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A propos The Yiayia Girl

Parisienne, bientôt la cinquantaine (gloups), maman d'une petite fille de bientôt 10 ans (re gloups), j'essaie de trouver ma place dans la vie...je n'ai pas une vie de Madame Toulemonde mais parfois j'aimerai bien ça me reposerai... je suis dans la communication depuis quelques temps mais au fond j'aimerai mieux être écrivain paumée dans un château près de l'océan ou à la montagne dans un chalet, un peu à la Emily Brontë ou Heidi mais en moins sombre parce que j'aime rire... beaucoup.

Après les pensées de Pascal, les pensées de Yiayia …. enfin oui on peut dire ça comme ça :-)

Bonsoir / Bonjour les gentils Internautes qui daignent me suivre… ça faisait fort longtemps que je ne m’étais pas déchaînée sur mon clavier. Mais Friday Night Fever oblige, je me suis dit que c’était le bon moment de reprendre…

C’est que parfois on fait panne sèche. Vous savez, la hantise de l’écrivain… (je n’ai toujours pas recommencé à écrire d’ailleurs) … la peur du manque d’inspiration. Mon cerveau est en jachère en ce moment je le crains. Mes neurones ont décidé de fournir l’effort minimum. Pas envie. C’est que ça demande du temps de devenir une vraie chômeuse. Reprendre un rythme NATUREL… Laisser son organisme reprendre son vrai rythme, pas celui de l’obligation. Et dans sa tête c’est pas si simple de lâcher prise, de ne pas se sentir « obligée »… et moi je suis de nature à me sentir obligée de tout… alors forcément, pour des personnes comme moi, le « lâcher prise » relève du challenge, voire de la mission impossible… mais bon… j’y travaille… A chaque jour suffit sa peine… Petit à petit je me déconnecte, je m’éloigne, je commence à prendre un certain recul et à observer…

Cette observation de la vie, des gens, me rend un peu philosophe… enfin je n’oserai jamais me mesurer à Pascal, à Nietzche ou Spinoza… (oui j’ai fais un Bac A2; Philo Coeff 8 …. ma prof disait que c’était dommage parce que j’avais des vraies réflexions mais je fonçais dans le brouillard… hmmm… un signe? :-)) – Bref. Forcément, se déconnecter d’un système rend un peu plus observateur et critique…

Je peux observer les gens partout. Sur les terrasses des cafés à l’heure du déjeuner, dans la salle de sport le matin, en promenant le plus adorable des petits chiens,  et je constate toujours que:

1) Oui. La vie est définitivement injuste.
2) Oui, certaines personnes ont TOUT, d’autres RIEN et d’autres, un truc entre les deux plus ou moins bien équilibré
3) Un enfant con, donne un adulte con et un vieux, con.
4) Les gens fuient le malheur et la tristesse des autres comme la peste
5) Les gens ont peur d’être contaminés par les malheurs et les chagrins des autres mais ça nourrit leurs conversations entre gens veinards
6) Je ne supporte plus du tout les gens qui disent « quand on veut on peut » même si j’en pardonne quelques uns…
7) On prône la communication mais ont vit dans une société d’autistes
8) On prône le retour à la nature, à la non consommation, au DÉVELOPPEMENT DURABLE mais les gens meurent quand ils ne consomment plus et ne vivent leur reconnaissance sociale qu’en consommant (dis moi ce que tu consommes, comment tu consommes et je te dirai comment tu as réussi ta vie)
9) Les gens affichent leur bonheur de vie réussie sur Facebook mais en attendant les statistiques sont claires: un couple sur 3 divorce et c’est un couple sur 2 à Paris. Conclusion: les gens mentent sur facebook.
10) Les gens ne sont réellement concernés, touchés par le malheur, que lorsque ça leur tombe sur la gueule…
11) Parfois le malheur ça rend méchant et inhumain et injuste et intolérant… parfois pas…

Alors… par quoi est ce que je commence? ah oui… Ce qui m’a donné envie de poster un blog l’autre soir… je descends au G20 en bas de chez mon amoureux (il a double chance: il a un marché juste en bas de chez lui et en plus c’est moi qui y vais ;-))

Et punaise, ça schlinguait grave dans le G20. ça sentait le vieux fromage et la vieille pisse… un truc pas terrible quoi… et en fait, l’odeur venait d’une vieille dame, qui était devant moi avec son caddie, et sa canne… et sa vieille jupe longue tachée, ses claquettes déglinguées, ses bas de contention roulés … son allure faisait mal au cœur. Elle arrive à la caisse. 22.30 euros de courses. Des conserves essentiellement. Pour une personne. Sous marque. 

Derrière moi, une autre vieille, avec son accompagnatrice, sa bonne à tout faire, mouchoir collé au nez l’air dégoûtée qui ne pouvait pas s’empêcher de rouscailler: oh mais mon dieu quelle odeur ! 

J’avais vraiment envie de lui dire: ta gueule mémé.

L’autre dame sort, péniblement. Je suis tellement désolée pour cette petite vieille…La caissière aussi est désolée et elle me dit: elle est malade cette dame, c’est malheureux… et l’autre vioque, qui sort: ah mais c’est pas possible de sentir aussi mauvais, c’est inadmissible.

Là, c’était plus fort que moi je lui rétorque: mais Madame, tout le monde n’a pas la chance de pouvoir avoir du soutien, d’être accompagnée et d’avoir les ressources financières suffisantes pour pouvoir éviter cette déchéance. Sans déconner j’ai fais l’effort d’être polie… On peut être vieux et con. C’est sûr maintenant. Mais elle était sûrement conne jeune aussi cette bécasse bourgeoise.

Le soir, quand je rentre chez moi, je croise souvent un clochard… encore en bon état. Il a de la terreur dans les yeux et à chaque fois que je le croise ça me bouleverse. On dirait un petit garçon dans un corps de vieille personne, son sac à dos bien serré contre lui, son petit short, son T shirt, ses chaussures encore correctes, il marche d’un pas rapide et inquiet… sûrement à la recherche d’un abri pour la nuit… Une fois je promenais le plus adorable des petits carlins et je suis remontée chez mon chéri le sanglot dans la gorge… il a du me prendre pour une dingo mon chéri… mais moi la misère, ça me déchire le cœur… Alors je donne, je donne comme je peux à ma petite échelle, Emmaus, L’Abbé Pierre, des pièces par ci par là, j’essaie d’avoir des regards, des paroles humaines, une fois j’ai carrément acheté de la bouffe à deux SDF, je leur ai filé des tickets restau et j’ai passé une heure avec eux dans le froid en sortant du Franprix… et quand ces gens commencent à vous raconter leur vie… juste vous voyez bien que c’est juste une question de chance la vie… de bien naître, ou pas … Je me demande parfois si je fais ça pour soulager ma conscience? Sûrement… en partie… Forcément. Je me dis que si tout le monde tend la main, si tout le monde essaie à sa petite échelle, ça peut s’arranger? Je me dis que c’est mieux que rien…

La misère. Voilà ce que j’observe. Et la superficialité des gens tant que rien ne leur arrive…C’est malheureux de se dire que c’est souvent le malheur qui donne de la profondeur aux êtres. Enfin, les épreuves. Les épreuves corrigent la vanité, l’orgueil, on se prend une bonne grosse claque d’humilité. On réalise de nouveau qu’on est qu’un petit grain de poussière. Peu importe son nom, son origine, son statut social, une épreuve ça recadre direct. On arrête de se la péter, de se bercer d’illusions …

La vie peut être belle, mais elle est souvent très moche. Et se l’avouer ça fait vraiment chier. Mais c’est la vérité. Et si elle n’est pas moche là tout de suite maintenant pour nous, elle l’est pour des milliards d’autres êtres humains, et il faut se démerder pour vivre avec ça…

Moi je sais pas si je pourrai être pleinement heureuse un jour… Il faut être totalement inconscient pour être heureux… Et puis ça veut dire quoi être heureux d’abord ? Etre marié deux enfants double salaire deux bagnoles dont un monospace, un chien / chat et être allé au moins une fois à Bali et à New York , faire des BBQ entre amis le WE, ??? Comme disent les anglais: What The Fuck ?
Est ce que je deviens un peu misanthrope moi qui avait la réputation d’être une machine à socialiser? C’est possible. Après des années de Yiayia Boute-en-train + quelques grosses baffes dans la figure je crois que je suis sortie de mon inconscience…

Être heureux ça ne veut rien dire pour moi… La vie est une sorte de passage pendant lequel il faut bien sûr essayer de vivre le mieux possible, donner le plus possible, idéalement, c’est génial de recevoir aussi mais je ne crois pas que ce soit ça qui suffise à rendre « heureux » … Être en accord avec soi même, avec ses pensées, son moi profond, être sincère, toujours… sûrement ça permet d’accéder à une certaine plénitude… et puis sûrement pour savoir ce que c’est que d’être heureux il faut savoir aussi ce que c’est que d’être malheureux…

Comme quoi, le malheur et le négatif ça a du bon, puisque ça nous permet d’apprécier quand ça se passe bien 😉

Comment ça il est pas gai mon blog? Mais si ! Il est réaliste. Et on peut être réaliste, lucide sur l’existence, sur les gens et le vivre très bien. A 35 ans je commence enfin à accepter cette imperfection massive de l’existence. Je commence à admettre que l’enfer est sûrement sur terre, que c’est l’homme qui s’est crée la plupart de ses aliénations et sa propre destruction, par orgueil, par vanité, par envie de toujours plus toujours mieux… c’est assez biblique n’est ce pas?

Là dessus mon éducation judéo chrétienne me colle à la peau…j’ai grandi avec un chapelet jusqu’à l’âge de 10 ans donc je connais un peu les 7 pêchés capitaux ;-))

Je crois qu’il y a des gens bons et des gens fondamentalement mauvais. ça m’étonne toujours, ça me débecte mais oui, il y a des gens mauvais et qui s’en foutent royalement que d’autres gens souffrent du moment que pour eux et leur petite existence tout va bien et qui n’hésiteront pas à faire du mal pour arriver à leur fin… et sans culpabilité ou cas de conscience. J’en ai croisé plein des gens comme ça… j’ai même été assez conne pour tomber amoureuse de certains… Mais maintenant je sais…

Je suis une apprentie Jedi … un jour je serai comme Yoda.

Hinshallah. Amen.

OU ON VA PAPA ? – JEAN LOUIS FOURNIER – MORCEAUX CHOISIS : A LIRE D’URGENCE

OU ON VA, PAPA? – JEAN-LOUIS FOURNIER – MORCEAUX CHOISIS (A LIRE D’URGENCE!)

A LIRE EN URGENCE POUR S’OUVRIR LA CONSCIENCE:
Edito dos de couv’ du livre:
‘Jusqu’à ce jour je n’ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi? J’avais honte? Peur qu’on me plaigne? Tout cela un peu mélangé. je crois, surtout, que c’était pour échapper à la question terrible: qu’est-ce-qu’ils font?’
Aujourd’hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j’ai décidé de leur écrire un livre.
Pour qu’on ne les oublie pas, qu’il ne reste pas d’eux seulement une photo sur une carte d’invalidité. Peut être pour dire mes remords. je n’ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d’ange, et je ne suis pas un ange.
Grâce à eux, j’ai eu des avantages sur les parents d’enfants normaux. Je n’ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n’avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu’ils feraient plus tard, on a su rapidement que ce serait: rien.
Et surtout, pendant de nomreuses années, j’ai bénéficié d’une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j’ai pu rouler dans des grosses voitures américaines’.
‘Depuis qu’il est monté dans la Camaro, Thomas, 10 ans, répète, comme il le fait tous les jours: ‘Où on va, papa?’
Au début, je réponds: ‘On va à la maison’.
Une minute après, avec la même candeur, il repose la même question, il imprime pas. Au dixième ‘Où on va papa?’ Je ne réponds plus…
Je ne sais plus très bien où on va mon pauvre Thomas.
On va à vau-l’eau. On va droit dans le mur
Un enfant handicapé, puis deux. Pourquoi pas trois…
Je ne m’attendais pas à ça.

 

Où on va, papa?
On va prendre l’autoroute à contresens.
On va en Alaska. On va caresser les ours. On se fera dévorer.
On va aux champignons. On va cueillir des amanites phalloïdes et on fera une bonne omelette.
On va à la piscine, on va plonger depuis le grand plongeoir, dans le bassin où il n’y a pas d’eau
On va aller à la mer. On va au Mont Saint-Michel. On ira se promener dans les sables mouvants. On va s’enliser. On ira en enfer.
Imperturbable, Thomas continue: ‘Où on va, papa?’. Peut être qu’il va améliorer son record. Au bout de la centième fois, ça devient vraiment irrésistible. Avec lui, on ne s’ennuie pas, Thomas est le roi du running gag.
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Que ceux qui n’ont jamais eu peur d’avoir un enfant anormal lèvent la main.

Personne n’a levé la main.

Tout le monde y pense, comme on pense à un tremblement de terre, comme on pense à la fin du monde, quelque chose qui n’arrive qu’une fois.



J’ai eu deux fins du monde….



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Je n’aime pas le mot ‘handicapé’. C’est un mot anglais, ça voudrait dire ‘la main dans le chapeau’.
Je n’aime pas non plus le mot anormal. Surtout quand il est collé à ‘enfant’.
Qu’est-ce que ça veut dire, normal? Comme il faut être, comme on devrait être, c’est à dire dans la moyenne, moyen. Je n’aime pas trop ce qui est dans la moyenne, je préfère ceux qui ne sont pas dans la moyenne, ceux au-dessus et pourquoi pas, ceux au-dessous, en tous cas, pas comme tout le monde. Je préfère l’expression ‘pas comme les autres’. Parce que je n’aime pas toujours les autres.
Ne pas être comme les autres, ça ne veut pas dire forcément être moins bien que les autres, ça veut dire, être différent des autres.
Qu’est-ce que ça veut dire un oiseau pas comme les autres? Aussi bien un oiseau qui a le vertige qu’un oiseau capable de siffler sans partition toutes les sonates pour flûte de Mozart.
Une vache pas comme les autres, ça peut être une vache qui sait téléphoner.
Quand je parle de mes enfants, je dis qu’ils ne sont pas comme les autres. ça laisse planer le doute.
Einstein, Mozart, Michel-Ange, n’étaient pas comme les autres…
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Si vous étiez comme les autres, je vous aurais conduits au musée. On aurait regardé ensemble les tableaux de Rembrandt, Monet, Turner et encore Rembrandt…
Si vous étiez comme les autres, je vous aurais offert des disques de musique classique, on aurait écouté ensemble d’abord Mozart, puis Beethoven, puis Bach et encore Mozart
Si vous étiez comme les autres, je vous aurais offert plein de livres de Prévert, Marcel Aymé, Queneau, Ionesco et encore Prévert.
Si vous étiez comme les autres, je vous aurais emmenés au cinéma, on aurait vu ensemble les vieux films de Chaplin, Eisenstein, Hitchcock, Bunuel et encore Chaplin.
Si vous étiez comme les autres, je vous aurais emmenés dans les grands restaurants, je vous aurais fais boire du chambolle-musigny et encore du chambolle musigny..
Si vous étiez comme les autres, on aurait fait ensemble des matchs de tennis, de basket et de volley-ball.
Si vous étiez comme les autres, on serait monté ensemble dans les clochers des cathédrales gothiques, pour avoir un point de vue d’oiseau.
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Si vous étiez comme les autres, je vous aurais conduits au bal avec vos fiancées dans ma vieille voiture décapotable.

 

Si vous étiez comme les autres, je vous aurais donné en douce des petits biffetons pour faire des cadeaux à vos fiancées.

 

Si vous étiez comme les autres, on aurait fait une grande fête pour votre mariage.

 

Si vous étiez comme les autres, j’aurai eu des petits-enfants.
Si vous étiez comme les autres, j’aurai peut être eu moins peur de l’avenir.
Mais si vous aviez été comme les autres, vous auriez été comme tout le monde.
Peut être que vous n’auriez rien foutu en classe.
Vous seriez devenus délinquants.
Vous auriez bricolé le pot d’échappement de votre scooter pour faire plus de bruit.
Vous auriez été des chômeurs.
Vous auriez aimé Jean-Michel Jarre.
Vous vous seriez marié avec une conne.
Vous auriez divorcé.
Et peut être que vous auriez-eu des enfants handicapés.

 

On l’a échappé belle…

LE DIKTAT DE LA POSITIVE ATTITUDE : ON NOUS PREND VRAIMENT POUR DES CONS :)

Alors ce blog là… Il date aussi… un blog « fond du cœur » … eh ben merde alors… je réalise que je suis en crise existentielle depuis que je suis entrée sur le monde du travail :))) j’ai commencé à 25 ans, quand je lis ce que j’écrivais à 33 ans et où j’en suis finalement à 35 … euh … c’est peut être une bonne chose ce chômage finalement :))

LE DIKTAT DE LA POSITIVE ATTITUDE: ON NOUS PREND VRAIMENT POUR DES CONS…!

Journée à la con.



En fait ça fait deux jours que j’ai des journées à la con et je crains que ce soit toute la semaine comme ça.. enfin la semaine s’arrête jeudi soir et je me barre ce WE dans ma campagne Vendéenne… Enfin dans la maison familiale avec frères et soeur et à moi les vaches, les poneys, l’atlantique glacé, les balades en vélo et les joggings à travers champs! Seul truc va falloir que je m’accroche sévère avec mon régime – tiens j’ai failli faire un blog sur le sujet: Dr. Fricker & Me. Peut être je le ferai je verrai si je suis inspirée, si j’ai la niak pour écrire…
Je dois me remettre à écrire mais je suis moins du soir que du matin et après des journées tête farcie, c’est pas évident de se concentrer…
Quoiqu’il en soit, j’ai donc eu droit à des heuuuuuures de réunion… je travaille dans une grosse multinationale amerloque donc la motivation des troupes c’est presque un sacerdoce…


Et moi j’arrive à 33 ans et j’ai un truc qui me reviens comme un truc lancinant: je ne suis pas faite pour le monde du travail standard… le monde de « l’entreprise »… La sacro sainte entreprise qui sublime la hiérarchie et le syndrome du petit chef, qui ne vit que dans les procédures, qui s’éclate à coups de management à la mord moi le nœud…


Et alors le summum, c’est ce que j’appelle ‘le diktat de la positive attitude’. Il y a un excellent bouquin qui est sorti il y a quelques temps intitulé « L’Open Space m’a Tuer » … Ils en parlaient de ça… C’est exaspérant. On prend les gens pour des pantins, on les lobotomise, on les prend littéralement pour des cons… mais le truc c’est qu’il y a plein de moutons, de petits soldats accros du fayotage et du lèche botte qui ADORENT ça!!!


Aujourd’hui j’ai eu une réunion loooongue… qui s’est clôturée par l’intervention d’un coach, ancien financier, recyclée en coaching…pour « aider les ex rois du pétrole à se retaper l’ego » … en gros… Moi je dis que rien ne vaut un bon psy… Les coachs, il y en a un paquet de charlatans…déjà chez les psys, il y en a mais là on à boire et à manger… Je les considère comme presque dangereux d’ailleurs…


Et donc, ce « super coach qui claque sa mère » a décidé en fin de réunion de nous faire toute une leçon en 30 minutes top chrono, du genre: « La crise est une opportunité »…
Et c’est parti on a eu droit aux citations de Winston Churchill du genre:
Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit lopportunité dans chaque difficulté
Donc en gros, ceux qui sont négatifs le sont parce qu’ils le veulent et il suffit de cultiver l’optimisme pour que tout aille mieux et que bien sûr, on a le choix…


Hmmm… Alors je ne dis pas qu’il n’y a pas de vrai là dedans! C’est sûr: Aide toi et le ciel t’aideras! A un moment donné, il faut bien intégrer que le positif amène le positif et inversement, le négatif amène le négatif… bref… ça paraît un peu le B.A. BA. Mais c’est vrai, parfois il faut quand même se botter le cul, prendre le taureau par les cornes et se reprendre en mains…


Cependant, nous n’avons pas tous la même force psychique, la même capacité de résistances aux épreuves et nous n’avons pas non plus tous les même fardeaux…
Évidemment, tout cela était sur fond de mise en contexte dans le monde professionnel et dans un contexte de crise économique. Là où il avait raison c’est que oui, très clairement, il y a une crise de confiance. Mais ça sonnait faux. ça sonnait GROS PIPEAU! Parce que le but final de cette intervention était de motiver les travailleurs éprouvés, pris à la gorge par la peur de se faire licencier, de donner encore un coup de collier, de encore continuer d’y croire et avec le sourire SilVouplé !


Et en plus, je trouvais que ça avait un côté super culpabilisant… en gros, si on adhérait pas à cette positive attitude, ça sous entendait qu’on était de mauvaise volonté, de la mauvaise graine…


Je regardais autour de moi… Je reconnaissais les bons soldats… et je percevais aussi les sceptiques… ceux qui n’osent pas dire: c’est de la grosse merde en barre Mossieur votre théorie! Mais personne ne disait rien…


Moi je trépignais… je me suis suffisamment fait repérer comme ça… je suis comme tout le monde. Lâche. J’ai besoin d’un salaire pour payer mon loyer, mes impôts, ma bouffe, mes factures etc … je n’ai pas l’énergie de me retrouver au chômage… Quoique.. J’avoue que parfois ça me chatouille…


Dans le fond j’aimerai devenir écrivain, j’aimerai vivre indépendante de tout système à carcan. En même temps vivre comme je vis est une source d’inspiration. On côtoie la société de l’intérieur… si j’étais extérieure je m’ennuierai peut être…
Je suis née avec l’esprit libertaire… Je ne suis pas une contestataire pour l’être, je ne me glorifie pas de clamer l’injustice… C’est juste comme ça que je suis. J’ai du mal avec l’autorité, j’ai du mal avec l’obligation, je n’aime pas qu’on empêche les gens de s’exprimer comme ils sont. J’aime le management mais je ne crois pas au matraquage mental, je ne crois pas au fait qu’on prenne les gens pour des cons, je ne crois pas au fait que le pipeau paie…Je ne pense pas que les gens travaillent mieux en leur balançant du diktat de positive attitude…


On balance trop de conneries aux gens, on leur pourrit le crâne en leur expliquant comment ils doivent vivre pour vivre bien… C’est dingue. Est-ce qu’on ne peut pas laisser les humains être juste des humains et assumer d’être juste des humains ?


C’est à dire des animaux dotés d’une conscience, bourrés de contradictions avec leurs bons et leurs mauvais jours, leurs forces et leurs faiblesses et ils font ce qu’ils peuvent…
Nos sociétés n’ont tellement plus de repères, tellement plus de racines, elles sont tellement flinguées par l’individualisme et le matérialisme, tellement pourries qu’on leur inflige des coach…Faudrait balancer tout. Mettre tout le monde au vert en désintox, comme pour les vrais camés…


A l’heure où je tape ce blog, je viens de voir en simultané, une pub pour un énième produit miracle de régime avec une meuf qui remue du croupion en string (mais nooooon enfin ce n’est pas son cul qui va faire vendre le pseudo médoc en question… sssiiiiiii? ;-))) – suivi de la dernière pub Mac Do du Chicken Mythic, riche en sucres raffinés, chapelure frite, et mayonnaise… Où elle est la cohérence?


Bref…  je m’égare… Pour en revenir au diktat de la positive attitude, je me prends moi en exemple: ma vie perso est une sorte de radeau au milieu des 40ème rugissants depuis pas mal de temps… Bon… je me dis que peut être là je suis en train d’en sortir un peu… mais en tous cas, je peux pas dire que c’est l’éclate du siècle dans ma vie… Juste j’essaie de faire avec et de pas me laisser aller… parce que … bah j’ai pas le choix! Par contre, quand j’ai eu un WE difficile et que j’arrive le lundi matin et que j’ai Zébulon qui a 5 ans de moins que moi, le gars 20/20, qui a tout réussit en plus d’être fondamentalement adorable études, boulot, mariage, déjà bientôt le deuxième gosse et qui déboule, le sourire banane en me clamant un: alors?! Bon WE?


Euh… là j’avoue… c’est trop dur…


Dans ma tête je me dis: Ok. Je vais lui faire un coup de claquette avec une voix de crécelle et lui dire: Ouéééé c’est supeeeer ! Je me suis éclatééééééééééé comme une malaaaaaade !!! J’ai fais le ménage dans mon appart pou moi toute seule, mes courses pour moi toute seule en faisant gaffe à mon compte en banque, je suis allée voir ma famille qui part en couille avec mes parents au bord du divorce et mes frères et soeur quelque peu problématiques, je pense à mon petit ami que je ne vois plus qui me manque et que je sais même pas si on a encore une chance de s’en sortir tous les deux, mais quand même, j’ai perdu 4 kilos avec mon régime qui me donne faim, j’ai fais du sport, j’ai pleuré vendredi soir comme une pôfille en apprenant que le frère d’un vieux copain venait d’etre papa, vraiment c’est supeeer! j’adooooore ma vie ! je m’éclate, ch’uis prête à attaquer la semaine avec la fleur au fusil, le fusil entre les dents, voilà ! Je t’offre un café?
Naaan. En fait je ne lui ai pas répondu tout ça… mais putain qu’est ce que j’en avais envie. Mais ça aurait fait la fille aigrie agressive gratuitement méchante…


Alors j’ai été plus soft. Quand sa question a surgi je lui ai dis; bah non… pas terrible, ça va pas trop et c’est vrai j’avais les larmes aux yeux, les boules dans la gorge… et hop, ça l’a calmé direct… et là il ne me pose plus la question fatidique…et franchement ça fait du bien.


Tout à l’heure, à la fin de la réunion,  mon cher collègue n’a pas pu s’empêcher de clamer un : C’était Génial! Pour parler du coach et de sa grande méthode anti crise…
Mon Dieu… que dire… j’ai vite grignoté quelques trucs qui semblaient diététiques et j’ai tracé ma route…


Je sais pas être un bon petit soldat. Je sais pas être une fayote, je sais pas faire semblant d’être neuneu… Sûrement pour ces gens là je suis une pauvre fille, je n’ai rien compris à la vie… j’aimerai pas être comme eux et surement ils n’ont pas envie d’être comme moi…


Mais perso, je préfère quand même être comme je suis. Surement je suis plus en souffrance qu’eux, surement je cogite trop mais bon… moi c’est pas ma vie tout ce théâtre… Je ne sais pas ce que c’est ma vie au final mais je sais que ce n’est pas ça… En attendant, je fais avec… en attendant d’y voir plus claire, c’est pas pire comme disent les Jurassiens…
Ouais. Pas pire. Une chose que j’ai appris avec le temps c’est accepter de faire le dos rond parfois. Sans pour autant me corrompre mais apprendre à ne pas perdre de l’énergie dans certaines batailles inutiles…


Ce monde n’est pas le mien. Ce n’est pas de leur faute… Ce n’est pas la mienne non plus…. Je joue du système moi aussi…en attendant de trouver ma vraie place…juste je sais pas laquelle c’est ma place… ma vraie place…
Peut être un truc entre les deux? Ch’ais pas…

UN AUTRE BLOG RETROUVE: Soirée branchouille à Panoplies Land

Ah c’est marrant de l’avoir retrouvé celui là alors je vous en fais profiter… Oui je suis un peu cynique… mais j’ai le droit, c’est MON blog 🙂

 (Été 2009)

SOIREE A BRANCHOUILLE & PANOPLIE LAND 🙂

Je suis une oursonne qui essaie de sortir de sa caverne, trop longtemps enfermée depuis quelque temps dans l’absence de contact avec l’extérieur, la jeunesse, l’esprit festif, la vie de mon âge quoi…

Et j’ai mon amie Camille, qui elle, est toujours LA personne avec qu’il est possible de réactiver tout ça… Donc ce soir, elle m’a proposé de la retrouver au DERRIERE. Un restau rue des Gravilliers dans le 3eme, métro Arts & Métiers – pour ceux qui ne connaissent pas encore et pour ceux qui connaissent vous verrez de quoi je parle…
Restau sympa décoré de bric à brac avec une table de ping pong en plein milieu de la salle. A découvrir, à voir, c’est comme une maison où toutes les pièces sont investies pour y diner, déjeuner, boire un verre et même un fumoir… On pourrait imaginer que c’est une brocante stylée….
En tous cas, la population y est elle, stylée. Et c’est là où à chaque fois que je vais avec mon amie Camille, je sais que je vais me régaler, faire mon étude sociologique, observer ces jeunes et moins jeunes parisiens qui tous, sans exception, veulent faire partie de la « happy few branchouille community »… Une majorité essaie ou est artiste… Comédiens et comédiennes, apprentis, DJ masteurisant l’Ipod battle mieux que quiconque et les mecs, tous en jean slim avec cheveux en bordel et les filles, cheveux longs et raie sur le côté, très sur le côté… du genre la mèche qui borde tout le front, partant quasi de l’oreille gauche pour aller vers l’oreille droite. Elles aussi en slim taille 34, ballerines repetto et longs débardeurs… mais la version talons ou low boots existe aussi, la version Joan Jett version rockeuse aux accents gothiques, bref… c’est le spectacle!
Moi ça me fait marrer parce que moins naturel, c’est juste pas possible… mais c’est sympa faut pas croire… Ce sont des vrais parisiens et des vraies parisiennes. Ils sont conditionnés à être branchés! Surtout dans ce quartier… Du marais à montorgueuil en passant par tout le quartier de chatelet / beaubourg, c’est là où ça se passe Messieurs Dames.
En tous cas la carte, très chouette. Déformation professionnelle oblige j’étais attentive à la carte, aux prix, à la qualité du service et des produits. Rien à redire de ce côté là, franchement bravo! Ma bavette aloyau aux échalottes et ses haricots verts, étaient par-faits! j’avais pris en entrée des asperges blanches – vinaigrette à part régime oblige – et je me suis régalée!
Quand je ne serai plus au régime, j’y retournerai pour me lacher sur les pommes grenaille, le jambon de cochon rôti et leur bon pain et beurre demi sel…

Une très bonne adresse et des prix très raisonnables.
Mais c’est là où je me rends compte que je suis une alien de ce monde. A aucun moment j’ai envie de ressembler à ces filles! C’est bien trop compliqué pour moi!
Petite vessie oblige j’ai du aller au petit coin du lieu. Et là, j’ai cru que les filles répétaient une scène de film, une pièce de théâtre je ne sais pas…. 3 greluches lookées, bruyantes, à la fois féminine d’allure globale mais complètement agressives, gouailleuses dans leurs expressions… Adieu finesse et douceur… elles avaient la clope au bec et se parlaient comme des mecs un peu machos se parleraient… bizarre… Moi j’étais là, débarassée de ma tenue corporate à la Barbara Gould du jour, dans mon jean baggy, mes reebok noires, mon t shirt manche longues blanc H&M… on peut pas vraiment dire que j’avais le look dernier cri du spécial Mode de ELLE ou VOGUE printemps / été 2009! Mais moi la mode ça m’a toujours gonflé! J’aime pas suiiiiiivre! J’aime bien des bouts de trucs, je pioche par ci par là… mais je déteste les panoplies!!
Et en fait c’est ça… tous ces gens croient être naturels, détachés, « soit disant artistes » mais ils ont que des panoplies!!!
Ils sont noyés, perdus dans ces apparences auxquelles ils attachent tant d’importance!! Quel dommage…
Et alors il y a les castes… les apprentis et les « confirmés » ou en train de le devenir. J’ai dîné à coté d’un des principaux protagonistes de la série TV Clara Sheller… Il avait ses groupies…. Lui le beau gosse et parmi les minettes à sa table, l’une d’elle devait être sa petite copine du moment…
Des pseudo mannequins apprenti comédiennes, toutes avec la moue boudeuse et l’air blasé, la clope pas trop loin et attentives à leurs poses, leurs gestuelles… Incroyable…

Et puis je suis rentrée… j’ai retrouvé mon quartier BCBG du 17eme avec avenue des Ternes, le seul Restau/ Bar Branché du quartier: Le Dada
Qui avait littéralement une annexe dans la rue Poncelet et l’Avenue des Ternes, un toit de camionette comme comptoir Bis. Je me dis que c’est le deuxieme effet « beaux jours » ou alors c’est pas possible c’était peut être tout un séminaire d’entreprise logés dans les hôtels du coin qui s’y pintait la tête…
Population très différente d’un quartier à l’autre…
Enfin voilà. ça fait du bien de sortir malgré tout. J’avais besoin de m’ouvrir de nouveau, de regarder ce qui se passait dehors…
Dans le métro il y avait un gang d’ados. Impossible de leur donner un âge… A la fois déjà très dégourdis et en même temps les détails qui les gardaient au stade de gosses… Ils allaient à un anniversaire et le cadeau était dans un magnifique sac Yves Saiint Laurent… A 15 / 16 ans je n’offrais pas du YSL! A 33 non plus d’ailleurs… Les djeunnzes parisiens sont différents…
Sur ce, Good Nite Folks!

Retrouvailles avec mon vieux Blog MySpace (extrait) – un lundi au bureau …

Salut la compagnie
Mine de rien, bien avant Facebook, avant tout le reste d’ailleurs, pour moi il y avait MySpace. Il y a toujours MySpace d’ailleurs. Le mal aimé des réseaux sociaux qui s’est fait tailler la part belle par facebook et twitter.
J’y reste TRÈS ATTACHÉE. Parce que c’est là que j’ai monté mon premier blog en Octobre 2006.
Et puis j’y ai fais des rencontres humaines supers 🙂 Y compris mon amoureux… si si et que c’était pas du tout prévu au départ !
Côté musique c’est là que j’ai découvert des tonnes et des tonnes de supers artistes… notamment le label Hotel café Tour ou Joshua Radin…
Et puis il ne faut pas oublier que si j’ai atterri sur MySpace c’est parce que je voulais monter un blog. Je voulais ECRIRE. J’ai pas l’air comme ça mais j’ai déjà 4 manuscrits à mon actif… jamais publié… (manque de connaissance du milieu de l’édition, manque de piston, manque de temps, manque de tout …)…. alors le blog semblait être une bonne alternative et collait bien à mon style…
Ah si vous tenez à ce que je m’explique, j’utilise la technique de littérature américaine appelée : Creative Writing. J’ai découvert ça en Deug avec ma prof américaine de littérature Américaine. Kathleen Spivack. Une femme géniale, qui avait enseigné à Harvard et qui avait le don de vous emporter avec elle dans le grand monde de l’imagination….
John Irving utilise cette technique, Sandra Cisneros (The House on Mango Street – à lire de toute urgence si vous ne connaissez pas – ) – donc je m’y suis mise. Quelques mots, quelques indications sommaires et on se lance. On se lance direct, on y va, on fonce ! Topez là vous avez 20 minutes ! Et les mots sortent, défilent… c’est proche de la technique de l’écriture Automatique d’André Breton mais ça ne va pas dans l’abstrait ou le surréalisme…
Enfin voilà. Pas envie de le perdre ce petit blog MySpace que j’ai fais vivre…
Il y a des choses moins bonnes que d’autres c’est sûr. Moins « inspirées » je dirai…
Quelques extraits… Un Lundi au bureau (à 33 ans) …

 

LE LUNDI AU BUREAU –  A 33 ANS

Le lundi au bureau ce n’est pas brillant. On pourrait penser qu’avec les années ce genre de choses se tassent. On pourrait penser qu’on se conditionne à la longue ? Alors oui. On se conditionne en ce sens que la rebelle que j’étais est devenue « Manager ». ATTENTION. Je ne suis plus la junior qui bondissait dans tous les sens, qui se permettait de faire des conneries se planquant derrière son statut de « junior ». Maintenant c’est moi la CHEF.

Et ça me fait bien rigoler.  Un des avantages (pas lié au fait d’être chef) c’est que je ne me tape plus les transports en commun. J’ai donné. Des années de RER, de trains de banlieue supprimés, en retard, deux en un, d’escalators en panne, de marées humaines à la gare Saint-Lazare ou La Défense, des sprints en talons dans les dédales de couloirs, des wagons blindés de monde, de gens propres et sales mélangés, de mélanges d’odeurs corporelles, de parfums, de maquillage et d’after-shave.

Des sacs à mains qui te cognent les mollets, la poitrine collée au bras d’un mec qui malgré lui en profite, de l’agression concentrée en début de journée qui fait qu’on arrive au bureau déjà excédé.
Parfois ça se passe bien, donc ça compense. Mais pas souvent. La plupart du temps on arrive déjà à cran. Donc moi, j’ai de la chance pour une fois, j’habite à moins d’une minute à pieds de mon bureau. Un luxe qui ne durera pas c’est sûr. D’ailleurs c’est un luxe tout à fait relatif car j’ai des travaux dans ma rue pour me rappeler que rien ne sera jamais parfait dans ma vie. Je n’ai pas l’agression des transports en commun mais l’agression du bruit, des ouvriers qui gueulent comme des veaux à 7h du matin dans la rue avec un camion géant qui fait un boucan du diable. J’envoie d’ailleurs direct, un sms au chef du chantier pour lui signaler le non respect du deal qu’on avait négocié ensemble. Je les autorise à me pourrir la vue à ma fenêtre pour qu’ils stockent leur matos, en échange, c’est silence jusqu’à 7h30. Ils ont démarré à 6h45. ça va chier. Voilà le sms : « Bjr ! C normal q les gars komencent à 6h45 ? Je V venir vous voir tt à l’H ! » Allez… C’est parti je vais aller râler sur le chantier pour la 15ème fois depuis que tout ce bordel à commencé…
Je me lève ainsi, grâce à eux entre autres, légère et de bonne humeur !
Le rituel de la semaine commence. J’ai l’obligation d’être impeccable. Non seulement parce que je suis manager de relations publiques mais en plus parce que je suis dans le luxe.Tout moi ! Je crois que je ne pouvais pas trouver plus représentatif de ma personnalité réelle ! C’est ironique bien sûr. Mais je joue le jeu. C’est l’avantage d’avoir 33 ans et pas loin de 10 ans d’expérience professionnelle. On accepte mieux certaines règles. On comprend que ça n’est pas de la corruption. Enfin disons qu’on n’accepte mieux de jouer le jeu d’un système même si ce n’est pas le nôtre parce qu’on sait que ça ne dure qu’un temps. Enfin on espère.
Alors voilà. Je me prépare comme un soldat. J’enfile ma panoplie corporate impeccable de working girl qui assure des cacahouètes mais qui reste payée des clopinettes, maquillage impeccable, brushing bcbg, bijoux du genre classique, un pschitt de parfum, une banane, un kiwi, mon sacro-saint ricoré lait écrémé avec Télématin en fond et hop’, emballé c’est pesé, j’enfile ma veste tailleur et c’est parti pour une journée intense de stress sans strass, des têtes de nœuds à gérer et le tout avec le sourire, silvouplé Madame !

 La différence fondamentale par rapport à mes 25 ans c’est que maintenant je travaille vraiment. Du genre je n’ai plus du tout le temps d’animer les ondes ! Avant j’étais LA grande manitou de l’email ! J’avais une mailing liste immense et chacun avait l’honneur et le plaisir – ou pas – d’avoir mes états d’âme du lundi matin… ou du lundi après midi, ou du mardi, mercredi et toute la semaine comme ça. Je lançais des débats online, c’était l’ancêtre du blog, du site communautaire ma mailbox !

Bon. Je me faisais griller par mon patron de temps en temps mais même pas peur je m’en sortais très bien. Aujourd’hui ça m’arrive même de bosser le soir chez moi le soir et le WE alors côté animation des ondes pendant les journées de boulot ce n’est plus vraiment possible…
Mais le lundi matin, faut me laisser en paix. Le pire qui puisse m’arriver c’est une réunion le lundi matin à peine arrivée. Là je sais, que d’emblée, je passerai une mauvaise journée.
Quand j’arrive au bureau le lundi matin, je déteste prodigieusement qu’on me saute dessus avec un : ça va ? t’as passé un bon WE ? Mais putain ! Je vous demande pas vous si vous avez passé un BON WE !!! Pourquoi faut-il avoir passé A TOUT PRIX un BON WE ?
Ne peut-on pas juste se contenter d’un « bonjour » ? ET No COMMENTS ?  Moi je respecte l’idée que certaines personnes ont PEUT ETRE passé un WE de merde. Donc je ne prends pas le risque de demander. En plus je m’en contre fous. Donc qu’on me foute la paix aussi.
Une fois j’ai osé répondre : NON, un WE DE MERDE et je me suis barrée. Ah c’est sûr ça fait pas très « public relations »… C’est plutôt hostile comme message. Mais en même temps, merde. Je ne m’appelle pas Lorie.
Mes collègues de bureaux ne sont pas mes meilleurs amis. D’ailleurs mes meilleurs amis sentent très bien quand j’ai les boules et qu’il faut éviter les questions à la con du genre : « t’as passé un bon WE » ? Mais Qu’est ce que ça peut faire ? Puisque de toutes façons, on est lundi matin et que le WE est fini et qu’il faut bosser à présent ?
Allez. J’allume l’ordinateur. Pourvu qu’il ne plante pas, que je ne sois pas arrivée tôt pour rien. Parce que ça, arriver le lundi matin au bureau la fleur au fusil prête à bosser comme une tarée et ne finalement pouvoir être opérationnelle qu’à 10h du matin parce que les serveurs à Londres sont à plat, ça, je vous jure ça énerve. Parfois ça ne marche tellement pas, que même Internet est inaccessible. Même pas possible d’aller s’étaler l’état d’âme sur facebook… la loose quoi !
En tous cas je mets la machine en route et en attendant je vais à la machine à café. Si j’ai la monnaie je suis sauve. S’il y a le voyant orange et que j’ai que des pièces de deux euros, là je fais la gueule. Pas un Starbucks aux alentours… Faudra se taper le petit noir de l’autre machine à café ultra dosé en caféine qui vous déglingue le palpitant en moins de deux gorgées…
Allez. J’OSE PO-SI-TI-VER ! J’ai mon café long pipi de chat de la machine à café – sans sucre – mon ordi va bien, et là… c’est le grand déballage d’emails…. En moyenne le lundi matin : une bonne centaine…ça ira mieux quand j’aurai fait le tri des e-newsletters divers et variées et de tous ces supers articles de presse… Il ne restera que des mails à caractère urgent là tout de suite maintenant et que côté politesse de base on repassera parce qu’on est des gens occupés et sous pression nous Madame !
Alors je déblaie. Je me mets en mode bulldozer. Ne surtout pas penser. Action. La To do List se rétrécit en trois heures. On dégomme tout. Comme de toutes façons ça va recommencer demain matin, faut pas perdre de temps. On fait le deuil de l’humanité dans le travail à quelques exceptions près. C’est la crise ! Faut se défoncer. Faut surtout tout faire pour garder son job.
Enfin c’est ce qu’on nous fait comprendre. Ce qui fait qu’ont doit en plus comprendre le sous entendu qui va avec : ton augmentation tu te la mets où je pense parce que déjà, estime toi heureuse d’avoir un travail. Oui oui…
Alors je me vois débarquer le lundi matin au bureau joviale, anticiper les bons petits soldats, débouler dans leur bureau avec un sourire banane, les scotcher sur leurs sièges avec un immense sourire ultra brite et leur annoncer fièrement : j’ai passé un SUPPPEEEER WE !!! J’adore ma vie, j’ai des amis formidables, une famille formidable, un travail formidable, j’aime tout le monde, j’ai trop de chance de travailler ici, je vous aime ! Tu aurais encore un peu de vaseline STP ? Et je repartirais, un sourire figé fendant en deux mon visage, tel The Joker dans Batman. Ça serait beau.
Lundi matin au bureau à 33 ans. Dans le meilleur des cas j’échapperai aux réunions. Les réunions faut vraiment, mais alors VRAIMENT faire genre « j’y crois ». Prendre des airs de personne très concernée. OVER concernée comme on dit. Se radiner avec son ordi, son smartphone. Prendre le ton conventionnel qui va bien : Oui alors comme nous l’avions évoqué lors de la dernière réunion (entre parenthèse, toujours aussi indigeste – mais ça on se le garde pour soi), nous avons donc avancé sur le projet (très important le « nous »… On est un « TEAM »)…. Et blaaaaaa blaaaaa blaaaa…
En fin de réunion, après s’être enquillé un ODJ (ordre du jour) ou Meeting agenda (ça c’est pour les anglo-saxons / franglais), on se cogne en plus, les meeting minutes, ou meeting notes ou compte rendu. Je le range dans son dossier Outlook prévu à cet effet.
Allez. PO-SI-TI-VONS. Parfois, les réunions sont constructives.
Je bois beaucoup de café le lundi. Sinon c’est trop dur. Je ne sais pas si j’ai besoin de la caféine ou juste de m’infiltrer quelque chose de chaud dans le corps. Les deux sûrement. Avec ma collègue que j’adore, c’est cool. On se comprend. Dieu merci. Entre nous on ne se prend pas la tête. Elle est comme moi. Enfin pas comme moi à 100% heureusement pour elle, mais on se respecte. On sait qu’on ne doit pas s’imposer tout ce rituel de wouineurs du travail à la con le lundi matin. Ni les autres jours d’ailleurs. Parfois ça va pas, parfois ça va et on en fait pas tout un fromage.
Un lundi matin au bureau à 33 ans, c’est plus de responsabilités, plus d’outils perfectionnés (j’ai un black berry multimédia depuis plus d’un an, c’est la fête du slip), plus de désillusions, une meilleure gestion du formatage (la preuve), et fondamentalement je suis vachement mieux dans ma peau. Vous ne trouvez pas ? C’est beau le monde du travail tout de même…