MA REVOLTE DU JOUR … ET QUELQUES REPAS POUR LES RESTOS DU COEUR…

Bonsoir les ondes !

J’avais prévu de me coucher tôt ce soir et finalement vu la journée que j’ai passé je pense qu’il est nécessaire que je couche tout cela sur mon blog.

Il est clair que j’ai toujours été du genre « réactive » sur tous les sujets de société : pauvreté, maladie, injustice, discriminations en tous genres, j’ai toujours été révoltée de l’injustice. Quand j’étais petite j’étais prête à me faire tabasser par les plus costauds pour défendre ceux qu’on embêtait.

J’ai toujours été la minette qui intervient dans le RER quand une minette de 15 ans se fait emmerder par une bande et que tous les mecs en costard cravate restent planqués sur leur siège…

Je ne dis pas que c’est bien ou courageux car je me suis souvent mise en danger connement mais c’est ainsi que je fonctionne. Et souvent j’étonne car je n’ai pas le look de l’emploi… si on me juge de façon complètement basique, j’ai plutôt le look – de loin –  d’une bourge’ façon country girl de l’Ouest Parisien. La réalité est bien sûr différente… même si je ne suis pas non plus fille d’ouvriers, que j’ai eu la chance d’être expatriée pendant ma jeunesse et de grandir en dehors de la France et que j’ai effectivement passé quelques temps dans l’Ouest Parisien, Versailles compris. Bref. Je suis pas de la ‘téci » même si par la suite j’ai immanquablement été moi aussi une fille de la banlieue avec tout ce qui va avec…

En tous cas j’ai toujours – il me semble – eu le sens des autres. Sûrement en partie grâce à mon éducation, à la vie que j’ai vécu et puis peut être aussi mon caractère. Je ne supporte pas l’injustice et la souffrance des gens. Le chacun sa merde n’est pas dans mon vocabulaire. parfois c’est vrai je me fais penser à la fille dans Le Nom des Gens… en un peu moins exhib mais le côté exaltée, toujours à fleur d’émotion etc…

Alors évidemment, avec ces Présidentielles, je m’en donne à coeur joie. Je me sens très engagée même si je n’ai la carte d’aucun parti. Et je me sens obligée d’aller ouvrir ma grande gueule partout où je peux pour tenter de prêcher la bonne parole et faire réagir et réfléchir mon entourage. Bien sûr j’essaie de respecter les divergences, j’essaie de ne pas être basique dans mes jugements … je ne suis pas une grosse crack en économie ni en politique alors je mesure mes certitudes et mes croyances. J’essaie d’écouter, d’apprendre …

Mais tout de même, sans avoir fait Sciences Po, l’ENA ou HEC / ESSEC, on voit quand même bien que le système tel qu’il est ne fonctionne plus. Il n’y a qu’à voir la Grèce, il n’y a qu’à voir les Etats Unis eux mêmes !

Lisez ce très très bon article qui résume bien la situation : Le déclin du Rêve Américain dans Le Monde de Mardi soir –


Enfin bref… évidemment, vu mon parcours, j’ai moi aussi quelques amis qui sont plutôt CSP+ et dans la finance… Je ne veux pas généraliser (ma meilleure amie est dans la finance à Londres et attends François Hollande avec impatience) – mais force est de constater que cette catégorie d’amis est « pro Sarkozy » … j’allais presque rajouter « comme par hasard » …

mais non… ce n’est pas un hasard en fait…

Cet après midi j’ai eu des échanges très houleux avec des amis particulièrement méprisants face à la politique de Hollande. Prenant de haut tout ce discours sur la misère etc. … j’étais horripilée. Au bureau dans mon open space devant mon écran, j’étais bouleversée de lire tous ces commentaires d’un manque d’humanité totale ! j’étais dans ‘Ma Part du Gâteau’. J’y étais. Face à des gens pourtant super éduqués, supers informés, exposés à ce qui se passe dans la rue, mais non… ils avaient ce discours du travailler plus pour gagner plus ça existe, Hollande c’est la France de l’assistanat, Voter Hollande c’est être contre le progrès et la création, la créativité au sens large, etc. etc … Limite Hollande c’était Staline et fuck les riches, tous au goulag …

Comment est ce qu’ils peuvent dire ça ? Malheureuse qu’est ce que j’avais pas fait ! j’ai contesté leurs déclarations, j’ai persisté et signé, j’en ai rajouté trois tonnes… et pif paf pouf ! que je te rends la monnaie de ta pièce, que je t’en mets plein la tronche…(enfin eux avec moi et moi avec eux).

Le genre d’échange qui vous flingue une relation amicale. Le genre d’échange qui fait que je perds 60 amis d’un coup sur facebook…

et c’est bien ça la question… Les divergences irréversibles en politique peuvent elles avoir un impact sur la qualité de la relation amicale ? Franchement ? Je crois que oui. Je pense que si on ne partage pas la même vision de la vie, de l’autre, forcément, ça fausse la relation amicale. En tous cas ça casse toute possibilité de profondeur, d’intimité… Il y a un seuil qui ne sera jamais franchi…

je l’ai clairement senti cet après midi… et j’avoue, ça vient de moi, aussi ! Des personnes qui revendiquent que les patrons sont ceux qui portent l’avenir, que sans les patrons on est de la merde, que la misère on l’emmerde, que oui vive la méga richesse les gros bateaux etc… bah merde alors… Alors que le trois quart des gens vivent mal, et une bonne partie sous le seuil de pauvreté et qui se foutent en plus de la gueule de Hollande et des gens de gauche en général, franchement, c’est dur de garder son sang froid et de se dire : ZEN …

Comment en période de crise on peut accepter l’indécence des patrons du CAC 40 qui s’augmentent allègrement d’une trentaine de pour-cent ? Comment lorsqu’on voit que la liste aux restos du coeur s’allonge on peut continuer à avoir un tel discours de mépris pour un meilleure justice sociale ?

(d’ailleurs il y a une collecte les 9 et 10 mars avec Carrefour, profitez- en)

Même les Etats Unis en reviennent de leur modèle. Même eux. La culture du « quand on veut on peut » est révolue. Quand on veut, on peut pas toujours ! C’est ça la vérité d’aujourd’hui.

Moi je suis prête et d’accord à payer des impôts et gagner moins de sous si ça permet à tout le monde, notamment les plus faibles, de vivre mieux. Et je ne suis pas pour l’assistanat et je suis pour l’accès aux richesses pour tout le monde… Mais il y a un vrai besoin de décence, de retour à un peu de respect des gens, de certaines valeurs morales …

Je suis effrayée de voir tant d’individualisme et d’égoïsme régner chez certains …

Parfois je finis par me dire qu’il faut avoir connu le chômage, la précarité, goûté à la détresse et la difficulté pour changer son regard sur la société,… parfois j’aimerai que tous ces gens plein de mépris, à mille lieues de cette réalité, expérimentent le chômage, le manque de ressources, le goulet d’étranglement en fin de mois, le sentiment de menace qui plane en permanence, la pression sociale dingue… un vrai « vis ma vie » …

Ce qui m’a profondément choqué aujourd’hui c’était la dureté, la froideur de ces gens et de leurs propos. Tant  pis pour les plus faibles, tant pis pour les pauvres, nous on est pété de thunes et on emmerde tout le monde et on veut pas qu’on y touche à nos privilèges de nantis… En substance c’était un peu ça…

eh ben moi franchement, ça me donne envie de faire la révolution et de tout foutre en l’air…mais en attendant j’essaie de ne pas céder à la colère et la révolte et je continue d’agir quand je peux pour aider les plus faibles…

pour finir, un petit film court, qui reflète la France Forte telle qu’elle est aujourd’hui, aussi :

LE HARCÈLEMENT AU TRAVAIL …CE MARRONNIER ORDINAIRE …MALHEUREUSEMENT…

Re bonjour à tous !

Oui j’écris pas mal aujourd’hui… je suis en RTT alors j’en profite et l’actualité me donne envie de m’exprimer…


En parlant d’actualité, tous les ans à présent, ce malheureux sujet revient à la surface : le harcèlement au travail. Le Management par la terreur, l’augmentation de ces situations en période de crise….

Le harcèlement, méthode managériale devenue banale, ordinaire, insidieuse et multi forme. Je l’ai connu à plusieurs reprises… de façon plus ou moins intenses selon les emplois, de façon plus ou moins claire, plus ou moins douloureuse…j’ai eu de la chance car je m’en suis toujours remis et j’ai toujours pu reprendre le contrôle. Ce n’est pas le cas de tout le monde.

Personnellement j’ai toujours eu un tempérament insoumis. Je ne suis pas d’une nature « fayote ». On peut me faire faire à peu près n’importe quelle tâche sans que je rechigne, je suis une vraie bosseuse, à condition qu’on me traite bien. A condition que j’ai une forme d’estime et d’admiration pour mon supérieur, à condition que mon supérieur me fasse confiance aussi… Sinon, ça devient souvent plus difficile. Je ne suis pas d’une nature « docile » et j’assume. Je ne suis pas une grosse rebelle et certainement pas contestataire par esprit de contradiction ou par plaisir de l’être. Lorsque je conteste, je le fais avec des arguments, de façon justifiée.

C’est un sujet qui me touche non seulement parce que je l’ai vécu mais parce que c’est un phénomène qui semble augmenter. Hier au JT de 20h de France 2 il y a eu un excellent reportage sur le sujet.


Le harcèlement à cela de vicieux que d’abord il est long à déceler et en plus il paralyse, empêche littéralement la personne victime de réagir. L’employée qui était interviewée dans l’ombre expliquait sa trouille au bide, sa lâcheté car elle craignait les représailles, elle craignait de perdre son emploi. Et c’est là le drame. Les employés qui subissent cela sont tenus par la terreur de perdre cet emploi dont ils ont tant besoin. Et Dieu sait si à l’heure actuelle, avoir un emploi est précieux. Car la route pour retrouver un emploi peut être longue. Très longue. Il est aussi noté une grosse augmentation de ce problème chez les Cadres ! Eh oui… Les cadres aussi en prennent plein la gueule…

J’aime le management. Sûrement parce que j’aime les gens. Sûrement parce qu’une partie de ma famille vient de l’enseignement et que d’apprendre, encadrer, tirer vers le haut, tisser des belles relations humaines dans le travail, le tout sur fond de réussite, ça me parle. J’ai eu de la chance sûrement aussi d’avoir d’excellentes formations dès le début de ma carrière en la matière, notamment quand je travaillais à Londres.

Très vite j’ai compris ce que le sens de la responsabilité du « Manager » impliquait. Une chose est sûre, lorsqu’il y a un problème, c’est d’abord au manager de se remettre en question. Et ne surtout pas blâmer, enfoncer ses équipes …et la relation humaine de confiance est un ciment fondamental.

La réalité est différente n’est ce pas ? Il y a les managers « petits chefs » et les « Big Kahoonas » … les méga Chefs. Ceux là, difficile de leur dire : ta gueule ducon…

Il y a différentes formes de harcèlement. Certains Managers j’en suis sûre, ne se rendent même pas compte qu’ils sont dans le harcèlement. Certains sont intimement convaincus qu’ils s’y prennent bien, qu’ils sont même « humains » … si si, je l’ai vu de mes yeux vus. Certains tyrans croient être les plus humains qui soient … ça fout les jetons…mais j’aurai presque tendance à être indulgente avec ceux là. « Pardonne leur car ils ne savent pas » …je remarque qu’un mauvais manager a également souvent été mal managé lui même … J’ai eu de la chance de parfois connaître un excellent management. 

Et puis il y a ceux qui le font volontairement. Les pires. Ceux qui ont « L’art de la guerre » comme livre de chevet (je dis ça juste parce que je l’ai vu… tous ne lisent pas ce livre ;))…Ceux là agissent délibérément, distillent leur venin de façon pernicieuse, en toute conscience, sans scrupules et ceux là… je les méprise et je me dis qu’ils ne paient rien pour attendre…et chaque fois je n’en reviens pas… comment est ce possible ?

Dans mon secteur, j’ai remarqué ne serait-ce qu’au stade du recrutement, à quel point il y a une véritable hypocrisie. Ce qui compte ce sont les compétences… oui oui c’est ça… et puis ce qui compte aussi, c’est ta photo. C’est ta tronche, ton maquillage, tes fringues, ton tour de taille, la hauteur de tes talons. Et c’est la stricte vérité. Dans mon secteur, on prône le fait que nous faisons un métier de séduction donc si t’es pas surgoalée et sursapée, t’auras beau être un cerveau, c’est pas toi qui seras embauchée aux postes prestigieux des boîtes prestigieuses… Bon si en plus t’as pas les relations qui vont bien, là c’est sûr, « tu peux te brosser Martine »

Moi j’ai toujours accepté de jouer le jeu. J’ai toujours fais des efforts pour montrer ma bonne volonté. Mais faut pas déconner. Je ne me transformerai jamais en quelqu’un que je ne suis pas. Chassez le naturel, il revient au galop comme on dit.

J’ai entendu, j’ai vu autour de moi des recrutements qui n’ont pas eu lieu parce que : obèse, moche, tatouages,  timide, etc. …

Après une fois qu’on est recruté, parfois ça se passe mal parce que « erreur de casting » … Le truc pas de bol. On n’est pas la bonne personne pour le bon poste. Et en plus, zéro formation, zéro intégration, zéro dialogue… La personne se retrouve enfermée dans un rôle qui n’est pas pour elle, à la merci des jugements de ses supérieurs et de ses équipes… la panique intérieure… On doit se démerder seul avec ses doutes et ses angoisses. On sent juste qu’on n’est pas bon parce qu’on se prend skud sur skud par ses supérieurs. Des explications ? Non. Une vraie écoute humaine ? Non. Un gros malaise ? Oui ! Un sentiment grandissant d’échec et de nullité ? Oui oui oui !!!

Avec un peu de chance, ça s’arrête avec la période d’essai et on peut se retaper un peu pour mieux rebondir. A condition de bien rebondir. Parfois il faut plusieurs rebonds…

Il y a le harcèlement « ouvert » … La technique que j’appelle « Une claque, un bonbon » … une des pires selon moi. La déstabilisation permanente. L’insécurité permanente. On ne sait jamais sur quel pied danser et bien sûr c’est encore pire en période d’essai… Ah les périodes d’essais. Merci Sarkozy, maintenant quand on est cadre on en prend pour 8 mois ! allez Hop ! 2x 4 mois … Après ça on a intérêt à être sur de son coup ! bref… le management qui fait qu’on ne sait jamais si c’est bien ou pas bien. Si on fait une erreur, c’est pas en tête à tête que le règlement de compte se passe mais en public devant tout le monde… c’est mieux. Il y a des managers comme cela qui aiment la méthode de l’humiliation publique, qui partent du principe que comme ils sont managers, nous les simples employés, même cadres, sommes de pauvres petits abrutis avec un pois chiche dans la tête, incapable de savoir … J’ai vu ça…la tyrannie à l’état pur. La culture d’entreprise ? ça va pas non ? Le confort des employés ? On s’en fout ! 


J’ai vu des employés qui n’osaient même pas rire ou s’accorder des moments de pause par peur du fouet … Un fouet virtuel j’entends… ambiance…

Alors forcément, après on s’étonne que les employés fassent le strict minimum. On ne comprend pas la mentalité de certains à faire juste « leurs horaires » .. Oui mais comment avoir envie de faire plus ? Comment donner envie de faire plus ?

Il y a longtemps j’avais lu ce livre « Bonjour Paresse » … c’est un peu trop à l’extrême à mon goût mais il y a des vérités :
Entre les salaires minables, les faibles avantages et la pression grandissante, certains sont poussés au craquage. Rentabilité, rentabilité. Les dirigeants n’ont que ce mot à la bouche. Alors oui je comprends la rentabilité, le besoin d’être compétitif mais je reste intimement convaincue et je l’ai vu en manageant moi même des personnes, que la productivité est mille fois meilleure, que les gens sont bien plus efficaces, quand on injecte une dimension humaine dans le travail, de l’écoute, de la confiance, de la considération… évidemment, ça va aussi de paire avec un salaire honorable et en accord avec le travail effectué …

A l’heure actuelle, les employeurs, les « managers » sont en position de force car c’est la crise. Il y a plus de demandeurs d’emploi que d’offres. T’es pas content ? La porte est ouverte. J’ai entendu un patron une fois le gueuler avec assurance! Si les gens sont pas contents, qu’ils dégagent ! Il y a la queue jusqu’à la gare de gens qui veulent bosser…. Beaucoup de juniors jeunes diplômés aux abois prêts à accepter n’importe quoi à n’importe quel prix pourvu qu’ils bossent…

J’invite aussi la lecture de ce très bon pamphlet même si là aussi quelques clichés :


Je suis passée par là moi aussi… j’ai peut être eu un peu plus de bol que les nouvelles générations. Par contre, je sais aussi aujourd’hui ce que je vaux. J’accepte certaines choses parce que la vie nous oblige à courber un peu l’échine parfois, mais dans ma tête je suis claire et jamais je ne me laisserai bousiller… je me dis aussi que tout mauvais passage n’est qu’un passage. Je sais que je ne perdrai jamais ma dignité et mon honneur. Je peux être un vrai bâton merdeux quand on se fout vraiment de ma gueule. 

Un jour les employés seront de nouveau en position de force. Je l’espère en tous cas et peut être enfin cette affreuse tendance à la maltraitance s’arrêtera … c’est pas gagné…

PS : si vous ne l’avez jamais vu, ruez vous sur l’excellent documentaire : La Mise à Mort du Travail … le titre parle de lui même … le journaliste Jean-Robert Viallet a d’ailleurs eu le fameux prix Albert Londres … Magistral.

IL ÉTAIT UNE FOIS IBRAHIM, 24 ANS, SANS PAPIERS, SDF, …

Bonjour les ondes !

Je voulais que mon blog sur l’autisme reste en tête et SVP lisez le et faites le tourner car c’est une cause très importante qui doit entraîner une meilleure reconnaissance du Handicap Mental.


Mais je dois vous raconter ce qui m’est arrivé hier soir tard, pas plus loin qu’à ma fenêtre. La misère est partout comme vous savez. Et comme vous avez remarqué aussi, je suis très sensible à la misère et à la souffrance des plus faibles. Je regrette parfois de ne pas avoir tenu bon en fac de droit… j’aurai pu faire avocate ou de la politique pour être plus puissante dans le social…

En tous cas, je pousse régulièrement les gens à agir en racontant mes expériences qui peuvent faire un peu office ‘d’exemple’ … et je me rends compte que dans mon quartier réputé « bourgeois » il y a un paquet de SDF…

Hier soir, vers 23h10, j’entends frapper à mon carreau. J’habite en rez de chaussée côté rue. Il y a des barreaux à ma fenêtre, et en plus une protection genre roseaux. Pour frapper à ma fenêtre faut vraiment y aller… Alors sur le moment j’ai eu la trouille ! J’ai vu une silhouette masculine de l’autre côté, je me suis dis : c’est quoi ce bordel ? Et c’était pas mon petit carlin, le furet et le lapin de ma soeur et de mon frère que je garde le temps des vacances qui auraient pu me protéger d’une agression.

Néanmoins, j’ai ouvert la fenêtre pour demander de quoi il était question. Le garçon me demande d’appeler le 115 pour lui. Je reste un peu interdite sur le moment en me demandant si c’est bidon ? Je lui dis: vous plaisantez pas n’est pas ? C’est vraiment sérieux ? J’appelle mais vous me racontez pas des cracks ? Il me promet que non. J’appelle. Plus de 15 minutes d’attente. En attendant je lui propose une boisson chaude. En fait il est tellement fatigué, tellement habitué à ne pas manger et ne pas dormir que là, il veut juste un abri. Surtout un abri. J’ai enfin quelqu’un. Je le signale, ils me disent qu’ils envoient un camion.

Je lui dis. Je lui demande comment il s’appelle. Ibrahim. Quel âge a t-il ? 24 ans. D’où vient-il ? Djerba en Tunisie. ça fait 4 ans qu’il est en France. Il a fui la misère. Il est venu en France par la mer. En clandestin. ça lui a coûté une petite fortune. Il a du mal à parler mais il a très envie de parler en fait.

Je m’excuse d’avoir été méfiante et je lui explique toutefois pourquoi je ne peux pas passer le pas de le faire rentrer chez moi. Je suis obligée de garder un min. de protection. Pas a cause de lui personnellement, à cause de la vie en général. Il me dit qu’il comprend bien sûr. Alors je lui demande depuis combien de temps il est dans la rue. Il me dit 1 an. Il me dit « Hinshallah » à toutes les sauces. Il m’explique qu’Ibrahim est dans le Coran. Est ce que je connais le Coran ? je lui dis que je suis désolée mais non… Il  me raconte l’histoire de l’Aïd. Je trouve que son histoire ressemble vachement à celle d’Abraham dans la bible…

Il m’explique qu’il ne boit pas d’alcool, qu’il ne prend pas de drogue. Je le félicite car j’imagine à quel point ça doit être facile de sombrer là dedans quand on est dans la rue. Il me raconte que quand il est arrivé en France tout se passait bien. Des boulots dans le batiment, dans des pizzerias, il avait des fiches de paie, un logement et même une petite amie française. La petite amie avait pas l’air très saine et a fini par le plaquer. Et puis il a perdu ses emplois et tout s’est mal enchainé pour lui.

Ibrahim m’explique qu’il a le coeur coupé en deux. Je lui demande s’il voudrait pas rentrer en Tunisie ? Au moins il serait avec sa famille, il aurait chaud… ça serait peut être mieux que d’être SDF à Paris ? Il y pense mais il a son honneur. Il a la pression. Il me raconte sa famille. Il n’a plus son père. Il a deux grands frères dont un qui est médecin. Et un petit frère de 14 ans. Une soeur qu’il aime et que tous les frères protègent. Et normalement il est là pour envoyer de l’argent à sa mère. je suis scotchée. j’ai vraiment les boules pour lui.

Je lui dis qu’au moins il a la chance de parler français et de savoir lire et que d’être dans cette situation c’est pas possible, c’est pas ça la vie. Alors je lui donne des adresses d’associations. Celle des Tunisiens en France et celle des Sans Papiers. Je lui dis qu’au point où il en est il faut qu’il arrête de se planquer. Au mieux il sera renvoyé en Tunisie et au mieux il sera pris en charge par les associations et aura peut être une chance de stopper le circuit infernal…

Je le remonte, je le rassure, je lui dis qu’il doit s’accrocher, continuer de penser à sa famille pour tenir, continuer à prier pour ne pas céder à la tentation de la drogue et de l’alcool.

Je retourne piocher dans mes affaires pour lui trouver un bonnet, des gants, une écharpe. Je peux pas donner plus j’ai plus rien à donner et surtout rien de vraiment à sa taille… Au début il ne veut pas et puis je lui dis qu’il doit prendre pour pas tomber malade.

Il parle beaucoup et je sens qu’il voudrait encore plus. Comme tous ces gens qui ont ‘manqué’ de tout, ils ont une faim insatiable de contact, de dialogue… ça fait une heure que je me caille le cul à ma fenêtre avec mon plaid autour des épaules. Je fatigue et je sens qu’il commence à tourner en rond dans son dialogue. Il me dit qu’il a de la tension, que parfois il perd contrôle et qu’il se sent devenir fou. Je le rassure. je lui dis qu’il faut pas trop qu’il cogite dans sa situation. Il doit être dans l’action positive pour lui, dans l’immédiat. Ses pensées sur son avenir, l’amour etc. il verra ça plus tard. Il me dit qu’il aime bien les filles. Je lui dis que pour le moment c’est pas la priorité. Il me dit qu’il fait des cauchemars. Je lui dis que ça c’est normal. Vu sa situation c’est normal qu’il en fasse des cauchemars… je vois bien qu’il est psychologiquement perturbé. Abîmé. Son état mental est précaire. Il est temps que ça s’arrête tout ça…

Je lui ai dis que j’allais devoir fermer ma fenêtre mais que surtout il ne bouge pas, le camion allait arriver. Il s’impatiente, il en a marre d’attendre. Je comprends. Je rappelle le 115. ça décroche tout de suite. J’appelle devant lui. Je lui confirme que ça va venir.

Le problème c’est que le Samu Social a moins de moyens. Il y a moins de camions. Surtout le dimanche soir. ça dépend où est le camion dans Paris. ça peut mettre entre 20 min et 1h30 …je fais promettre à Ibrahim d’attendre. Je reste dans mon salon lumière allumée à attendre aussi… Il refrappe à la fenêtre 10 min. plus tard. Je lui dis qu’il va arriver le camion. Putain mais que fout le camion ?! vers 00h40 j’entends un camion. je regarde. Je ne vois plus Ibrahim. Impossible de savoir s’il est monté ou pas dans la maraude …

J’espère que oui. J’espère…je me suis dis que décidément, la vie n’est pas juste pour tout le monde et quand j’entends tous ces politiciens, je me demande vraiment s’ils considèrent bien les plus démunis ou s’ils se disent qu’après tout on ne peut pas sauver tout le monde donc foutus pour foutus autant les sacrifier ?

je vous laisse écouter cette chanson pour conclure …. elle résume bien la situation…

AUTISME, GRANDE CAUSE NATIONALE 2012…??? CONCRÈTEMENT ÇA DONNE QUOI ?

Bon dimanche à tous et à toutes !

Je vais peut être vous saouler à la longue avec mes élans de contestation, mes sempiternels posts sur le sujet du handicap mental, mais voilà. Ce sujet me tient à coeur. Evidemment, s’il ne me touchait pas personnellement je me concentrerai uniquement sur la misère du monde, les maladies les plus communes comme le cancer, le sida, ce que je fais par ailleurs, mais il y a aussi ce gros truc énorme que les gouvernements successifs n’arrivent pas à prendre en mains comme il le faudrait : LE HANDICAP MENTAL.

Cette année, c’est l’année de l’AUTISME. GRANDE CAUSE NATIONALE 2012. Je trouve ça très bien. Vraiment. Aujourd’hui, à force de lobbying, de cinéma, de celebrity marketing, de charity business à tout rompre, il y a DEUX maladies clairement identifiées dans l’opinion public: La trisomie 21 et l’Autisme.

Il suffit de regarder RAINMAN, le 8ème Jour, …



Moi, mon frère, il est X FRAGILE. C’est la PREMIERE CAUSE de retard mental héréditaire. Dans son IME, il a plein de copains HANDICAPES MENTAUX. Certains sont trisomiques, d’autres autistes, d’autres autre chose. Dans tous les cas, ils sont TOUS HANDICAPES MENTAUX.

Et moi ce que j’aimerai et ce pour quoi je me bats c’est la reconnaissance du HANDICAP MENTAL en GENERAL. Bien sûr, indirectement, je suppose que ce qui sera fait en faveur de l’autisme découlera forcément positivement sur les autres maladies…

Le problème, c’est qu’on a du mal à comprendre ce que ça a comme conséquences CONCRETES dans le quotidien des personnes atteintes, de l’entourage, le fait que l’Autisme soit GRANDE CAUSE NATIONALE ?

J’ai déjà fait des blogs sur le quotidien des familles, sur ce que ça fait d’avoir du handicap mental dans sa vie, j’ai déjà fait des blogs sur l’X Fragile, le fait que c’est très proche de l’autisme…


Mais vous voyez, je suis touchée de savoir que des familles sont aux abois pour scolariser leurs enfants parfois déscolarisés pendant très longtemps … La galère inouie dans laquelle ils sont embarqués… Comme mes parents avant eux. Des témoignages récurrents de parents qui procèdent aux appels quasi quotidiens aux MDPH (Maisons départementales du Handicap), les CMPP (Centre Médico Psycho -pédagogiques), les IME qui mettent les enfants sur liste d’attente, les contacts avec les assistantes sociales, la CAF …… pour espérer trouver une structure qui puisse accueillir l’enfant… L’enfer de l’administration pour trouver quoi faire, comment faire, les milliards de paperasses à remplir, l’attente interminable, les relances, les milliers d’allers retours de courriers, de déplacements… Et en attendant faut bosser…

Comment font ces familles quand elles n’ont ni les ressources financières, ni de la famille pour les aider à palier tout ce bordel organisationnel ? Elles en chient sévère je vous le dis…

Un autre témoignage qui me bouleverse aussi d’un frère ayant son frère handicapé à charge car il n’a plus ses parents et qui a préféré reprendre ce dernier avec lui car il était malheureux dans son institut. Il se démène pour trouver une solution pour avoir une chance de trouver un endroit adapté pour son frère, pour qu’il soit bien et pour que lui aussi puisse avoir une petite chance d’avoir sa vie ?

Je ne comprends pas qu’en 2012 on en soit encore là en France. Je ne comprends pas pourquoi cela reste si difficile d’avoir une prise en charge correcte et adaptée, facilitée pour les enfants, les parents, les adultes handicapés ? Les IME ressemblent de plus en plus à des »parkings » à enfants / jeunes différents. Les moyens manquent. Il n’y a pas assez de place, pas assez d’éducateurs spécialisés, pas assez de rééducation: psycho motricité, orthophonie, éveils en tous genre…

Je vois bien mon frère de 18 ans… il y a une sorte d’abandon. On ne le pousse plus à se dépasser un peu. On le laisse faire ce qu’il sait faire de mieux : du pliage de vêtements. On ne le pousse plus à faire des ateliers de cuisine, des travaux manuels variés, fini l’orthophonie, fini l’équithérapie, fini la musique, fini la stimulation multi sensorielle… Il attend…

Il est plutôt heureux. C’est une bonne nature mon frère. Pas trop emmerdant. De temps en temps son angoisse le bloque c’est vrai mais il est cool à présent. Nous on a pas forcément le temps de s’occuper de lui comme il faudrait. Moi je ne vis plus chez mes parents depuis pas mal de temps alors je ne lui donne pas autant de temps qu’il faudrait… Et en même temps il faut aussi que je puisse vivre ma vie d’adulte, c’est pas évident…

Moi j’en veux beaucoup à l’état, au gouvernement de ne pas faire réellement ce qu’il faut. L’éducation spécialisée, le handicap mental en général est le grand laissé pour compte à chaque fois… c’est trop éloigné du quotidien des gens… ça fait moins de pression. Moi j’aimerai que les journalistes s’emparent un peu plus de ce sujet, j’aimerai qu’il y ait des groupes de pression plus forts contre le gouvernement. J’aimerai que chaque association de handicap mental se mettent ensemble et pas seulement au moment du Téléthon, pour exercer une vraie pression auprès du gouvernement.

Le quotidien des familles touchées par le handicap mental est DIFFICILE et DOULOUREUX. On fait avec parce qu’on n’a pas le choix, on fait en sorte que ça se passe au mieux, on a parfois la chance d’avoir assez d’argent pour compenser, assez de famille pour être épaulé, mais c’est tout de même assez rare.

Imaginez l’angoisse indicible des parents qui se disent : que va devenir mon enfant quand je ne serai plus là ?
Les parents qui en arrivent à espérer que leur enfant meurt avant eux pour ne pas les laisser…

Alors pour les Présidentielles 2012, François Hollande, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, concrètement ils proposent quoi pour la prise en charge du handicap mental en France ?

J’attends de voir… enfin non je n’attendrai pas. L’éveil des consciences sur ce sujet grave et réel doit avoir lieu. En attendant, les famille rament…


Moi j’aime pas la St. Valentin … ….

Bonjour, bonjour !


Aujourd’hui, au cas où on s’en souviendrait pas c’est la St. Valentin. J’aime pas la St. Valentin. Après je suis bien embêtée parce que c’est AUSSI l’anniversaire de ma petite soeur alors HAPPY BIRTHDAY ma Barbara chérie 🙂

Mais sinon, j’aime pas la St. Valentin. D’abord, j’aime pas ce côté « forcing ». C’est pas parce que c’est la St. Valentin que tout à coup il faut s’aimer plus que d’habitude ou soudainement se transformer en couple ultra romantique ou porno hard sous prétexte que TONIGHT’S THE NIGHT ?!

Et puis j’aime pas la St. Valentin parce qu’à chaque fois ça fout dans la gueule des célibataires qu’ils sont tous seuls. Et ça c’est moche. Parce que des célibataires, il y en a un paquet. Et moi je l’ai été célibataire. Et j’oublie pas… On rit jaune. On fait contre mauvaise fortune bon coeur. On se dit, ouais, nous on va faire des « anti St. Valentin » entre Keupines, ça sera drôôôôle ! Ouais c’est drôle une fois qu’on s’est sifflé une bouteille de vin ou de champagne mais le soir, toute seule dans son lit froid avec une gueule de bois en préparation c’est un peu moins marrant….

Et puis la St. Valentin, pour les couples comme pour les célibataires, ça nourrit de faux espoirs. On va pas se retrouver tout à coup immergé dans des scènes de comédies romantiques de films Américains. Avant j’étais romantique neuneu. Quand j’étais en couple vas y que je te mettais de la bougie, du petit plat mitonné, de la jolie lingerie, j’attendais avec ferveur mes roses rouges et une bagouse (si si j’ai déjà eu une bagouse) …
Et comment ça s’est fini ? Hein hein ? Dans les deux cas je me suis retrouvée quelques années plus tard, larguée comme une merde, sur le carreau et la St. Valentin ça me faisait une belle jambe…

Maintenant j’ai un amoureux qui n’a jamais fêté la St. Valentin. Impossible de savoir quel jour c’est si je ne lui rappelle pas. Il n’est PAS ROMANTIQUE. Bon. J’aurai bien aimé qu’il le soit un peu mais je ne vais pas le changer… C’est pas le genre bisou bisou ma chérie je t’aimeuuuuuuuh tou es la femmeuuuuu de ma viiiiie … Nan… Il est plus rustique que ça ! Alors parfois ça me désole un peu mais bon… Je préfère qu’on soit dans l’amour pour de vrai tous les jours que dans une espèce de mascarade romantique un seul jour.

Alors comme je suis un gros paradoxe ambulant, je tiens quand même à marquer le coup aujourd’hui. Je vais peut être cramer mon carnet de tickets restau pour un super gueuleton de Japonais à emporter… On va peut être s’offrir des petits cadeaux à la con…

Mais voilà. J’aime pas la St. Valentin. C’est pénible comme fête. ça rend triste les tous seuls et ça « oblige » les « en couple » …

Vivement demain ! Enfin sauf pour ma petite soeur !