A QUAND LE HANDICAP MENTAL GRANDE CAUSE NATIONALE ?


Bonsoir les ondes…

Un petit blog du soir parce que je crois que j’ai besoin de vider un peu mon sac une fois de plus sur le sujet.

Celui du handicap mental.

Cette année c’est la grande cause nationale pour l’Autisme. Enfin « pour » … contre, bref, pour prévenir, intégrer, traiter, soigner, on espère. C’est super. Et puis c’est important de faire des campagnes d’information avec tout l’attirail qui va bien. L’autisme sert un peu de locomotive pour tous les estropiés de la vie derrière. TOUS les AUTRES HANDICAPES MENTAUX.

Car vous ne le savez peut être pas mais il n’y a pas que l’Autisme et la trisomie. Par exemple, vous ne savez pas que 15 à 20% des autistes sont en fait X FRAGILE. OH ?! Mais c’est quoi l’X Fragile ?

C’est ça :

Bien sûr ce n’est surtout pas la première fois que j’aborde le sujet :



La dernière fois sur facebook un « ami » (ex ami du coup) m’a dit que je le GAVAIS avec l’X fragile… je suppose que je le gavais tout court de toutes façons avec mes informations sur le handicap mental.

C’est que finalement, à part ceux directement concernés, globalement les gens s’en cognent. Politiciens compris. Pouvoirs publics compris. 

ça demande de l’argent, du temps, des gens … c’est une vraie chienlit pour les gouvernements les handicapés mentaux. Bah ouais.

Le livre magistral de Jean-Louis Fournier « Ou on va papa » résume bien le quotidien – mais il est bien Jean-Louis Fournier il a la délicatesse de tourner ça à la rigolade. Parce que bien sur il faut en rire sinon on pleurerait tout le temps. 

La réalité c’est qu’au delà de l’Autisme, des enfants autistes qui eux aussi sont ballottés entre IME, CLIS et autres services de jour à l’hôpital, les familles en chient grave. Et je pèse mes mots.

J’ai un frère X Fragile de 18 ans en mutation complète. Ma mère s’est littéralement défoncée pendant des mois, des années, pour que Hugo soit diagnostiqué au service génétique du CHU dont on dépendait. Ensuite il a fallu faire toutes les démarches pour les séances de rééducation psycho-motrices dans les CAMSP, et les mille et une démarches, relances, paperasses, coups de fils, rdv sur place des centaines de fois pour que Hugo puisse intégrer un IMP et ensuite des centaines de coups de fils, démarches etc. pour une prise en charge de taxi, rebelote pour la carte handicapé … et ensuite il a fallu tout recommencer à zéro pour cause d’attouchements sexuels… mais bon… on en parle pas ça choque. Et puis c’est chiant, c’est pas drôle. C’est pas gai de causer « handicapé ».

J’ai des mots durs parce que je constate que 15 ans plus tard c’est toujours le même bordel. Je suis inscrite sur plein de réseaux sociaux, groupes sur facebook du Canada, US, Australie, UK, je me renseigne, j’interviens entant que grande soeur porteuse elle aussi de cet X Fragile de m… et je lis les témoignages des parents qui viennent d’apprendre l’heureuse nouvelle et qui galèrent toujours autant pour scolariser leurs gosses. 

l’Autisme n’est que la face VISIBLE de l’ICEBERG. La vérité c’est que pour plein plein plein de famille touchées par le Handicap Mental c’est un peu ambiance TITANIC voyez-vous. Les parents craquent, les couples se déchirent, comme disent les psy des CMPP : IL Y A SOUFFRANCE. Sans déconner !!!?

Bah ouais les gars : IL Y A SOUFFRANCE !!!

Ce qu’on ignore ou ce qu’on ne veut pas admettre quand il y a du handicap mental c’est que tout le monde prend sa dose de souffrance : les parents, la fratrie … Et oui, tout le monde porte.

Alors bien sur c’est pas non plus du Zola tous les jours hein faut pas déconner. On s’habitue au handicap. On apprend à vivre avec. Et puis on s’aime. Je vais pas re raconter tout ce que j’ai déjà écris (désolés chers lecteurs si vous voulez en savoir plus il va falloir vous cogner mes billets précédents ;))

J’aime mon frère plus que tout et surtout je l’aime comme il est. Je n’ai aucun problème avec son handicap. Mais l’expérience prouve que la société a encore PLEIN DE PROBLEMES avec le handicap mental.

Et au delà de la société, les gouvernements ne font rien. Pas assez. Il faut des structures, davantage. Des éducateurs, encore plus, encore mieux formés, plus de rééducation adaptée à chaque handicap et une vraie BONNE PRISE EN CHARGE y compris pour les ADULTES et quand les parents meurent !

Les IME / IMPRro passé 15 ans ça ressemble plus à des garderies… Alors évidemment dans la grande famille des handicapés mentaux il y a des personnes plus ou moins atteintes. Certains s’en sortent mieux que d’autres côté autonomie mais il y en a un paquet qui ne peuvent même pas aller en CAT (Centre d’Aide au Travail) ou bénéficier de la COTOREP . Mais les autres ils font quoi ? Ils gèrent comment les parents ?

Ils ont une conscience les handicapés mentaux, ils ont un coeur, ils sont capables de souffrance, de chagrin, de joies … On ne peut pas les abandonner dans des hospices et les laisser plantés là attendre la mort …

PERCE NEIGE semble être une des rares associations qui réussit le pari de permettre aux adultes handicapés mentaux d’avoir un cours de vie adapté et plus agréable :


Mais il n’y a pas assez de centres, pas assez de prise en charge, d’aides, d’investissements … Alors je sais bien c’est LA CRISE ! y a plus de pognon dans les caisses de l’état il paraît. Il paraît qu’on paie déjà trop d’impôts et on va en payer encore plus… mais OU VA NOTRE ARGENT ?! Est ce que tous les impôts que nous payons sont bien utilisés ? Est ce que les dépenses publiques sont vraiment priorisées ? Est ce que les conseils généraux, les collectivités, l’état en général a un cahier des charges cohérent avec les réels besoins des gens ?

Les laissés pour compte de la société, les handicapés ont le droit eux aussi d’avoir une jolie vie. Pourquoi certains auraient tout et eux n’auraient rien ? Pourquoi toutes ces familles en 2012 en sont encore à lutter quitte à en perdre la santé et le moral pour faire valoir leurs droits ?

On vit dans un monde où déjà quand on est normal il faut se battre sans cesse. Il faut être fort pour tenir. Alors imaginez pour les handicapés mentaux qui eux sont vulnérables. Imaginez pour toutes ces familles qui ne roulent pas toutes sur l’or…qui n’ont pas toutes les ressources familiales pour les soutenir. ça peut vite devenir sordide.

Alors ils sont bien gentils les politiciens avec leurs grandes causes nationales. Ces campagnes d’information de soulagement de la conscience… et je crois que c’est quand meme bien de le faire mais bon… CONCRETEMENT on fait QUOI pour les handicapés mentaux en France et leurs familles ? Hein ? C’est DEMERDEN SIE SICH !

Chacun sa merde et Dieu pour tous…apparemment.

(mon petit frère Hugo – 18 ans, X Fragile mutation complète)

AUTISME, GRANDE CAUSE NATIONALE 2012…??? CONCRÈTEMENT ÇA DONNE QUOI ?

Bon dimanche à tous et à toutes !

Je vais peut être vous saouler à la longue avec mes élans de contestation, mes sempiternels posts sur le sujet du handicap mental, mais voilà. Ce sujet me tient à coeur. Evidemment, s’il ne me touchait pas personnellement je me concentrerai uniquement sur la misère du monde, les maladies les plus communes comme le cancer, le sida, ce que je fais par ailleurs, mais il y a aussi ce gros truc énorme que les gouvernements successifs n’arrivent pas à prendre en mains comme il le faudrait : LE HANDICAP MENTAL.

Cette année, c’est l’année de l’AUTISME. GRANDE CAUSE NATIONALE 2012. Je trouve ça très bien. Vraiment. Aujourd’hui, à force de lobbying, de cinéma, de celebrity marketing, de charity business à tout rompre, il y a DEUX maladies clairement identifiées dans l’opinion public: La trisomie 21 et l’Autisme.

Il suffit de regarder RAINMAN, le 8ème Jour, …



Moi, mon frère, il est X FRAGILE. C’est la PREMIERE CAUSE de retard mental héréditaire. Dans son IME, il a plein de copains HANDICAPES MENTAUX. Certains sont trisomiques, d’autres autistes, d’autres autre chose. Dans tous les cas, ils sont TOUS HANDICAPES MENTAUX.

Et moi ce que j’aimerai et ce pour quoi je me bats c’est la reconnaissance du HANDICAP MENTAL en GENERAL. Bien sûr, indirectement, je suppose que ce qui sera fait en faveur de l’autisme découlera forcément positivement sur les autres maladies…

Le problème, c’est qu’on a du mal à comprendre ce que ça a comme conséquences CONCRETES dans le quotidien des personnes atteintes, de l’entourage, le fait que l’Autisme soit GRANDE CAUSE NATIONALE ?

J’ai déjà fait des blogs sur le quotidien des familles, sur ce que ça fait d’avoir du handicap mental dans sa vie, j’ai déjà fait des blogs sur l’X Fragile, le fait que c’est très proche de l’autisme…


Mais vous voyez, je suis touchée de savoir que des familles sont aux abois pour scolariser leurs enfants parfois déscolarisés pendant très longtemps … La galère inouie dans laquelle ils sont embarqués… Comme mes parents avant eux. Des témoignages récurrents de parents qui procèdent aux appels quasi quotidiens aux MDPH (Maisons départementales du Handicap), les CMPP (Centre Médico Psycho -pédagogiques), les IME qui mettent les enfants sur liste d’attente, les contacts avec les assistantes sociales, la CAF …… pour espérer trouver une structure qui puisse accueillir l’enfant… L’enfer de l’administration pour trouver quoi faire, comment faire, les milliards de paperasses à remplir, l’attente interminable, les relances, les milliers d’allers retours de courriers, de déplacements… Et en attendant faut bosser…

Comment font ces familles quand elles n’ont ni les ressources financières, ni de la famille pour les aider à palier tout ce bordel organisationnel ? Elles en chient sévère je vous le dis…

Un autre témoignage qui me bouleverse aussi d’un frère ayant son frère handicapé à charge car il n’a plus ses parents et qui a préféré reprendre ce dernier avec lui car il était malheureux dans son institut. Il se démène pour trouver une solution pour avoir une chance de trouver un endroit adapté pour son frère, pour qu’il soit bien et pour que lui aussi puisse avoir une petite chance d’avoir sa vie ?

Je ne comprends pas qu’en 2012 on en soit encore là en France. Je ne comprends pas pourquoi cela reste si difficile d’avoir une prise en charge correcte et adaptée, facilitée pour les enfants, les parents, les adultes handicapés ? Les IME ressemblent de plus en plus à des »parkings » à enfants / jeunes différents. Les moyens manquent. Il n’y a pas assez de place, pas assez d’éducateurs spécialisés, pas assez de rééducation: psycho motricité, orthophonie, éveils en tous genre…

Je vois bien mon frère de 18 ans… il y a une sorte d’abandon. On ne le pousse plus à se dépasser un peu. On le laisse faire ce qu’il sait faire de mieux : du pliage de vêtements. On ne le pousse plus à faire des ateliers de cuisine, des travaux manuels variés, fini l’orthophonie, fini l’équithérapie, fini la musique, fini la stimulation multi sensorielle… Il attend…

Il est plutôt heureux. C’est une bonne nature mon frère. Pas trop emmerdant. De temps en temps son angoisse le bloque c’est vrai mais il est cool à présent. Nous on a pas forcément le temps de s’occuper de lui comme il faudrait. Moi je ne vis plus chez mes parents depuis pas mal de temps alors je ne lui donne pas autant de temps qu’il faudrait… Et en même temps il faut aussi que je puisse vivre ma vie d’adulte, c’est pas évident…

Moi j’en veux beaucoup à l’état, au gouvernement de ne pas faire réellement ce qu’il faut. L’éducation spécialisée, le handicap mental en général est le grand laissé pour compte à chaque fois… c’est trop éloigné du quotidien des gens… ça fait moins de pression. Moi j’aimerai que les journalistes s’emparent un peu plus de ce sujet, j’aimerai qu’il y ait des groupes de pression plus forts contre le gouvernement. J’aimerai que chaque association de handicap mental se mettent ensemble et pas seulement au moment du Téléthon, pour exercer une vraie pression auprès du gouvernement.

Le quotidien des familles touchées par le handicap mental est DIFFICILE et DOULOUREUX. On fait avec parce qu’on n’a pas le choix, on fait en sorte que ça se passe au mieux, on a parfois la chance d’avoir assez d’argent pour compenser, assez de famille pour être épaulé, mais c’est tout de même assez rare.

Imaginez l’angoisse indicible des parents qui se disent : que va devenir mon enfant quand je ne serai plus là ?
Les parents qui en arrivent à espérer que leur enfant meurt avant eux pour ne pas les laisser…

Alors pour les Présidentielles 2012, François Hollande, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, concrètement ils proposent quoi pour la prise en charge du handicap mental en France ?

J’attends de voir… enfin non je n’attendrai pas. L’éveil des consciences sur ce sujet grave et réel doit avoir lieu. En attendant, les famille rament…


‘OU ON VA PAPA’ … QUAND ON SERA GRAND ET QUE TU SERAS PLUS LA ?

Bonsoir les zondes !

Je fais un clin d’oeil dans mon blog au livre si merveilleux de Jean-Louis Fournier « Où on va papa » ? – Prix Femina 2010 et je vous le conseille chaudement si vous ne l’avez pas encore lu car il y a sûrement beaucoup de choses que vous comprendrez mieux…


Si je vous dis, Lino Ventura… ça vous dit quelque chose forcément ! Et si je vous dis Perce-Neige ? Vous faites un lien ? ça vous dit quelque chose ?

Si ça dit quelque chose à certains, c’est que ces personnes sont directement ou indirectement concernées par le handicap mental. Et plus exactement par la vie adulte des handicapés mentaux.

On parle beaucoup de l’autisme, de la trisomie 21 qui est à présent bien identifiée mais des handicaps mentaux il y en a plein d’autres. Le résultat commun de ces personnes, c’est qu’elles sont dans tous les cas dépendantes et que leurs vies adultes sont souvent très compliquées à gérer… Pour plein plein de raisons… Trouver des structures d’accueil mais qui soient suffisamment de qualité, occupationnelles et constructives, chaleureuses, épanouissantes, bien médicalisées, avec du personnel compétent, gentil … et qui puissent continuer à s’occuper d’eux une fois que les parents ne sont plus là, quand il n’y a plus de famille…

Je sais, je sais, c’est flippant, c’est glauque, c’est triste. Oui. ça peut l’être. Et surtout, c’est la stricte vérité. La réalité vraie de plein de personnes qui ont des enfants handicapés mentaux, des frères, des soeurs et qui se demandent comment ils feront une fois que les IME / IMPro ne pourront plus les accueillir.

On a eu le handicap comme grande cause nationale… cette année c’est l’autisme. C’est bien. Les recherches sur l’autisme découlent sur beaucoup d’effets ricochets positifs pour les autres handicaps mentaux… mais après ? Concrètement qu’est ce qui se passe ? Il y a plus d’IME / IMpro ? Il y a plus d’information ? Plus de formations des spécialistes et éducateurs ? Un meilleur accès à des médications appropriées ? Des maisons d’accueil pour adultes ? Concrètement quand on est une grande cause nationale, comment ça se passe côté investissements réels et sérieux ?

Lino Ventura, acteur magistral d’une génération où nos grands parents avaient 20 ans, a eu une enfant handicapée mentale. Il a utilisé sa notoriété pour créer l’association PERCE NEIGE en 1966! Un vrai pionnnier pour l’époque !


L’association compte 50 Maisons d’accueil aujourd’hui pour les handicapés mentaux et les polyhandicapés.

Je ne suis pas membre de cette association… Pas encore, je devrai, surement car mon frère Hugo de 18 ans, aura peut être besoin d’eux un jour… et puis ils ont fait une page dédiée à l’X Fragile alors forcément j’ai un parti pris positif :

Reprise de leur site (qui est parfait je vous invite vraiment à y aller tout comme à aller voir leur page facebook, ils ont un Community Manager très dynamique !): 



Perce-Neige est une association loi 1901 reconnue d’utilité publique. Elle est née en 1966 à l’initiative de Lino VENTURA. Père d’une enfant handicapée mentale, le célèbre acteur s’est engagé à défendre la cause de ces enfants « pas comme les autres ».

Depuis sa création, Perce-Neige poursuit son objectif principal : faire du droit au bonheur une réalité pour les personnes handicapées mentales. Au travers de son action, elle œuvre pour :

  • Inciter les pouvoirs publics à reconnaître les besoins des personnes handicapées mentales et de leurs familles, particulièrement en terme de structures d’accueil
  • Faire évoluer le regard de la société sur les personnes handicapées mentales, favoriser leur intégration, combattre les idées reçues. 

Aujourd’hui, Perce-Neige remplit trois missions essentielles :

  • Réaliser des Maisons Perce-Neige pour accueillir les personnes en situation de handicap,
  • Soutenir les familles souvent confrontées à l’isolement,
  • Sensibiliser les instances publiques, tout comme le grand public, à la cause du handicap.

Dans chacune de ses actions, Perce-Neige défend cinq valeurs :
  • Protection : nous assurons l’hébergement de la personne handicapée tout au long de sa vie,
  • Expression : nous favorisons l’autonomie et l’épanouissement des personnes handicapées grâce à de nombreuses activités,
  • Réconfort : nous privilégions les environnements à taille humaine, les petites structures et les espaces privés, pour créer des lieux de vie agréables,
  • Considération : nous préservons la dignité des personnes handicapées grâce à une dimension relationnelle forte et un projet d’accompagnement personnalisé,
  • Espoir : nous croyons à la place des personnes handicapées dans notre société.


J’aime ce que fait cette association, ça me touche. Et je trouve leur approche vraiment réussie. Ils viennent de lancer une nouvelle campagne d’affichage d’appel au don… Alors SVP, en ces temps difficiles où on sait bien que le handicap paraît plus que jamais comme la dernière roue du carrosse, pensez que si c’était vos propres enfants, votre famille proche, vous seriez rassurés de savoir que votre enfant, frère ou soeur pourra continuer sa vie dans un endroit qui sera bien pour lui ou elle…


La vie est dure et cruelle et pour les handicapés mentaux, croyez moi elle peut être bien pire encore car eux, contrairement à vous, ils ne savent pas se défendre…



Hugo et sa soeur

18 NOVEMBRE 2011 : 1ere JOURNEE EUROPEENNE D’INFORMATION SUR LE SYNDROME X FRAGILE

Bonjour les ondes !
Quand vous lirez ce post, nous serons le VENDREDI 18 NOVEMBRE 2011

Journée spéciale car c’est la PREMIERE JOURNEE EUROPEENNE D’INFORMATION SUR LE SYNDROME X FRAGILE.

Personnellement j’ai l’impression de SOUVENT et BEAUCOUP parler de cette maladie génétique et j’ai déjà fais 2 sujets sur mon blog:



Depuis que je suis au courant de l’existence de cette maladie dans ma famille grâce à mon frère Hugo et ayant appris à l’âge de 20 ans que j’étais moi même porteuse, j’ai toujours régulièrement communiqué de façon totalement libre sur la reconnaissance du handicap mental en général.

Le handicap mental fait peur, fait fuir. La plupart des gens confondent folie et retard mental.

Personne le sait mais le SYNDROME X FRAGILE est la PREMIERE CAUSE DE RETARD MENTAL HEREDITAIRE. C’est la DEUXIEME CAUSE DE RETARD MENTAL d’origine génétique après la TRISOMIE 21.
C’est une maladie génétique qui reste toujours tardivement diagnostiquée, mal prise en charge en France. Je suis abonnée à beaucoup de réseaux en Amérique du Nord notamment et il y a des traitements qui avancent, des progrès en matière de diagnostic. En France on reste toujours un peu à la traîne mais pour le coup ce n’est pas pour l’X Fragile en particulier mais pour le handicap mental en général. Malheureusement, les handicapés mentaux sont souvent la dernière roue du carrosse.

Il faut gérer les priorités sur l’échelle de la misère. Alors à défaut d’avoir les moyens de MIEUX prendre en charge les handicapés mentaux, il faut AU MOINS faire un maximum d’information afin de PREVENIR.

Tous les gynécologues devraient demander à leurs patientes lorsqu’elles envisagent de faire un enfant s’il y a des cas de retard mental dans leur famille. Et si oui, ils devraient systématiquement prescrire une recherche par caryotype / biologie moléculaire pour voir s’il n’y aurait pas de Syndrome X Fragile.

10% des Autistes sont souvent X Fragiles.

J’ai déjà fais un blog sur les mécanismes de transmission. Il s’agit d’un système de transmission complexe car il y a un effet de « mutation » des gènes au fur et à mesure que la transmission se fait. Cela explique pourquoi sur plusieurs générations il n’y a RIEN et que tout à coup PAF ! La maladie s’exprime.

Dans le cas de ma famille c’est « grâce à  » mon frère Hugo que nous avons découvert cette maladie. Et puis c’est grâce à ma mère et son acharnement auprès du corps médical qu’on a pu passer en diagnostic génétique.

Dans mon cas personnel, j’ai une chance sur 2 de transmettre cette maladie et vu que ma pré mutation est très importante j’ai un risque élevé d’avoir une mutation complète en cas d’X Fragile donc pour moi, faire des enfants les yeux fermés, ça ne marche pas. Et là aussi il faut informer et assouplir les règles en France avec ces histoires d’éthique pour éviter les double peines à des femmes qui non seulement sont porteuses mais en plus, sont pressurisées par le temps qui passe, les âge limite etc. … pour accéder au DIAGNOSTIC PRE IMPLANTATOIRE ou alors prendre le risque du DIAGNOSTIC PRE NATAL.

Alors ci-après je reprends des informations trouvée sur l’association française de l’X FRAGILE : LE GOELAND et des informations sur le fameux DPI.

J’espère que cette journée aura un certain impact et permettra une meilleure information pour commencer et idéalement une meilleure prise en charge pour les enfants, les ados, les adultes X Fra et le soutien de leurs familles car je peux vous dire que ça en fout en l’air des vies quand des choses comme ça vous tombent dessus. Alors pas de pitié, pas d’apitoiement, mais une compassion intelligente, une meilleure ouverture d’esprit sur le handicap, une meilleure solidarité y compris familiale, et peut être alors on pourra commencer à parler de vrai progrès.

ASSOCIATION FRANÇAISE DU SYNDROME X FRAGILE – LE GOELAND:

Le syndrome de l’X fragile est un syndrome qui est la première cause de retard mental héréditaire (deuxième cause de retard mental d’origine génétique après la trisomie 21)
Environ 6% des enfants avec troubles de l’apprentissage, testés en institutions sont porteurs de ce syndrome1. Cette pathologie n’entraîne pas de malformation et les enfants affectés par cette pathologie ont une croissance normale. Cette pathologie se manifeste surtout chez les garçons essentiellement par un retard mental et par des troubles du comportement divers pouvant avoir un caractère autistique. Les filles atteintes par cette maladie sont diversement affectées, avec généralement un retard intellectuel moyen.

Garçons

  • Tous les garçons porteurs de la mutation exprimeront la maladie. La maladie a une transmission dite dominante liée à l’X.
Le diagnostic est évoqué devant la triade syndromique :

    • Syndrome dysmorphique
    • Syndrome hyperkinétique
    • Syndrome autistique

Signes cliniques du syndrome de l’X fragile

 

Retard au développement neurologique
Se tient assis à 10 mois
Marche à 20 mois
Premier mot à 20 mois
Avant la puberté
Retard du développement surtout la parole
Comportement anormal : hyperactivité , autisme
Retard mental QI entre 30 et 50
Grand visage avec de grandes oreilles et un front proéminent
Après la puberté
Testicules augmentés de taille (macroorchidie)
Strabisme
Hyperlaxité des membres
Divers
Peau douce
Prolapsus de la valve mitrale

 

Filles

  • Seule la moitié des filles porteuses de la mutation complète exprimeront la maladie ; l’autre moitié aura une intelligence normale.
  • Le tableau est identique mais le retard mental est moins important.
  • Les filles peuvent être immunisées aux effets de la maladie, tout en étant porteuses de celle-ci.

 Porteurs de la prémutation

Garçons

  • Aspect normal mais retard mental (QI faible)
  • Diagnostique prénatal possible cependant la découverte se fait vers l’âge de 3 ans à la découverte du retard mental.
  • Macro-orchidie post-pubertaire

Filles

  • Aspect normal avec retard mental moins important que chez les garçons.
  • Pas de signes cliniques mais un nombre important de femmes porteuses de la prémutation développeront une insuffisance ovarienne prématurée (ménopause précoce).

Diagnostic

Anténatal

Symptômes physiques typiques du syndrome de l’X fragile : visage allongé, front proéminent, menton prognathe, grandes oreilles

  • Il n’existe aucun signe échographique suggérant l’existence d’un fœtus porteur d’un syndrome de l’X fragile.
  • Dans les familles à haut risque, le diagnostic anténatal est possible par la technique de la PCR (Polymerase Chain Reaction) ou d’autre méthodes comme le Southern blot effectué par prélèvement de trophoblaste ou amniocentèse.
  • Certaines techniques ne permettent pas de faire le diagnostic de la prémutation.
  • Attention le caryotype standard effectué pour le diagnostic de trisomie 21 ne permet pas de faire le diagnostic de syndrome de l’X fragile.

Le Diagnostic préimplantatoire est possible. Il s’agit du même concept que la FIV avec une recherche en biologie moléculaire des cellules embryonnaires. Le diagnostic pré-implantatoire de l’ X Fragile se fait par recherche de marqueurs génétiques.

L’Hôpital Antoine Béclère en association avec l’Hôpital Necker sont les seuls à l’heure actuelle a pratiquer le diagnostic pré-implantatoire en région parisienne. Il faut attendre en moyenne un an et demi entre le dépôt d’un dossier de candidature et une prise en charge effective.

Post-natal

La recherche d’un syndrome de l’X fragile devrait être menée chez tous enfants présentant un retard mental.[réf. nécessaire] Le diagnostic n’est généralement pas fait avant l’âge de trois ans.

Mode de transmission

  • Tous les garçons porteurs de cette maladie ont forcément une mère porteuse de la mutation.
  • Les femmes porteuses d’une prémutation et transmettant cette prémutation entraînent un risque accru de mutation chez les descendants.
  • Les hommes porteurs d’une prémutation et transmettant cette prémutation n’entraînent pas de risque accru de mutation chez les descendants, donc il n’y a pas de risque de la maladie chez les descendants d’un homme porteur de la prémutation.

Traitement

Des molécules agonistes des récepteurs AMPA sont à l’essai.
D’autres essais sont attendus avec des molécules antagonistes des récepteurs glutamatergiques.

Conseil génétique

  • Le conseil génétique de cette pathologie doit bien comprendre le mode de transmission de cette pathologie et les possibilités de diagnostic.
  • Le conseil génétique doit aussi expliquer qu’il est impossible de connaître le retentissement de la mutation chez les fœtus femelles.

Sources

  • (en) Orphanet
  • (en) Online Mendelian Inheritance in Man, OMIM (TM). Johns Hopkins University, Baltimore, MD. MIM Number: 300031[1]
  • (en) Robert A Saul, Jack C Tarleton, FMR1-Related Disorders In GeneTests: Medical Genetics Information Resource (database online). Copyright, University of Washington, Seattle. 1993-2005 [2]

Mon frère HUGO… qui a maintenant 18 ans… X Fra Mutation complète qui a 4 frères et sœurs entre 13 et 35 ans et qui l’aiment fort !

MON FRERE HUGO, QUI AIME LE METRO (ET LES ESCALATORS)

Ce WE, j’ai reçu Hugo. Hugo, c’est mon « petit » frère de 18 ans qui me dépasse de 2 têtes au moins, grand et barraqué. Hugo, est X Fragile en mutation complète. Hugo est retardé mental. Handicapé.
C’est quoi l’X Fragile ?

Vous connaissez l’Autisme ? Vous avez déjà vu RAINMAN ? Eh bien c’est très proche. 10% des Autistes sont X Fragile.

Et si vous voulez en savoir plus, il y a un article très bien que j’ai trouvé sur le site de Perce – Neige :

ça faisait longtemps qu’on n’avait pas passé un moment tous les deux. Cela faisait des mois qu’il me réclamait ce moment privilégié et moi, je n’arrivais pas à trouver LE moment. Car pour être avec Hugo un WE entier, je dois me sentir « prête ». ça veut dire que moi, je dois aller bien, prête à affronter l’extérieur avec lui, prête à être suffisamment confiante en moi pour ne surtout pas lui communiquer mon anxiété et m’assurer qu’il va passer un bon moment.

Et ces derniers temps j’ai été plutôt dans l’hyper anxiété (chômage, divers angoisses perso existentielles de nana de bientôt 36 ans pas mariée, pas d’enfants et porteuse moi aussi de cette maladie génétique qu’est l’X Fragile) . Mais Hugo s’impatientait, alors comme les éclaircies se profilent en ce moment dans mon ciel, je me suis dis, allez ! On y va, c’est ce WE ou jamais, sinon, ça n’arrivera jamais.

Hugo m’a appelé toute la semaine: je fais mon sac Yiayia ? Je viens chez toi Yiayia ? On prend le train ? Le train pour Hugo, quand il vient à Paris, c’est le métro. Il ADORE le métro. Et Hugo et moi on s’adore. Hugo est né quand j’étais en Terminale. Un 22 mai. Je m’en suis BEAUCOUP occupé. On a une relation très très proche. On se comprend énormément et évidemment, du fait de son handicap, il a une place très particulière dans mon cœur et dans ma vie.

Il est arrivé samedi midi, juste après sa matinée à l’IME (hors de question pour Hugo de louper une seconde son « école »). Il avait dans sa petite valise ses affaires dont POTAME. Potame c’est son hippopotame en peluche depuis… 18 ans… Autant vous dire que Potame est rapiécé de partout, les bras régulièrement recousu mais même nous, Potame, on l’aime. Pas une nuit sans Potame. 

On a pris le temps d’arriver. Il faut toujours un petit temps d’acclimatation. On bouscule les habitudes, les rituels. C’est pas évident pour lui.

On est allé faire les courses. Choisir ensemble ce qu’on va faire ensemble ! Evidemment, pancakes au petit dèje, et comme c’est WE festif, Mac Do le soir et Pizza maison le lendemain.

Pour le Mac Do, il a fallu prendre le métro. Passage par le Palais des Congrès. Les Escalators. Hugo a une fascination pour les escalators. Des escaliers qui avancent tous seuls, qui montent et qui descendent. Voilà Hugo qui s’engage. Il se tient aux deux rampes, fier, souriant et curieux.  Il regarde les marches s’avancer, il regarde en contre bas les autres escaliers qui descendent, regarde vers le haut les autres. ça ne dure pas assez longtemps à son goût.

Déjà fini ? Il s’embarquerait bien sur l’autre escalator qui monte ! Non Hugo ! On va prendre le METRO !

J’ai perdu l’habitude. La foule m’angoisse. J’ai peur de le perdre. Il n’a pas de papiers sur lui. Je me dis que quand même ça serait plus raisonnable qu’il ait un bracelet ou un truc autour du cou avec des coordonnées. Mais bon. Confiance. On s’engage dans les corridors un samedi en fin de journée, direction le Mac Do. 2 Stations. ça va aller. Je déteste cette anxiété qui monte en moi. Je réalise aussi que j’ai perdu l’habitude de passer du temps avec Hugo parce que je suis de nouveau sensible au regard des gens. D’ailleurs, je me suis sentie obligée de dire à une gardienne de ma rue avec qui je discute de temps en temps que Hugo était handicapé. Mais je l’ai dis devant Hugo et j’en suis malade d’avoir fais ça. J’ai eu un besoin irrépressible de justifier le fait que mon frère était handicapé mais je l’ai fais devant lui, donc je l’ai enfoncé dans sa différence et je me sens très coupable depuis… c’est comme ça. Je me suis excusée auprès d’Hugo. J’espère qu’il n’en souffre pas.

Nous voilà sur le quai du métro. Ligne 1. je suis rassurée par ces nouvelles portes automatiques et barrières sur les quais. Hugo, tu me tiens bien la main ! Tu restes bien à côté de Yiayia. On monte. On trouve des strapontins libres. Hugo s’assied inquiet et fasciné à la fois. Il se tient bien à la barre à côté de lui. Il regarde. La vitesse du métro, le mouvement, la sonnette qui retentit indiquant la fermeture des portes. La voix qui annonce la prochaine station. C’est pas nous Yiayia c’est pas nous ? ça veut dire : on descend pas encore Yiayia ? Non Hugo. Encore 2 stations. A vrai dire, Hugo serait bien resté dans le métro. Il serait bien allé jusqu’à Château de Vincennes A/R. Demain je l’emmènerai aux Tuileries. ça fera plus de stations et une sortie sympa.

Station Charles de Gaulle Etoile. ça grouille. Je suis ultra stressée en fait. Hugo tu me suis ? Hugo reste bien à côté de moi. Tu dois toujours faire attention Hugo. Allez. On va s’en sortir. On arrive au Mac Do. Hugo ADORE le Mac Do. Il veut prendre le Sandwich Carré. Le carré c’est le M. Et puis pas des frites, des pommes de terre (des potatoes en fait). Et puis un Mc Flurry au chocolat et un coca Zéro. Mais on mange à la maison. Hugo préfère manger chez lui. Mais surtout, vite, on reprend le métro.

Hugo trace sa route hors du Mac Do tandis que je referme mon sac. Evidemment, je ne le vois pas. Je le vois dehors, je crie presque : HUGO ! Tu attends Yiayia !

Bon. Moi je dois me détendre hein. Je m’en veux de ne pas être assez cool. Je prends sur moi. J’espère qu’Hugo ne ressent pas le stress que j’éprouve surtout. Je veux qu’il passe un bon WE avec sa grande soeur.

Là encore, le trajet en métro ne dure pas assez longtemps à son goût. Il n’a pas envie de se lever pour se préparer à la sortie. Moi j’espère que tout va bien se passer et qu’il ne va pas rester dans le métro et moi sortir et le métro repartir avec lui (je me fais des scénario catastrophe comme ça … je suis une grosse flippée en fait :)) – mais tout va bien ! Hugo me tient la main pour sortir et il a hâte d’aller prendre les escalators. Cette fois on les prend dans le sens de la montée. C’est chouette les escalators.

Soirée agréable. Hugo a voulu regarder le DVD du Père Noêl est une ordure. Il est absolument FAN de Josette. Il est également fan de Jacqouille la Fripouille dans Les Visiteurs 1. Il a beaucoup d’humour mon frère. Moi je me marre de le voir se marrer. Il aime bien quand j’imite Josette. Et puis Madonna aussi dans son clip « Hung Up » (il adore Madonna) Et puis quand c’est l’heure de se coucher, il aime que je lui raconte des histoires.

Il a à peu près toute la collection des drôles de petites bêtes. Evidemment, il a HUGO, l’ASTICOT ! Mais tous les autres…
mais là pas de bol, il a oublié ses livres donc il a fallu se rabattre sur ce que j’avais en stock, soit l’album COLLECTOR des P’tites Poules avec notamment la petite Carméla qui voulait aller voir la mer !

Ce qui est important avec Hugo c’est le ton quand on lit les histoires. ça doit être VIVANT ! Il a bien ri. J’en ai déduis que je ne m’en étais pas trop mal sortie. Evidemment, on a dormi tous les deux dans mon grand lit deux places en se tenant la main. On s’est toujours tenus la main pour s’endormir ensemble. Il est content et moi aussi.

Lendemain matin, après le rituel petit dèje glandouillage, douche de 30 minutes chez Yiayia qui fait que moi je me suis douchée à l’eau tiédasse voire froidasse (merci hein Hugo d’avoir vidé le ballon d’eau chaude :)) – nous voilà en route pour les Tuileries. Quasiment 10 stations de métro et peu de monde : LE PIED !!

Finalement, la balade aux Tuileries, Hugo était moyennement emballé. Il n’y avait même pas de cygnes sur la pièce d’eau et seulement UN canard. Hugo ADORE les cygnes, les canards et les oies. Là où il vit avec mes parents en bord de Seine, il y a toujours des bandes de cygnes, d’oies sauvages et de canard et quasiment tous les dimanche, Hugo va les voir avec mon père pour leur donner du pain dur en miettes.

mais là, je sens bien que les Tuileries ça le gonfle en fait. Il commence à angoisser. Je tiens bon. 20 minutes plus tard, ce qu’il veut, c’est reprendre le métro et rentrer chez moi. ça doit le calmer le métro. Le roulis, la vitesse, ça doit avoir un effet apaisant. Moi je culpabilise de pas être assez cool…

Nous voilà rentrés. je me dis que finalement, j’aurai pu me lancer dans une sortie métro où on aurait fait toute la ligne 1  A/R avec les escalators mais bon… faut pas charrier et je ne veux pas nourrir de trop les rituels de Hugo parce que je pense que ça lui fait du bien aussi de le confronter un peu au changement.

Quand il était petit, l’âge à laquelle sa maladie s’est le plus exprimé (2 – 4 ans), Hugo HURLAIT quand on l’emmenait dans le centre commercial où ma mère avait son magasin à l’époque. Il s’automutilait, il se tapait la tête. Les gens nous dévisageaient et on était tous congestionnés de stress. Mal. Quand j’habitais Versailles il y a 10 ans de ça, je justifiais à tout bout de champ le handicap de Hugo. j’avais besoin, presque agressivement de DIRE qu’il était handicapé pour qu’on arrête de le regarder avec des yeux ronds et qu’on arrête de nous regarder comme des GROSEILLE.

Avant il me fallait toujours 48 heures pour me remettre émotionnellement de ces confrontations publiques.
Maintenant ça me gêne toujours mais j’ai appris à lâcher prise. La seule chose qui reste c’est l’inquiétude. Cette inquiétude  qu’il puisse arriver quelque chose à mon frère. Cette angoisse qu’on puisse lui faire du mal. Cette peur de comment gérer l’après. Comment ça se passera quand mes parents ne seront plus là ? Comment lui expliquer la mort, l’absence ? Comment est ce qu’il vivra ? Comment est ce qu’on vivra tous ? Est ce que mon compagnon sera prêt à l’avoir chez nous si jamais ? Toutes ces questions auxquelles je n’ai pas encore envie de penser mais elles sont là, latentes. Tout ira bien. Bien sûr. Tout ira bien. Mais il faut rester vigilant car nous vivons dans un monde qui est bien dur.

Alors voilà. le Téléthon approche. C’est la crise. Il n’y a plus d’argent. Il y a de la misère à ne plus savoir qu’en faire. Il y a de la maladie de partout dont le Cancer et le Sida qui continuent d’avoir besoin de dons pour la recherche. Mais pour les maladies génétiques, pour le retard mental, il y a encore tant à faire… TELLEMENT à faire… Alors ça n’a pas l’air prioritaire comme ça je sais bien. Je déteste en plus l’apitoiement. Moi j’aime pas la pitié. Et puis soulager sa bonne conscience une fois l’an ça m’a toujours un peu dérangé quelque part…C’est tous les jours avec TOUT LE MONDE qu’il faut montrer son humanité.

Cependant c’est un fait. La recherche a besoin de moyens. Les associations ont besoin de moyens. Les instituts spécialisés ont besoin de moyens pour permettre aux enfants et jeunes qui ont des handicaps de ne pas être seulement « parqués » en attendant que le temps passe. la REEDUCATION est FONDAMENTALE. Hugo n’a pas eu la chance d’avoir toute la rééducation adaptée dont il avait besoin. Dont il a toujours besoin. On essaie au niveau familial de compenser mais la vérité c’est qu’on fait ce qu’on peut mais qu’on n’y arrive pas toujours.

Pour ceux qui seraient intéressés par le Syndrome X Fragile, j’avais fais un blog à part entière sur le sujet :
Pour ceux qui voudraient lire l’article sur lX Fragile de l’association Perce Neige, je le copie colle ici :
Monique NARCY, neuro-pédiatre, médecin directeur de Centre d’Action Médico-Sociale Précoce et membre de la commission médico-sociale de Perce-Neige.
“La particularité de l’X Fragile c’est son diagnostic tardif, contrairement à la Trisomie 21 qui se détecte dès la naissance. L’X Fragile est identifié en moyenne vers l’âge de 2 ans ½ ou 3 ans c’est-à-dire au moment de la constatation de troubles de l’apparition du langage, excepté dans les cas où il existe une hérédité manifeste (si d’autres enfants de la famille sont déjà touchés par exemple). Généralement, les enfants X Fragile marchent tard et éprouvent des difficultés à rentrer dans des activités plus élaborées (comme le langage). Les ‘X Fra’ sont instables, impulsifs, évitent les échanges, supportent mal le bruit ou les environnements agités qu’ils vivent comme une agression. Lorsqu’un retard mental inexpliqué se manifeste chez un enfant, nous demandons systématiquement un bilan génétique qui comporte toujours la recherche d’X Fragile  et permet ainsi le diagnostic.
Si le diagnostic d’X Fragile est avéré, le conseil génétique est indispensable car le syndrome est une maladie génétique familiale. La mère est en effet porteuse de l’anomalie génétique. C’est ce qu’on appelle la prémutation (elle porte le syndrome mais ne l’exprime pas).  C’est alors sur la génération suivante qu’existe le risque d’apparition de la maladie. L’anomalie génétique responsable du syndrome d’X Fragile possède en effet la particularité de s’amplifier au fil des générations.”
Maladie  génétique,  le  syndrome de l’X Fragile est la deuxième cause de retard mental  après  la  Trisomie 21  et  la  première cause  de retard mental héréditaire.  Il touche 1  garçon  sur       4  000  et  1  fille  sur 7 000.
Etre  porteur  de  ce  syndrome,  c’est affronter  au  quotidien  les manifestations d’un retard mental, touchant en particulier  le  langage,  ainsi  que  des troubles du comportement.
Les  troubles  du  langage  sont  quant   à  eux  quasiment  constants.  Il  arrive qu’un  enfant  X Fragile  ne  prononce qu’un à deux mots jusqu’à l’âge de 3 ou 4 ans. Le langage développé est fait de digressions,  de  répétitions,  de   pauses  inappropriées,  d’interjections,   de  persévérations, d’écholalies …  La stimulation,  via  des  séances  d’orthophonie, est indispensable tout au long de la vie.
La coordination motrice est également perturbée  chez  les  enfants  X  Fragile. Pour  eux,  impossible  par  exemple  de sauter à cloche pied, de  réceptionner correctement  un  ballon  lancé  ou  de tenir un crayon de façon adéquate. Les troubles de représentation de l’espace ne  sont  pas  rares,  aggravés  par  de   possibles  difficultés  de  coordination   visuelle. Un  comportement  qui évoque parfois l’autisme. Outre  les  différents  troubles  décrits,   les  signes  les  plus  caractéristiques  du   syndrome de l’X Fragile sont incontestablement comportementaux.
L’hyperactivité est ainsi présente chez 70% des garçons X Fragile. Un comportement impulsif est fréquent. Submergées par un ensemble de stimuli (visuels, tactiles, auditifs), les personnes porteuses du syndrome éprouvent des difficultés à faire le tri entre les informations pertinentes et celles qui ne le sont pas. Les personnes X Fragile peuvent présenter une hypersensibilité aux bruits, au toucher, aux odeurs et parfois même aux couleurs.
Cette « anxiété sociale » est également une des caractéristiques essentielles des   personnes X Fragile. Leur ‘seuil de tolérance’ se trouve vite atteint, ce qui les gêne pour  s’engager  dans  une  relation,  faire  face  à  un  conflit  ou  à  une  situation   nouvelle sans éprouver de sentiment de menace. Toutefois, lorsque les personnes X Fragile se sentent en confiance, elles font preuve de certaines qualités relationnelles  (bonne humeur, affection,  serviabilité…) et présentent un  véritable  intérêt social et affectif.
À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement permettant d’envisager la guérison du  syndrome  de  l’X  Fragile.  Ceux  proposés  aujourd’hui  visent  essentiellement   à réduire certains troubles comme l’hyperactivité, l’anxiété, l’agressivité… et à soutenir les apprentissages et le développement des compétences. Toutefois, grâce au développement  de  la  biologie moléculaire,  le  fonctionnement  de  la maladie  et   son mode de transmission sont de mieux en mieux connus.
Extrait du Perce-Neige Magazine de décembre 2010.

Pour finir, n’oublions pas que la vie doit être abordée avec simplicité et humilité. Nous ne sommes que des gouttes d’eau … alors les joies simples, sont souvent les meilleures 🙂