L’IMPOSSIBLE TOLÉRANCE …


Bonsoir les ondes.

Maintenant que l’élection présidentielle est passée je vais essayer de reprendre un rythme un peu plus régulier avec mes blogs. Oui j’ai fais partie de ces gens qui se sont littéralement donnés corps et âme à cette élection. J’ai fais partie de ces personnes qui se sont épuisées sur leur mur facebook et twitter pour participer au débat, pour essayer d’agiter les pensées…

Ce matin j’ai lu avec délectation, horreur sur les blogs actu & société et humeurs de Hellocoton que je n’avais pas été la seule à me lâcher et que je n’étais pas la seule à m’interroger sur le bienfait, l’utilité de ces agitations, que je n’étais pas la seule à ressortir de cette élection totalement lessivée.

J’ai toujours pensé que c’était important d’agiter un peu le monde. Sinon on s’endort sur ses lauriers, on devient un mouton et rien ne bouge. Donc l’agitation a du bon. Beaucoup de grandes causes ont pu avancer grâce à l’agitation de certaines personnes.

Alors là, cette fois, au lieu d’être une agitatrice pour la reconnaissance du handicap mental, pour la dénonciation de la misère et de l’injustice sociale, je me suis lancée dans l’élection présidentielle. Je me suis sentie investie d’une mission de propagande de ma croyance, de ma conviction politique (celle de la majorité qui a remporté l’élection…) … MAIS, je me suis heurtée à une grande quantité de détracteurs.

Et je dirai que ma tolérance a été mise à l’épreuve. Celle de mes détracteurs aussi. Et la vérité c’est que PERSONNE n’est vraiment tolérant. On essaie juste mais ça ne marche pas longtemps. On essaie d’être sage, diplomate, éduqué. Tout de même, beaucoup de gens peuvent nous lire. Il en va de notre réputation alors on fait attention. On essaie de commencer sur le ton de l’humour souvent… ça passe mieux. Mais la vérité vraie, c’est que ça ne passe pas du tout.

La vérité vraie c’est que PERSONNE ne supporte d’avoir sa croyance remise en question. La vérité c’est que chacun a sa propre réalité, son interprétation personnelle des sujets. Dans le cadre de cette élection et donc de l’interprétation des programmes politiques – (Allez… espérons que les gens ont voté surtout pour un programme et pas à la gueule du client..). – j’ai donc constaté que chacun piochait ce qu’il voulait piocher et comprenait comme il voulait comprendre… EN TOUTE BONNE FOI !

Tout le monde est convaincu de détenir LA vérité, la JUSTE VÉRITÉ. Chacun d’entre nous est sur et certain d’avoir raison. Chacun d’entre nous dit qu’il est ouvert au débat, prêt à faire des concessions, prêt à se remettre en question mais c’est FAUX. La vérité c’est que dans la majorité des cas, les gens restent campés sur leurs positions. Pire encore sont ceux qui sont totalement imprégnés de leur éducation et de ce que leurs parents, grands parents leur ont inculqué… même les amis, les patrons … ça fait partie du processus d’integration, du sentiment d’appartenance. On vote en famille qu’ils disaient dans les média. Mais oui j’ai vu ça ! Des familles d’UMP, des familles de socialistes la rose au bec, …

Cette élection présidentielle a été l’exemple PARFAIT de l’INCAPACITE TOTALE que nous avons tous a être tolérants. Mais VRAIMENT TOLÉRANTS.

J’ai toujours vécu dans la différence alors pour moi, les efforts d’intégration ça a toujours fait partie de mon processus de vie. J’ai grandi aux Caraïbes et à 5 ans j’étais la seule blanche de mon école qui ne parlait pas un mot d’anglais. Il a fallu s’adapter ! Et ma vie a toujours été comme ça. Le retour en France et la réadaptation a un autre mode de vie, d’autres mentalités, souffrance, et au moment où on y arrive, rebelote repartir au Moyen Orient. Une autre vie, s’adapter encore. Une soeur qui a eu des difficultés de vie adolescente qui a connu l’enfer de la maltraitance par les autres, du harcèlement, du racket. Un frère handicapé mental. Toujours, très vite, tout le temps j’ai senti l’INTOLERANCE. Et toujours, tout le temps il a fallu que je me batte pour moi, pour ceux que j’aime, pour faire accepter, pour défendre. C’est presque un sacerdoce chez moi. MAIS je le reconnais volontiers, je suis moi aussi devenue intolérante. L’intolérance que j’ai est celle du mépris, celle du dédain, celle de la méchanceté. Je suis prête à ce qu’on ne soit pas d’accord avec moi. ça fait une vie que je suis habituée à ce qu’on ne soit pas d’accord avec moi. Mais ce qui me fais sortir de mes gonds et qui me rends féroce, teigne, mauvaise, dingue, c’est de sentir le mépris et la condescendance, c’est de sentir l’envie d’écraser chez l’autre.

Dans ce cas je deviens comme HULK. J’enfle de colère, et je deviens hors contrôle et ma révolte, mon sentiment inouï d’injustice prend le dessus et je ne lâche plus l’affaire. je renchéris, je renchéris, jusqu’à épuisement, jusqu’à ce que je n’ai plus la force, plus l’envie de convaincre. Parfois je perds.


J’ai perdu des connaissances pendant cette élection. Et je pense que j’ai aussi perdu des amis. Ou plus exactement j’ai fini de les perdre car je les avais déjà un peu perdus de toutes façons. On change, on évolue tous différemment. C’est triste de perdre des amis. Parfois c’est inéluctable. C’est la vie.

Cette élection aura eu comme seul bienfait de me faire voir certaines personnes comme elles sont réellement. Les gens se sont un peu révélés au travers de leurs propos, de leur réactions. Pour certains je les pardonne. Je ne leur en veux pas. C’est lié à la jeunesse, au manque de vécu, au manque d’expériences. D’autres c’est un côté obtus contre lequel il est impossible de batailler… mais pour ceux qui ont exprimé du mépris, un sentiment de supériorité, une condescendance mal placée, une agressivité dégueulasse, ceux là, ceux là … ils peuvent s’en aller…et j’admets que j’ai pu faire le même effet (c’est même sur) à d’autres. Comme on dit on est toujours le con de quelqu’un n’est ce pas ?


En tous cas, moi compris, je crois que cela reste un exercice bien difficile que celui d’accepter en profondeur le désaccord, la confrontation. Quand ça se passe bien, dans un bon esprit ça peut être constructif et agréable mais la plupart du temps ça vire au règlement de compte à OK Coral et c’est la guerre.

Ah on a encore du boulot les êtres humains…

Moi j’aime pas la St. Valentin … ….

Bonjour, bonjour !


Aujourd’hui, au cas où on s’en souviendrait pas c’est la St. Valentin. J’aime pas la St. Valentin. Après je suis bien embêtée parce que c’est AUSSI l’anniversaire de ma petite soeur alors HAPPY BIRTHDAY ma Barbara chérie 🙂

Mais sinon, j’aime pas la St. Valentin. D’abord, j’aime pas ce côté « forcing ». C’est pas parce que c’est la St. Valentin que tout à coup il faut s’aimer plus que d’habitude ou soudainement se transformer en couple ultra romantique ou porno hard sous prétexte que TONIGHT’S THE NIGHT ?!

Et puis j’aime pas la St. Valentin parce qu’à chaque fois ça fout dans la gueule des célibataires qu’ils sont tous seuls. Et ça c’est moche. Parce que des célibataires, il y en a un paquet. Et moi je l’ai été célibataire. Et j’oublie pas… On rit jaune. On fait contre mauvaise fortune bon coeur. On se dit, ouais, nous on va faire des « anti St. Valentin » entre Keupines, ça sera drôôôôle ! Ouais c’est drôle une fois qu’on s’est sifflé une bouteille de vin ou de champagne mais le soir, toute seule dans son lit froid avec une gueule de bois en préparation c’est un peu moins marrant….

Et puis la St. Valentin, pour les couples comme pour les célibataires, ça nourrit de faux espoirs. On va pas se retrouver tout à coup immergé dans des scènes de comédies romantiques de films Américains. Avant j’étais romantique neuneu. Quand j’étais en couple vas y que je te mettais de la bougie, du petit plat mitonné, de la jolie lingerie, j’attendais avec ferveur mes roses rouges et une bagouse (si si j’ai déjà eu une bagouse) …
Et comment ça s’est fini ? Hein hein ? Dans les deux cas je me suis retrouvée quelques années plus tard, larguée comme une merde, sur le carreau et la St. Valentin ça me faisait une belle jambe…

Maintenant j’ai un amoureux qui n’a jamais fêté la St. Valentin. Impossible de savoir quel jour c’est si je ne lui rappelle pas. Il n’est PAS ROMANTIQUE. Bon. J’aurai bien aimé qu’il le soit un peu mais je ne vais pas le changer… C’est pas le genre bisou bisou ma chérie je t’aimeuuuuuuuh tou es la femmeuuuuu de ma viiiiie … Nan… Il est plus rustique que ça ! Alors parfois ça me désole un peu mais bon… Je préfère qu’on soit dans l’amour pour de vrai tous les jours que dans une espèce de mascarade romantique un seul jour.

Alors comme je suis un gros paradoxe ambulant, je tiens quand même à marquer le coup aujourd’hui. Je vais peut être cramer mon carnet de tickets restau pour un super gueuleton de Japonais à emporter… On va peut être s’offrir des petits cadeaux à la con…

Mais voilà. J’aime pas la St. Valentin. C’est pénible comme fête. ça rend triste les tous seuls et ça « oblige » les « en couple » …

Vivement demain ! Enfin sauf pour ma petite soeur ! 

WHAT THE F ….* CES ELECTIONS VONT ME RENDRE DINGUE …!

Bonsoir les ondes. Je ne sais pas vous, mais moi, ces élections présidentielles, elles me prennent aux tripes malgré moi. Malgré moi je me sur-investis, je me révolte comme une dingue en lisant la presse, je suis sur-connectée sur twitter, facebook, les sites d’infos, les blogs des uns et des autres, bref … je suis un peu cinglée de me stimuler le ciboulot à ce point avec tous ces média mais il faut bien avouer que c’est hyper tentant !

Maintenant, vous l’aurez bien compris je ne suis pas pour le retour de Sarkozy aux présidentielles. J’essaie de ne pas être primaire dans mon rejet. J’essaie de ne pas juste saquer l’homme. C’est plutôt cette politique ANTI SOCIALE et ANTI HUMAINE que je déplore. La présidence des Riches…. Bon j’essaie AUSSI de NE PAS devenir une ANTI-RICHE basique ou ANTI-BOURGEOISE basique parce qu’après tout, on peut habiter Neuilly et être classe moyenne, se fringuer avec un Barbour en allant à l’église le dimanche et avoir le coeur à gauche… c’est vrai quoi… D’ailleurs j’habite moi même dans un quartier un peu « geoisbour » de Paris et avec mon look de blondasse bien élevée, on pourrait tout à fait me cataloguer au rayon bourge’ … mais avec une bonne touche rebelle quand même hein ;)) Non c’est vrai j’ai pas de barbour et je suis pas au carré …

Bon voilà quoi on se comprend. Le fond c’est que je ne veux pas d’une politique qui s’acharne à traiter les chômeurs de fainéants, où on accuse le bas de l’échelle de tous les maux alors que le problème vient d’en haut ! C’est comme les mauvais managers qui au lieu de se remettre en question accusent toujours les pauvres juniors qui n’ont pas l’expérience suffisante pour savoir…

C’est tellement facile de faire ce genre de racolage ! Mais les Français ne sont plus dupes. Ils en ont marre de ces discours qui divisent, de ces discours sécuritaires, de ce côté : vous les braves gens qui bossez votre pleine peau, arrêtez de payer pour toutes ces feignasses !



Ce matin sur ma page facebook, tous mes amis qui ont connu le chômage, qui sont cadres pour la plupart, se sont étranglés de révolte en lisant cette histoire de référendum. Moi j’étais dans tous mes états. 7 mois de chômage à chercher comme une dingue, à bien sûr revoir à la baisse mes attentes, mes prétentions salariales etc. mais de là à me brader totalement ? De là à faire un boulot qui n’a rien à voir avec ce que je sais faire de mieux ? ça va pas non ? Et aller à toutes ces formations, réunions Pôle Emploi où au final on se rend compte clairement que toute seule avec tous les moteurs de recherche d’emploi et Google, on s’en sortira aussi bien, franchement, on a envie de tous les prendre là ces bonhommes perchés dans leurs sphères de politiciens nantis et de leur imposer un vrai « vis ma vie de chômeur »… Comme ça pour voir.


Alors non je ne veux pas devenir une Anti Sarkozy basique car de toutes façons il est conseillé, il n’est pas seul décisionnaire dans ces histoires mais clairement pour moi en Avril 2012 ça sera TOUT SAUF SARKOZY … et LePen, évidemment mais bon… j’ai bon espoir de ce côté là.

Même les Britanniques du très respectable The Guardian notent le désamour de Sarkozy avec le PEUPLE (Le Monde s’est donné la peine de le traduire alors je mets la traduction c’est plus facile)



Dieu merci, il y a des réactions contre ces idées de merde :



Le jour où nous aurons une vraie alternative, une politique qui prend en compte les réalités économiques sans pour autant SAIGNER les petites gens et les classes moyennes, alors peut être que nous irons mieux…

J’ai lu cet article ce soir avant de partir du bureau… j’ai eu les larmes aux yeux. Vraiment. ça m’a fait tellement de peine, et ça m’a mis tellement en colère contre tous ces technocrates / bureaucrates qui croient détenir des solutions théoriques sur comment on doit faire pour rester COMPÉTITIFS …et qui MÉPRISENT littéralement les gens.

Moi quand je lis ça je suis désolée mais je m ‘en fous que mon pays soit Number One of zeu world … je veux juste que cette misère cesse…

LA JUSTICE SOCIALE NE VEUT PAS DIRE ANTI RICHES …



Bonsoir les ondes,

c’est vrai qu’on entend de plus en plus parler de LUTTE CONTRE LES RICHES. Et j’avoue j’ai tendance à devenir moi aussi un peu « anti riches » … mais ce n’est pas juste et ce n’est pas exactement ma démarche…


J’ai pensé faire un billet sur le sujet car je me rends compte avec les Présidentielles qui arrivent, que tout le monde s’emballe (moi la première) et que les bas instincts se réveillent, on devient tous passionnés, violents parfois dans nos réactions et nos propos parce que touchés au coeur par tout ce qui se passe, que cela nous arrive directement ou indirectement…

Voilà des articles à lire et à écouter :




Ce qui est très intéressant concernant l’article du Monde c’est d’aller sur leur page facebook et de lire les commentaires des lecteurs.. c’est époustouflant. La HAINE des pro Droite et à l’inverse, le MEPRIS buté des gauchistes qui ne sont pas d’accord.


Chacun a sa légitimité et tout le monde se plante et se trompe dans ses interprétations… par exemple, les petits patrons de PME qui se sentent persécutés et qui croient qu’on veut les saigner encore plus alors que NON !

Le problème ne vient pas des « intermédiaires »… le problème ne vient pas des entrerpreneurs, le problème n’est pas d’être riche ou d’avoir le droit de l’être, le problème c’est de quelle façon on le devient !

Si c’est au détriment des « petites gens » je ne suis pas d’accord. Si on gagne des millions voire milliards sans permettre à ses employés d’en voir la couleur c’est injuste…

J’en ai marre de lire les fachos qui disent que c’est la faute des ‘feignasses’ de fonctionnaires, des ‘feignasses’ d’immigrés, des ‘feignasses’ de chômeurs, … Mais merde à la fin, cumulés ces gens là coutent queudale et sont injustement catalogués et blamés alors que le problème vient D’EN HAUT !!!!

OUI OUI OUI et RE OUI, SARKOZY et sa bande ont favorisé les RICHES. Les TRES RICHES. 




OUI OUI OUI c’est NORMAL de PAYER PLUS d’impôts quand on en a les moyens. Quand on est payé 10 000€ par mois et qu’après imposition il nous reste 5 000€ par mois c’est pas si mal ! Bon alors après faut voir au cas par cas… L’autre jour je lisais un article d’un type qui avait sa mère à charge, un frère handicapé, des enfants, bref… Il était raide avec ses 5 000 € par mois parce qu’il avait beaucoup à donner à côté…


Moi j’ai plus la rage contre les bonnes femmes interviewées sur France Inter ci dessus…les bonnes femmes qui ne bossent pas, qui passent leur temps à claquer du fric qu’elles n’ont pas gagné par labeur et qui traitent les gens de feignants depuis leur salon de coiffure à Neuilly…

Mais dans quelle réalité vivent les riches ? C’est ça le truc… Au delà d’un certain niveau de vie, ces gens ne savent plus ce que c’est que les transports en commun, les supermarchés, les horaires de boulot dingues, la fatigue inouïe qui t’enlève tout, les choix à faire, les sacrifices, les agressions … Ils ne savent plus… ils n’ont peut être jamais su d’ailleurs … Ils sont tellement loin de la vie de Monsieur et Madame Toulemonde…

Les riches se sentent attaqués, menacés, … ils le sont… je pense qu’ils le sont… ça sent la révolution… le peuple gronde, la France d’en bas en a ras le bol… mais ce qui est écoeurant c’est que même les soit disant « à gauche » ne sont pas honnêtes…

J’ai lu ce commentaire d’une lectrice suite à l’article du Monde ci dessus que j’ai trouvé édifiant :

« A l’aube d’une période d’austérité et d’un plan de rigueur pour la France, il peut être intéressant de connaître la liste (non exhaustive, tirée du « Nouvel Observateur » n° 2359 du 21 Janvier 2010) des personnalités qui ont fui fiscalement le pays pour s’installer en Suisse, ou dans un autre paradis fiscal.–> S’ils l’ont fait en toute légalité (achat d’une résidence en Suisse, séjour inférieur à 6 mois sur le sol français), il est par contre inadmissible que certains d’entre eux continuent à s’immiscer dans la vie politique française, en participant activement aux campagnes électorales, pour soutenir tel ou tel candidat, ou pire, en étant officiellement investi par l’État pour représenter la France à l’étranger, comme c’est le cas actuellement pour Alain Delon qui est le parrain officiel du pavillon français à l’exposition universelle de Shanghai

Parmi les plus actifs dans ce domaine, il y a donc :
Alain Delon à Genève depuis 1999.
Johnny Hallyday à Gstaad depuis 2006.
Charles Aznavour résidant à Genève.
Patricia Kaas

Moins étonnant, mais encore plus scandaleux, des Personnalités des affaires qui exercent actuellement (ou ont exercé récemment) un pouvoir politique économique ou financier en France, parmi eux : 

– Antoine Zacharias (Vinci).
– Claude Berda (AB groupe, TF1).
– Daniel Hechter (couturier).
– Jean-Louis David (salons de coiffure, cosmétiques).

Mais aussi des rentiers et des héritiers, dont les fortunes ont été créées en France, avec la participation de centaines de milliers d’ouvriers français :

– Eric Peugeot.
– Jean Taittinger (PDG de la société du Louvre, ancien ministre de la justice et député de la Marne).
– Philippe Hersant (patron de presse du Groupe Hersant).
– Corinne Bouyques (héritière de la fortune Bouygues ).

Les familles :
– Defforey (Carrefour).
– Mulliez (Auchan).
– Halley (Promodès).

Tous résidant à Genève ou aux environs. Tous de bons Français !!!!

Sans oublier… Michelle LAROQUE qui a son argent aux Etats Unis (compagne de François Baroin, ministre de l’Economie) ! Le cas d’Emmanuelle BÉART… est particulièrement intéressant. (elle manifeste EN FRANCE pour que les Français accueillent et nourrissent les « sans papiers » !….puis s’en retourne en Suisse, tranquillement… ).

Et Florent Pagny, qui vit en Argentine, a refusé de payer ses impôts en France, mais vient donner des leçons de générosité aux français avec les enfoirés. C’est effectivement bien un enfoiré.

Mais celui de NOAH qui vit aux USA et ne vient en France que pour vendre ses disques et ponctionner encore plus les Français qui l’élisent régulièrement le FRANÇAIS le plus populaire de l’année… Et en plus il fait des commentaires sur la France…. Et il refuse obstinément de rembourser 1.000.000 d’euros de redressement fiscal pour lesquels il a été condamné judiciairement.

Si ces gens n’aiment pas (fiscalement) la France, qu’ils la quittent et qu’ils l’oublient, et surtout qu’ils n’en profitent pas quand ils en ont besoin (comme par exemple pour venir s’y faire soigner).

A tous les français qui vont se serrer la ceinture dans un proche avenir, nous proposons de boycotter les concerts, les disques et les livres de tous ceux qui ne participeront pas à l’effort de solidarité nationale et aux médias, nous demandons de ne plus offrir de tribunes télévisées (pour la promotion de films et de disques) aux artistes concernés et de ne plus faire de sponsoring aux sportifs exilés.

Aux députés nous demandons d’instaurer une loi pour qu’il ne soit plus possible pour un évadé fiscal de venir se faire soigner en France (dans un hôpital public) ni de représenter officiellement la France à l’étranger.

Vous pensez que ce message est légitime, faites-le circuler.
Il aura peut-être le pouvoir de ramener certains de ces égarés fiscaux à revoir leur position.

Maintenant, il reste à trouver le Député qui aura le cran de présenter un texte, et là, ce n’est pas encore gagné !…. »

Voilà. Quand on lit ça, c’est vrai on reste sceptique sur l’honnêteté et l’intégrité des uns et des autres… Et quand bien même je préférerai quoiqu’il arrive voter Hollande que Sarkozy, quand je vois ça, j’ai quand même les boules :

Alors qui croire, pour qui voter ? Dans tous les cas, par principes, je voterai contre l’Argent qui va à l’argent. Je voterai CONTRE un système qui produit de l’injustice. Je voterai CONTRE un système qui privilégie les nantis et suce toujours plus les plus faibles donc oui je voterai à gauche puisqu’être humaniste nous place là… Mais ça ne veut pas dire que je suis dupe… Donc peut être qu’on y viendra à la révolution. La vraie. J’espère que nos chers politiciens lisent tous les commentaires des lecteurs, lisent bien tout ce que les gens disent … pour réfléchir et se remettre en question en profondeur. Je veux croire qu’il y a une alternative…

L’IVG DE CONFORT, CA N’EXISTE PAS !

Bonsoir les ondes.
 
Je préviens, cette nuit j’envoie du lourd. Âmes sensibles s’abstenir.
 
Comme je travaille, bien que je sois connectée en continu sur les réseaux sociaux, je loupe souvent les moments d’effervescence, notamment sur twitter.
 
Aujourd’hui, un hashtag m’a intrigué particulièrement : #IVGdeConfort
 
J’ai vu plein de personnes réagir- beaucoup de femmes bien sûr mais avec plaisir pas mal de mecs aussi – sur ce sujet. J’ai voulu comprendre !
 
Et puis d’abord j’ai trouvé cet article du Figaro qui m’a littéralement révulsée :
 
 
Et puis grâce aux Bridgets sur Twitter, j’ai trouvé l’origine :
 
 
Et là je me suis juste sentie ENRAGÉE. Enragée parce que l’IVG n’est effectivement pas un moyen de contraception mais c’est une chance inouïe que nous avons.
 
Il y a l’IVG thérapeutique / Médical, effectivement, là on ne se pose pas la moindre question… et l’IVG tout court. Celui qui fait qu’on a le droit parfois de pouvoir DECIDER de OUI ou NON porter et garder la vie. Ce n’est pas un acte anodin. Et ce n’est CERTAINEMENT PAS un acte de CONFORT !!!! Ceux qui disent ça ne connaissent pas ce que c’est. Louis Aliot a de la chance de ne jamais avoir eu à avorter. Peut être que Monsieur Louis Aliot a une fille et si sa fille de 15 ans était tombée enceinte accidentellement ? Il l’aurait empêchée d’avorter pour lui donner une bonne leçon ? Si sa fille (je ne le souhaite pas ) s’était fait violer et était tombée enceinte à la suite d’un viol, il l’aurait obligée à garder l’enfant ? Si sa fille était jeune, trop jeune, en pleine lancée, précaire, il l’aurait obligée à garder l’enfant ?
 
Les accidents ça arrive. Même aux plus prudentes. Même aux filles sages. Je vais vous raconter mon expérience personnelle. Je n’ai pas de tabou avec ça. Sûrement c’est ma façon de l’exorciser. C’était l’été de la canicule en 2003. J’avais 27 ans. J’étais une grande fille autonome dans la vie active. Mais c’était un accident. … Plus jamais ça… je me le suis juré… Mais n’empêche. MERCI l’IVG. MERCI SIMONE VEIL. MERCI DE DONNER LE CHOIX AUX FEMMES.
 
Et que Monsieur Aliot se rassure, j’en ai bien chié ma race… et c’était loin d’être confortable…
 
PLUS JAMAIS ÇA 

Je ne suis  plus enceinte. J’étais enceinte. Mifépristone. Les fameux comprimés RU. Trois comprimés, suivis 36 heures plus tard des nécessaires prosta-glandines qui favorisent l’évacuation finale. La petite grande expulsion de ce que je ne pouvais pas garder.
 
Ce n’est pas que je ne voulais pas. Je ne pouvais pas. Pourquoi je ne pouvais pas ? Plein de raisons et ma raison. Ma vie. La vie. C’est à cause de la vie que j’ai paradoxalement du choisir la mort.

Je ne prenais plus la pilule depuis trois ans. Il paraît que c’est bien de faire un break. Comme ma vie affective était comme des montagnes russes, c’est vrai que je ne voyais pas non plus l’utilité de continuer à la prendre.

Entre temps, mes aventures se sont passées à 90% sous préservatifs, tampons pharmatex et 2-3 pilules du lendemain…

J’étais en contrôle. Je suis une parano de la grossesse accidentelle. Porteuse d’une maladie génétique grave avec 50% de chance de la transmettre à chaque fois, raison de plus…

Pourtant, j’ai déconné. 2 nuits. 2 partenaires différents à une semaine d’intervalle. Mon ovulation au milieu. Un accident. Un pu-tain d’accident. Un malheureux accident… Parce que ça n’arrive pas qu’aux autres. Parce que ça m’est arrivé à moi.

Parce que j’avais envie d’amour, parce qu’eux se proposaient de m’aimer. Alors je les ai laissé. Mais je n’en voulais pas tant … Je n’avais jamais voulu imaginer que cela puisse m’arriver.

Deux jours de retard et j’étais déjà paniquée. Et j’avais des nausées anormales…Non ce n’était pas une gastro en plein mois d’août caniculaire… Parce qu’on se connaît. Parce qu’on le sait. Je le savais. Je suis réglée comme une horloge suisse…J’ai fait un premier test. Négatif. Je me crois momentanément « sauvée ».

Semaine du 15 août, je suis en famille sur la côte Atlantique. Les jours de retard s’accumulent. Je mets ma mère dans la confidence qui est persuadée, elle mère de 5 enfants que je suis enceinte. Deuxième test, urines du matin, positif, que je m’obstine à lire négatif sur le moment. Non. Je ne veux pas le croire. Je ne veux pas comprendre.

Au bout de 20 minutes, grâce à ma mère, je prends conscience du verdict. Je suis prostrée. J’ai peur. Je ne peux pas. je ne veux pas. Ce n’est pas possible ! Non, non ! Comment vais-je faire ? Que vais-je faire ?

Arrive la question terrible : Enceinte de qui ? Tout se mélange. Je ne sais plus où j’en suis. Je crois déceler l’accident avec l’un. Je l’appelle. Il m’annonce que je dois me débrouiller seule. Il a sa vie, il ne peut rien pour moi. Il est juste désolé. L’IVG me fait peur, garder le bébé me fait peur, tout me fait peur.

Je me calme. Je pense a la maladie dont je suis porteuse. Une chance sur deux. Je ne peux pas nier ce paramètre qui me concerne. Deuxième doute. Je calcule mon cycle. Je redécompose mes ébats. C’est l’autre, c’est sûr. Je l’appelle. Il réagit bien. Et là, c’est le début du fantasme déconnant.

Je suis enceinte. C’est nouveau. Je me calme. On me rassure. C’est tout frais. Ce n’est que le début. J’appelle mon gynéco. RDV dès mon retour de WE. Je ne suis plus seule. Le partenaire potentiel semble prêt. Il m’aime bien. Je l’aime bien. ça me rassure. J’entrevois un espoir. Un espoir d’amour ? Une révélation ? Je me dis que c’est peut être ça ma vie, ma nouvelle vie.

Me voilà soudain contente d’être enceinte. J’essaie de maîtriser cet instinct maternel qui voudrait exploser puissance mille millions… Je dois faire attention. Rien n’est joué. Mais je me regarde dans la glace. Je constate que mon bas ventre s’est déjà détendu. Je vois que mes seins ont déjà beaucoup grossi. Je me caresse le ventre, naturellement…

Pourtant, la nuit, l’angoisse me saisis. Et si, et si … l’idée d’être seule avec un enfant me terrorise. L’idée de me forcer à aimer le père m’est insupportable. La semaine s’écoule paisiblement grâce à mes parents qui se montrent positifs et me disent que finalement, c’est le test génétique à 8 semaines de grossesse qui sera déterminant. Mais les contacts avec le père deviennent plus rares, plus neutres. 


L’angoisse ne cesse de monter. Je crois toujours qu’en fonction du test génétique je prendrai ma décision. Je crois toujours qu’envers et contre tout, je garderai le bébé.

Je rentre à Paris. J’appelle mon peut être futur homme de ma vie, mon peut être père de mon peut être futur premier enfant… je suis dans le TGV, sa froideur au téléphone me ferait fondre en sanglots. Je me sens suffoquer. Je dois le voir lundi soir, chez moi.

Lundi au bureau, j’essaie de positiver. C’est aujourd’hui que tout se décide. La journée est longue. J’ai rendez-vous à 18h40 chez le gynécologue. Il me rassure. Il voit que je flippe totalement. Il devine mes doutes. Il évoque l’IVG face à mon indécision. Il voit cependant ma conscience qui me travaille. Il me rassure. Tout est encore possible.

Je rentre chez moi, avec mes courses, prête à positiver la soirée. J’ai peur, mais j’espère. Je prépare un bon dîner, je me fais jolie et je pars le chercher à la gare, celui qui fera basculer ma vie.

J’arrive, il fait la gueule. Il me claque deux bises sur les joues. Il parle à peine. Dès lors, le désespoir me saisis, mais la colère aussi. Je sens que c’est loin d’être gagné. Je fais bonne figure. Je suis souriante, aimable, presque enjouée. J’essaie de le mettre à l’aise.

On arrive chez moi, malaise. Je nous serre un verre d’eau. J’arrive à mettre la radio en musique de fond. On attaque d’emblée le sujet. Enfin, j’attaque pour lui. Je le fais parler. Il m’annonce enfin le verdict: NON. Non, il ne veut pas du bébé. Et il me détestera si je décide de le garder quand même.

Je ne dis rien. Je le regarde. Tout à coup, je me rends compte qu’il n’y a pas d’amour entre nous. Je ne peux pas envisager un enfant d’un couple qui n’en est pas un, d’un père et d’une mère qui ne s’aiment pas, d’un père qui n’en veut pas … Mon rêve s’effondre. La réalité me réveille. Je ne peux pas le garder.



Je me sens déchirée, trahie, blessée. Mais je suis autant responsable que lui. L’inéluctable se présente à moi. Je n’ai pas le choix. Je pleure. C’est un vrai déchirement. J’avais commencé à y croire, à m’attacher, je dois tout arrêter. Je ne veux même pas savoir s’il aurait été atteint ou pas de la maladie génétique. Je ne peux pas garder ce bébé que je porte en moi.

Je veux que le géniteur quitte les lieux. Je prends ça comme un terrible rejet. Tout ce qu’il me raconte ne m’importe plus. Je veux qu’il parte, vite. Je veux pleurer en paix. Je dois digérer cette difficile décision, la mûrir.

Je suis lucide, sage, mais boulversée. Maman, ma chère maman. Je l’appelle et là je fonds en sanglots. J’ai la tête lourde, prête à exploser tellement le chagrin me boulverse.
Je sais que c’est la bonne décision. J’en suis sure comme rarement j’ai été sûre de toute ma vie. Je veux que ça s’en aille, vite. Le lendemain je ne vais pas travailler. Trop fatiguée, trop éprouvée. Et surtout, je veux en terminer. Le plus tôt sera le mieux. J’appelle mon gynéco première heure. 


Je dois d’abord faire une échographie. Le choc. Je n’avais pas prévu ça. Et ensuite, 48h plus tard, j’aurai rdv avec lui au centre de la femme de l’hôpital pour le passage à l’acte.
La journée est plus que pénible. J’arrive à obtenir mois d’août oblige, un ultime rdv à la clinique où ironie du sort, ma mère à accouché des trois derniers. Je dois  boire un demi litre d’eau une heure avant. Tellement flippée que j’arrive une heure en avance et j’attends comme une idiote dans le hall d’entrée de la maternité. Enfer et damnation. C’est le grand défilé. J’étouffe. Des couples, des mamans enceintes jusqu’aux dents, des nouveaux-nés, des familles, j’ai le droit à la totale. C’est une véritable torture morale. Ce même été, toutes mes copines mariées m’annoncent leur première grossesse. Question d’enfoncer le couteau dans la plaie. Est ce que vraiment je mérite tout ça ? Je me dis que j’ai peut être été un monstre dans une autre vie ?

J’arrive pour l’échographie. Je suis sur la défensive. On me demande si c’est dans le cadre d’une première grossesse. Je dis que oui, mais que c’est aussi dans le cadre d’une IVG. Là, le discours change. Strictement neutre. J’ai de la chance. Pas de son. Je regarde l’écran. Confirmation que j’ai bien un petit « sac » qui commence à pousser dans mon utérus. Tout va bien. ça me fait drôle. Je suis curieuse, scientifiquement parlant. C’est dingue la procréation… et c’est en moi que se passe ce phénomène. N’y pensons plus. Je me dis qu’après demain, on en parlera plus.

L’examen conclut à une grossesse de 5 semaines et demi à peu près. La date de conception oscille mais semble bien favoriser celui que je pensais etre le père. Celui avec qui j’ai cru que tout serait possible…Je lui en veux à mort. Je suis furax. Plus jamais ça ! Plus jamais ça !

Je retourne au bureau le lendemain. Journée interminable de nouveau. J’essaie de gérer ma décision et l’angoisse qui va avec ainsi que mes doutes de dernière minute et ma culpabilité. Je redemande au père s’il est bien sûr de son coup parce que demain il sera trop tard. Il me dit que oui. Les larmes montent toutes seules. J’éprouve un chagrin inouï. 


La décision est certaine, irréversible. Je n’ai pas le choix. Je veux un bébé. Je veux des bébés, mais pas comme ça. Non. Pas comme ça.

Lendemain matin, je me prépare. Je suis zen. Décidée et calme. Je prends mon bus, direction l’hôpital. Ambiance particulière. Direction le centre de la femme. je remplis des formulaires administratifs. Mon gynécologue m’accueille, gentiment, rassurant. On y va. C’est parti. On parle de ce qu’on va me donner et de ce qui va suivre. Il me represcrit la pilule sans hésitation et me fait les gros yeux d’un papa qui dirait à sa fille : « ça va pour cette fois ci mais maintenant, attention … » je dis « oui », d’une toute petite voix, me sentant tout à coup très vulnérable.

Je m’assieds dans une pièce adjacente. L’infirmère me rejoint. Elle m’explique tout le processus. Les réactions varient selon les cas. Vu les informations qu’elle possède sur mon profil, elle me prévient que ce sera sûrement douloureux. Je n’en sais pas plus. Je signe les papiers officiels qui officialisent mon consentement pour l’IVG et le fait que la prise de mifépristone est irréversible. En gros, une fois les comprimés avalés, on ne peut plus reculer.

C’est une épreuve lourde. Je prends pleinement conscience qu’il ne s’agit pas d’un acte anodin. Mais je suis en contrôle. J’agis mécaniquement et j’avale un a un les comprimés. Je dois à présent attendre. Je suis renvoyée chez moi. Deux jours plus tard à des heures bien précises, je devrai prendre des prosta-glandines pour déclencher « l’accouchement »… Jusque là, j’ignore totalement ce qui m’attends.

Je rentre chez moi, accrochée à mon téléphone portable avec ma mère, toujours calme. Absente physiquement mais présente quand même. Elle me soutient. Mon père me soutient. Mes amies me soutiennent. C’est primordial. Je ne suis pas seule, je sais que j’ai de la chance. J’attends. Je suis chez moi et j’attends. Rien à signaler. J’ai juste un super cafard. En milieu d’après midi, assise à mon secrétaire, une douleur vive me saisis dans le bas ventre. Comme si je sentais que le petit sac venait de se décrocher. Un désespoir immense tel un raz de marée m’envahis soudain et je m’effondre en sanglots sur mon bureau. Je me sens criminelle. Je viens de tuer mon bébé. Je suis un monstre. Une immense déferlante de culpabilité s’abat sur moi. Je sentimentalise puissance mille. J’oublie les commentaires rationnels du médecin qui me disait qu’a ce stade ce n’est « rien », que si ça se trouveà n’aurait pas été viable pour cause de maladie génétique ou fausse couche… Oui mais je me sens criminelle quand même… J’ai mal. J’ai mal. Mon dieu comme j’ai mal à la vie !

Puis je m’apaise. Une de mes amies les plus proches me rend visite. ça me soulage. Je commence à me sentir vraiment foireuse. Très fatiguée. Très très fatiguée. Et toujours mes nausées. Le lendemain non plus je n’irai pas travailler. Ensuite ce sera le WE. J’aurai les prosta-glandines à prendre le samedi. En attendant, j’attends. Je commence à avoir des contractions. ça fait mal. Et je me sens toujours terriblement fatiguée, toujours un peu plus profondément déprimée de ma vie. Même si je sais, même si je sais que j’ai bien fait et qu’en plus on arrête pas de me le répéter…

Vendredi soir, toujours seule, je sens ma culotte humide. Je vais aux toilettes. Du sang. Je vois rouge dans mon slip. Un sang très fluide, rouge vif. Je panique. ça y est. ça commence. J’ai tellement peur et je suis tellement triste. ça se concrétise, ça y est. ça arrive vraiment. C’était pas pour faire semblant. De nouveau j’appelle ma maman. Heureusement que je l’ai ma maman. Je suis à la fois femme et bébé. J’ai besoin de ma mère comme jamais. Elle me rassure, je m’apaise de nouveau. J’ai des numéros à appeler à l’hôpital jour et nuit au moindre soucis. On m’a laissé une feuille de consignes strictes et à la moindre manifestation « anormale » j’ai pour ordre d’appeler et de foncer aux urgences. Pas spécialement rassurant…

La nuit se passe pourtant calmement. Les infirmières m’ont dit au téléphone que c’était normal de saigner.

Je me réveille à 7h pour la prise des premières prosta-glandines à 8h tapantes, plus du di-antalvic, question d’anticiper les éventuelles douleurs dont on m’a parlé. Je suis conditionnée. Je déjeune un peu. Calmement, à 8h j’avale les comprimés. J’attends. 8h10, une douleur monte et elle monte… C’est une contraction d’une violence sans nom qui me saisis. Je ne sais plus comment me mettre. Je me roule sur mon lit, je me roule parterre, je cours aux chiottes, j’ai horriblement mal, des sueurs froides, des nausées immondes que je dois contenir, des vertiges à tomber raide. Je rampe parterre, j’appelle le Bon Dieu au secours, je m’accroche en serrant les dents, je gémis. Je ne peux même pas contrôler la contraction avec ma respiration. Elle est infiniment aigüe, interminable, toujours plus intense. Je crois mourir…

8h40, soudain, j’ai à peine moins mal. J’ai mon téléphone portable à la main. J’ai la force d’appeler mes parents. Ma mère décroche. Elle passe ses nuits avec le portable a côté d’elle depuis que j’ai amorcé l’iVG. Je peux à peine m’exprimer. Je pleure, je gémis, j’ai mal. Je n’en vois pas la fin. Je suis éreintée de douleur. Ecartelée de l’intérieur. Ma mère est là, à l’autre bout de la ligne. Elle me dit que ça va passer, que c’est normal. Elle savait que j’allais en chier, mais pas à ce point.

8h45, la douleur se calme significativement. Je reprends doucement mes esprits. Allongée sur le parquet de mon salon, toujours pendue au téléphone avec ma mère qui m’ordonne de ne pas etre seule pour la deuxième session. J’ai frôlé le malaise. C’est dangereux de le faire toute seule. Je préviens une de mes amies les plus proches. Elle sera là. En attendant, je me force à retrouver un peu de dignité. Je prends ma douche, je prépare mon déjeuner, j’essaie de me reposer. A 12h, j’ai de nouvelles contractions douloureuses mais un peu moins fortes. Je sens quelque chose couler. Quelque chose de compact… Je saigne beaucoup. Je vais aux toilettes pour me changer et là, posé sur ma serviette, je découvre le petit sac. Je viens de l’expulser.

Je suis abasourdie. Je n’en reviens pas. Je finis de me changer et je la pose sur ma table basse de salon et là, j’observe. C’est de l’hyper réalisme. C’est ça. C’est bien ça. Le fameux petit sac de la taille d’un ongle de pouce. Je l’observe et je pleure. Je ne suis plus enceinte. ça y est. J’appelle de nouveau ma mère. Oui, c’est bien ça. C’est mon bébé… Que faire ? Je l’emballe comme je peux, le plus soigneusement possible, délicatement dans une petite enveloppe puis un petit sachet. Je le pose sur une pile de magazines, je ne peux pas le jeter à la poubelle… C’est impossible. Je suis bouversée. Pas spécialement soulagée en fait … Et puis ce n’est pas terminé. Une deuxième session de prosta glandines m’attend… J’ai mal, je suis fatiguée, mais je tiens le coup. J’ai juste peur d’avoir de nouveau super mal …

Mon amie arrive, je suis soulagée mais j’ai toujours peur. 14h, je remet ça. Disciplinée, j’avale les comprimés. La douleur se manifeste et ne tarde pas mais elle reste soutenable. La précédente a été tellement violente que celle ci peut etre acceptée. Je la tolère, je l’encaisse, je serre les dents. Les sueurs froides reprennent. Cette douleur insidieuse ne me quitte plus. Mon corps est éprouvé. Je suis éreintée de douleur. C’est le dernier round avant la fin finale.

Je passe ma soirée recroquevillée dans mon canapé, shootée au di antalvic. J’ai du bol, je dors à peu près bien. Je me réveille le lendemain, presque détendue. Je savoure ce plaisir de sentir mon corps relaxé. J’appuie sur mon ventre. Il est ramolli. Il est vide. Je ne suis plus enceinte.

Je passe la journée à très petite vitesse. Je me sens juste décalquée. Je ne réfléchis pas trop. Je pleure, je pleure, je pleure. J’ai le baby blues. Mais j’essaie de  ne pas me laisser aller. Lundi, retour au bureau. J’ai du mal, mais ma vie doit continuer. Je veux oublier. Je ne veux pas y penser.

J’ai des règles éternelles et le ventre dévasté mais je dois avancer. Je suis en mode automatique.

Je me noie dans le travail. Appliquée et impliquée. ça passe plus vite comme ça. J’ai l’impression d’être sortie d’affaire. Je me relance dans une sortie post boulot dans la semaine avec mes fidèles amies. Je sens bien que je suis fatiguée mais tant pis. Je dois redevenir comme avant. Deux verres de vin plus tard les nausées me reprennent. je rentre chez moi ne rêvant que d’une chose : me pencher sur la cuvettes des WC pour vomir tout ce que je peux. Ma nuit est blanche. Douloureuse, traversée de contractions utérines, de fièvre et de sueurs froides. Que se passe-t-il ? J’angoisse à mort. Impossible d’aller travailler. J’appelle mon gynéco qui me dit de foncer aux Urgences faire une échographie. S’en est trop. Je fonds en sanglots. Pourquoi ? Pourquoi moi ? Mon père est là, heureusement. 


Me voilà à attendre des heures sans vraiment savoir pourquoi, sans savoir si c’est grave ou pas … C’est le bordel là dedans… les mourants passent à côté de moi… J’ai les boules. J’attends mon tour…

Bilan sanguin et enfin, 4 heures plus tard, échographie. Ce n’est pas fini. Tout n’est pas parti. Ce bout de vie était bien accroché. On me recolle 5 jours de prosta glandines matin et soir avec surveillance accrue de ma fièvre. Il m’en faut peu pour m’effondrer de désespoir. Si à la prochaine échographie ça ne passe pas, ça sera intervention chirurgicale. Youpi … Tout ça pour en arriver là ? je commence à largement perdre confiance. 


De nouveau cloitrée, de nouveau isolée, je vis au jour le jour pour en finir avec mon IVG. Je ne suis qu’angoisse et fatigue. Chagrin et amertume sont mes nouveaux amis. Vidée, désabusée, défoncée au di antalvic, je continue de saigner. Doucement mais sûrement. J’ai peur de rester sur le carreau. Peur de pas m’en sortir.

Et puis un jour enfin, tout s’arrête vraiment. Tout se remet en place. Je suis sauvée. J’ai survécu. Mon corps est intact. L’angoisse passe. J’ai n’ai plus la poisse. Mais je n’oublierai jamais ce long mois. Une fois, pas deux. Je ne souhaite à aucune femme ce genre de malheureuse expérience.

C’est un acte merveilleux que de donner la vie. Il faut le respecter. Les accidents, ça arrive  mais on peut les éviter. Vive la pilule !!! Et MERCI Simone …
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Donc vous voyez Monsieur Aliot, l’IVG c’est tout sauf un « confort ».