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A propos The Yiayia Girl

Parisienne, fraîchement cinquantenaire, maman d'une pré ado, j'essaie de trouver ma place dans la vie...je n'ai pas une vie de Madame Toulemonde mais parfois j'aimerai bien ça me reposerai... je suis dans la communication depuis quelques temps mais au fond j'aimerai mieux être écrivain paumée dans un château près de l'océan ou à la montagne dans un chalet, un peu à la Emily Brontë ou Heidi mais en moins sombre parce que j'aime rire... beaucoup.

SOCIETE DE L’HYPER VIOLENCE: QUAND LES ENFANTS SE TUENT …

En ce moment j’ai l’impression d’entendre parler de mort d’enfants toutes les semaines… Pas n’importe quelles morts… des morts atroces d’enfants qui se TUENT entre eux… des enfants qui se suicident, des enfants qui ne savent plus ? Des enfants qui ne se rendent pas compte ?

Mais que se passe-t-il dans notre société ?

Un problème massif d’éducation, de structure, de cohésion sociale, familiale, de morale, de respect, d’amour ???

Cette fois c’est une collégienne de 13 ans qui a été battue à mort par un autre gosse de 14 ans en désir de venger sa sœur ? Euh… où sont les parents ? Où sont les éducateurs? Il y a un problème là je crois. Un problème sérieux. Très sérieux. 

Alors comme ça maintenant un ado qui en fait chier un autre va se faire castagner à mort et prendre des coups de couteaux parce que … quoi ? Parce que QUOI ? Délit de sale gueule ? Conflit de gosses ?

Je me souviens au collège, la violence a toujours existé … lycée aussi… Au collège, il y avait des « BASTON » … et il fallait gueuler « du sang, du sang, du sang », pourvu qu’on le voit enfin le liquide rouge éparpillé sur les murs, pourvu que le caïd ait son heure de gloire dans la cour de récré … je me souviens enfant, que ça me terrorisait. Une fois même, une fille avait voulu me « casser la gueule », juste comme ça … pour rien… et j’avais pu passer outre…

Je me souviens aussi mon arrivée au Lycée de Saint Quentin en Yvelines avec mon look de petite bourgeoise de la campagne riche… mon carré blond, mes golf, mon Levi’s, mon blouson en cuir Redskins… les mecs derrière moi : Z’y va comment il a l’air cool ton blouson ! Z’y va tu m’le donnes?  – Le WE j’allais direct chez Célio m’acheter un Parka informe aussi discret que possible… j’ai appris à m’adapter, à faire gaffe… et ça m’a suivi toute ma scolarité…

ça je me suis fais emmerder… les insultes gratuites, les tapes derrière la tête parce que je répondais pas quand une bande d’inconnus m’alpaguaient en voulant me forcer à leur dire bonjour, des cannettes de coca pleines qui me rasaient la tête…

Des soirées étudiantes qui dégénéraient avec des chaises qui volaient, des vestiaires qui se faisaient dépouiller….

Des connard dans le RER bondé qui vous agressent en suçant leur majeur en vous regardant… et tout le monde autour qui ne réagit pas…

J’ai connu cette violence ambiante… je la sens toujours, palpable… J’ai appris à tracer ma route, à regarder mes pieds, à ne jamais montrer mes signes de richesse: iPhone planqué… pas d’attitude provocatrice…

A 35 ans je coache mes frères et soeur ados… Mon autre soeur de 3 ans de moins que moi a connu le racket, s’est fait étrangler et à été sauvée de justesse parce qu’elle avait refusé de céder sa place à une connasse dans le bus …

ça oui, la violence a toujours existé… l’agression gratuite… mais là on monte un cran au dessus. Maintenant, les ados, les ENFANTS se TUENT entre eux … Pourquoi?

Est ce parce qu’au nom de la liberté, au nom de la Bobo Attitude, au Nom des familles monoparentales, au nom de la psychologie du tout permissif tout part à Vollo ? Est ce parce qu’on ne met plus de limites aux enfants ? Est ce parce qu’on ne leur explique plus?

Est ce qu’on explique aux enfants que des coups de pieds dans la tête ça tue ? Est parce que ces mêmes enfants qui tuent sont eux aussi battus ? Même pas… Pas forcément… c’est même plus ça… C’est juste … ils s’en foutent, ils ne savent pas, ils n’ont pas peur, ils savent pas ….

Ils foutent la vie d’un gosse en l’air en même temps que la leur… 14 ans, un mort sur la conscience…

J’ai des frères et sœur ados … je les coache à mort… pas d’embrouilles, on fait profil bas, on trace, jamais seul dans une rue, jamais de propos tendancieux… neutralité, rapidité et on se protège à mort …pas d’MSN avec des inconnus, pas de facebook, pas de forums, pas d’incitation à la violence…

Comme ces histoires de forums sur Internet, de groupes de haine qui se forment, poussant des ados à se suicider…
Et les jeux vidéos où il faut tuer pour gagner ? les films en prime time toujours plus violents et on laisse faire ?

Parfois je me dis que je me recyclerai bien dans l’éducation nationale, reprendre le flambeau de mon grand père, et aller remettre de l’ordre là dedans. Putain les profs doivent aussi EDUQUER, et les parents même combat !!!! Eduquer c’est pas être des tyrans ni des monstres … Eduquer c’est EXPLIQUER et METTRE DES LIMITES.

On a l’impression que certains gosses n’en ont plus aucune et que plus personne n’ose en mettre… Un enfant reste un enfant… Les adultes sont responsables. Alors au boulot bordel !!!!!

LOVE KIDS ! LES PETITS OUBLIES DU DROIT A UNE ENFANCE HEUREUSE…

ça vous déchire pas le cœur de voir cette publicité du Secours Populaire / Kinder ? Moi oui.
La cause de l’enfance m’a toujours particulièrement touchée. Ces petits êtres encore innocents, qui ne comprennent pas, qui subissent. Juste qui subissent…c’est pas facile d’être un enfant.

Et les grands oublient… les grands oublient ce qui se passe dans la tête d’un petit… 
Pourtant, les enfants ressentent et comprennent TOUT !

Je n’ai pas la chance encore d’avoir des enfants mais je me dis souvent que si j’avais une vie qui le permettait, j’embarquerai volontiers des petits gosses qui n’ont pas de chance dans la vie en vacances… pour qu’ils découvrent des jolies choses, qu’ils connaissent l’immense plaisir de voir la mer, d’aller plonger dedans, de faire des patés de sable… ou alors de voir des beaux paysages de campagne, de montagne, et de voir, sentir, que la vie peut être belle et qu’ils auront leur chance eux aussi…

Alors bien sûr, ça serait mieux que ces enfants puissent vivre tout ça en famille… avec leurs parents… mais souvent ce n’est pas possible…

Quand les difficultés de la vie se cumulent pour les parents, ce sont souvent les enfants qui trinquent. C’est injuste… Quand je vois toute cette souffrance je me demande pourquoi en France on ne facilite pas l’adoption des enfants de la DDASS, pourquoi ces enfants ballotés en familles d’accueil, ou centres, n’ont pas autant de facilités pour être tout simplement ADOPTES ? Et les bébés nés sous X en France… Pourquoi est ce si dur de les adopter alors que dans la plupart des cas ils ne seront pas récupérés…

Et les familles si pauvres qui ne peuvent jamais emmener leurs enfants en vacances… ça ne vous révolte pas vous? Vous ne trouvez pas qu’on vit dans une société dont l’absurde et l’incohérence deviennent de plus en plus insupportables?

Est-ce à cause de la désolidarisation de notre système social? Est-ce parce que les riches trop riches ne donnent pas assez aux pauvres très pauvres? Est-ce parce que nous ne sommes pas dans une société d’égalité et de chances pour tous?

Moi j’aime le luxe, j’aime les belles choses, l’éducation… mais j’aime encore plus l’idée que cela puisse vraiment être accessible pour tous. N’est-il pas possible de trouver une 3ème voie pour que les enfants de demain ne subissent pas cette nouvelle misère ?

Des parents qui se déchirent à cause des problèmes du quotidien, des gens qui ne savent plus communiquer, éduquer, vivre ensemble, en famille… des liens qui se disloquent, des valeurs qui se perdent, la fuite en avant… La console de jeu remplace les VRAIS moments ENSEMBLE.

C’est dur d’être un enfant… une période ou plus que jamais on veut être comme tout le monde, où on veut s’identifier aux autres, où la vie en groupe peut parfois être bien cruelle…

Bien sûr les parents font de leur mieux, font ce qu’ils peuvent, et puis la vie ne fait pas de cadeaux… on ne choisit pas toujours certains bouleversements… et les enfants doivent essayer de tenir le coup contre vents et marées…

Je ne peux pas m’empêcher de penser que s’il y avait un meilleur encadrement familial, une éducation plus présente, un meilleur dialogue, plus de partage, plus de contact, certains enfants n’iraient pas finir par cogner à mort d’autres gosses…. je me dis qu’il y aurait peut être moins de drames…

L’enfance est précieuse, il faut la préserver… C’est primordial pour une vie d’adulte d’avoir eu une enfance…
Parfois je me dis me concernant que j’ai toujours 10 ans… j’ai eu de la chance. J’ai globalement eu une chouette enfance. Une enfance de Goonie… Celle où on vivait libre, on était des courants d’air à la maison, les copains et copines débarquaient, on enfourchait des vélos pourris pour aller faire des batailles d’eau dans les champs d’à côté, on sonnait aux portes des maisons et on partait en courant en ricanant comme des tordues, on se gavait de bonbecs au catéchisme en regardant le poil aux pattes de l’animatrice en gloussant, on s’évadait de la salle de cours de piano de l’école de loisirs par la fenêtre et on redéboulait avec les mains pleines de savon pour dire bonjour au prof (qui était génial), on allait voler des bonbons (c’était mal) chez Amaury Services, l’épicerie du village, pour aller les dévorer dans les vieux remparts, ….on s’inventait des histoires à faire super peur dans des vieilles maisons abandonnées…

J’ai adoré ces moments là… j’y repense avec une affectueuse nostalgie…je riais à gorge déployée, c’était génial.

c’est comme ça je crois que ça doit vivre un enfant… avec cette infinie insouciance, une joie de vivre et plein d’amour pour en faire un adulte armé car quand on grandit ça se gâte toujours…

Alors voilà… pour que tous les enfants puissent vivre comme des vrais goonies, je me dis qu’à défaut de pouvoir les emporter avec nous dans nos valises, essayons au moins de faire un don…

LOVE KIDS !!!!!

FOLKLO FAMILY

Et une dernière pour la semaine…. FOLKLO FAMILY. Je me suis bien marrée à l’écrire celle là… EVIDEMMENT c’est légèrement autobiographique :))

FOLKLO FAMILY

Je le savais. C’est toujours comme ça. Je ne vois pas pourquoi cette fois – ci on aurait échappé à la règle. Départ en vacances. Les catas de dernière minute arrivent. On devait se lever à 7heures, on se lève à 9heures 30. On va rouler en plein soleil. 2 parents, 5 enfants de 2 à 24 ans, un chien. Ça en fait du monde tout à coup. Le tout réparti dans deux voitures. On a beau s’organiser, on y arrive pas, à faire comme on avait dit.

La maison s’est transformée en usine au bord de l’explosion. Maman se laisse déborder par les finitions. Papa se demande déjà où sont cachées les clés de la maison. Moi, j’essaie d’être polyvalente et d’aider à sauver les meubles afin de minimiser les engueulades du départ. Ma sœur comate. Elle s’est couchée à 4heures du mat’ et reste fidèle à elle-même, c’est-à-dire, complètement à l’ouest.


Pour ma mère, chaque détail prend une importance extraordinaire. Mon père demande de plus en plus souvent où sont rangées les clés de la maison dont on a qu’un seul trousseau. Les trois petits eux, en attendant, dérangent tous les jouets que je me suis donnée la peine de ranger la veille. Logique. Moi, je me dis que j’ai passé l’âge d’aller en vacances avec mes parents. D’un autre côté, je suis bien contente d’aller voir l’océan et de passer un peu de temps avec ces drôles de gens qui forment ma famille.

11 heures, le départ s’annonce, chaud. Les deux voitures sont blindées. Maman a insisté pour qu’on case les vélos des petits en plus de tout le reste. Tout le reste, c’est énorme quand on est 7 personnes plus un chien. Les traits de mon père commencent à se crisper. 11h05, il explose : — Où sont passées ces putains de clés bordel !!? … Aïe, aïe, aïe. On ne décollera pas avant 12h00. S’il continue, ma mère va décréter qu’elle ne part plus.


Je connais les scènes par cœur. Elles se reproduisent, inlassablement. C’est devenu une façon de vivre. Ma folklo family ne sait pas faire comme tout le monde. 11h32. Après nous être tous insultés, on se décide de jeter un coup d’œil dans une des boîtes à jouets des petits. Bingo, la clé se balade au milieu de la dînette. Ma mère clame des ‘je vous l’avez dit’, mon père lui est exaspéré, moi je me demande pourquoi on a qu’un seul trousseau…12H00, on intègre les voitures. Les petits et mes parents dans la leur, ma sœur moi et le chien dans la mienne. La leur ne démarre pas. La batterie s’est vidée. Les petits ont du jouer avec les phares. Papa est au bord de la crise de nerfs. Je cours chercher les pinces crocodiles. Je mets ma voiture face à la sienne. Ça va prendre dix minutes. Pas de quoi s’affoler. C’est normal qu’une chose comme ça nous arrive. Il faut relativiser. Je relativise. On a juste quatre heures de retard sur notre planning de départ.

Au bout d’une demi-heure, un des trois petits commence à avoir le mal du transport, puis donne la même envie à la petite dernière. On se retrouve arrêtés sur une des premières aires d’autoroute de notre long parcours. Ma mère est en pleine crise d’hystérie, le rouleau de sopalin à la main, les sacs en plastique dans l’autre, pour nettoyer les deux petits recouverts de vomi. Heureusement, elle a prévu les rechanges. A la longue, on apprend à anticiper certains incidents, en souhaitant toutefois qu’ils ne se reproduisent pas à chaque fois … Qui roule avec des rouleaux de sopalins et des sacs en plastique Auchan ? Certainement pas Madame Toulemonde. Mon père, en prend plein les gencives. Tout est de sa faute. Encore un coup de son manque de dynamisme selon maman. Mon père lui, tente d’expliquer les dangers d’un arrêt sur une bande d’arrêt d’urgence d’autoroute. Moi, je la ferme. Dans ces cas là, il vaut mieux. Je n’ai pas envie de me voir avec un sac plastique rempli de vomi sur la tête. Dans ces cas là, l’énervement est tel qu’on ne sait jamais. On en profite pour faire un transfert. Je prends les deux garçons avec moi, plus le chien. Avec la musique à fond ça les calmera de leurs envies de dégobiller. J’espère.


Ma sœur, celle qui s’est couchée à 4 heures du matin, voyage à côté de moi. Elle comate toujours, entre quelques quintes de toux. Ces virées nocturnes ont fini par lui faire choper la crève. Je la supplie de se gaver de ma boîte de Ricola aux herbes suisses afin qu’elle ne décuple pas mon stress pendant le voyage. C’est très dur de conduire avec quelqu’un qui vous tousse dans les oreilles. O miracle, le reste du trajet se passe à peu près sans incidents. On ne se trompe même pas de route. On s’améliore quand même. Si, si, avant, on arrivait à 20heures en partant à 11heures, maintenant on fait en 5-6 heures un trajet qui se fait normalement en 4. Le progrès est net.


Je l’aime ma folklo family. On ne le fait pas exprès de ne pas être standards. Ce n’est pas faute d’essayer pourtant. Mes parents sont des hippies dans l’âme. D’authentiques bohêmes contrariés. La libre expression familiale est notre sacerdoce et bon sang qu’est-ce qu’on s’exprime chez nous ! Sûrement trop pour nos voisins, mais mieux vaut trop que pas assez.


Des hypersensibles, hyperémotifs, hyper –fantaisistes, hyper expressifs, ça donne … de la dynamite quotidienne. C’est pour ça qu’on a besoin de vacances. Nos voisins aussi. Nos voisins nous considèrent comme des cas sociaux. Des Groseilles qui auraient malencontreusement trouvé logis dans le lotissement des Lequennois. A la seule différence que nous étions les pionniers du lieu dit. Ils avaient qu’à réfléchir et nous écouter avant de camper leur maison traditionnelle devant chez nous. On ne leur a jamais demandé de venir nous gâcher la vue de la vallée. Et puis si on parle trop fort pour eux, ils n’ont qu’à s’acheter des boules Quiès. Là c’est ma mauvaise foi qui s’exprime bien sûr. On se compare souvent, naturellement à la famille Addams. La caricature n’est pas si excessive parfois. Dommage que la plupart des gens nous fuient. Je nous trouve personnellement plutôt attachants. Les gens qui nous adoptent se sentent bien chez nous. Il y a de la vie avec un grand V.


A mon sens, mes parents sont d’éternels ados, avec bien évidemment les travers que ça peut comporter, mais je suis heureuse d’avoir des parents comme ça plutôt que des « Monsieur – Madame – bien rangés – propres sur eux – bénis oui-oui ». Ma folklo family est incontestablement rebelle. D’ailleurs, mes parents n’ont à ma connaissance plus vraiment d’amis. En tous cas, plus depuis qu’ils se sont réinstallés de façon plus sédentaire en France.


Quand j’étais enfant, je me souviens de notre immense maison dans les îles, où nous vivions, et qui était devenue un « must » en matière de soirées que maman avait le don d’organiser à la perfection.


Là, où nous vivons malheureusement, les gens sont froids et conformes. Les décalages entre leurs vies et la vie de mes parents sont de toutes façons trop profonds pour espérer une quelconque sympathie ou ouverture d’esprit de leur part. C’est peut être aussi pour ça que mes parents ont agrandi la tribu. Entre nous, nous nous comprenons. Tant pis pour les autres, on arrivera à se passer d’eux !

SERIE LOOSE

UNE AUTRE VIGNETTE … issue de mon premier manuscrit écrit entre 24 et 25 ans – Les Sens de l’Existence –

SERIE LOOSE
 Apprendre à aimer c’est comme apprendre à marcher. On tombe, on se relève, on tombe on se relève. Parfois, ça fait plus mal que d’autres. Et c’est pour tout pareil. Apprendre à être « professionnelle », apprendre à être « matérialiste »… C’est fou comme la vie est irrégulière, en dents de scie. On atteint des sommets pour ensuite toucher des profondeurs. J’aurai dû prévoir le coup. Je me suis fais avoir. Une fois de plus. A chaque fois je me dis qu’on ne m’aura pas deux fois. A chaque fois, je crois que je saurai me protéger, mais… la peur n’évite pas le danger. Trop se protéger empêche parfois de vivre. Généralement, tout chavire en même temps. En ce qui me concerne ça se passe toujours de la même façon. Une volonté de croquer la vie à pleines dents, freinée par des paramètres que je ne maîtrise pas. Comme d’habitude, tout démarre pour une histoire de mec foireuse. Ces derniers temps j’ai été championne toutes catégories en histoires foireuses. Je flashe, je m’emballe et je me plante lamentablement après m’être faite une vie entière de films. Le reste suit.

Je me réveille le matin, le nœud dans le ventre, la boule dans la gorge, vide, démotivée. J’aimerai rester au lit et rêver ma vie, mais je dois aller bosser. Je ne peux compter que sur moi-même, alors je ne peux pas me laisser tomber. Je me prends par la main et je me traîne dans la salle de bains, hirsute. J’allume la lumière, je pisse, je tire la chasse et je me regarde dans la glace. Vision d’horreur. Mon teint est brouillé, mon acné récidive, mes cheveux sont ternes et mous. Encore une belle journée qui s’annonce tiens ! Allez hop ! Sous la douche ! Un brushing et du cache – misère plus tard je serai présentable. Je revêts ma panoplie de jeune travailleuse aux dents longues et à l’énergie volcanique, la mélancolie au cœur. Mes yeux ne trompent pas. La mélancolie est visible. Je ne la sens pas ma journée et j’ai bien raison.

J’enchaîne les poisses. Patron taré, clients encore pires que d’habitude à qui je ne peux pas dire d’aller se faire foutre avec leurs vies dont je n’ai rien à cirer et mon satané portable qui est parti pour 15 jours à me faire lire des textos m’indiquant que je suis de nouveau à découvert, donc de nouveau dans la merde. La solitude s’empare alors de moi. Je ne vois plus d’issue. Je suis squeezée. Je suffoque. J’ai l’impression que c’est toujours aux même que ces choses là arrivent. Je n’arrive plus à me raisonner. La journée met plus de huit heures à passer. Tout me contrarie.

C’est la loose totale. J’évite de trop me regarder dans un miroir tellement je me trouve minable, pitoyable. Je rentre seule le soir. J’arrive dans mon appart, seule. Je suis, seule. Ce mot, raisonne dans ma tête et me fait pleurnicher. Je ne trouve plus belle cette solitude forcée. Après tout, je ne l’ai pas choisie. Indépendante mon cul ! Qu’on arrête de nous gaver avec les joies du célibat et les bienfaits de ce « stiletto feminism ». Depuis quand on est fait pour vivre seul ? Une moitié de tablette de chocolat plus tard et quelques petits gâteaux, je me sens presque mieux. Presque, parce que je sais que ce que je viens d’engloutir va se stocker sur mes cuissots déjà pas minces. Ce n’est pas comme ça que je vais relancer ma séduction me plains-je en faisant de la sensiblerie sur moi-même.

J’abandonne la grande bataille. Pire, je n’ai même plus envie de me battre. C’est trop dur ! Je pleure, je pleure sans fin. Je suis le nouveau Caliméro de service. Je me vide littéralement. Je me recroqueville dans ma coquille. J’en ai marre de me prendre en mains. Pourtant, je sais que je vais finir par réagir. C’est dans l’ordre logique des choses. Ma maman, mes amies proches, leur tendresse et leur solidarité du moment, font que je finis par relativiser ma situation. Je me dis qu’après tout, tout n’est pas encore fini. Je finirai bien par retomber amoureuse, je les rembourserai ces crédits qui me gâchent le porte-monnaie… La vie c’est ça. Des séries loose, ponctuées de périodes de gloire. Vivre le mal pour mieux apprécier le bien ? Peut être…

VICTIME DE LA MODE ?

J’ai écris cette vignette à 25 ans… il y a 10 ans… Aujourd’hui finalement, je me dis que les choses n’ont pas vraiment changé …


VICTIME DE LA MODE ?


Je me sens rebelle. Anticonformiste dans l’âme, mais j’ai des valeurs, des principes. Des convictions profondes dénuées de tout matérialisme. Presque. Je suis moi aussi un être issu de la société de consommation. Je sais ce que ça veut dire acheter. Acheter pour assouvir un besoin. Un besoin réel ou pas. Pas vital, c’est certain. Besoin de consommer pour rester intégré. Rester à la mode.

La mode. Le petit détail qui tue. La petite touche supplémentaire qui vous rend commun parmi le commun des mortels. Enfin, une partie du commun des mortels. Celui du microcosme dans lequel nous évoluons. La mode n’est pas la même selon le pays où, nous nous trouvons. Quoique, avec ce que les économistes appellent la globalisation voire même mondialisation, tout finit par s’uniformiser. Nous finissons tous par nous ressembler. Même les Japonais ont troqué leurs kimonos pour les derniers tailleurs Agnès B., Gucci, Christian Dior, sans oublier l’indispensable sac Louis Vuitton à 80.000 balles minimum.

A une plus petite échelle, à un niveau plus « cheap », il y a nous, moi. La société me complexe. Je ne suis jamais assez bien. Surtout depuis que Photoshop a envahi les studios photos des magazines féminins représentant des femmes en dehors des réalités statistiques. Surtout depuis que rondeurs sont synonymes de laisser aller, surtout depuis que maigreur est synonyme d’anorexie…

 

On entend toujours des bruits de couloir qui nous laissent espérer qu’en fait nous sommes l’idéal féminin, sauf qu’en ce qui me concerne, les hommes que je préfère moi, préfèrent des créatures conformes aux nouveaux standards de beauté. Oui la beauté ça ne veut rien dire, en attendant, on continue de plébisciter le 90-60-90. Si 90-60-90 était un ensemble de mesures garantissant une santé de fer et une longévité certaine, je crois que ça n’aurait pas le même impact dans l’esprit des gens.

Aujourd’hui, si on est dodu, cela implique tout de suite une notion de culpabilité, de dévalorisation systématique parce qu’on est pas dans la norme 90-60-90. Le détail qui tue s’applique à la poitrine, au nez, aux fesses, aux mollets… Alors, il faut « s’arranger », « tricher », en consommant. Un Wonderbra et on passe du plat 80B au plus généreux 85C, un slip spécial ventre-plat permet de cacher ces bourrelets qu’on ne saurait voir, du cache misère cosmétique pour atténuer la proéminence d’un nez qui veut trop se montrer, des lentilles de couleur pour passer du marron yeux de cochon au vert yeux de vipère, des teintures pour cheveux pour passer du simple châtain au roux flamboyant…

Et puis encore et toujours, des vêtements, des sacs, des chaussures et autres accessoires à profusion, pourvu qu’on ne reste pas à la traîne, pourvu qu’on ait une chance grâce à tous ces artifices de nous en sortir. Pour séduire, encore et toujours. On ne sait toujours pas qui par contre…

Je souffre de voir le mal que se donnent certaines femmes. Les douleurs physiques qu’elles s’infligent m’affligent. C’est simple, je voue une admiration profonde pour toutes les femmes qui portent des chaussures extra pointues aux talons hauts et effilés, aussi facilement qu’elles porteraient une paire de godillots de marche. Je reste sciée en les voyant sprinter le matin dans les couloirs du métro, impeccables pour la plupart, puant Chanel, Guerlain ou Calvin Klein.

Les femmes sont fabuleuses, mais au final, qu’est-ce qu’on s’emmerde la vie quand même non ? Mon côté sûrement un peu rustique me fait réaliser qu’on finit à poil de toutes façons alors … tout ça pour ça ? Il est terrifiant de constater ce par quoi une femme se sent obligée de passer pour finir nue dans les bras d’un homme. Les hommes ne se rendent pas compte le mal qu’on se donne pour eux. Certaines finissent par trouver ça normal. Un B.A.BA de la féminité.

Vive la beauté mais à bas l’artifice. Vive le respect de soi mais au diable tout narcissisme inutile. En d’autres termes, on peut vouer une adoration à Chanel, Guerlain et Calvin Klein sans s’asperger la moitié de la bouteille tous les matins.

Ce n’est pas de notre faute. Nous sommes victimes après tout. C’est ça qui est terrible. De la manipulation à l’échelle mondiale. Même la vague Zen implique de la consommation. Il faut consommer Zen pour être Zen. N’est pas Zen qui veut. Ça s’apprend. Les orientaux nous vendent leurs kimonos, et leurs manuels de Feng-Shui, nous on leur vend nos tailleurs Agnès B. et notre foie gras aux truffes. Bon deal. Personne ne perd au grand jeu de la mondialisation. Si, ceux qui ne consomment pas.

Ne plus consommer, c’est se mettre en marge de la société. Ça fait peur de ne plus consommer. Ça pourrait être le début de la fin ? Non seulement il faut consommer, mais il faut SAVOIR consommer. Il faut consommer à la mode. Même la bouffe s’est adaptée à la mode. Mangeons bio. Comme si avant, nous avions mangé un ensemble d’aliments extra-terrestres cultivés dans l’espace intersidéral. La pomme de terre vient bien de la terre non ? C’est comme le principe de la lessive qui lave plus blanc que blanc. Maintenant, on a la terre plus bio que bio. C’est le « plus » qui compte. Bientôt, une seule fraise suffira à combler notre alimentation enrichie parce qu’elle aura tellement plus de qualités nutritives qu’elle rendra la moitié du monde végétarien.

Le bonheur, avant d’être dans le pré, il est avant tout dans sa tête. Après tout, si une femme est heureuse en chaussant des échasses et en se nourrissant de graines et de branches de céleri, je m’incline. Je respecte le droit du « chacun voit midi à sa porte ». Je sais que personnellement, je n’ai pas encore réussi à trouver d’autres tenues dans laquelle je me sente aussi à l’aise que le jean. Pourtant même le jean à cédé aux appels de la mode. Taille basse, extensible, fashion jusqu’au bout, même le jean s’est fait avoir. Moi aussi. Je serai une baroudeuse de choc, mais de charme aussi.

En attendant, comme le disait grand-mère, être belle ça ne s’achète pas. On l’est ou on l’est pas. Pffiouu, heureusement que la chirurgie esthétique à fait son apparition, on a failli être tous moches.

Nos vies auront bientôt l’air d’un spot publicitaire, on aura le rôle principal à tour de rôle, nous serons tous des stars, notre instinct s’envolera, nos pensées s’uniformiseront, nous deviendrons tous pacifistes et asexués, nous serons les survivants de notre planète bio, Zénifiés. On nous apprendra comment tout faire, même l’amour. Franchement, il était temps ! A se demander comment l’être humain a fait pour survivre depuis ces derniers millions d’années ? Sans ultra consommation ? Sans TV ? Sans supermarchés ? Sans centres commerciaux ? Sans les clubs de vacances ? Et l’homme a survécu ?

L’homme s’évertue à se créer son propre malheur. Un monde d’artifices pour le bien être d’une minorité. La révolution individuelle doit commencer puisque l’union ne fait plus la force. On a le droit d’avoir confiance en soi et d’avoir ses propres convictions même si elles ne correspondent pas à la grande recette de la mondialisation au sens socio-économique du terme – la liberté de l’un s’arrêtant où commence celle de l’autre-, on a le droit de ne pas être une victime de la mode. Je m’approprie ce droit. Je souffrirai les idées claires. Je ne cèderai pas. Trop d’hommes sont morts pour la liberté. Je ne veux pas les déshonorer.