Jours de colère et programme Rocky

Mon blog n’est pas mort ! Non. Je n’ai juste plus le temps de blogguer ou l’inspiration ne venant pas sur commande chez moi mes envies d’écrire tombent rarement au moment où je le peux vraiment (dans le métro, en réunion, en préparant le repas, …) … mais là je suis en arrêt maladie, chouette !

Eh ouais je me suis fait opérer pour la première fois de ma vie alors je suis obligée de vivre tranquillement pendant deux semaines, bercée par des anti douleurs au dérivés d’opium et de morphine, c’est cool…

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C’est cool parce qu’en vrai je passe une période de colère. De grosse colère. Comme dans le livre que j’ai acheté à ma fille.

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Une colère contre ce qui m’arrive depuis quelques temps, contre mes galères financières, contre mes galères en général, contre moi même qui n’ait pas réfléchi à certaines conséquences (comme le fait d’avoir toujours été habituée à être bien couverte avec ma santé et découvrir que là non, ) etc. bref, je vous passe les détails …

On se dit, on nous dit : c’est que de l’argent. Ouais. Ouais c’est que de l’argent mais c’est peut être plus facile de dire c’est que de l’argent quand on n’en manque pas … ça aussi ça me met en colère.

En colère de voir qu’en étant une femme, jeune maman de plus de 40 ans à Paris dans la communication, je suis condamnée à me battre encore plus qu’avant pour avoir du travail de qualité et le garder … Quand je dis qualité je parle d’un travail à la hauteur de sa vraie valeur avec un salaire qui tient la route etc. Et ça veut dire que plus que jamais je vais devoir être un couteau suisse de ma profession avec le look qui va bien. On n’a pas le droit de lâcher prise en fait. Jamais. Pas trop quoi.

Et puis pour le management 2.0. humaniste on repassera. En France on a encore du boulot… y compris pour pouvoir se recycler ou varier les plaisirs sans être pénalisé financièrement…

Je crois que c’est pour ça aussi que je suis en colère. Parfois j’aimerai pouvoir faire pause. J’aimerai pouvoir me laisser vivre un peu et ne pas avoir à m’inquiéter de demain, d’après demain, de dans 25 ans !! Il doit y avoir des personnes pour qui c’est possible. Des natures. Moi je ne suis pas comme ça en fait. Et puis la vie me rappelle toujours que je ne peux pas être dans la catégorie à me reposer sur mes lauriers. En général, si je me relâche, j’ai un rappel à l’ordre bien cinglant. Toujours.

Moi qui voulais reprendre mon blog sur des sujets plus légers je crois qu’il va falloir que je me fasse une raison, ça ne sera pas encore cette fois ci !

Gros moment de lose comme on dit. On est physiquement diminué, acculé, coincé dans des impondérables qu’on ne choisit pas et on subit. On subit en criant intérieurement à l’injustice de ce qu’on traverse. On rumine. On enrage, on pleure, on trépigne. Et après ? Après faut encaisser et c’est là que le programme Rocky se met en place.

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Ce moment où tu as fait le tour de ta merde. Ce moment où tu sais que de toutes façons tu n’as plus le choix et que c’est marche ou crève. Ce moment où tu sais que de toutes façons c’est inhérent à ta personnalité, tu vas encore te battre pour surmonter ces difficultés parce que … Parce que pas le choix.

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Alors on serre les dents, on relève ses manches, on ravale son orgueil, on ravale son aigreur, on fait profil bas et on fait ce qu’il faut pour que les choses s’arrangent. On vit dans une société qui ne laisse pas de place à la faiblesse. On a le droit d’être fatigué, de lâcher un peu prise parfois, mais pas trop longtemps… pas trop … Il faut rester du bon côté de la barrière pour ne pas être écrasé … On vit dans une société de plus en plus inégale, plus extrême. C’est pas le moment de faiblir, je vous le dis.

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Moi je suis pas une fainéante Manu #loitravail

– Eh Manu tu descends ?

-Pourquoi faire?

Bon. Moi je suis pas descendue dans la rue aujourd’hui Manu (tu me connais bien, moi la travailleuse fainéante alors je t’appelle Manu puisqu’on est proches maintenant). Je suis une working Mum dans le privé et je peux pas me permettre de sécher le travail pour descendre dans la rue. Pas encore en tous cas. Et puis j’ai pas de RTT, pas d’avantages sociaux, j’ai accepté d’être pas cadre et même un CDD au début pour me remettre en selle, j’ai du baisser mon salaire parce que quand on arrête de bosser par choix ou parce qu’on t’as forcé la main, bah à 40 ans quand t’es une working mum tu fais peur alors pour que les gens aient moins peur t’acceptes aussi d’être moins payée …bref j’ai pas le temps et la liberté de descendre dans la rue crier à l’injustice sociale. Et pourtant je suis vachement forte pour crier à l’injustice sociale. Mais pas aujourd’hui. Alors à la place je t’écris.

Faut que tu saches quand même que globalement je suis vraiment pas d’accord avec la f…cking loi du travail. Et pourtant je bosse dans le digital, je suis la première à trouver qu’il y a des gens qui abusent du système (mais pas forcément ceux qu’on pointe du doigt en premier) – j’ai pas fait sciences po, j’ai pas le temps de tout lire, de tout éplucher, de tout analyser pour comprendre les p… d’ordonnances … j’ai pas le temps d’écouter les diatribes des uns et des autres chez Bourdin, ou Cohen … j’ai pas le temps. Je suis une working mum parisienne tout le temps speed qui essaie d’abattre le travail que j’ai à abattre du mieux possible. Et puis accessoirement j’aime bien mon job et j’ai envie de le garder ! Alors je lis des résumés, des avis de personnes éclairées et pfff…. franchement ça pue du cul la loi travail hein ?

Moi ce que je vois c’est qu’on tape tout le temps sur la tête des français en les traitant de feignasses, d’immobilistes, de réfractaires au changement, d’anti progrès, de râleurs, bref on a qu’à se sortir les doigts du cul quoi merde y en a marre comment ils font les autres ? Bah si les autres ils acceptent la précarisation, la disparition de leurs acquis sociaux j’ai envie de dire : tant pis pour eux ça les regarde ? Mais pourquoi nous on devrait accepter ? Pourquoi nous la France d’en bas, les classes moyennes, les classes populaires, les gens qui sont locataires à vie, qui paient pas l’ISF, qui arrivent pas à mettre assez d’argent de côté on devrait fermer notre gueule et encore accepter de se faire enculer à sec avec du gravier ? Hein ? Pourquoi?

Pourquoi on nous raconte toujours les mêmes conneries à base de chantage sur le fait que si les riches paient des impôts (trop) ils ne créeront pas d’emplois? Bon. C’est un peu caricatural mais ça se saurait quand même si les grosses boîtes qui paient moins d’impôts créaient plus d’emplois et d’emplois pérennes non ? Et puis la flexibilité du travail c’est gentil mais combien de boîtes sont prêtes à faire du management libéré, à autoriser le work from home pour les maman qui bossent par exemple ? Combien de CDD désormais qui bloquent les gens dans le développement de leur vie perso ? Non parce que faire un prêt à la banque, louer un appart (je parle même pas d’acheter) avec un CDD c’est tout de suite un « No Go » …. Alors qu’il faille changer des trucs, flexibiliser un peu, oui oui faut vivre avec son temps, faut s’adapter à l’économie mondiale, mais pourquoi faut il à tout prix précariser les gens et les traiter de faineants en plus ?

Pourquoi ce besoin de mépriser les travailleurs ? Pourquoi cette forme de dictature au nom du besoin de changer ? Moi je veux bien qu’on sanctionne ceux qui abusent du système mais dans ce cas qu’on le fasse de façon juste et équitable…tout le monde à la même enseigne, y compris les gros Mastodontes du CAC 40 et autres GAFA et pros de l’évasion fiscale, les banques elles mêmes … et qu’on arrête un peu de nous prendre pour des cons écervelés moutons … même si clairement on a voté mouton …

Moi j’y crois pas des masses à ta 3ème voie Manu … je sais pas quelle serait la bonne 3ème voie réellement applicable et réaliste et honnête … j’ai pas le temps… je regrette de ne pas avoir assez le temps d’y penser … je laisse ça à d’autres … moi je suis dans l’opérationnel, dans la trivialité hyper réaliste du quotidien tu vois… métro boulot nounou dodo…. Parfois je préfère pas penser à mon avenir parce que je sais que le CDi disparait, que bosser dans une même boite c’est fini, que les métiers mutent, tout mute de toutes façons (même moi j’ai une prémutation génétique … je suis une X-MEN … enfin une X-WOMAN – je t’expliquerai si tu veux -), et que plus je vais vieillir plus ça va être dur et si je me mets pas à jour en permanence je serai bonne pour la poubelle et je serai obligée de devenir coach ….(je plaisante … mais j’ai remarqué qu’à Pole Emploi quand t’es dans la com et que tu fais des bilans de compétences, coach ça revient souvent c’est marrant…) ….

Enfin voilà. Ta loi je l’aime pas, je l’approuve pas, je la trouve pas claire, tordue, pas juste, pas équitable et je suis même pas une fainéante d’abord.

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Salut Manu, à une prochaine dans une soirée, ou expo, je sais pas on pourra peut être se croiser un de ces quatre qui sait, le monde est petit …

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F…k les diktats de l’apparence et de la performance sociale !

Le diktat de l’apparence. Le mal du siècle. Le mal qui ronge les réseaux sociaux, qui fait sentir le 3/4 des personnes ratées ou au minimum pas assez bien.

L’apparence physique, le boulot, la vie sociale, les vacances, la vie amoureuse, la vie familiale, les hobbies, tout y passe. Le principe du « si t’as pas une rolex à 50 ans t’as raté ta vie » qui se décline à toutes les sauces.

Avec l’âge, l’expérience, dieu merci on se libère de plus en plus de cette pression, mais elle a la peau dure cette exigence de la performance, cette culpabilité insidieuse qui fait qu’on ne peut pas s’empêcher d’avoir une petite voix au fond de soi qui dit : c’est pas assez, tu peux faire mieux. La société aide à se sentir toujours frustré et insatisfait de ce qu’on est, de ce qu’on a. Je pense que rares sont les personnes qui se sentent pleinement épanouies.

Le besoin de prouver qu’on fait partie de la bande. Le besoin de prouver aux autres, à soi, qu’on vaut le coup, qu’on a de la valeur. Le besoin de reconnaissance sociale qui fait du bien à l’ego.

A l’heure où on prône le retour de la bienveillance, de l’altruisme, de la tolérance, de la gentillesse, où on condamne le harcèlement sous toutes ses formes, le body shaming, le burn out, … est ce que vraiment dans la réalité des faits ça se fait ressentir ? Est-ce que vraiment ces belles valeurs humanistes, cette bienveillance se retrouve sur les réseaux sociaux? Moi je ne trouve pas. Je trouve que c’est presque pire.

Je suis choquée par la violence des mots, par l’incapacité de la masse à réfléchir avant d’écrire (vomir) des phrases mal écrites d’une violence inouïe (absence d’éducation, de sens critique, de goût de l’effort, de goût à la réflexion)… je suis choquée de ce besoin permanent de montrer qu’on réussit et cette volonté d’écraser. Cela va jusqu’à la boîte pour laquelle on bosse (la marque employeur prend tout son sens dans la réussite professionnelle individuelle… plus tu bosses pour une boîte qui a une super réputation plus cela influe sur ton aura et ta bonne réputation à toi et inversement…vous avez pas remarqué ?).

Pour les femmes ce diktat est je trouve le pire de tous et me donne souvent envie de prendre le contre pieds (sans oublier la fameuse charge mentale). Je ne parle même pas de ceux qui ont un handicap (visible ou invisible)

D’ailleurs pas plus tard que ce WE j’ai posté une photo Instagram de moi en faisant la gueule. Et j’attends toujours le commentaire « bah pourquoi tu souris pas, tu serais tellement mieux en souriant » … ouais je suis Bozo le clown, Lorie, je passe ma vie à sautiller de joie, c’est bien connu!

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Je suis Dircom de métier, dans le digital depuis quelques temps, quadra, à Paris … la totale. Le cumul de miles. Le cumul de critères qui m’obligeraient plus que d’autres à être dans la performance sociale apparente, visible. Merci, mais non merci. Je préfère en rire comme le sketch de Florence Foresti !

J’ai toujours refusé la frime qui accompagnait mon métier. Bien sûr parfois, ça génère une frustration, une désillusion, un sentiment d’injustice (oui parce que les compétences, l’enthousiasme ne suffisent pas pour réussir dans mon milieu), mais c’est plus fort que moi. Je n’ai jamais réussi à me corrompre. J’ai toujours presque été fière de ma rebellion involontaire mais viscérale. Et pourtant j’adore mon métier, j’aime les gens. Je crois que je suis une bonne « manager » au vu des retours que j’ai pu avoir au fil des années des personnes qui ont bossé avec moi. Tout comme je pense avoir toujours fait du bon boulot. J’ai en plus la chance d’être bilingue anglais ce qui m’a toujours permis de bosser à l’international (atout majeur quand on est française, pays au niveau médiocre en langues étrangères)… Mais j’ai une aversion pour la panoplie, jusque dans le vocabulaire…J’aime pas l’esbroufe.

Pourtant, par exemple, le luxe me fait rêver. J’aime bien les belles choses, la noblesse que cela peut dégager (pas le côté bling bling clinquant hein) … J’ai même bossé dans l’hôtellerie de luxe (que j’aime toujours énormément) mais dans le luxe plus qu’ailleurs, il faut une panoplie. La panoplie de la fille qui réussit tout dans ce secteur est plus que jamais incontournable et gare à toi si tu rentres pas dans le moule. Et même si on le dit pas ouvertement, c’est tellement évident qu’on se le prend en pleine face à la moindre occasion dès qu’on ne rentre pas dans la case.

Moi j’ai pas de temps à perdre. Et puis ma vie fait que mes priorités sont ailleurs. Je suis pas idiote inflexible bornée. Je sais jouer le jeu quand c’est nécessaire.  Mais j’ai des limites et je les revendique. On ne juge pas un métier, une réussite sur un look. On ne juge pas des compétences sur un IMC et une joli visage.

Du coup, j’ai finalement orienté mon métier dans des domaines où l’apparence est moins fondamentale, où on peut même avoir une portée humaniste à son travail (le fameux sens que nous sommes désormais nombreux à chercher il paraît).

Il faut bien vivre aussi alors on fait des compromis quand même.

Je m’égare pardon. Revenons aux réseaux sociaux, à la bienveillance, au droit d’être humain.

Je revendique le droit de faire la gueule parfois, de poster des photos où j’ai le regard triste et le visage fermé. Je revendique le droit de râler et critiquer, de ne pas suivre le courant général parce que ça ne me convient pas (sans que cela fasse de moi une aigrie, une négative systématique, une méchante), je revendique le droit de dire que ma vie n’est pas parfaite mais elle est ma vie et je l’assume et elle me va. Je revendique le droit de dire que j’ai des kilos en trop qui ne font pas pour autant de moi une personne sans volonté (je fais un régime longue durée pour perdre au minimum 10 putain de kilos qui me pourrissent l’épanouissement – je pourrai faire un billet sur la discrimination professionnelle et sociale des personnes en surpoids), je revendique le droit d’être parfois vulnérable et de l’exprimer, je revendique le droit de ne pas être parfaite, de faire des erreurs, de ne pas toujours réussir et j’emmerde ceux qui imposent qu’il faut toujours aller bien avec un sourire banane.

Moi je suis plus Bridget Jones que Carrie Bradshaw, c’est comme ça. Et vive les fêlures et les éclopés de la vie !

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Ma revendication pour la journée internationale des droits de la femme #8Mars : Libérez le travail !

C’est la journée internationale des droits de la femme. Je le sais parce que les app de e-Commerce auxquelles je suis abonnée m’envoient des réducs spéciales pour cela dès 8h du mat…

On en est là ? Des années de féminisme pour avoir des réducs de shopping ?

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Si je devais faire une revendication politique dans mon pays pour les femmes ce jour ça serait : généraliser la flexibilité, la moblité et le work from home pour les femmes et particulièrement les mamans pour qui la pression est incroyablement plus forte.

Personnellement je pense avoir énormément de chance car j’évolue dans un environnement professionnel super flexible sur ce point. Ce qui fait que je peux arriver à 10h, partir à 17h40, bosser de chez moi en cas de maladie de ma fille, parce que j’évolue dans une structure digitale, un service dirigé par une femme, une confiance dans l’employé qui fait qu’on sait que le travail ne commence et ne s’arrête pas dans un bureau à une adresse fixe.

Ma journée des droits de la femme, c’est un peu une journée comme les autres en fait. Je dois être polyvalente, je cours, j’essaie de TOUT faire comme je peux, quitte à me négliger un peu au passage parfois.

Etre une femme, en France, aujourd’hui, classe moyenne ou pas, maman qui bosse, bah ça donne à peu près ça (en tous cas pour moi)

6h45 : mes yeux s’ouvrent automatiquement et je me dis : déjà ?!!!? – je pense déjà à ma journée de boulot, à tout ce que je dois faire, je me lève, en espérant que ma fille ne se réveillera pas avant que j’ai fini de prendre ma douche.

6h45/7h : je regarde mes mails pros et perso, FB, Twitter, je mets mes lentilles en faisant gaffe de pas me tromper d’oeil (l’autre fois ça m’est arrivé j’ai eu une vision très bizarre toute la journée), j’entends ma fille se réveiller mais papa est sympa, il la prend avec elle le temps que je me douche.

7h : je me douche. Depuis que je suis maman je ne me lave les cheveux le soir et plus tous les jours (de toutes façons il paraît que c’est mieux pour les cheveux?) je me regarde, je trouve que j’ai pris un coup de vieux, j’ai des cernes que j’avais pas avant et je me dis qu’il est temps que je refasse un peu mon balayage et que je me remette au sport … mais quand?

7h30 : je suis prête, je vais vite avaler mon p’tit deje, regarder les conneries et choses plus intéressantes sur les réseaux sociaux, je prépare le biberon de ma fille, je vais chercher ma fille. Je refuse de la stresser de la presser, je préfère arriver en retard plutôt que de la brusquer

7h55: je m’occupe de ma fille… on se réveille doucement, je lui fais un câlin, je la masse, je l’étire, on joue un peu …

8h10: Biberon papotage, je fais la petite vaisselle du petit deje, je la laisse regarder les Zouzous sur l’iPad, je pense déjà à tout ce que j’ai à faire, je réponds à des mails, je tweete, je prépare les affaires pour partir

8h30: j’habille ma fille je nous prépare je range du linge, je prépare la machine de linge pour mon chéri (oui oui j’ai un chéri qui aide quand même quand il peut)

8h45/50: on se met en route pour l’assistante maternelle

9h05/10: je pars de chez l’assistante maternelle au pas de charge jusqu’au métro et j’en prends pour 45 min. de trajet en espérant que tout aille bien Scénario idéal. Sinon je pars à 9h20 de chez l’assistante maternelle, je cours, le métro marche mal…

9h45/50: j’arrive au bureau, speed, je me rue sur mon ordi que j’allume, j’ai l’obligation d’être immédiatement opérationnelle. pas de pause avant au moins 1h pour abattre le travail que j’ai à faire. j’ai l’obligation d’être ultra productive.Le fait d’arriver en retard me stresse même si j’étais en réalité dans le boulot dès le réveil. Moi aussi j’ai été conditionnée à la présence physique au bureau et je fais partie de celles qui ne sont jamais totalement à l’aise en « work from home » même si c’est plus qu’appréciable et permet vraiment d’être productif!

12h45/13h15 : pause deje devant l’ordi la plupart du temps… j’essaie de compenser. pas tous les jours mais 90% de mon temps. Si j’ai un peu plus de temps je commande les couches de ma fille, je fais ma commande de courses sur un site de food shopping, je regarde les promos chez BabyGap, je fonce à la pharmacie acheter ce qui manque, j’envoie un texto a mon chéri pour lui dire de pas oublier le linge, …

13h15/17h40 je suis au taquet. J’essaie de faire tout ce que j’ai à faire sans m’éparpiller, sans perdre de temps, je vois déjà si oui ou non je vais devoir prolonger ma journée de travail après 21h quand ma fille sera couchée et qu’on aura dîné, fait la vaisselle, plié le linge etc  … est ce que j’aurai le loisir ce soir de me poser sur le canapé à 22h et m’endormir devant la TV parce que trop crevée?

17h45/18h: je pars du bureau en courant pour aller chercher ma fille si son papa peut pas et après c’est timé sachant que je fais tout pour passer du temps qualitatif avec ma fille aussi.

Je fais vite, je fais vite, je bâcle un peu mon billet parce que j’avais cru avoir le temps mais en fait non … en fait je dois déjà me dépêcher et passer à autre chose et comme je veux que ce soit posté le jour J sinon c’est un peu bête, voilà.

Le message c’est : Employeurs : facilitez la vie des femmes (et des hommes aussi bien sûr).

Instaurez la confiance, la liberté, la souplesse. Le présentéisme au bureau pour prouver qu’on est bosseur c’est fini. C’est OUT depuis des années. Moi qui ai toujours bossé quasiment dans des boites anglo saxonnes il n’y a qu’en France et dans des boîtes franco-Françaises que j’ai été regardée de traviole quand je partais à 18h du bureau.

Regardez cet article

Allez. Sur ce, à bientôt et rappelons nous que ça fait pas si longtemps que ça en France qu’on a le droit de vote et le droit à l’IVG … mais on a encore du boulot côté sexisme, égalité des salaires et j’en passe …

Désolée les mecs, mais c’est vrai. Le machisme à la dent dure.

 

 

 

 

Droit de réponse à l’article d’Atlantico de la part d’un papa d’X Fragile

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Messieurs,

Dans un article du 2 janvier 2017, Atlantico interview Michel Bénézech, psychiatre, criminologue, etc., à partir des résultats d’ une récente étude de neuroscientifiques de Caroline du Nord et de Nouvelle-Zélande qui aurait constaté que 20% des enfants de 3 ans ont 80% de chances de devenir des criminels d’après l’état de leur cerveau

Le résumé de cette étude est disponible ici

http://www.nature.com/articles/s41562-016-0005.

Il ne porte en aucun cas sur la propension à devenir criminel mais sur la propension à devenir un fardeau économique, criminalité entre autres. La présentation que vous faîtes de cette étude est donc biaisée, voire mensongère.

Les conclusions de cette étude ont été largement critiquées, notamment parce qu’elles reposaient uniquement sur des observations comportementales, en non pas sur des examens cliniques de l’état du cerveau (scanner, IRM, etc) ni sur des analyses biogénétiques.

http://blogs.discovermagazine.com/neuroskeptic/2016/12/19/neuroscience-potential-criminals/#.WG0PtFzwk7E

Partant de là, votre prétendu expert, dont rien n’indique qu’il a une quelconque compétence en biogénétique, affirme :

 » on connaît depuis longtemps des facteurs de risque criminel de nature biologique, certains étant héréditaires comme la faible réactivité du système nerveux autonome : niveau cortical d’éveil plus bas (diminution de la fréquence cardiaque et de la réaction électrodermale), extraversion, impulsivité, névrosisme (anxiété, susceptibilité, irritabilité). D’autres facteurs de risque plus rares sont liés à des anomalies génétiques (chromosomes X et Y supplémentaires, syndrome de l’X fragile, gène ATRX…)”

Or, ceci est faux, ainsi que l’a démontré à plusieurs reprises Bertrand Jordan, qui lui est compétent. Il a notamment montré comment le gène de l’X Fragile a pu être à un moment  considéré comme le gène de la criminalité. Vous en trouverez la description ci-dessous.

Extrait de « Les peurs collectives » par Sylvain DELOUVEE,Patrick RATEAU,Michel-Louis ROUQUETTE, ci-dessous, montre comment le gène de l’X Fragile est devenu le gène du crime pour des pseudo experts et journalistes peu scrupuleux, et plus préoccupés de faire du sensationnalisme que de l’information.

Un autre des obstacles majeurs à la diffusion de la connaissance scientifique est que celle-ci est souvent désenchanteresse et peu spectaculaire, ce qui incite parfois les médias à choisir de rendre l’information scientifique plus attractive qu’elle ne l’est en réalité. Dans l’introduction de son livre « Les imposteurs de la génétique » (2000), Bertrand Jordan a montré comment certains fantasmes concernant le progrès scientifique, l’urgence de la diffusion de l’information et l’intérêt pour le sensationnel avaient pu faire écrire en 1996, dans le « Courrier International », qu’un test permettant d’établir la présence d’un gène criminogène chez un individu allait être mis au point en Grande-Bretagne. Ce gène là est un vieux serpent de mer de l’imaginaire biologique. Il est le contenu d’une idée simple qui marque les esprits, et qui permet de rendre compte facilement de comportements comme le crime, l’alcoolisme, l’homosexualité, etc. OR, s’il est vrai que les gènes expliquent bien des choses, peu de scientifiques seraient prêts à dire qu’ils suffisent à expliquer un phénomène aussi complexe que la déviance par exemple, tandis que bien des journalistes pourraient le faire sans état d’âme.

Jordan se demande donc comment une nouvelle de ce type a pu être publiée dans un journal de bonne réputation. Il remonte le chemin qui de « Courrier international » à un article de « La Stampa », de « La Stampa » au « Daily Mail », du « Daily Mail » à un texte paru dans le « Sunday Times » mène à un entretien téléphonique accordé par le professeur Howard Cuckle. Or ce dernier n’avait rien évoqué d’autre que le syndrome de l’X fragile sur lequel, en effet, un test à grande échelle allait être mis en œuvre et qui, pour un scientifique, n’a rien à voir avec l’idée d’un gène de la criminalité. L’information s’est déformée par incrémentation au point de s’identifier à un stéréotype spectaculaire de l’imaginaire de la biologie. « Courrier international » s’est bien fendu d’un rectificatif, mais on imagine aisément qu’il a eu beaucoup moins d’impact dans l’opinion publique.

….

Plus récemment, dans une analyse d’une étude finlandaise sur une éventuelle association entre 2 gènes (MAOA, HTR2B) et criminalité, Bertrand Jordan conclut :

http://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2015/01/medsci20153101p105/medsci20153101p105.html

….

« C’est peut-être le point le plus important de cette étude (et de celles qui l’ont précédé) : malgré tous les efforts déployés, on ne détecte pas de gènes dont un allèle aurait un effet majeur et conférerait à son porteur un risque relatif élevé de violence ou de criminalité. Compte tenu de la sophistication des échantillons et des méthodes, cela signifie que de tels gènes n’existent pas.

Néanmoins, ce travail n’échappe pas au risque de surinterprétation, favorisé par des ambiguïtés dans sa présentation « 

….

Ainsi donc, Michel Bénézech, expert contributeur à Atlantico, et Atlantico appartiennent à la catégorie pour des pseudo experts et journalistes peu scrupuleux, et plus préoccupés de faire du sensationnalisme que de l’information, tels que mentionnés dans “Les peurs collectives” cité ci-dessus.

Il me parait que la moindre des choses que vous puissiez faire est de publier le rectificatif qui précède, ce que je vous demande instamment de faire.

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Salutations

Christian Fuchs

Père d’un enfant XFragile