PRESIDENTIELLE 2012 : je vais quand même voter, mais franchement,…je suis pas emballée.

Bonjour les ondes !

Je sais pas vous mais moi je commence à frôler l’overdose avec la campagne présidentielle. Ils m’énervent tous… Ce matin, comme souvent le samedi matin, je savoure mon café post ménage… bah ouais faut bien le faire, le ménage …

Et là je zappe sur France 2 et je tombe sur les clips de campagne des candidats… franchement quand on les voit on se dit qu’ils nous prennent quand même pour des jambons…

Je me suis déjà maintes fois exprimée sur le sujet ici :


ici aussi


et là :


Bon… ils nous promettent tous un retour à la normale ou presque, une vie placée sous le signe de la justice et de la halte à la corruption, une meilleure gestion, une vraie justice sociale, c’est presque le paradis quoi …etc. etc. etc.

alors évidemment, désolée mais je ne suis pas pour une politique de « droite » comme celle de Sarkozy … en tous cas vu le discours délivré je ne peux pas adhérer et franchement, les promesses Rebelote qui sont refaites alors que jamais appliquées 5 ans plus tôt, … sous couvert de crises historiques… bof.

Ce qui ne veut pas dire que je suis forcément plus emballée par les autres. DONC je vais voter par défaut pour une POLITIQUE et NON pour un HOMME. 

Je vais voter par défaut, pour une politique qui a une orientation plus sociale… Est ce que ça changera fondamentalement quelque chose, j’aimerai bien… j’ai des gros doutes mais j’aimerai bien… je me dis que si les promesses ne sont pas tenues, d’avoir voté pourra justifier que je descende dans la rue faire la révolution…

Pas une révolution à la Poutou et compagnie… Au secours… c’est vraiment affligeant, ridicule, ça nous tire par le bas, cette révolution là je n’y adhère pas….

Virer TOUT LE MONDE. Tous ces nantis de la politique gauche comme droite (quand on sait que Mélenchon gagne dans les 6000 euros par mois ça me fait bien rigoler… lui et sa vision de « gauche ») …. tous ces orateurs sur entraînés à convaincre le PEUPLE … quitte à mentir comme des arracheurs de dents…

Dehors les menteurs… Je crois que le prochain Président a intérêt à marcher droit parce qu’au prochain coup de pipotage, les gens auront une tolérance ZERO …

En tous cas ça sera mon cas… Vivement le 22 avril, vivement le 6 mai qu’on passe à autre chose…

En attendant je ne peux que conseiller à tout le monde de bien lire tous les programmes et de ne PAS se laisser duper par les discours populistes qui surfent sur la peur et l’ignorance des gens…

A QUAND LE HANDICAP MENTAL GRANDE CAUSE NATIONALE ?


Bonsoir les ondes…

Un petit blog du soir parce que je crois que j’ai besoin de vider un peu mon sac une fois de plus sur le sujet.

Celui du handicap mental.

Cette année c’est la grande cause nationale pour l’Autisme. Enfin « pour » … contre, bref, pour prévenir, intégrer, traiter, soigner, on espère. C’est super. Et puis c’est important de faire des campagnes d’information avec tout l’attirail qui va bien. L’autisme sert un peu de locomotive pour tous les estropiés de la vie derrière. TOUS les AUTRES HANDICAPES MENTAUX.

Car vous ne le savez peut être pas mais il n’y a pas que l’Autisme et la trisomie. Par exemple, vous ne savez pas que 15 à 20% des autistes sont en fait X FRAGILE. OH ?! Mais c’est quoi l’X Fragile ?

C’est ça :

Bien sûr ce n’est surtout pas la première fois que j’aborde le sujet :



La dernière fois sur facebook un « ami » (ex ami du coup) m’a dit que je le GAVAIS avec l’X fragile… je suppose que je le gavais tout court de toutes façons avec mes informations sur le handicap mental.

C’est que finalement, à part ceux directement concernés, globalement les gens s’en cognent. Politiciens compris. Pouvoirs publics compris. 

ça demande de l’argent, du temps, des gens … c’est une vraie chienlit pour les gouvernements les handicapés mentaux. Bah ouais.

Le livre magistral de Jean-Louis Fournier « Ou on va papa » résume bien le quotidien – mais il est bien Jean-Louis Fournier il a la délicatesse de tourner ça à la rigolade. Parce que bien sur il faut en rire sinon on pleurerait tout le temps. 

La réalité c’est qu’au delà de l’Autisme, des enfants autistes qui eux aussi sont ballottés entre IME, CLIS et autres services de jour à l’hôpital, les familles en chient grave. Et je pèse mes mots.

J’ai un frère X Fragile de 18 ans en mutation complète. Ma mère s’est littéralement défoncée pendant des mois, des années, pour que Hugo soit diagnostiqué au service génétique du CHU dont on dépendait. Ensuite il a fallu faire toutes les démarches pour les séances de rééducation psycho-motrices dans les CAMSP, et les mille et une démarches, relances, paperasses, coups de fils, rdv sur place des centaines de fois pour que Hugo puisse intégrer un IMP et ensuite des centaines de coups de fils, démarches etc. pour une prise en charge de taxi, rebelote pour la carte handicapé … et ensuite il a fallu tout recommencer à zéro pour cause d’attouchements sexuels… mais bon… on en parle pas ça choque. Et puis c’est chiant, c’est pas drôle. C’est pas gai de causer « handicapé ».

J’ai des mots durs parce que je constate que 15 ans plus tard c’est toujours le même bordel. Je suis inscrite sur plein de réseaux sociaux, groupes sur facebook du Canada, US, Australie, UK, je me renseigne, j’interviens entant que grande soeur porteuse elle aussi de cet X Fragile de m… et je lis les témoignages des parents qui viennent d’apprendre l’heureuse nouvelle et qui galèrent toujours autant pour scolariser leurs gosses. 

l’Autisme n’est que la face VISIBLE de l’ICEBERG. La vérité c’est que pour plein plein plein de famille touchées par le Handicap Mental c’est un peu ambiance TITANIC voyez-vous. Les parents craquent, les couples se déchirent, comme disent les psy des CMPP : IL Y A SOUFFRANCE. Sans déconner !!!?

Bah ouais les gars : IL Y A SOUFFRANCE !!!

Ce qu’on ignore ou ce qu’on ne veut pas admettre quand il y a du handicap mental c’est que tout le monde prend sa dose de souffrance : les parents, la fratrie … Et oui, tout le monde porte.

Alors bien sur c’est pas non plus du Zola tous les jours hein faut pas déconner. On s’habitue au handicap. On apprend à vivre avec. Et puis on s’aime. Je vais pas re raconter tout ce que j’ai déjà écris (désolés chers lecteurs si vous voulez en savoir plus il va falloir vous cogner mes billets précédents ;))

J’aime mon frère plus que tout et surtout je l’aime comme il est. Je n’ai aucun problème avec son handicap. Mais l’expérience prouve que la société a encore PLEIN DE PROBLEMES avec le handicap mental.

Et au delà de la société, les gouvernements ne font rien. Pas assez. Il faut des structures, davantage. Des éducateurs, encore plus, encore mieux formés, plus de rééducation adaptée à chaque handicap et une vraie BONNE PRISE EN CHARGE y compris pour les ADULTES et quand les parents meurent !

Les IME / IMPRro passé 15 ans ça ressemble plus à des garderies… Alors évidemment dans la grande famille des handicapés mentaux il y a des personnes plus ou moins atteintes. Certains s’en sortent mieux que d’autres côté autonomie mais il y en a un paquet qui ne peuvent même pas aller en CAT (Centre d’Aide au Travail) ou bénéficier de la COTOREP . Mais les autres ils font quoi ? Ils gèrent comment les parents ?

Ils ont une conscience les handicapés mentaux, ils ont un coeur, ils sont capables de souffrance, de chagrin, de joies … On ne peut pas les abandonner dans des hospices et les laisser plantés là attendre la mort …

PERCE NEIGE semble être une des rares associations qui réussit le pari de permettre aux adultes handicapés mentaux d’avoir un cours de vie adapté et plus agréable :


Mais il n’y a pas assez de centres, pas assez de prise en charge, d’aides, d’investissements … Alors je sais bien c’est LA CRISE ! y a plus de pognon dans les caisses de l’état il paraît. Il paraît qu’on paie déjà trop d’impôts et on va en payer encore plus… mais OU VA NOTRE ARGENT ?! Est ce que tous les impôts que nous payons sont bien utilisés ? Est ce que les dépenses publiques sont vraiment priorisées ? Est ce que les conseils généraux, les collectivités, l’état en général a un cahier des charges cohérent avec les réels besoins des gens ?

Les laissés pour compte de la société, les handicapés ont le droit eux aussi d’avoir une jolie vie. Pourquoi certains auraient tout et eux n’auraient rien ? Pourquoi toutes ces familles en 2012 en sont encore à lutter quitte à en perdre la santé et le moral pour faire valoir leurs droits ?

On vit dans un monde où déjà quand on est normal il faut se battre sans cesse. Il faut être fort pour tenir. Alors imaginez pour les handicapés mentaux qui eux sont vulnérables. Imaginez pour toutes ces familles qui ne roulent pas toutes sur l’or…qui n’ont pas toutes les ressources familiales pour les soutenir. ça peut vite devenir sordide.

Alors ils sont bien gentils les politiciens avec leurs grandes causes nationales. Ces campagnes d’information de soulagement de la conscience… et je crois que c’est quand meme bien de le faire mais bon… CONCRETEMENT on fait QUOI pour les handicapés mentaux en France et leurs familles ? Hein ? C’est DEMERDEN SIE SICH !

Chacun sa merde et Dieu pour tous…apparemment.

(mon petit frère Hugo – 18 ans, X Fragile mutation complète)

Ode à Boogie …

Ce WE nous avons du faire face à la perte d’un membre de notre famille. Boogie. Notre furette. Enfin plus exactement la furette de ma petite soeur Hélène mais que nous avons finalement tous adopté.


Boogie, c’est l’histoire d’un bébé furet albinos (non putoisé) qui s’est surement échappée – ou a été abandonné on ne l’aura jamais su – et qui s’est retrouvé dans le jardin de la maison de mes parents un 3 juillet 2006. Le même soir où du haut de mes 30 ans je revenais penaude à la maison avec mes valises pour cause de rupture sentimentale.

Petite boogie que maman avait pris pour un rat était en piteux état. Toute maigre, pelée de partout avec ses yeux rouges, ses petites dents de vampire et son comportement agité, elle en aurait fait fuir plus d’un… Mais non. Pas ma soeur. Hélène, du haut de ses 8 ans, a décidé fermement qu’elle l’adopterait. Et moi j’avais dis à Boogie : si tu survis petite furette, je survivrai aussi. Et c’est ce qui s’est passé.

Oh bien sûr, Boogie n’a pas échappé à la visite règlementaire chez le vétérinaire. D’abord pour voir si on pouvait l’identifier et retrouver ses propriétaires, mais aussi pour lui faire un bon check up. Pas de propriétaires, pas de tatouage ni de puce, rien. Boogie devenait officiellement Boogie et Hélène sa maman.

Très rapidement cette drôle de petite bestiole a repris du poil de la bête et nous a littéralement étonné. Nous ne connaissions pas les furets ! C’est drôle et très gentil. Elle bondissait et faisait des petits bruits très drôles qui sont en fait des manifestations de contentement … Son grand jeu était de chiper des croquettes du chien et d’aller les planquer derrière le canapé. Ou alors de nous croquer les orteils aussi si nos pieds nus étaient à sa portée. Bien sûr elle avait sa cage immense, son hamac, ses 36 pulls dans lesquels elle aimait s’emberlificoter.

Une vraie survivante car nous avons découvert par la suite toutes les spécificités et aléas des furets femelles. Risque d’anémie si pas stérilisées, je vous épargne les détails mais nous avons failli la perdre cette petite bête… Mais elle a tenu bon… et surtout elle a reçu beaucoup d’amour durant les 6 années où nous l’avons eue parmi nous (un furet femelle vit en moyenne 7/8 ans max. …) …

Parfois les gens ne comprennent pas qu’on puisse éprouver autant d’attachement envers un animal ni comment cela puisse être possible d’avoir autant de chagrin lorsqu’ils disparaissent… et pourtant… Nous avons toujours eu des animaux à la maison. Leurs disparitions ont toujours été des moments de profond chagrin. Bien sûr, on se raisonne, on sait bien que ça fait partie de la vie, du cycle normal etc. mais comme pour les êtres humains, l’attachement est là. Un animal donne énormément d’amour et ce de façon totalement gratuite. De notre côté, on apprend grâce à eux ce que le mot attachement veut dire. On apprend à se responsabiliser. Je trouve ça très positif un animal dans une famille avec des enfants. A condition de bien faire attention … et d’assumer jusqu’au bout.

Alors voilà. On pense même ce WE que Doudou le lapin de mon frère et Zen, notre vieux shitzu, ont senti la disparition de Boogie. Quand je pense à elle, j’ai du mal à réaliser encore. Les larmes me montent aux yeux. Je me sens ridicule de pleurer et en même temps je me dis qu’après tout j’ai bien le droit. C’est triste de perdre un membre de sa famille. Et Boogie faisait partie de notre famille et nous l’aimions tous très fort.

Quant à ma petite soeur, je l’ai trouvée bien courageuse ce WE car elle a assumé jusqu’au bout. Elle est restée avec sa furette jusqu’à la fin et a pris en mains tout ce qu’il fallait faire ensuite. Quand je la vois, si lucide et en contrôle face à la mort de son animal – ce qui ne l’empêche pas de pleurer – je me dis qu’elle grandit ma petite soeur… et quand elle dit qu’elle veut être vétérinaire, je me dis qu’elle est bien partie pour…

Repose en paix petite Boogie. J’espère qu’au paradis tu as toutes les croquettes que tu veux pour jouer, tous les pulls les plus douillets pour t’y emmitoufler et plein d’autres copains furets avec des petites ailes d’ange avec qui tu peux bien t’amuser….

MA REVOLTE DU JOUR … ET QUELQUES REPAS POUR LES RESTOS DU COEUR…

Bonsoir les ondes !

J’avais prévu de me coucher tôt ce soir et finalement vu la journée que j’ai passé je pense qu’il est nécessaire que je couche tout cela sur mon blog.

Il est clair que j’ai toujours été du genre « réactive » sur tous les sujets de société : pauvreté, maladie, injustice, discriminations en tous genres, j’ai toujours été révoltée de l’injustice. Quand j’étais petite j’étais prête à me faire tabasser par les plus costauds pour défendre ceux qu’on embêtait.

J’ai toujours été la minette qui intervient dans le RER quand une minette de 15 ans se fait emmerder par une bande et que tous les mecs en costard cravate restent planqués sur leur siège…

Je ne dis pas que c’est bien ou courageux car je me suis souvent mise en danger connement mais c’est ainsi que je fonctionne. Et souvent j’étonne car je n’ai pas le look de l’emploi… si on me juge de façon complètement basique, j’ai plutôt le look – de loin –  d’une bourge’ façon country girl de l’Ouest Parisien. La réalité est bien sûr différente… même si je ne suis pas non plus fille d’ouvriers, que j’ai eu la chance d’être expatriée pendant ma jeunesse et de grandir en dehors de la France et que j’ai effectivement passé quelques temps dans l’Ouest Parisien, Versailles compris. Bref. Je suis pas de la ‘téci » même si par la suite j’ai immanquablement été moi aussi une fille de la banlieue avec tout ce qui va avec…

En tous cas j’ai toujours – il me semble – eu le sens des autres. Sûrement en partie grâce à mon éducation, à la vie que j’ai vécu et puis peut être aussi mon caractère. Je ne supporte pas l’injustice et la souffrance des gens. Le chacun sa merde n’est pas dans mon vocabulaire. parfois c’est vrai je me fais penser à la fille dans Le Nom des Gens… en un peu moins exhib mais le côté exaltée, toujours à fleur d’émotion etc…

Alors évidemment, avec ces Présidentielles, je m’en donne à coeur joie. Je me sens très engagée même si je n’ai la carte d’aucun parti. Et je me sens obligée d’aller ouvrir ma grande gueule partout où je peux pour tenter de prêcher la bonne parole et faire réagir et réfléchir mon entourage. Bien sûr j’essaie de respecter les divergences, j’essaie de ne pas être basique dans mes jugements … je ne suis pas une grosse crack en économie ni en politique alors je mesure mes certitudes et mes croyances. J’essaie d’écouter, d’apprendre …

Mais tout de même, sans avoir fait Sciences Po, l’ENA ou HEC / ESSEC, on voit quand même bien que le système tel qu’il est ne fonctionne plus. Il n’y a qu’à voir la Grèce, il n’y a qu’à voir les Etats Unis eux mêmes !

Lisez ce très très bon article qui résume bien la situation : Le déclin du Rêve Américain dans Le Monde de Mardi soir –


Enfin bref… évidemment, vu mon parcours, j’ai moi aussi quelques amis qui sont plutôt CSP+ et dans la finance… Je ne veux pas généraliser (ma meilleure amie est dans la finance à Londres et attends François Hollande avec impatience) – mais force est de constater que cette catégorie d’amis est « pro Sarkozy » … j’allais presque rajouter « comme par hasard » …

mais non… ce n’est pas un hasard en fait…

Cet après midi j’ai eu des échanges très houleux avec des amis particulièrement méprisants face à la politique de Hollande. Prenant de haut tout ce discours sur la misère etc. … j’étais horripilée. Au bureau dans mon open space devant mon écran, j’étais bouleversée de lire tous ces commentaires d’un manque d’humanité totale ! j’étais dans ‘Ma Part du Gâteau’. J’y étais. Face à des gens pourtant super éduqués, supers informés, exposés à ce qui se passe dans la rue, mais non… ils avaient ce discours du travailler plus pour gagner plus ça existe, Hollande c’est la France de l’assistanat, Voter Hollande c’est être contre le progrès et la création, la créativité au sens large, etc. etc … Limite Hollande c’était Staline et fuck les riches, tous au goulag …

Comment est ce qu’ils peuvent dire ça ? Malheureuse qu’est ce que j’avais pas fait ! j’ai contesté leurs déclarations, j’ai persisté et signé, j’en ai rajouté trois tonnes… et pif paf pouf ! que je te rends la monnaie de ta pièce, que je t’en mets plein la tronche…(enfin eux avec moi et moi avec eux).

Le genre d’échange qui vous flingue une relation amicale. Le genre d’échange qui fait que je perds 60 amis d’un coup sur facebook…

et c’est bien ça la question… Les divergences irréversibles en politique peuvent elles avoir un impact sur la qualité de la relation amicale ? Franchement ? Je crois que oui. Je pense que si on ne partage pas la même vision de la vie, de l’autre, forcément, ça fausse la relation amicale. En tous cas ça casse toute possibilité de profondeur, d’intimité… Il y a un seuil qui ne sera jamais franchi…

je l’ai clairement senti cet après midi… et j’avoue, ça vient de moi, aussi ! Des personnes qui revendiquent que les patrons sont ceux qui portent l’avenir, que sans les patrons on est de la merde, que la misère on l’emmerde, que oui vive la méga richesse les gros bateaux etc… bah merde alors… Alors que le trois quart des gens vivent mal, et une bonne partie sous le seuil de pauvreté et qui se foutent en plus de la gueule de Hollande et des gens de gauche en général, franchement, c’est dur de garder son sang froid et de se dire : ZEN …

Comment en période de crise on peut accepter l’indécence des patrons du CAC 40 qui s’augmentent allègrement d’une trentaine de pour-cent ? Comment lorsqu’on voit que la liste aux restos du coeur s’allonge on peut continuer à avoir un tel discours de mépris pour un meilleure justice sociale ?

(d’ailleurs il y a une collecte les 9 et 10 mars avec Carrefour, profitez- en)

Même les Etats Unis en reviennent de leur modèle. Même eux. La culture du « quand on veut on peut » est révolue. Quand on veut, on peut pas toujours ! C’est ça la vérité d’aujourd’hui.

Moi je suis prête et d’accord à payer des impôts et gagner moins de sous si ça permet à tout le monde, notamment les plus faibles, de vivre mieux. Et je ne suis pas pour l’assistanat et je suis pour l’accès aux richesses pour tout le monde… Mais il y a un vrai besoin de décence, de retour à un peu de respect des gens, de certaines valeurs morales …

Je suis effrayée de voir tant d’individualisme et d’égoïsme régner chez certains …

Parfois je finis par me dire qu’il faut avoir connu le chômage, la précarité, goûté à la détresse et la difficulté pour changer son regard sur la société,… parfois j’aimerai que tous ces gens plein de mépris, à mille lieues de cette réalité, expérimentent le chômage, le manque de ressources, le goulet d’étranglement en fin de mois, le sentiment de menace qui plane en permanence, la pression sociale dingue… un vrai « vis ma vie » …

Ce qui m’a profondément choqué aujourd’hui c’était la dureté, la froideur de ces gens et de leurs propos. Tant  pis pour les plus faibles, tant pis pour les pauvres, nous on est pété de thunes et on emmerde tout le monde et on veut pas qu’on y touche à nos privilèges de nantis… En substance c’était un peu ça…

eh ben moi franchement, ça me donne envie de faire la révolution et de tout foutre en l’air…mais en attendant j’essaie de ne pas céder à la colère et la révolte et je continue d’agir quand je peux pour aider les plus faibles…

pour finir, un petit film court, qui reflète la France Forte telle qu’elle est aujourd’hui, aussi :

LE HARCÈLEMENT AU TRAVAIL …CE MARRONNIER ORDINAIRE …MALHEUREUSEMENT…

Re bonjour à tous !

Oui j’écris pas mal aujourd’hui… je suis en RTT alors j’en profite et l’actualité me donne envie de m’exprimer…


En parlant d’actualité, tous les ans à présent, ce malheureux sujet revient à la surface : le harcèlement au travail. Le Management par la terreur, l’augmentation de ces situations en période de crise….

Le harcèlement, méthode managériale devenue banale, ordinaire, insidieuse et multi forme. Je l’ai connu à plusieurs reprises… de façon plus ou moins intenses selon les emplois, de façon plus ou moins claire, plus ou moins douloureuse…j’ai eu de la chance car je m’en suis toujours remis et j’ai toujours pu reprendre le contrôle. Ce n’est pas le cas de tout le monde.

Personnellement j’ai toujours eu un tempérament insoumis. Je ne suis pas d’une nature « fayote ». On peut me faire faire à peu près n’importe quelle tâche sans que je rechigne, je suis une vraie bosseuse, à condition qu’on me traite bien. A condition que j’ai une forme d’estime et d’admiration pour mon supérieur, à condition que mon supérieur me fasse confiance aussi… Sinon, ça devient souvent plus difficile. Je ne suis pas d’une nature « docile » et j’assume. Je ne suis pas une grosse rebelle et certainement pas contestataire par esprit de contradiction ou par plaisir de l’être. Lorsque je conteste, je le fais avec des arguments, de façon justifiée.

C’est un sujet qui me touche non seulement parce que je l’ai vécu mais parce que c’est un phénomène qui semble augmenter. Hier au JT de 20h de France 2 il y a eu un excellent reportage sur le sujet.


Le harcèlement à cela de vicieux que d’abord il est long à déceler et en plus il paralyse, empêche littéralement la personne victime de réagir. L’employée qui était interviewée dans l’ombre expliquait sa trouille au bide, sa lâcheté car elle craignait les représailles, elle craignait de perdre son emploi. Et c’est là le drame. Les employés qui subissent cela sont tenus par la terreur de perdre cet emploi dont ils ont tant besoin. Et Dieu sait si à l’heure actuelle, avoir un emploi est précieux. Car la route pour retrouver un emploi peut être longue. Très longue. Il est aussi noté une grosse augmentation de ce problème chez les Cadres ! Eh oui… Les cadres aussi en prennent plein la gueule…

J’aime le management. Sûrement parce que j’aime les gens. Sûrement parce qu’une partie de ma famille vient de l’enseignement et que d’apprendre, encadrer, tirer vers le haut, tisser des belles relations humaines dans le travail, le tout sur fond de réussite, ça me parle. J’ai eu de la chance sûrement aussi d’avoir d’excellentes formations dès le début de ma carrière en la matière, notamment quand je travaillais à Londres.

Très vite j’ai compris ce que le sens de la responsabilité du « Manager » impliquait. Une chose est sûre, lorsqu’il y a un problème, c’est d’abord au manager de se remettre en question. Et ne surtout pas blâmer, enfoncer ses équipes …et la relation humaine de confiance est un ciment fondamental.

La réalité est différente n’est ce pas ? Il y a les managers « petits chefs » et les « Big Kahoonas » … les méga Chefs. Ceux là, difficile de leur dire : ta gueule ducon…

Il y a différentes formes de harcèlement. Certains Managers j’en suis sûre, ne se rendent même pas compte qu’ils sont dans le harcèlement. Certains sont intimement convaincus qu’ils s’y prennent bien, qu’ils sont même « humains » … si si, je l’ai vu de mes yeux vus. Certains tyrans croient être les plus humains qui soient … ça fout les jetons…mais j’aurai presque tendance à être indulgente avec ceux là. « Pardonne leur car ils ne savent pas » …je remarque qu’un mauvais manager a également souvent été mal managé lui même … J’ai eu de la chance de parfois connaître un excellent management. 

Et puis il y a ceux qui le font volontairement. Les pires. Ceux qui ont « L’art de la guerre » comme livre de chevet (je dis ça juste parce que je l’ai vu… tous ne lisent pas ce livre ;))…Ceux là agissent délibérément, distillent leur venin de façon pernicieuse, en toute conscience, sans scrupules et ceux là… je les méprise et je me dis qu’ils ne paient rien pour attendre…et chaque fois je n’en reviens pas… comment est ce possible ?

Dans mon secteur, j’ai remarqué ne serait-ce qu’au stade du recrutement, à quel point il y a une véritable hypocrisie. Ce qui compte ce sont les compétences… oui oui c’est ça… et puis ce qui compte aussi, c’est ta photo. C’est ta tronche, ton maquillage, tes fringues, ton tour de taille, la hauteur de tes talons. Et c’est la stricte vérité. Dans mon secteur, on prône le fait que nous faisons un métier de séduction donc si t’es pas surgoalée et sursapée, t’auras beau être un cerveau, c’est pas toi qui seras embauchée aux postes prestigieux des boîtes prestigieuses… Bon si en plus t’as pas les relations qui vont bien, là c’est sûr, « tu peux te brosser Martine » …

Moi j’ai toujours accepté de jouer le jeu. J’ai toujours fais des efforts pour montrer ma bonne volonté. Mais faut pas déconner. Je ne me transformerai jamais en quelqu’un que je ne suis pas. Chassez le naturel, il revient au galop comme on dit.

J’ai entendu, j’ai vu autour de moi des recrutements qui n’ont pas eu lieu parce que : obèse, moche, tatouages,  timide, etc. …

Après une fois qu’on est recruté, parfois ça se passe mal parce que « erreur de casting » … Le truc pas de bol. On n’est pas la bonne personne pour le bon poste. Et en plus, zéro formation, zéro intégration, zéro dialogue… La personne se retrouve enfermée dans un rôle qui n’est pas pour elle, à la merci des jugements de ses supérieurs et de ses équipes… la panique intérieure… On doit se démerder seul avec ses doutes et ses angoisses. On sent juste qu’on n’est pas bon parce qu’on se prend skud sur skud par ses supérieurs. Des explications ? Non. Une vraie écoute humaine ? Non. Un gros malaise ? Oui ! Un sentiment grandissant d’échec et de nullité ? Oui oui oui !!!

Avec un peu de chance, ça s’arrête avec la période d’essai et on peut se retaper un peu pour mieux rebondir. A condition de bien rebondir. Parfois il faut plusieurs rebonds…

Il y a le harcèlement « ouvert » … La technique que j’appelle « Une claque, un bonbon » … une des pires selon moi. La déstabilisation permanente. L’insécurité permanente. On ne sait jamais sur quel pied danser et bien sûr c’est encore pire en période d’essai… Ah les périodes d’essais. Merci Sarkozy, maintenant quand on est cadre on en prend pour 8 mois ! allez Hop ! 2x 4 mois … Après ça on a intérêt à être sur de son coup ! bref… le management qui fait qu’on ne sait jamais si c’est bien ou pas bien. Si on fait une erreur, c’est pas en tête à tête que le règlement de compte se passe mais en public devant tout le monde… c’est mieux. Il y a des managers comme cela qui aiment la méthode de l’humiliation publique, qui partent du principe que comme ils sont managers, nous les simples employés, même cadres, sommes de pauvres petits abrutis avec un pois chiche dans la tête, incapable de savoir … J’ai vu ça…la tyrannie à l’état pur. La culture d’entreprise ? ça va pas non ? Le confort des employés ? On s’en fout ! 


J’ai vu des employés qui n’osaient même pas rire ou s’accorder des moments de pause par peur du fouet … Un fouet virtuel j’entends… ambiance…

Alors forcément, après on s’étonne que les employés fassent le strict minimum. On ne comprend pas la mentalité de certains à faire juste « leurs horaires » .. Oui mais comment avoir envie de faire plus ? Comment donner envie de faire plus ?

Il y a longtemps j’avais lu ce livre « Bonjour Paresse » … c’est un peu trop à l’extrême à mon goût mais il y a des vérités :
Entre les salaires minables, les faibles avantages et la pression grandissante, certains sont poussés au craquage. Rentabilité, rentabilité. Les dirigeants n’ont que ce mot à la bouche. Alors oui je comprends la rentabilité, le besoin d’être compétitif mais je reste intimement convaincue et je l’ai vu en manageant moi même des personnes, que la productivité est mille fois meilleure, que les gens sont bien plus efficaces, quand on injecte une dimension humaine dans le travail, de l’écoute, de la confiance, de la considération… évidemment, ça va aussi de paire avec un salaire honorable et en accord avec le travail effectué …

A l’heure actuelle, les employeurs, les « managers » sont en position de force car c’est la crise. Il y a plus de demandeurs d’emploi que d’offres. T’es pas content ? La porte est ouverte. J’ai entendu un patron une fois le gueuler avec assurance! Si les gens sont pas contents, qu’ils dégagent ! Il y a la queue jusqu’à la gare de gens qui veulent bosser…. Beaucoup de juniors jeunes diplômés aux abois prêts à accepter n’importe quoi à n’importe quel prix pourvu qu’ils bossent…

J’invite aussi la lecture de ce très bon pamphlet même si là aussi quelques clichés :


Je suis passée par là moi aussi… j’ai peut être eu un peu plus de bol que les nouvelles générations. Par contre, je sais aussi aujourd’hui ce que je vaux. J’accepte certaines choses parce que la vie nous oblige à courber un peu l’échine parfois, mais dans ma tête je suis claire et jamais je ne me laisserai bousiller… je me dis aussi que tout mauvais passage n’est qu’un passage. Je sais que je ne perdrai jamais ma dignité et mon honneur. Je peux être un vrai bâton merdeux quand on se fout vraiment de ma gueule. 

Un jour les employés seront de nouveau en position de force. Je l’espère en tous cas et peut être enfin cette affreuse tendance à la maltraitance s’arrêtera … c’est pas gagné…

PS : si vous ne l’avez jamais vu, ruez vous sur l’excellent documentaire : La Mise à Mort du Travail … le titre parle de lui même … le journaliste Jean-Robert Viallet a d’ailleurs eu le fameux prix Albert Londres … Magistral.