violence et le harcèlement conjugal, je crois qu’il faut une grosse dose de courage pour oser arrêter la spirale infernale. J’écoutais ce témoignage de cette femme qui expliquait qu’elle aimait son mari et que malgré la violence, elle espérait que l’amour triompherait… c’est terrible… ça peut prendre du temps de se séparer d’un amour toxique… mais il ne faut pas attendre que ça détruise complètement…

En tous cas je ne veux pas faire ma féministe de base anti mecs mais je trouve que souvent, les hommes n’assument pas toujours super bien et ne sont pas toujours très courageux. Les femmes portent beaucoup et souvent, ces mecs particulièrement faibles et finalement complexés, déversent leurs faiblesses sur leurs compagnes… et c’est là qu’il faut savoir mettre des limites et ne pas s’oublier au nom de la relation et de l’amour. Tout est une histoire de limites. C’est pourquoi je pense qu’il faut être vigilant évidemment sur la violence physique mais sur la violence psychologique aussi.

Ce petit court métrage illustre bien ce que je veux dire – Les pervers narcissiques, les manipulateurs, ça se dresse, … ou surtout, ça se quitte et ça s’évite… c’est pas de l’amour ça…et j’avoue, ça me révolte…

Mais on ne choisit pas toujours, ça ne se voit pas toujours au début. Ce qui compte c’est de réagir et d’inverser la tendance. Il n’est jamais trop tard.

Il y a aussi la violence scolaire. Celle là me touche particulièrement. Je l’ai vécue personnellement. Mais ma jeune soeur encore plus que moi. J’admire ma petite sœur d’avoir tenu bon toutes ces années contre l’hyper violence, l’hyper cruauté qu’elle a subie.

Je me souviens lorsque nous sommes rentrées des Caraïbes ma sœur et moi. Des petites filles modèles mais totalement tropicalisées. Des petites extra terrestres débarquées dans un village bourgeois très rupin des Yvelines. D’emblée j’ai été cataloguée « la petite fille d’ailleurs ». La maîtresse de CM1 adorait mon exotisme et m’avait donné un livre à lire qui avait ce titre. Mais les enfants eux, s’en servaient pour se moquer de moi. Poussée dans la cour de récré, genoux écorchés, bonnet dans la cuvette des toilettes, claques, insultes insensées, j’avais des crises d’angoisse violentes et je croyais que j’allais tomber dans les pommes (je m’évanouissais beaucoup aux Caraïbes à cause de la chaleur équatoriale alors je pensais avoir les même symptômes à l’école en France, mais en fait c’était de l’angoisse) – la panique à la cantine dans les escaliers, les couloirs oppressants.

En CM2 je suis devenue un garçon manqué. C’était ma seule chance selon moi de m’en sortir. Et surtout, j’ai du apprendre à défendre ma petite soeur.

Arrivée au collège, j’ai connu le harcèlement (et je n’ai pas été la seule) par une sale gamine manipulatrice (coqueluche du collège) et pour m’intégrer je lui obéissais et j’avais même failli devenir harceleuse à mon tour pour ne pas me faire rejeter… mais très vite ça m’est devenu insupportable. Refaire ce qu’on m’avait fait m’étais viscéralement impossible. Alors je me suis rebiffée et ça s’est arrêté. Le harcèlement, la violence, sont alors redevenus dans des dosages classiques de ce qu’on peut subir au collège… Pour rien au monde j’aimerai retrouver cette période là. J’ai eu de la chance de repartir à l’étranger en milieu de parcours collégien et de me retrouver de nouveau dans un environnement protégé, bien élevé, respectueux de la différence…

Ma petite soeur elle, n’a pas eu autant de chance… Les enfants sont d’une cruauté sans nom entre eux. J’ai des souvenirs des sorties d’école le midi, ou à 16h quand j’allais la chercher à la sortie pour la protéger. Les poings serrés dans ma parka, prête à leur sauter tous à la gorge pour la défendre. Les bandes, les tous contre un. L’idiotie collective. La folie en bande organisée. Je n’ai jamais supporté cette méchanceté gratuite, ces effets de groupe odieux, la violence physique gratuite. Et pour le coup, mes parents ont tout essayé. Le privé catholique Versaillais rempli de caractériels friqués dont aucun établissement public ne voulait, aux classes de réinsertion à Trappes avec la violence qui va avec, ma soeur a dégusté. Racket, strangulation, insultes, harcèlement incessant qui la poussait à se cacher à l’heure du déjeuner (ça c’était pour la période Institut Dudouit Alleluiah Travaillons dans la Joie) et pour Trappes bah là c’était carrément le vol d’argent, les menaces de mort … Difficile de rester de marbre.

Alors forcément, quand on prend conscience de cette violence ça rend un peu méfiant sur la nature humaine, sur la société,….

Cette violence me terrorise pour mon frère handicapé mental. J’ai toujours peur qu’il soit victime de violence gratuite, de harcèlement… ça existe dans les faits divers les agressions d’handicapés…

Les films qui ont été fait par le gouvernement contre la violence scolaire sont très bien faits et devraient être montrés dans toutes les classes.

Moi ils m’arrachent des larmes et me donnent envie de ruer dans les brancards. ça me rendrait féroce. On ne peut pas ne pas réagir. Quand j’entends parler de ces enfants qui se suicident ça me bouleverse.

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Et puis l’autre violence et harcèlement que je condamne sont ce qu’on vit, tout simplement au travail. Une violence vicieuse, insidieuse, malsaine et destructrice.

Le documentaire de Jean-Robert Viallet (Prix Albert Londres) « La Mise à mort du travail » est très révélateur – Son interview ci-dessous est intéressante à écouter :

On a tous un rôle à jouer. Un rôle d’éducation, d’exemple pour lutter contre toutes ces formes de violence et de harcèlement.

La part de cerveau disponible …

Bonsoir les ondes !

Eh oui pour une fois depuis longtemps je passe une soirée chez moi, seule (avec Réglisse, carlin superstar) et je me dis que c’est cool j’ai du temps pour moi… Et donc du temps pour écrire (des conneries comme d’habitude ;-)) – j’en ai des billets en retard… je note dans le « Notes » de mon iPhone tous les titres de textes que je veux rédiger … un jour quand j’aurai des sous pour m’acheter un petit laptop que je pourrai me trimbaler partout avec je ferai peut être comme ces personnes célèbres de films américains… j’irai squatter au Starbucks de mon quartier pendant ma pause déjeuner et je laisserai aller mes doigts sur le clavier…

Sauf que moi je suis plutôt soit du matin ou du soir pour écrire… C’est con hein ?

Quoiqu’il en soit, ce soir, comme souvent ces derniers temps, je pars du travail les yeux rougis et larmoyants par l’écran d’ordinateur et des heures d’excel / powerpoint / veille / emails et autres activités travaillesques, le cerveau quelque peu ratatiné et je me dis à deux de tension dans le métro bondé : quand est-ce que je trouve du temps pour faire des choses valorisantes vraiment ? Lire par exemple. Lire des livres. Je parle de vrais livres. Des livres avec des phrases complexes, des idées riches, des centaines de pages. Ou alors, quand est ce que je retrouve le temps de faire du sport (le délire du sport au saut du lit ça va bien en été, au printemps, mais ça devient tout de suite plus dur en période automne / hiver) – et sortie du bureau, j’ai un peu d’autres choses à faire aussi… Et quand est-ce que j’apprendrai à coudre, à tricoter, à faire du patchwork ? Quand est-ce que je deviendrai une fille super manuelle capable de faire plein de trucs de mes 10 doigts (un ourlet de pantalon par exemple, mais genre super bien fait, commençons simple… – Quand est-ce que j’aurai le temps de prendre du temps pour moi ?

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Quand est-ce que j’arriverai à vivre sans 1001 frustrations ? Je n’ose même plus m’exprimer sur les frustrations des voyages hein… Honnêtement, à moins de gagner le double, à l’heure actuelle je ne vois pas comment je peux me payer un voyage … le combo New York / Chine/ Côte Ouest américaine reste un lointain fantasme…

Le temps qui passe, la quarantaine qui se rapproche inexorablement, les manques dans ma vie, les choses que je n’ai pas encore accompli … tout ça, le soir, dans la part de cerveau disponible qui me reste, se mélange, malheureusement ou heureusement, ça dépend des jours… Ces derniers temps un peu plus sombrement…

Ne pas envier la vie des autres, ne pas regarder l’herbe dans le jardin du voisin… Apprendre à se contenter. Se dire qu’on pourrait être dans une situation bien pire encore… Ouais c’est bon. Je sais. Mais ça n’apaise pas forcément ma part de cerveau disponible…

Je ne suis bonne qu’à jouer à Candy Crush (et Pet rescue Saga … c’est malin !) en regardant d’un oeil The Big Bang Theory (qui est une série très drôle il faut bien l’admettre).

The Big Bang Theory, Season Three

Exaltation, aventure, stimulation où êtes vous bordaaaayl ?

La vie est une leçon d’humilité. Je me dis que ça doit être génial d’être bouddhiste. Etre une Yoda en puissance. Mon rêve. Se détacher de tout ce qui nous asservit. Les conventions sociales, tout ça…. j’en suis loin encore… Un jour peut être. Et un jour peut être, du coup, ma part de cerveau disponible s’agrandira et je réussirai à trouver le temps de faire les choses plutôt que de les dire…

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Français, Françaises, ressaisissez-vous avant qu’il ne soit trop tard… Liberté, Egalité, Fraternité. N’oubliez pas.

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Ce billet n’était pas prévu. Mais au vu de la situation, de l’ampleur de la poussée haineuse ambiante, je crois qu’il est nécessaire que chaque citoyen ayant encore un peu de discernement intervienne pour aider à faire réagir ceux qui se laissent peu à peu berner par le populisme et la montée nauséabonde des relents racistes et fascistes pourtant déjà connus, reconnus et condamnés de tous.

Je ne suis pas politisée. Je me suis toujours revendiquée apolitique mais les dernières élections m’ont amené à voter contre Nicolas Sarkozy et une politique prônant le capitalisme financier. J’ai moi aussi voulu voter pour freiner une politique d’argent seulement, et j’ai voulu par mon vote, rétablir un peu de morale et de justice sociale. Je suis blonde aux yeux bleu-vert.

J’ai un nom germanique. A une autre époque, hormis mon nom de famille qui prête souvent à confusion, on m’aurait dit que j’étais une bonne petite aryenne. Je suis d’une famille de résistants. Des militaires des deux côtés. Mon arrière grand-père, un aristocrate pur souche était à l’état major en Afrique du Nord et roulait à fond la caisse sur des champs de mine pour montrer à ses troupes que lui aussi irait se tuer sur le front pour sauver sa patrie. Il avait été capturé par les allemands et s’était enfui d’un camp. Il s’était même donné la peine d’envoyer un télégramme au camp en question pour prévenir ses ennemis qu’il était bien arrivé et que ce n’était plus la peine de le chercher.

Sa fille, ma grand mère, blonde aux yeux bleus a joué de son physique pour berner les Nazis et ainsi mieux passer des messages aux résistants. J’ai été bercée par l’histoire de ma famille et de leurs démarches humanistes en ces temps sombres.

Ce soir, ironie du sort, il y a SHOAH sur Arte. Difficile d’imaginer que cela ait pu exister tellement c’est inhumain. Difficile d’accepter que cela ait pu exister. On se dit que forcément ça sert de leçon. Forcément, on ne peut pas laisser recommencer des atrocités pareilles. Et pourtant…

Au Rwanda, en ex Yougoslavie… pas si loin de nous, il n’y a pas si longtemps… et forcément nous condamnons, forcément. Dans un autre registre, outre atlantique, l’histoire du peuple noir. L’esclavagisme. Le racisme. Comment ne pas hurler d’injustice en découvrant l’abomination du Ku Klux Klan.

Des films comme Mississippi Burning ou La Couleur Pourpre témoignent de cette époque Américaine maudite que nous avons un mal fou à tolérer.

Tout ça pour une couleur de peau différente. Et il n’y a pas encore si longtemps non plus, l’Apartheid en Afrique du Sud… Le film Dry White Season, donne une bonne idée de l’enfer de l’époque…

Si on s’intéresse un peu à l’histoire et à l’économie, on constate qu’à chaque période de crise économique (et donc sociale), il y a une montée du populisme. Il y a une montée du racisme. Pourquoi ? Parce qu’il faut trouver des coupables. Absolument. Il faut trouver des coupables et les punir, les éradiquer parce que c’est de leur faute si on est dans la merde.

Avant, le peuple avait un peu plus d’excuses. L’accès à l’éducation et à l’information était limité. Alors sans éducation, sans accès à l’information pour réfléchir, c’est plus facile de se laisser avoir….

Mais aujourd’hui ? Aujourd’hui nous avons à peu près tous été à l’école. Et surtout, nous avons tous accès à l’information. Une information parfois même trop riche. Nous avons les réseaux sociaux cette malédiction et aussi cette chance. Malédiction car ils sont le terrain de la propagande malsaine, le terrain virtuel du défoulement des passions haineuses… mais une chance car ils permettent de donner l’accès à l’information et donc à la réflexion, et donc au libre arbitre.

Je ne suis pas une militante Touche pas à Mon pote et compagnie. Je milite tout court pour une justice sociale, pour une égalité des chances réelles, pour une politique du mérite, pour une véritable tolérance de la différence.

J’ai un frère handicapé mental alors la différence, ça me connaît. Malgré ma blondeur et mes yeux clairs, je suis moi même porteuse d’une maladie génétique grave. Alors la différence, ça me connait.

Quand j’étais enfant, j’ai grandi à Trinidad et Tobago. J’étais en école anglaise mais de là bas. J’étais la seule blanche et blonde de mon école. Ma directrice était indienne et tous mes camarades étaient noirs. C’était moi la différente. Et JAMAIS, JAMAIS on m’a fait sentir que j’étais différente.

Quand je suis rentrée en France par contre, avec ma jeune sœur, dans ce village bourgeois Bobo des Yvelines, là, nous avons senti que nous étions différentes. Nous étions les exotiques. Nous étions françaises, blanches, bien élevées, propres sur nous, mais nous étions contaminées par l’habitude de la différence. Et on nous l’a bien fait sentir. Il nous a fallu plus de 2 ans pour nous habituer à la France, à ces regards, à ces préjugés.

Une fois que nous nous étions bien réintégrées, il a fallu repartir au Moyen Orient. Rebelote, c’était nous les différentes. Mais c’était cool. Et je serai toujours reconnaissante d’avoir eu cette chance de goûter à cet accès à la différence si jeune. Quelle richesse dans une vie !

Alors quand je vois ce qui se passe dans notre pays, ce pays que j’aime profondément, ses racines que je sens en moi de par ma famille, je ne comprends pas comment on peut encore aujourd’hui se laisser aller à des idées tellement rétrogrades, tellement inhumaines, tellement anti républicaines en cautionnant des insultes racistes et en cautionnant cette montée extrême et ces discours d’un autre temps.

La « Une » de Minute est tout simplement inacceptable. On peut ne pas aimer Christine Taubira pour plein de raisons. Mais utiliser des propos aussi minables et s’en gargariser, dépasse l’entendement. Pas lorsqu’on a un QI normal, pas lorsqu’on a accès à l’éducation, à la réflexion, à l’information. Ou alors, il faut être un monstre sans cœur et dénué de sens humain.

Je sais bien qu’il y a des gens sans cœur. Je sais bien que les vrais méchants, les vrais cruels, ça existe. Malheureusement. L’enfer est sur terre. ça j’en suis convaincue aussi. De toutes façons il n’y a qu’à lire un peu les infos pour l’intégrer…

Mais je crois aussi que malgré cet enfer, il y a aussi du bon. Et je veux croire que l’homme est capable d’humanité. Je veux croire que nous les hommes, nous pouvons évoluer. L’histoire que nous avons doit nous servir d’exemple pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Nous devons apprendre et intégrer tous, que la chasse aux sorcières, ça n’appartient plus à notre époque.

Nous sommes une société qui mute, qui doit muter mais pour s’améliorer, pas faire marche arrière. Ou alors nous ne pourrons pas dire que nous avons fait de réels progrès. Nous serons toujours aussi limités qu’aux époques où il n’y avait pas d’accès à l’éducation et à l’information. Alors oui l’époque est difficile. Très difficile. Et c’est très dur parce qu’on nous demande de payer. Beaucoup. Trop parfois. Moi aussi je râle.

Peut être qu’il faut descendre dans la rue et trouver une 3ème voie. Mais en attendant, il ne faut pas se tromper de combat et d’ennemis. Les ennemis ne sont pas les noirs, les Roms, les Arabes, les Juifs, les chinois, les pauvres, les homos… les ennemis c’est nous même.

C’est nous qui héritons d’un enfer que nous avons tous un peu crée et cautionné et que nos parents, grands parents ont cautionné… Nous payons un système qui est désormais à bout de souffle. Mais les coupables ne sont pas ceux que des média torche balle comme Minute et tutti quanti désignent ou que les partis extrémistes désignent…Il faut combattre la corruption. Il faut combattre l’injustice. Il faut combattre l’intolérance et la violence. Il faut combattre la bêtise… Nous sommes une nation qui revendique l’égalité, la fraternité, la liberté. Alors ne perdons pas ces valeurs sacrées de vue.

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