Le problème du choix… un problème de femme…?

Ce soir j’ai envie de faire un billet sur une histoire qui me touche… qui ne me touche pas directement – pour une fois – mais dont je suis témoin.

Une histoire de femme, une histoire d’homme, une histoire de couple et pourquoi parfois ce qui pourrait être facile, heureux, et évident, bascule dans le cauchemar, l’enfer, la flippe intégrale.

Un homme et une femme qui s’aiment. Depuis déjà quelques temps. Couple nouvelle génération où l’un des deux est déjà séparé et a déjà des gosses… Mine de rien des couples recomposés c’est un peu devenu banal pour les trentenaires bien tassés et quadragénaires. Parfois pas obligé qu’il y ait des gosses. Juste le temps a passé, les caractères se sont forgés, les expériences ont marqué, tout est à la fois plus facile et plus compliqué. Un sentiment commun: la peur de s’engager.

L’amour qui dure, oui c’est possible mais au prix parfois de tellement d’efforts que le couple n’y survit pas, en fait. Mais c’est un fait. Une relation c’est des efforts tout le temps et des bas à gérer et parfois il faut une sacré dose de volonté pour que ça tienne contre vents et marées.

Le problème c’est que souvent dans les couples « de la nouvelle chance », les vécus sont différents. Les attentes aussi, du coup.

Et puis l’envie de ne pas se prendre la tête est là… Surtout au début… pour les deux au début…Alors surtout on essaie de ne pas réfléchir, de juste vivre les bons moments, les instants présents, ne pas se projeter…. Surtout ne pas se projeter… les garçons surtout. C’est angoissant la projection. La projection leur fait une espèce d’effet totalement flippant, enfermant, bouffeur de liberté… Ah la liberté… Mais c’est quoi la liberté déjà ? C’est quoi être libre en fait?

Et puis mine de rien les années passent… alors forcément, c’est vrai, pour les femmes surtout, après 35 ans si on a le système hormonal qui fonctionne pas trop mal, l’instinct maternel minimal, l’envie de se reproduire peut se manifester malgré soi et oui ça peut parfois devenir obsessionnel, surtout quand on n’a eu aucun enfant. On n’y peut rien si nos follicules vieillissent et sont moins nombreux qu’avant, si nos ovaires nous jouent des tours… Les mecs ils sont tranquilles avec leurs spermatozoïdes ! Souvenez vous Charlie Chaplin ! Alors oui, passé quelques années de relation, il est probable que nous les femmes de plus de 35 ans, nous ayons une certaine envie de nous reproduire…

Mais attention, chez l’homme, la reproduction peut prendre des allures d’attaque démoniaque. Le début de la fin. L’enfermement. La fin de tout en fait. On ne sait pas bien de quoi parfois. Mais surtout, l’homme ne veut pas renoncer au plaisir, à la jouissance… Deux adultes conscients, qui ne veulent pas renoncer au plaisir et paf ! la magie de la procréation fonctionne. Et PAF le test de grossesse se révèle positif. ET BIM. C’est le coup de massue…

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Vraiment? Peut on être surpris d’une grossesse quand on sait un tant soit peu comment on fait des enfants entre adultes conscients et consentants?

Une fois ma gynéco m’avait dit : les hommes, il ne faut pas leur demander leur avis ou leur demander de réfléchir sinon ça sera non à chaque fois. En les mettant devant le fait accompli, souvent, ils le vivent mieux… Euh… ok…enfin perso le bébé dans le dos pas trop…

Bref. Je m’égare. Je reviens à mon histoire. La grossesse accident. La grossesse accident mais bon que quand même vu la méthode de contraception il eut été étonnant qu’elle n’ait pas lieu sauf problème flagrant de stérilité… Première réaction possible: O Joie ! O Excitation ! O génial fabuleux en fait c’est trop bien ! Deuxième réaction possible : C’est pas possible, quelle tuile comment c’est possible ? Comment on a fait ?

Je me demande tiens… comment déjà ?

Je reprécise JE NE PARLE PAS DE MOI ! (je préfère préciser hein des fois que certains s’emballent)…

Remise en contexte. On est la fille. On est celle qui est enceinte. Et en face, le mec. Le mec qui ne trouve rien de mieux que de dire : putain merde chiotte bite fait chier j’ai peur j’ai peur je veux pas je sais pas t’es sûre ? j’en ai déjà des gosses c’était bien là, peinard, sans contraintes… Bah ouais mon gars mais en même temps, fallait y penser avant de lâcher la horde de spermatozoïdes …

Ah oui oui c’est embêtant. A 35 ans passé c’est très embêtant. Quand on est la fille et qu’on sait qu’on a déjà de la chance en fait d’être tombée enceinte c’est SUPER EMBÊTANT.

Et puis c’est d’autant plus embêtant qu’en fait, c’est à la femme que revient le vrai choix de savoir quoi faire! QUOI FAIRE ? Hein ? Quoi faire ? Ne pas se poser de questions? Fonce Alphonse on en reparle dans 9 mois avec ou sans papa? Pas si simple.

Enfin pour certaines c’est peut être simple en fait. Mais pour d’autres ça va a mille à l’heure : comment je vais faire seule ? Comment avoir un enfant sans papa ? Comment dire à l’enfant que son papa il en veut pas ? Comment vivre avec ça ? Bah ouais bah clairement c’est le bordel.

Alors à 23 ans, à 25 ans, a 27 ans, on peur avorter plus facilement – et je rappelle que ce n’est pas un acte anodin facile et considéré comme une méthode de contraception (pour le coup je peux personnellement m’exprimer sur le sujet merci) – mais passé 35 ans, l’IVG c’est déjà vachement plus compliqué, angoissant et traumatisant (encore plus, je veux dire).

Mais cette prise de tête là, elle est pour la femme. C’est la femme qui se cogne le choix ultime entre ses nausées et ses nichons douloureux et son bas ventre qui la travaille. C’est la femme qui en pleine conscience de sa grossesse accident qui doit se taper le choix ultime et en plus gérer la réaction de l’autre selon la décision.

Et dans les deux cas, vu la réaction de l’homme, on ne voit pas trop comment le couple a une chance de s’en sortir. Alors on se sent seule. Très seule. Très paumée. Très pas bien.

Alors peut être que les mecs peuvent se traîner une espèce de culpabilité… mais au final, c’est pas eux qui se font vider le ventre si jamais. C’est pas eux qui vivent avec ce déchirement viscéral et ce vide à jamais crée…mais quand même c’est eux qui voulaient plus mettre de capotes…

Ce qui me frappe dans ces histoires c’est l’aisance avec laquelle les mecs se déchargent sur les femmes à coup de culpabilisation à coup de : tu l’as fais exprès garce ! tu m’as forcé la main t’es dégueulasse … et j’en passe. C’est aussi la façon qu’ils ont de brandir du : si tu le gardes je t’en voudrais à vie, mais tu choisis…

Ah oui c’est sûr que c’est vachement plus facile de choisir dans ces conditions…

La vérité c’est que cette catégorie de mecs me met excessivement en colère. A 20 ans on peut excuser… A 30 ans aussi… Après 35 ans voire 40 ça devient carrément plus dur… Le beurre et l’argent du beurre. L’amour sans engagement. La relation sans obligations.. Le sexe sans contraception mais sans grossesse… mais quand même faudrait pas se ligaturer les trompes non plus pour au cas où …

Evidemment tous les mecs ne sont pas comme ça…. Il y a ceux qui « assument » aussi… Certains plus ou moins résignés, plus ou moins avec le sourire… Je ne sais pas si c’est mieux en toute honnêteté…

A croire que si on ne s’est pas reproduit avant 35 ans, si on ne s’est pas engagé dans la relation avec l’autre avant 35 ans, ce sont des montagnes de difficultés qui émergent… ce qui n’épargne les « engagés tôt » de divorcer 10 ans plus tard après le 1er ou 2eme gosse mais au moins, il y aura eu un semblant de consentement mutuel….

Mmm… je ne sais pas si je ne suis pas un peu partie dans tous les sens. Tout ça pour dire que les mecs… Enfin les phobiques de l’engagement, vous nous courez sur le haricot. Nous aussi on a peur. Nous aussi on l’aime notre liberté, nous aussi on aimerait bien avoir un appartement mitoyen avec la possibilité d’avoir et la vie de couple et le chacun chez soi, nous aussi on a envie de jouir de la vie dans tous les sens du terme… mais la vérité c’est qu’on prend plus la vie à bras le corps que vous souvent. La vérité c’est qu’on assume mieux tous les aléas. La faute à l’éducation? La faute à la culture? La faute a des années de machisme à la con? allez Savoir…

La vérité c’est qu’à un moment donné faut arrêter de fuir et de toujours trouver des raisons à la con. On veut, on veut pas, on aime, on aime pas… Ouais je sais la vie c’est pas aussi noir & blanc c’est des nuances de gris (hin hin hin…50 shades of … ;-))… Sauf qu’a un moment donné quand on a « un polichinelle dans le tiroir » on a pas 36 alternatives et pas des mois de délais devant soi.

Et moi je comprends ces femmes qui n’assument pas l’idée de faire un bébé toute seule… même si à l’heure d’aujourd’hui, perso, je pense que j’en serai capable – même si je n’espère à n’avoir jamais à faire ce choix –

Le choix….encore et toujours…

Bon. Je précise quand même que je ne suis pas une féministe anti mecs et tout hein… juste je décortique des phénomènes dont je suis spectatrice. Je fais ma sociologue de comptoir de mon entourage… et vous, vous en pensez quoi hein de tout ça ? A l’heure où on parle de mariage pour tous (et je suis pour) – je me dis qu’on n’est pas sortis de l’auberge en fait…

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Parfois, j’aimerai bien être encore une gosse…

Bonjour chers lecteurs et désolée de cette absence mais il faut croire qu’écrire quand on a une vie trépidante, ce n’est pas toujours compatible. J’aimerai bien pourtant avoir plus le temps… Mais pour écrire j’ai besoin d’être seule, isolée, de traîner… et durant ce mois de janvier ce fut loin d’être le cas.

Et comme souvent au mois de Janvier, c’est difficile. Fatigue, froid, travail intense, bonnes résolutions, il faut tenir bon.

Quoiqu’il en soit, vendredi soir j’ai fini plus tôt. De toutes façons j’avais les neurones en compote alors je me suis retrouvée dans le métro après les sorties du collège.

En face de moi une mignonne gosse. 12 ans max. Les cheveux semi humides rentrés dans son manteau. Elle avait du avoir piscine. La galère de la piscine en hiver. Un vendredi après midi en plus. Elle avait du sucer un stylo qui avait fui car elle avait de l’encre bleue sur le milieu de la lèvre inférieur.

Elle avait un gros sac à dos Vans’ à pois rouges, bourré à craquer. Surement plus lourd qu’elle. Un jean bleu à revers, un sweat à capuche, des baskets en toile bleues craquelées qui devaient être sa paire fétiche. A cheval entre deux ages. On voyait bien que l’adolescence allait pointer mais elle avait encore son côté enfant. Mignonne. Teint pâle, châtain, jolis yeux bleus. Elle était cool. Elle dégageait quelque chose de fondamentalement insouciant et sympa.

Elle a sorti de sa poche un malabar qu’elle a mis en bouche. Un gros malabar dur. Elle le faisait passer d’un côté à l’autre de sa bouche avec sa langue. On voyait qu’elle essayait de le ramollir. Elle mâchait dur. ça la faisait saliver. Elle était drôle. Satané malabar. J’imaginais le goût sucré mélange d’arrières goûts de fraise et banane qui devaient envahir sa bouche.

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A quoi pensait-elle ? A ses devoirs? A son malabar? A son goûter? Je la regardais amusée, charmée. Elle me donnait envie de revenir à cet âge.

La fraîcheur de l’enfance. ça ne dure pas longtemps car à l’adolescence les choses se compliquent mais il y a cette période bénie où on grandit, on prend de l’autonomie et on n’a pas à se soucier de quoique ce soit… Enfin dans un monde idéal où il n’y a pas de soucis familiaux, santé etc….

Je crois que j’ai eu la chance à un moment donné de ma vie d’avoir cet état d’esprit. Même si j’ai grandi vite, même si j’ai été inquiète très jeune, j’ai connu ces moments de malabar…

Avec ma meilleure amie d’enfance on enfourchait LE vélo pourri. On l’appelait ainsi parce qu’il était tout rouillé. Moi sur le porte bagage, mon amie qui pédalait – parfois l’inverse (elle était plus forte que moi !) – on allait acheter des bonbons à la supérette du village et on filait dans un vieux rempart dévorer nos trésors en se racontant des histoires loufoques. En été on remplissait des récipients d’eau et on partait dans les champs faire des batailles d’eau. Grosse nostalgie de cette tranche d’enfance. Des crises de fou rire à en faire pipi dans ma culotte.

Plus grandes on partait avec sa motocross à travers les routes de campagne pour aller au lycée. Il y avait une fougue, une liberté que j’adorais.

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C’est peut être ça qui me manque. Ce sentiment de liberté et d’insouciance. Il y avait des problèmes bien sûr mais ils ne nous atteignaient pas de la même façon. Il n’y avait pas de grandes responsabilités. Il fallait surtout penser à s’amuser.

Nous n’étions pas des filles à poupées Barbie… Nous étions des garçons manqués. On faisait des blagues à notre prof de piano en s’évadant par la fenêtre avant son arrivée dans la pièce. On allait se mettre du savon liquide sur les mains et on revenait pour lui serrer la main. Et ça nous faisait bien rire. Pauvre professeur. Il était génial. Si j’avais continué avec lui j’aurai peut être fini au conservatoire national et fait une carrière de pianiste qui sait… la question m’avait été posée à l’époque mais j’étais trop jeune pour réfléchir à mon avenir…

Elle s’appelait Sophie. Elle était ma meilleure amie d’enfance. Ma moitié. Ma soeur adoptive. ça a duré de l’école primaire au lycée. Et puis un jour, malheureusement, nos chemins se sont séparés. Bêtement évidemment. Sans vraie bonne raison. Nous étions juste devenues différentes. Un grand déchirement pour moi. Je crois que l’enfance était passée.

C’est marrant ces moments de nostalgie qui remontent, ces souvenirs d’enfance intacts qui parfois resurgissent… Juste à cause d’une gosse inconnue dans le métro qui mâche un malabar.

Précieuse enfance. Quand je l’ai vue sortir du métro continuer sa route je me suis dis qu’il était vital de préserver et protéger cela. J’ai pensé à tous les enfants qui n’ont pas cette chance de vivre cette insouciance et ça m’a fait mal au coeur. Je reste persuadée qu’on est mieux armé adulte face à la vie quand on permet aux enfants d’avoir une véritable enfance…

J’espère que les parents ne l’oublient pas…

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Moi les fêtes de fin d’année et la nouvelle année, j’aime surtout quand ça se finit… en fait.

Oyé Oyé ! BONNE ANNEE ! BONNE SANTE car c’est important la santé ma bonne dame.

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Oui, c’est bien cela. Jusqu’à fin janvier nous sommes condamnés à souhaiter nos voeux inlassablement en essayant de temps à autres de faire preuve d’originalité…

Alors en ce qui me concerne, comme le dit mon frère, je suis une mère Noël. J’ai l’esprit de noël à fond la caisse. J’y mets tout mon coeur mais je sais qu’à chaque fois, ça ne sera pas aussi joli que ce dont je rêve donc j’essaie de diminuer mon niveau d’exigence et mes immenses attentes de bonheur familial au coin du feu… car dans la vraie vie c’est bien plus explosif et aléatoire !

Quant au jour de l’an, alors là depuis quelques années je touche le fond … La Saint Sylvestre, ça me fout les boules. Avant j’adorais ça. Soirée déguisées, beuveries, seule ou en couple, peu importait tant qu’il y avait l’ivresse, les amis, la musique et la possibilité d’être déjanté…

Mais la vérité c’est que j’avais toujours l’arrière goût sombre des fins d’années… Ce moment où inévitablement on fait une sorte de bilan, et forcément, on réalise une fois de plus qu’on n’a pas pu faire tout ce qu’on voulait comme on le voulait… Et moi ces dernières années je réalise que j’ai été en perte de vitesse… Chute dramatique de ma volonté et de mon courage pour ce qui concerne le plus important : moi même.

Plus les années passent, moins on se pardonne d’avoir manqué de volonté et de courage. Et pourtant je crois que j’ai eu besoin de tout envoyer valser me concernant, question de récupérer…car là aussi, la vie ne s’est pas montrée douce avec moi… Chacun ses casseroles à porter mais j’en ai cumulé ces dernières années. J’en ai pris un coup de vieux.

J’ai survécu comme une guerrière, parce que la vie c’est marche ou crève. Mais a un moment donné, on ne peut pas toujours tout assumer sur tous les fronts. Alors le plus simple pour moi, était de me délaisser, moi.

J’ai toujours été comme ça. Comme un yoyo. Je me propulse jusqu’aux extrêmes limites, je touche le fond et une fois que je l’ai touché, il ne me reste d’autre choix que de remonter. Je me suis propulsée plus loin que d’habitude. J’ai poussé les limites. J’ai touché le fond plus profondément. Alors il a fallu que je me répare… j’ai décidé en pleine conscience d’arrêter de me brutaliser, d’être plus gentille avec moi même, de guérir la petite fille blessée, la jeune adulte amochée pour enfin, m’autoriser à grandir et devenir la vraie adulte que je suis devenue.

Je crois que c’est cela que je me suis dis quand cette année 2012 qui a forcé ma patience s’est terminée: j’ai grandi, je peux éviter a présent d’aller dans les extrêmes, je peux m’autoriser une vie plus sereine et je peux enfin m’occuper de nouveau de moi.

Je n’ai pas de résolutions particulières parce qu’elles ne servent à rien. Plus de plans sur les comètes, plus d’espérances et de rêves idiots. Je suis dans l’action. Je dis je fais. Je veux, je fais en sorte d’avoir. La flamme était presque éteinte, elle s’est rallumée. Une flamme plus douce, plus déterminée, qui je l’espère durera longtemps…

Bonne année à tous !

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Ces choses auxquelles on croit à 20 ans, ces choses auxquelles on ne croit plus (moins) à 37

Happy Birthday to meeeeeee ! Happy Birthday to meeeeeeeeeeeeeeee !

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Eh oui. C’est vrai. Aujourd’hui j’ai eu 37 ans. J’aurai pu m’abstenir d’en faire un blog mais en fait ce n’est pas tellement le fait que ce soit mon anniversaire qui me motive à en faire un, mais plutôt ce que cela déclenche en moi…

Un peu de mélancolie j’avoue. Je n’aime pas vieillir. Je n’aime pas vieillir car en réalité, une vie entière ne me semble pas suffisante pour accomplir tout ce que je souhaiterai accomplir. Une vie entière ne me semble pas suffisante pour assouvir mon appétit de vie avec un grand V. Je réalise (enfin je l’avais déjà réalisé avant mais surement de me dire qu’il me reste 3 ans avant mes 40 ans … putain 40 ans !!!), qu’il y a un tel ravin entre ce que j’avais dans la tête à 20 ans et aujourd’hui. Toutes ces croyances, ces certitudes qui ont volé en éclat…

J’ai grandi. Je suis devenue adulte. Enfin une adulte avec une âme de Goonie. Car je crois que toute ma vie, même quand je serai (je l’espère) une petite vieille grisonnante à la voix chevrotante, bossue en marchant à 2 à l’heure, je serai toujours une Goonie. C’est ancré en moi. Parfois j’ai des moments de lucidité et je me dis : mince alors ! Moi ? j’ai 37 ans ? mais c’est grand 37 ans !

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Je me sens parfois comme Sally dans Quand Harry rencontre Sally :
– « But I’m gonna turn 40 ! »
– « When ? »
– « One Daaaaaaaay ! »

Enfin voilà. A 20 ans j’avais des certitudes. A 37 ans, ce que je sais, c’est qu’on ne sait rien. On ne peut pas tout contrôler dans son existence. C’est sûrement cela qui en fait le piment, l’intérêt, c’est sûrement cela qui nous fait évoluer, mais la vérité c’est qu’à 20 ans on est bourré de schémas, de croyances à la con et parfois, on se réveille pour réaliser que la vie, c’est autre chose.

A 20 ans je pensais que, si je ne me mariais pas et à l’église, c’était comme si mon couple serait bidon.
A 37 ans, je sais enfin qu’il ne suffit pas de se marier à l’église pour que l’amour dure …ni de se marier tout court, ni de vivre comme Monsieur et Madame Toulemonde.

A 20 ans, j’étais persuadée qu’à 28 ans, je serai mariée avec 4 enfants.
A 37 ans, je suis en couple, pas mariée, pas d’enfants et chacun chez soi.

A 20 ans, j’étais persuadée que j’étais invincible, résistante à tout, plus forte que tout le monde, limite wonderwoman.
A 37 ans, ça fait déjà quelques années que j’ai compris que tout cela était une bonne carapace pour ne surtout pas admettre ma vulnérabilité qui existe bel et bien.

A 20 ans je pensais que je ferai le tour de monde plus d’une fois, que j’aurai un boulot de globe trotter et que je serai forcément riche.
A 37 ans, je me dis que j’ai sûrement eu la chance de voyager plus que la moyenne mais ça fait un moment que je n’ai pas pris de long courrier et que côté boulot de la mort qui tue maxi pognon, j’ai plutôt découvert les aléas du chômage et l’obligation de revoir à la baisse ses ambitions salariales crise oblige …. alors le tour du monde, ça attendra !

A 20 ans je pensais que quand on veut on peut.
A 37 ans, je sais à présent que quand on veut, on ne peut pas toujours.

A 20 ans, je pensais que l’amour pouvait durer toute la vie, que c’était obligé.
A 37 ans, je sais que l’amour est fragile et qu’un rien peut le faire basculer, sans prévenir, sans savoir pourquoi, juste un jour parfois, il s’en va.

A 20 ans, je pensais que j’avais tellement de temps devant moi que ce n’était surtout pas grave si je me trompais de choix.
A 37 ans, j’ai la pression du temps qui passe et je me dis que j’ai de moins en moins le droit à l’erreur…

A 20 ans, je me persuadais que la justice était possible et que chacun pouvait avoir sa chance.
A 37 ans, je sais que la vie est fondamentalement injuste et que certains en chient plus que d’autres.

A 20 ans, je pensais qu’il fallait faire mille et une choses pour prouver à la terre entière qu’on était digne d’être reconnu et aimé de tous. Et a 20 ans, je ne supportais pas qu’on ne puisse pas m’aimer.
A 37 ans, je sais que le bonheur ne tient pas en une liste de choses que l’on coche pour montrer aux autres qu’on les a faites. Je sais aussi que la reconnaissance des autres, on ne l’a jamais pleinement telle qu’on la souhaiterait et qu’elle n’est pas si vitale. Et je sais aussi, qu’on ne peut pas être aimé de tous et franchement à présent, ça ne me traumatise plus.

En fait, peut être qu’à 37 ans on a plus de désillusions, mais en même temps on est vachement plus serein parce qu’on a moins besoin de prouver à la terre entière qu’on le vaut bien.

Sur ce, Joyeux Noël à tous 🙂

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Téléthon, mon avis sur la question (qui n’est pas simple)

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Oyé oyé bonnes gens. Ce WE c’est Téléthon – en plus d’être miss France –

Et comme chaque année, évidemment je donne… En tant que grande soeur d’un garçon atteint d’une maladie génétique appelée Syndrome X fragile et étant moi même porteuse, je serai bien bizarre de ne pas donner ou de ne pas être sensible à la cause, qui est bonne.

Sans compter que voir ces enfants pleins de vie et d’espoir à la télé, et leurs parents qui gardent la foi dans l’adversité, forcément, on ne peut que avoir envie de donner.

Et puis donner, c’est important parce que c’est ce qui permet à la recherche d’avancer, c’est ce qui permet aux personnes touchées d’avoir leur quotidien amélioré. Alors oui. Il faut donner. En ligne, sur facebook, via le 3637, même 1 euro, c’est toujours ça.

Après je ne peux pas m’empêcher d’être « dérangée » par certains aspects. Il y a ce côté ‘foire à la pitié’ avec lequel j’ai du mal. Je l’ai toujours ressenti ainsi. J’ai même à une époque été opposée au principe du Téléthon et puis il ne faut pas rêver… il n’y a pas 36 façons de faire rentrer de l’argent dans ces situations là.

Et ce qui me dérange c’est que ça reste quand même la pitié, le moteur du don. Mais pour le Téléthon comme pour tout le reste. La faim dans le monde, les sans abris, les réfugiés de guerres et de catastrophes naturelles,… c’est la pitié qui nous fait tous passer à l’acte. Il y a ce côté aussi « laver sa bonne conscience une fois par an » avec lequel j’ai du mal.

Donner une fois l’an et se comporter comme un con le reste de l’année? Je sais je suis très injuste de dire ça… sûrement. Mais c’est ainsi que je le ressens.

Alors c’est bien de donner, c’est important, il faut le faire, mais pas seulement par pitié. Et puis c’est pas une fois l’an qu’il faut être sensible aux souffrances du monde. Si chacun dans son quotidien essayait d’avoir un comportement altruiste, ouvert aux autres, si chacun au quotidien, tendait la main plutôt que de tracer sa route en évitant le regard, ça, ça serait à mon sens un vrai vrai pas en avant. Car il y a l’argent, dramatiquement nécessaire, mais il y a aussi les rapports humains.

Oui c’est un message d’espoir le Téléthon et comme le milieu associatif en général cela peut être une vraie béquille dans la vie des gens. Mais si vous donnez et je ne peux que inciter à le faire, pensez aussi à comment vous vous comportez avec les gens différents et / ou en souffrance au quotidien… et si chacun réussit à se décoincer un peu, à s’ouvrir, à être moins individualiste, là ça aura vraiment valu le coup.

Téléthon 2012