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A propos The Yiayia Girl

Parisienne, fraîchement cinquantenaire, maman d'une pré ado, j'essaie de trouver ma place dans la vie...je n'ai pas une vie de Madame Toulemonde mais parfois j'aimerai bien ça me reposerai... je suis dans la communication depuis quelques temps mais au fond j'aimerai mieux être écrivain paumée dans un château près de l'océan ou à la montagne dans un chalet, un peu à la Emily Brontë ou Heidi mais en moins sombre parce que j'aime rire... beaucoup.

NON, je ne veux pas devenir une Sarah Connor en mode survivor de guerre.

A midi, je suis sortie. J’avais un paquet a récupérer dans le quartier d’Odéon. Une vraie journée de printemps. 19 degrés, beau soleil, toutes les terrasses étaient ouvertes et pleines à craquer à l’heure du déjeuner.

Je regardais les gens dans le métro pendant mon trajet, les yeux grand ouverts. Je les observais. Je me demandais si derrière la façade des discussions, ces gens étaient inquiets au fond d’eux-mêmes de ce qui se passe dans notre pays et autour… Je me demandais si comme moi ils avaient décidé de ne plus allumer la télé, de ne surtout pas exposer leurs enfants à cette médiatisation de la guerre et de la terreur.

Je me demandais ce qui se passait dans la tête de ces ados joyeuses qui riaient entre elles de leurs histoires de jeunes … J’ai senti la colère et la tristesse monter en moi. Deux guerres mondiales. Des générations sacrifiées. Deux guerres qui ont prouvé à quel point la guerre c’est de la merde. Voleurs d’innocence. Voleurs d’insouciance. Voleurs de vie. Voleurs de joie.

On a le terrorisme, les pandémies, les catastrophes climatiques, ça ne suffisait pas. Ils veulent qu’on parte en guerre. Comme des cons on va laisser faire ? Moi je ne veux pas laisser faire. Je refuse. Pourquoi on ferait la guerre nous ? Au nom de quoi exactement ? Depuis quand la Russie nous a menacé ? Et puis qui a menacé qui en premier ? Ça fait plus de 10 ans que l’Ukraine et la Russie bataillent pour un territoire et soudain ça devient un problème de l’Europe ?

Savez vous que Von Der Leyen est en train d’invoquer l’article 122 équivalent du 49.3 pour obliger les Européens à investir 800 MILLIARDS d’Euros pour le réarmement ? Savez vous que les manoeuvres en cours risque de signifier un énorme transfert de pouvoir à Bruxelles et que tout cela n’est pas tellement démocratique car on ne nous demande même pas notre avis ?

Article du Financial Times qui en parle ici

C’est quoi ces prétextes pourris pour faire la guerre ? Ces idées rances d’une autre époque qui disent que la guerre ça relance l’économie, ça purge la surpopulation et j’en passe ? MOI JE NE VEUX PAS. Depuis quand l’Europe décide sans nous demander notre avis ? Vous trouvez ça démocratique vous qu’on nous impose une posture guerrière et qu’on discute de ponctionner dans nos économies ? Moi je ne trouve pas ça démocratique. Qu’est ce qui justifie de potentiellement envoyer ses enfants au front ou leur faire vivre la terreur de la guerre ?

On va recevoir en juillet un fascicule pour constituer un kit de survie. Vous vous rendez-compte ?On nous dit qu’en cas d’attaque nucléaire il faut fermer ses portes et fenêtres … non mais … vous vous rendez compte qu’en cas d’attaque nucléaire, même planqués dans des caves ça serait compliqué de survivre ?

Et tous ces enfants, les générations alpha, qui grandissent avec les gilets jaunes, le covid, la fin du monde qui plane tout le temps, maintenant faut qu’ils flippent de mourir de la guerre ? Mais qu’ils aillent se faire foutre bien profond tous ces salopards en costard qui n’enverraient jamais leurs gosses, qui n’iraient jamais au front et qui iraient se planquer au premier risque vital.

La propagande pro guerre je la conchie. La manipulation permanente des gens, je la vomis. Maintenant si on est contre la guerre on est considéré comme un collabo, un pisse-froid, un lâche, un sans patriotisme. ça me dégoûte. Moi je suis patriote. Je suis solidaire des gens qui souffrent y compris des Ukrainiens. Mais je voudrai surtout qu’on arrête de se foutre de nous et de nous prendre pour des jambons.

J’ai envie que ma fille ait le droit à une certaine insouciance dans son enfance. J’ai envie de ne pas mourir d’inquiétude pour ma famille à cause de la guerre. Je n’ai pas envie de me faire des scénarios catastrophes, sur : qu’est ce qu’on fait si la guerre éclate ? Comment on s’organise ? On va où ? On fait comment ? Penser à mes frères et soeur, à mes parents, mon neveu, mon beau frère, mon conjoint, ma fille … mon frère en situation de handicap.

C’est pas un jeu la guerre. Quand elle arrive, quand elle est bien réelle, c’est la mort qui guette. La souffrance. La violence inouïe, la barbarie … Faut arrêter de trouver que ça serait une bonne solution. ça ne l’est pas. Et surtout, cette guerre n’est pas la nôtre. En tous cas, ce n’est pas la mienne.

Pénitence d’une Working Mum qui voudrait bien le rester

Ce matin, comme tous les matins depuis 6 mois, c’est moi qui dépose ma fille à l’école. Sauf que je ne vais pas travailler. En général, un matin sur deux je pars au sport. Pas soignée comme quand je vais travailler évidemment. J’en profite pour dormir un peu plus …Et puis quand je ne vais pas au sport je suis en mode legging + Ugg + haut de pyjama, planquée dans ma doudoune, pas maquillée et les cheveux aléatoires depuis que la préménopause s’est invitée dans ma vie.

Au début, comme à chaque début, je le vivais bien. Parenthèse bénéfique pour me retaper, reprendre soin de moi, avoir le temps de faire toutes ces choses que je n’ai jamais le temps de faire quand je travaille. Faire du vide, du rangement, vendre des trucs sur Vinted … déjeuner avec des amies, prendre des cafés en terrasse … avoir et prendre le temps de revivre. Je connais la chanson. En vérité, on le fait mais ça passe très vite. Très vite on se retrouve de nouveau avec ce petit couteau sous la gorge et la petite pression de se dire : Bon. Faut quand même que je retrouve du boulot dans pas trop longtemps. Et puis votre entourage se remet très vite en posture de rappel. Les sorties d’école avec les maman copines qui voulant être sympas te balancent un petit coup de poignard à base de : « Alors ? Toujours rien ? » « Alors l’entretien, ça a donné quoi ? »

Je lis leur inquiétude. Je suis moi même inquiète. Je ne dis rien mais je suis un pâté d’angoisse depuis des mois. La peur de la précarité qui me guette. La peur de ne pas pouvoir être une super maman qui déchire pour ma fille.

EVIDEMMENT ça fait 7 mois que je me démène à chercher un job. J’ai refait mon CV avec tous les nouveaux outils et l’IA, recalibré ma page Linkedin pour être plus visible dans les algorithmes, j’ai fait des formations d’e-Learning dans tous les domaines de mon métier pour montrer que je suis encore compétente, je me suis mise à faire mon personal branding, bossé sur CANVA tout un projet pour me mettre à mon compte … EVIDEMMENT que je ne me suis pas laissée de temps mort en me disant : NON je ne subirai pas mon chômage. Je transformerai cette situation en opportunité. Je ne resterai pas sur le carreau à bientôt 50 ans. Je ne serai pas au chômage à 50 ans. NON.

J’ai passé des entretiens. Pas mal finalement… pour des postes vraiment bien. J’ai eu de tout. Mais beaucoup de manque de respect et de considération. Des entretiens que j’ai bossé, préparé à mort, où j’ai tout donné, où parfois j’avais vraiment le sentiment que je cochais toutes les cases, où le contact passait bien et … RIEN. Quand je dis rien c’est que j’ai même eu droit à un ghosting en bonne et due forme, même pas soldé par un email automatique de refus. J’ai aussi eu droit à un email automatique de refus qui dans ce même email expliquait qu’ils n’étaient pas tenus de donner de justification de refus … Alors que toi, candidat, tu t’es démené à bosser des heures sur leur boîte et leur job à pourvoir. Là, je sens bien que je suis passée du côté des vieux. A compétences égales, voire supérieures, entre une trentenaire expérimentée et une vieille quadra bientôt quinqua, c’est la plus jeune qui gagnera. Mais on me le dira pas. On trouvera autre chose comme prétexte. Dans certains cas, les personnes qui me faisaient passer les entretiens étaient plus jeunes que moi et je sentais qu’il y avait même une crainte de leur part pour leur propre poste … Alors que moi je suis au dessus de ça …

Etre senior ne veut pas dire être dépassé, pas résistant, pas endurant … Au contraire, on a une clairvoyance, une expérience, … on a une maîtrise des situations qui font qu’on peut rassurer parce qu’on gère … et on sait vite, on fait bien tout de suite. On a dépassé le besoin de faire ses preuves à tout prix. On les a déjà faites … On consolide. On protège.

Alors ce matin, j’ai un peu les boules. Je me retrouve bloquée avec une sciatique, ma préménopause m’emmerde, j’attends depuis 2 semaines une réponse pour un job que je veux tellement … une réponse pour savoir si je passe le dernier round … même pas pour savoir si j’ai le job… juste si je peux aller en finale … J’essaie d’accepter que ça puisse être mort, que ça sera peut être à moi d’aller quémander une réponse …que je dois passer à autre chose … mais on ne va pas se mentir : c’est dur. Presque 1 mois que je bosse ce projet, … je sais qu’il faudra que je trouve la ressource de renaître de mes cendres … je sais que j’y arriverai, je sais que je n’aurai pas le choix, que c’est comme ça … mais c’est dur à encaisser.

Ce qui me tue, c’est qu’il y a tellement de demande, les employeurs sont tellement surchargés de boulot, que se mettre à la place d’un candidat est devenu presque impossible …il y a une vraie déshumanisation des ressources humaines… je pense que ce n’est pas forcément volontaire… c’est le manque de temps, le manque de gens pour gérer ça … mais nous les candidats, nous sommes bel et bien des pions dont on ne peut pas soigner les sentiments … Il faut s’endurcir, accepter que ça fait partie du « game ». Je te sélectionne, je te teste, je te jette … je recommence. Et puis peut être qu’à un moment, ça mord.

Ce matin, en déposant ma fille à l’école, je voyais ces femmes, partir énergiques, parfumées avec leurs sacoches munies de leur assurance grâce à leur autonomie financière, … je me disais que certaines devaient être à mille lieues de s’imaginer perdre leur job … d’autres devaient sûrement être sous pression et souffrir de la peur de le perdre … je suis sûre que je dois faire peur à certaines … la peur d’être dans ma situation. Comme quand on a une grave maladie. La peur de la contagion.

Ce monde de winners qui ne tolère pas qu’on tombe… Pourtant on voit fleurir sur Linkedin des articles pseudo psycho philosophico existentiels sur la nécessité de tomber pour se retrouver, sur le « tomber n’est pas un échec mais le processus pour trouver son chemin » … ouais … et mon cul c’est du poulet ?

Ras le bol des leçons de vie … La vérité c’est qu’il y a de plus en plus de monde et de moins en moins de boulot. La vérité c’est que le salariat est en train de disparaître et que le monde du travail se réinvente et qu’il va falloir prendre le train en marche et pas se louper …

La suite au prochain épisode … !

Et parce qu’il faut bien rire de tout cela car ce n’est pas si grave dans le fond, je vous invite à regarder la série « Working Mums » … c’est très très drôle.

La Péri-Ménopause ou Pré Ménopause : faut qu’on en parle !

Vu que je vais sur mes 50 ans, je peux vous le dire : ce truc, la pré ménopause, ça existe. C’est pas une blague et c’est bien relou.

Alors certaines femmes chanceuses, comme pendant toute la longue période où elles ont leurs règles, ne ressentent rien. ça passe comme une lettre à la poste, hop, ni vu ni connu, un jour t’as tes règles, un jour tu les as plus, même pas mal, nada, niet, finito la tannée des cycles, viva la libertad !

Et puis t’as les autres. Genre comme moi. Moi je fais – enfin « je faisais », partie du club select des SPM (Syndrome Pré Menstruel) : à base de : femme à forte poitrine douloureuse, crampes dans l’utérus, ovaires qui tiraillent, acné 1 semaine avant question de bien pourrir l’humeur déjà changeante … mais ATTENTION. J’étais réglée comme une horloge suisse. Un Cycle ULTRA régulier. Avant l’heure, c’est pas l’heure, après l’heure … bah … non en fait c’est jamais arrivé … enfin sauf une fois mais c’est une autre histoire.

Et puis vers 47 ans, un jour, PAF, plus de règles pendant 4 mois. J’étais en panique. C’est quoi ce binz ? J’ai fait des tests de grossesse en me disant : on sait jamais, l’accident improbable, l’inattention d’une seconde, bref … j’ai fait une échographie pelvienne, une prise de sang … rien. Nada. Verdict du moment de la gynéco : le stress.

Bah oui mais non. Moi le stress ça me le raccourcit le cycle. La fatigue aussi. ça me le rallonge pas !

Et puis c’est revenu … pendant 6 mois. Normal. Comme en 40. Enfin comme en 2000.. Et hop, pfiou, de nouveau plus rien pendant 3 mois. Je vous jure, ça rends dingue.

Il n’y pas grand chose à faire. Les cycles se dérèglent et le truc chiant c’est qu’avant que la VRAIE Ménopause se radine, ce cirque peut durer des années !! Mais si c’était que ça, ça irait mais il y a des symptômes comme : l’impression que les règles vont arriver avec un pseudo SPM, mais non, fausse alerte ! La peau qui change … dans mon cas elle devient plus sèche, moi qui ai toujours eu une peau plutôt adolescente sur les bords … la peau devient plus sèche mais elle se relâche un peu plus aussi hein… ouais c’est cool 😂

Et alors le pompom: les coups de chaud. Pas de suées à proprement parler pour moi, mais des montées de vapeur … au petit matin de préférence. Tout à coup, c’est les tropiques. Chauffage maximal, on est téléporté dans un sauna. Et ça peut durer plusieurs nuits d’affilée. Une histoire de taux d’oestrogènes il paraît.

S’ajoute aussi un sommeil agité, des rêves intenses, une libido totalement instable, des sautes d’humeurs, une prise de poids au niveau du ventre ou partout, du mal à le perdre ce poids, perte de cheveux, cheveux qui s’affinent … ah ah ah j’envoie du rêve !… Bon alors je rassure les plus jeunes, c’est vivable et c’est pas continu, Dieu merci ! Mais ça perturbe ! Et surtout au début on se demande ce qui nous arrive … on sait que ça arrive un jouuuuuuur tous ces trucs mais on ne fait pas forcément le lien au début. Parce qu’en plus, il y a peut être une part de déni, j’en sais rien. Un truc qui fait qu’on n’a pas forcément hâte d’arriver dans cette période de notre vie qui marque une nouvelle étape où on passe dans le camp des seniors !

La bonne nouvelle c’est que ça devient moins tabou, et on en PARLE ! Il existe plein de podcasts chouettes qui expliquent la chose. Dont celui d’Elsa Wolinski : Allez, j’ose ! Et bien sûr les applications pour les cycles comme CLUE qui ont des fonctions Ménopause / Péri Menopause. On se sent moins perdue, ça permet aussi de dédramatiser…

Vous voilà un peu plus informés et équipés pour faire face à ce petit bouleversement qui pourrait vous toucher directement ou indirectement ! Sur ce, je vais aller me mettre la tête dans le congélo (je rigole je vais juste me coucher) !

Retour à l’écriture : une nouvelle aventure

BONNE ANNEE ! BONNE SANTE !

Eh oui je suis de retour. Après une longue hésitation, ayant laissé mon blog en jachère ces dernières années, je me disais que j’allais le laisser mourir … Et puis, l’envie d’écrire m’a repris. Ecrire un livre, j’y pense toujours mais mon truc c’est les nouvelles, les histoire courtes.

Partir dans un roman, je ne me vois pas … Et je suis retournée sur mon blog … j’ai vu qu’il n’avait pas été supprimé et ça m’a fait plaisir de revoir tous mes articles. Des articles que j’avais pour certains, déjà importés de mes blogs précédents. Alors j’ai réactivé mon domaine, réinvesti pour un hébergement, et quelle ne fut pas ma surprise de voir que WordPress avait vachement évolué en intégrant également de l’IA … Je pourrai même l’utiliser pour améliorer mes textes … mais ça, je ne suis pas encore prête. Je préfère encore la spontanéité de mes écrits avec des fautes de français, des typos, des tournures approximatives… la perfection ne m’intéresse pas … mais qui sait, j’essaierai pour voir ce que ça donne…

Donc oui, me revoilà. J’ignore comment je vais organiser mon contenu, sa nature, sa fréquence .. je vais sûrement garder mon approche « au gré de mes envies et de mon inspiration ».

J’espère retrouver l’enthousiasme qui m’animait jadis et me poussait à écrire. J’intègrerai peut être de la fiction aussi. Je vais voir… Il faut que je rebricole encore mon blog, que je le nettoie un peu, que j’arrange des petites choses … et que j’apprenne à maîtriser cette « nouvelle » plateforme …

Une nouvelle étape encore un peu brouillonne, à tâtons, … en attendant j’espère que vous y retrouverez du plaisir à me lire !

A bientôt !

Photo de Kristin Vogt sur Pexels.com

I am a Chubby Unicorn

Je n’aborde jamais ce sujet. Mais je me suis dit que j’avais envie de reprendre un peu de blogging et que le sujet était d’actualité. ça me donne l’impression de faire un « coming out » … un peu ce sentiment de se mettre à nu devant tout le monde et de dire : oui, je suis grosse. Une petite grosse. Un mètre cube. 20kgs de trop au compteur après avoir été dans la zone des +10kgs pendant des années. Mais l’âge, la grossesse, la sédantarité parfois forcée, les hormones, le ras le bol, la déprime, le chômage longue durée, les difficultés de la vie, j’ai accusé le coup. Alors voilà, je suis la fille qui n’a presque aucune photo d’elle de plein pieds et qui n’en montre jamais.

Je suis la fille qui aimerait etre invisible pour aller à la plage, à la piscine, en été. Je suis la fille qu’on a toujours dit qu’elle était bonne vivante, bien potelée, a qui il fallait mieux faire envie que pitié.

Je suis la petite fille à qui on donnait une tranche de saucisson, un bout de gruyère, un quignon de pain parce que j’étais mignonne et que j’engloutissais tout avec plaisir et sans résistance. Je suis la fille qui chez son papi et sa mamie reprenait une 2eme part pour faire plaisir (et sûrement parce que ça me faisait plaisir à moi aussi).

Je suis la fille à l’adolescence au golfe persique qui a soudain réalisé que la séduction passait par l’apparence. Je suis la fille qui dès l’âge de 14 ans, s’est gavée d’isoméride, dinintel, Thiomucase, qui a fait du sport à outrance, s’est mesurée le pli cutané tous les mois, et qui réusissait grâce à un régime draconien à avoir cette allure presque acceptable que la société conditionnait à avoir.

Je suis aussi cette adolescente qui mangeait en cachette, qui une fois s’était fait goaler par sa mère en train de se vider une boite de chocolat en poudre dans la bouche et qui surprise par cette dernière se l’est renversée sur le visage dans son intégralité.

Je suis cette fille qui a eu un cadenas sur le frigo familial. Je suis cette fille qui a eu un père marqué par sa mere obèse et qui a lui même souffert de surpoids et qui ne voulait pas que sa fille vive la même chose et qui m’avait dit une fois en seconde: tu veux un mec ? maigris. Je suis cette fille qui a une mère toujours bien roulée après 5 enfants, mince de nature avec un métabolisme qui brûle a fond et qui m’a encouragé à être dans le contrôle pour m’éviter de souffrir et devant qui aujourd’hui j’appréhende toujours de montrer mon corps sachant que je serai forcément jugée.

Je suis cette fille qui a toujours souffert de ses kilos même quand elle n’aurait pas du, même quand ils n’étaient pas nombreux, même quand je n’aurai jamais du faire de régime.

Je suis cette fille qui se comparait tout le temps par rapport à ses copines, ses cousines, ses voisines, toutes grandes, minces, élancées, donc crédibles.

Je suis cette fille qui a toujours eu le sentiment de ne pas être légitime à juste être comme j’étais. Et ça c’est dur à admettre.

Je lis beaucoup de textes, de témoignages, je vois tous ces comptes instagram qui revendiquent le #bodypositivism , qui s’insurgent contre la #grossophobie , les mouvements type #graspolitique qui vont encore plus loin ou l’écrivaine Gabrielle Deydier et son si touchant « on ne naît pas grosse » … Tout cela me pousse peut être à apporter ma pierre à l’édifice après ces 30 années passées à souffrir, à faire le yoyo, à mettre mon corps et mon mental en souffrance pour essayer d’être celle qui me semble, qu’on me dit, être celle qui est la vraie moi, la belle, conforme, ‘healthy’ moi.

J’ai essayé. Pendant 30 ans. Avec plus ou moins de succès, plus ou moins longtemps. De la volonté j’en ai plus que quiconque et je deviens dans une colère noire quand on ose insinuer que j’en manque. Ceux qui vivent cela savent. Des années de contrôle obsessionnel, de sport à outrance même épuisée, Stop & Go. Echouer, tomber, toucher le fond, redonner un coup de collier, recommencer, s’accrocher, tenir bon, réussir, … retomber. pendant 30 putain d’années. Le poids de la culpabilité dans l’échec, l’euphorie galvanisante de la réussite. Et quand même se regarder dans la glace et se dire : naaaaan. ça va pas, c’est pas assez et je suis toujours aussi moche.

Mon visage est la seule chose que je tolère … si je ne regarde pas trop dans les détails. La vérité c’est que je m’invisibilise. Certains vont dire: si tu te sentais aimée tu t’aimerais. Faut arrêter avec ça. ça n’a rien à voir. On peut être aimé « tel qu’on est » et ne pas s’aimer soi. Moi on ne m’a jamais appris à m’aimer moi. La société, ma famille, l’entourage. On m’a toujours appris que telle que j’étais ce n’était pas bien et qu’il fallait que je sois mieux.

Ces derniers temps, le sujet me travaille davantage. Surement parce que je vieillis et que dans ma tête, tout cela fait son chemin. Sûrement parce que j’ai atteins mon maximum en poids et que ce mouvement de body positivism à l’approche de l’été et cette pression du corps estival reprend toute sa place (malgré les mois de confinement qui poussaient à relâcher la pression). Le monde d’avant reprend tous ses droits, les remarques de merde aussi et mes complexes aussi.

Hier je suis allée chercher ma fille à un anniversaire. Je me suis retrouvée la seule maman petite, grosse, entourée de 5 autres mamans, grandes, minces, bien sapées, super lookées et moi qui était plus relax. Malgré moi, ces sentiments de fille complexée sont ressortis et ça m’a déglingué. Moi qui pensais avoir dépassé ça, moi qui pensais ENFIN être au desus de ça et libérée … queudale. J’étais 30 ans en arrière, l’ado ruinée intèrieurement qui faisait comme si de rien n’était mais qui se disait qu’elle est la nulle de la bande, la pas légitime, la pas crédible, la plus moche.

J’étais en pleine conscience de cette situation que seule moi je devais ressentir même si je sentais des regards de jugement (forcément on est jugé sur son apparence surtout au milieu de mamans trentenaires branchouilles friquées parisiennes) et presque par chance, il y a eu une dispute d’enfants et j’ai pu avoir un super prétexte pour partir et arrêter cette séance de torture.

Et puis ce matin je lisais le compte instagram d’une fille activiste qui montrait le tsunami d’insultes qu’elle avait reçu suite à une photo qu’elle avait posté d’elle en maillot de bain… et ça m’a tellement mis en colère. Cette pluie de préjugés : grosse = faineante, sans volonté, forcément moche, ratée, et j’en passe.

A tous ces gens là j’ai envie de leur dire : le jour où vous aurez eu autant de volonté que toutes ces personnes que vous insultez, là où on pourra discuter. Mais d’ici là : allez tous bien vous faire cuire le cul.